V. à ce sujet mon Traité de Biologie^ éh v
du corpg et non en d'autres il apparaît des prothalles susceptibles de fournir des gamètes. Constatons-le sans r expliquer.
Chez Tescargot, c'est là le seul problème ; certaines conditions réalisées en une région déterminée du corps y déterminent l'apparition d'éléments sexuels ; mais ces éléments sont des deux sexes ; il est vrai que c'est toujours aux mêmes points de la glande hermaphrodite qu'apparaissent les ovules ; c'est toujours aux mêmes points qu'apparaissent les spermatozoïdes^ et l'on doit se demander pourquoi la maturation génitale est mâle aux derniers, femelle aux premiers. Le problème est plus facile à poser pour la sangsue. En certains points du corps, et nous ne savons pourquoi, il apparaît des prothalles capables de donner des éléments sexuels; pourquoi les uns sont-ils des testicules ? Pourquoi les autres, et toujours aux mêmes points du corps, sout-ils des ovaires ? Ne sachant pas ce que c'est que le sexe génital, nous sommes naturellement très embarrassés pour répondre à cette question d'une manière précise, mais nous pouvons le faire sans hypothèse dans un langage vague et qui n'engage à rien; nous dirons que, au point où apparaît un ovaire, il y a « quelque chose » qui détermine dans les prothalles le sexe féminin; au point où apparaît un testicule, il y a « quelque chose » qui détermine dans les prothalles le sexe masculin. Ce « quelque chose », nous ne savons pas ce que c'est, mais nous le connaissons par son influence déterminatrice du sexe ; il est probable que ce quelque chose n'a aucun rapport direct avec la nature même du sexe génital, et cependapt, pour nous conformer au langage employé pour les
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prothalles isolés des presles par exemple, nous rappellerons sexe prothallique. Il vaudrait mieux vcréer un mot nouveau pour une chose nouvelle, mais on doit se conformer à Tusage, et le langage reste rigoureux pourvu qu'on ne sépare jamais les deux mots et qu'on ne parle pas de sexe tout court pour les prothalles.
La question devient bien plus intéressante quand on passe des espèces hermaphrodites à celles qui, comme l'homme, le moineau, le rat, n'ont jamais, dans un individu donné, que des prothalles d'un sexe prothallique donné, des ovaires ou des testicules. On dit alors que tel individu est m&le s'il contient des testicules qui donnent naissance à des éléments doués de sexe génital mâle, femelle, s'il contient des ovaires qui donnent naissance à des éléments doués de sexe génital femelle. Ici encore nous ne savons pas pourquoi les prothalles d'un individu donné mûrissent toujours dans le sens mâle ou femelle à l'exclusion du sexe opposé, mais nous pouvons convenir d'appeler « sexe somatique mâle » le quelque chose qui, dans le corps de l'individu considéré, dirige la maturation des produits génitaux dans le sens mâle ou le sens femelle. Il n'y a aucune raison pour que ie sexe somatique m&le ait un rapport direct avec la nature même du sexe génital mâle ; c'est une particularité de l'individu, mais nous ne savons pas la définir autrement que par ses résultats. Ouvrons ici une parenthèse :
Gomme tous les caractères d'un individu vivant, le sexe somatique doit dépendre à la fois de la structure héréditaire de l'individu et des conditions dans lesquelles il vit; il n'y a pas, dans un être vivant quelconque, une seule particularité qui lui appar-
tienne en propre, indépendamment des conditions de milieu. Et, en effet, chez la myxine par exemple, on voit dépendre des conditions de vie le sexe somatique des individus. La myxine est un poisson qui, dq,ns son jeune âge, vit librement dans l'eau ; à ce moment il est doué de sexe somatique mâle. Puis il entre comme parasite dans un cétacé et, pendant cette seconde partie de son existence, il a le sexe somatique femelle. Le sexe somatique dépend donc, danà cette espèce, des conditions de vie des individus.
Chez la plupart des animaux connus, il en va tout autrement ; un individu qui est mâle reste mâle toute sa vie, de telle manière que le sexe somatique paraît inhérent à la structure même de Tètre indépendamment des circonstances extérieures ; cela prouve seulement que, à partir d'un certain moment, les variations de milieu qui pourraient modifier le sexe somatique sont en dehors des limites dans lesquelles peut se maintenir la vie même des êtres considérés ; nous ne pouvons pas nous proposer de faire vivre un homme comme parasite dans une baleine pour voir s'il deviendrait femelle ; il mourrait. Les auteurs ne sont pas d'accord sur Tâge auquel, dans une espèce donnée, le sexe somatique devient invariable sous peine de mort ; il est probable d'ailleurs que cet âge varie avec les espèces ; pour quelques-unes, le sexe somatique paraît déterminé dans Tœuf dès la fécondation ; pour d'autres, il paraît indéniable que les conditions d'éducation première ont une influence déterminatrice sur le sexe somatique ; toutes les expéiences faites dans ce sens ont été guidées par le plus lur empirisme, puisqu'on ne sait pas ce que c'est que e sexe somatique. Je me contente de signaler cette
question qui sort du cadre du présent chapitre; la question de la « détermination du sexe somatique » a fait couler des flots d'encre et est d'ailleurs très mal posée en général.