‹ La lutte universelleChapitre 49 sur 85 · jV» Inirodnctiim à Mp Pathologie- génêraley op. cit · texte numérisé non relu

jV» Inirodnctiim à Mp Pathologie- génêraley op. cit

162 LA LUTTE UNIVERSELLI

des graines d'orchidées d^autres genres, comme Lœlia et Bietia, semées avec ce champignon à Texclusion de tout autre microorganisme, avaient donné des . plantules normales, régulièrement infestées.

En continuant ses recherches, le môme auteur a . reconnu que d'autres orchidées peuvent être infestées par des espèces différentes de champignons, et cela lui a permis de faire des remarques qui me paraissent être précisément du même ordre que les observations de De Vrîes sur les variations brusques ; avant de signaler ces remarques, voyons d'abord les résultats généraux obtenus relativement à la nécessité d'une infection symbiotique pour les orchidées ; j'emprunte ces renseignements au mémoire de M. Bernard [Recherches expérimentales sur les orchidées. Rev, géh. de Botanique^ 1904.) '

Dans le groupe si vaste des orchidées, Ton trouve des types qui diffèrent les uns des autres au point de vue de la nécessité du champignon endophyte pour la végétation ; - on peut cataloguer les espèces en une série de nécessité décroissante; depuis les Cypripedlum dont les graines ne sont capables d'auqun développement en milieu aseptique, jusqu'au Bleiia hyacinthina qui, en culture pure et sans champignon commensal, se développe jusqu'à donner quelques feuilles, une lige et des poils absorbants. Chose curieuse, chez ce dernier type, la jeune plante, non seulement se développe sans champignon, mais ne peut élre infestée par 1 endophyte spécifique avant un certain âge; quand cet âge est atteint Tiofestation par Tendophyte donne un coup, de fouet au développement.

A mi-chemin entre ces deux types extrèmeft, Cypri-*

I LA SYMBIOSE NÉCESSXraE 163

! pedium et Bîetia^ se trouve le Cattleya dont les grai-

j nés peuvent commencer à se développer sans cham-

9 pignon, mais s'arrêtent bientôt à un état de sphérule

dont la plante feuillée ne peut provenir qu'à la suite

d'une infestation.

L'existence de ces types si différents vis-à-vis de la nécessité du champignon endophyte nous permet de comprendre la genèse ancestrale d'un caractère aussi curieux que celui d'être incomplet par soimême et d'avoir besoin d'un associé pour se dévelop- ! per. 11 est vraisemblable que les orchidées étaient

autrefois des plantes comme les autres; elles ont été j infectées par des champignons qui s'y sont trouvés à

! l'aise comme les zoochloreiles dans les paramécies;

) il y a eu échange de bons procédés entre les deux

l commensaux et, finalement, une division du travail

assimilateur s'est faite entre eux au point que le Cypripedium^ par exemple, a perdu petit à petit la possibilité de vivre tout seul. Dans d'autres espèces, I l'habitude n'est pas encore fixée au point d'être deve-

nue un caractère indispensable.

î Quand la symbiose est devenue nécessaire comme

chez le Cypripedium, nous trouvons là un exemple 1 bien intéressant au point de vue do la lutte universelle.

I Non seulement les deux commensaux sont adaptés

i l'un à l'autre au point de ne plus lutter le moins du

] monde, l'un contre l'autre, mais encore ils ont besoin

' de s'entr'aider pour triompher du milieu; leur asso-

I dation est bien plus intime que celle de l'homme et

i du chien.

[ Le champignon n*a pas perdu comme l'orchidée

I la faculté de vivre seul; il est resté capable de se

cultiver par lui-même sur des milieux nutritifs, de

vivre à Tétat de saprophyte. Et, comme on devait s'y alteodre, en vivant longuement à Tétat saprophyte, il perd une partie au moins de son adaptation, de sa virulence, dirions-nous volontiers par comparaison avec les microbes parasites des animaux; ils ne peuvent plus faire germer les graines d'orchidées! Ce résultat, non encore publié, m'a été communiqué directement par Noël Bernard.

§ 37. - LA MUTATION, OU VARIATION BRUSOUEi CHEZ LES ORCHIDÉES VIVANT EN SYMBIOSE AVEC DES CHAMPIGNONS

Voici maintenant les faits qui, à mon avis, correspondent à des cas de mutation ou variation brusque, mais avec un parasite visible et cultivable. M. Bernard ayant isolé, à partir de plusieurs espèces différentes d'orchidées, trois espèces bien distinctes de champignons endophytes, a cherché à réaliser le développement d'une même orchidée sous Tinfluence de deux champignons différents. Certaines symbioses, comme celles de Phalœnopsis ou de Vanda avec Tendophyte de Cattleya lui ont paru impossibles, et cela n'est pas pour nous étonner; il se peut que ce ne soit qu'un défaut d'adaption analogue à celui qui résulte d'une culture saprophytique prolongée.

Les cas où la symbiose a été possible sont plus instructifs*.

Soit une espèce d'orchidée A, que nous savons l'aire pousser en symbiose avec deux champignons m

1. N. Bernard. « Symbiose d'orchidées et des divers cliampignons endophytes. » C. R, Ac, d, se, 2 janvier 1906.

Page 1