I 28. - L'ENNEMI
^ Peut-ôlre a-l-il semblé bizarre que j'aie parlé dans
le même langage des substaDCCS alimentaires et des ; toxines; mais pour qui a réfléchi un peu, c'est une
nécessité du langage symétrique de la lutte universelle. Pour un corps vivant quelconque, tout corps différent est un ennemi; la rupture d'équilibre produite par le contact, par l'introduction d'un corps étranger, est une déclaration de guerre; nous appelons substances alimentaires celles que nous savons i devoir être vaincues dans la lutte et toxines celles
; qui peuvent être victorieuses ; mais, il y a en tout une
I question de dose, et n'importe quelle substance ali-
mentaire, injectée en quantité suffisante, est suscepf tible de tuer l'animal qui l'a reçue ^. Si un tas de
^ paille tombe sur une allumette enflammée, elle
I l'éteint, et nous n'en concluons pas que la paille
n'est pas combustible; cette simple remarque enlève 1 tout intérêt aux expériences dont on encombre les
I recueils scientiflques et dans lesquels on constate
l'effet nuisible de doses massives de substances ali- ' mentaires comme le lait et les œufs.
f S9. - UNE DÉFINITION BIOLOÛIQUE DU PROÛRèS
A propo3 du problème de l'apparition de la vie, je dirai un peu plus loin combien est conventionnelle et
1. €n homme affaibli, un convalescent, est gêné par Tingestion d'une quantité considérable d*alinients ; il subit une défaite partielle qui se traduit par un sommeil insurmontable; l'indigestion est la revanche de rdiment pris en grande quantité et qui entreprend Tassimilation physique du gourmand.
^ 130 LA LUTTE UNIVEnSÊLLl •
anthropomorphique notre définition du progrès^. Il y a cependant, dans nos études de lutte, quelque chose qui permet, à un point de vue restreint, il est vrai, de donner au mot progrès une signification dépourvue de toute convention. C'est évidemment un avantage pour un être vivant que de pouvoir résister à des causes de destruction ; encore avons-nous vu que sa victoire n*est pas complète et que, résistant à une attaque, il se modifie par là même de manière à être ensuite plus capable de résister à une attaque semblable.
Il y a cependant ,un cas où l'individu remporte une victoire complète, c'est quand, ayant déjà triomphé plusieurs fois du même ennemi, il est devenu aussi apte que possible à en triompher dé nouveau; alors, en efl^et, une nouvelle attaque du ^mème ennemi ne peut plus augmenter Taptitude de l'anirnal à la résistance; l'animal digère son ennemi sans effort et sans trouble. Un homme complètement vacciné contre la variole digère ensuite sads effort te virus, de la variole si on le lui inocule; la variole e^t devenue pour lui le colloïde ie plus banal» le ^lus inoffensif; en d'autres termes, cet homme sécrète normalement, sans attaque du virus varîolique, une quantité suffisante d'antivariole dans son milieu intérieur pour que la sécrétion de cette diastase ne soit pas augmentée quand, on lui injecte du virus. Le virus ne luttQ plus avec l'homme, mais avec une substance morte existant au préalable en quantité suffisaiite dans le milieu intérieur de l'homme. ' En réalité, l'immunité parfaite ne dure pas long**