‹ La lutte universelleChapitre 34 sur 85 · T^^VT · texte numérisé non relu

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dans Ces conditions, il est assimilé parun être vivant, le sérum de cet être vivant devient antidiastasique à 8on égard et est capable d'enlraver son action spécifique dans les conditions où elle se produit normalement.

Mais à 15* dans d'autres conditions^ notre colloïde n'est plus la diastase considérée ; il a d'autres propriétés que nous ne savons .pas mettre en évidence au moyen d'un, réactif approprié; et c'est contre ces propriétés inconnues qu'est actif le sérum d'un lézard qui Ta digéré à 15°. Voilà le danger du mot diastase ; il nous fait croire à un corps défini ; or, nous ne connaissons ce corps que par son activité dans des conditions données^ et nous lui conservons le même nom dans d'autres conditions où il ne manifeste plus la môme activité spécifique.

C'est là une erreur dont il faut se garder.

Revenons maintenant à la sérothérapie.

Le sérum d'un* animal qui a digéré un colloïd(f est capable de transporter in vitro cette propriété digeslive. Mais lorsque ce colloïde était une toxine dont nous reconnaissions la nature au fait qu'il tuait un cobaye par exemple, ce n'est plus in vitro mais in vioo, dans le corps d'un autre cobaye, que nous pourronii constater l'efficacité du sérum antitoxique correspondant. Nous injecterons donc au cobaye le sérum antitoxique, et tious verrons ensuite si le cobaye est à Tabri de la toxine correspondante. Mais un cobaye n'est pas un simple verre à expérience; le sérum antitoxique qu'on lui injecte est un colloïde, et (e colloïde, il doit le digérer plus ou moins vite, comme tous les colloïdes qui ne sont pas en équilibre avec ses propres tissus et son milieu intérieur.

Il le digère en effet, mais avec une rapidité très

variable; si le .sérum antitoxique a été fourni par un caïman par exemple, le sérum de caïman, injecté à un cobaye, doit être digéré d'autant plus vite que la lutte est plus vive, c'est-à-dire que la différence d'équilibre entre le sérum de caïman et le cobaye est plus considérable; encore n'est-il pas sûr qu'il soit digéré; il peut digérer lui-même le cobaye qui est alors vaincu dans la lutte. Cela à lieu par exemple si l'on emploie du sérum de serpent; que ce serpent soit ou ne soit pas rendu antitoxique par rapport à une toxine donnée, il reste lui-même toxique pour la plupart des mammifères.

Si, au contraire, le sérum antitoxique injecté à un cobaye est emprunté à un autre cobaye, il est aussi voisin que possible de l'état d'équilibre du cobaye injecté et peut s'y conserver sans lutte, comme dans un verre ou à peu près. Un sérum antitoxique est donc digéré d'autant plus lentement qu'il est emprunté {

à une espèce plus voisine de l'animal injecté et, par |

conséquent, si l'on veut conférer à un animal une j

immunité assez durable par la sérothérapie, il faut emprunter le sérum actif à un être de la même i

espèce.

Cette question purement pratique ne nous intéresse pas ici; je l'ai étudiée ailleurs*. Je lais seulement remarquer, en passant, que le venin des serpents, qui joue le rôle d'une diastase victorieuse lorsqu'on l'injecte À la plupart des mammifères, est, pour une raison analogue à celle que je viens d'indiquer, inofTensif pour les serpents ; il n'y a pas lutte puisqu'il n'y a pas rupture d'équilibre.

1. Introduction à la Pathologie générale, op. eit.^ ch. xiv, § 80.

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