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CHAPITRE V Symbiose et maladies chroniques

Au sens où nous l'avons employé dans les pages précédentes, le mot maladie nous fait penser instinctivement à un « ennemi » vivant, contre lequel notre organisme entame une lutte acharnée, lutte qui doit se terminer fatalement par la disparition de Tun des combattants. Le mouton qui guérit du charbon a tué \ toutes les bactéridies charbonneuses: devenu plus habile à résister au charbon, il s'est habitué à repousser un envahisseur terrible. C'est là le type de toutes ^es maladies aiguës : des deux ennemis en présence, ôte et microbe, l'un doit forcément disparaître ; il

1. Une partie de ce livre II a^ paru dans la Revue de Paiis, > octobre 1905.

n'y a pas de paix armée possible ; l'un des combattants est condamné, mais celui qui triomphe sort aguerri de la lutte.

La tuberculose et les maladies dites « chroniques » (parce qu'elles durent) résultent de phénomènes tout à fait difîérents. On ne peut pas dire qu'il y ait lutte entre notre substance vivante et celle du bacille tuberculeux ; il semble au contraire qu'un accord parfait s'établisse entre l'hôte et le parasite, une fois que ' l'infection est réalisée ; et cependant nous mourons de la tuberculose.

Pour comprendre la marche de ces maladies chroniques, il faut nous rappeler ce que nous sommes. L'homme est composé de cellules vivantes, au nombre de plusieurs trillions, et chacune de ces cellules est comparable aux petits êtres unicellulaires, protozoaires ou protophyteg, qui vivent dans les eaux stagnantes et dans les infusions. Chacune de nos cellules a, comme un infusoire ou une cellule de levure, un protoplasme et un noyau ; chacune d'elles assimile, c'est^'à-dira fabrique, au mpyen d'éléments empruntés à l'ambiance, de la substance semblable à la sienne. Il est donc tout naturel, si l'on veut com^ prendre la nature d'une infection chronique chez l'homme, d'en chercher d'abord des exemples chez les êtres unicellulaires.

L'un des plus célèbres est celui des înfusoires — telles les Paramécies — qui deviennent vertg comroQ des plantes, quand leur protoplasme est encombré de petites algues vertes (on appelle ces algues zoochlorelies à cause de leur couleur et de leur habitai ordinaire dans les cellules animales). Les Paraméciei atteintes de cette affection ne s'en portent que mieux;

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