I 27. — LE SYSTÈME NERVEUX ET LA FABRICATION DES ANTITOXINES
Dans un autre volume de celte même bibliothèque de philosophie scientifique *, j*ai étudié l'acquisition progressive de certains caractères, tant morphologiques que physiologiques, par les espèces animales en voie d'évolution, et j'ai fait remarquer que, dans l)eaucoup de cas, un acte habituel pouvait se fixer dans l'hérédité au point de devenir en quelque sorte une propriété absolue de l'être et de perdre toute sorte de lien avec les causes qui le déterminaient précédemment dans Tindividu. Ce phénomène de fixation dès caractères acquis se retrouve dans l'histoire de la sécrétion des antitoxines ou diastases spécifiques. En voici un exemple :
a A l'ancienne fistule gastrique... Pawlow a substitué la fistule avec œsophagotomie. L'œsophage vient s'ouvrir sur la face latérale du cou ; l'estomac pourvu d'une fistule et séparé par une ligature des voies digestiyes supérieures, donne, quand l'animal mange et rejette les aliments par l'orifice cervical de Tœsophage, un suc gastrique très pur dont la sécrétion a été provoquée par la vue ou la saveur des aliments, (repas fictif)... On sait depuis longtemps, en efl'et, que la vue, le simple désir d'un aliment provoquent un affiux de salive et, nous pouvons ajouter aujourd'hui, de suc gastrique. C'est ainsi que le chien œsophagetomisé, bien qu'il rejette par le cou tous les aliments ingurgités par lui, sécrète, au cours de ce repas fictif, une assez grande quantité du suc gastrique. Par