IT
l'articulation est peu déformée, mais elle est privée d’une des conditions essentielles de son équilibre, et lorsque l'enfant vient à marcher elle cède sous le poids du corps ».
b) Au point de vue anatomique il y a entre la luxation paralytique et la luxation congénitale des différences notables qui portent surtout sur l'appareil musculaire. Dans la luxation congénitale les faisceaux sont moins nombreux parce que beaucoup d’entre eux ne sont pas nés, mais ils ne présentent aucune trace de dégénérescence. Dans la paralysie infantile, la fibrille diminue de volume et disparaît en partie par l'envahissement d'un stroma graisseux et conjonctif. Cette différence, découverte et mise en lumière par M. Lannelongue, tranche définitivement la question. L'atrophie de la luxation congénitale est diffuse sur tout le membre. Celle de la luxation paralytique se localise sur certains groupes. Les adducteurs sont plus généralement touchés et la luxation s'opère d'ordinaire en avant.
c) Quant aux antécédents de paralysie infantile, jamais, et pour cause, on ne les observe dans la luxation congénitale. Chez aucun de nos malades nous n’avons rien trouvé qui nous permit d'y penser.
d) Pour le diagnostic clinique entre les deux ordres de faits, nous affirmons qu'on peut l’établir en général et en relatons plus loin les règles. Enfin les luxations paralytiques frappent plus souvent le garçon que la fille et sont beaucoup plus souvent des luxations antérieures que des luxations postérieures.
V. — Théories des malformations. — Dire, comme Paletta, que la luxation congénitale est causée par une aberration du nisus formativus, c’est-à-dire de la force formatrice, par un défaut dans l'organisation primitive des germes, c'est, ainsi que le remarque Gerdy, exprimer un fait, ce n’est pas l'expliquer. C’est une affirmation, ce n'est pas une théorie.
Breschet est le premier qui ait tenté d'interpréter scientifiquement les choses. Ses idées sont développées dans les cliniques de Dupuytren et la thèse inaugurale de Caillard-Billionnière. Il s'agit pour lui d'un arrêt de développement de l'os iliaque. Chez l'embryon et le fœtus les points du squelette « les derniers développés Sont ceux où doivent exister soit des cavités, soit des éminences, et ceux Surtout où plusieurs pièces osseuses se réunissent. Or c’est sur