‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 12 sur 58 · PES LA · texte numérisé non relu

PES LA

Le tort qu'il a eu, c’est de vouloir faire rentrer dans cette catégorie le plus grand nombre des cas de luxations congénitales. Il invoquait

our cela les motifs suivants :

1° La luxation n'existe pas à la naissance. Il citait à l’appui l’observation d’un enfant chez lequel on l’avait vainement cherchée de mois en mois jusqu'à quinze mois et chez lequel on reconnut alors, aux premiers essais de marche, de la faiblesse et de la claudication. Elle n'a été rencontrée dans aucune dissection, ni par lui ni par ses amis Follin, P. Broca, Foucher, Farabeuf, ni par ses élèves Reclus, Jalaguier, Tuflier, Ricard, Barette et Poirier. Contrastant avec l'extrême rareté, grande fréquence des luxations constatées vers le commencement de la deuxième année et pendant tout le cours de la première ou de la seconde enfance.

2° Caractères anatomiques particuliers de ces luxations, dont les unes ne méritent même pas ce nom et dont les autres se rapportent à des coxalgies intra-utérines ou extra-utérines précoces, en tout cas ne ressemblant nullement à ceux des luxations paralytiques.

3° Possibilité dans bon nombre de cas de prendre sur le fait la pathogenèse de la luxation paralytique et de constater de la manière la plus claire les caractères cliniques.

4° Impossibilité absolue pour ceux qui mettent sur le même pied les luxations ante-partum et post-partum d’en établir le diagnostic différentiel d’après les signes cliniques.

Aucun de ces arguments ne résiste.

a) Au premier on peut répondre qu'il y a aujourd’hui un certain nombre de faits indéniables de luxations existant déjà au moment de la naissance. Nous en ferons l’objet d’un chapitre spécial. D'ailleurs, comme lui répondait déjà P. Broca, « ce qui existe au moment de la naissance c’est moins une luxation véritable qu’une tendance à la luxation. La luxation presque toujours ne se manifeste ou du moins ne se complète que lorsque l'enfant commence à marcher et lorsque le poids du corps vient exercer une action mécanique sur une articulation dont l’équilibre et la solidité sont insuffisants. S'il s’agit d'une malformation, si par exemple la tête fémorale et la cavité cotyloïde n’ont pas cette forme rigoureusement sphérique qui leur permet de coïncider exactement et d'être maintenues en rapport, même après la

destruction de tous les ligaments, par la pression atmosphérique,

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