‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 29 sur 58 · IN UE · texte numérisé non relu

IN UE

IL en est de même de la rotation interne et externe. Chassaignac a fait de cette mobilité un symptôme caractéristique de la luxation. « Fléchissez, dit-il, la cuisse à angle droit sur le bassin, la jambe à angle droit sur la cuisse et exercez en agissant sur le pied un mouvement de rotation. Si la hanche est normale, l’excursion sera d’un quart de cercle au plus. S'il y a déplacement de la tête fémorale, elle sera au moins d’un demi-cercle. »

La tête fémorale suit ces mouvements en sens inverse. Ils s'exécutent, en effet, autour de l'insertion des parties molles fixées au col et au trochanter, tel ligament pour tel mouvement, tel tendon pour tel autre. La tête fémorale est donc actionnée en sens inverse. Elle se porte en arrière et s'abaisse quand la jambe s'élève, en avant quand elle s'étend et ainsi de suite. Elle décrit dans la circumduction un arc dont le rayon est égal à l'étendue du déplacement et sur la signification diagnostique duquel Desprès père avait attiré l'attention.

Un seul mouvement est toujours diminué dans son amplitude et ce, dès les premiers mois, quelle que soit d’ailleurs la variété de luxation, mais à des degrés divers : c’est l'abduction. Lorsque la flexion de la jambe sur la cuisse étant maintenue on porte celle-ci en dehors, le mouvement est arrêté plus ou moins par la tension des muscles adducteurs et principalement du grand adducteur dont le bord interne apparaît saillant et tendu sous les téguments.

A côté de ces mouvements, il convient d'étudier le glissement vertical passif. Dupuytrena dit «on peut à volonté allonger ouraccourcir les membres affectés. Il suffit, pour les allonger, d'exercer de légères tractions sur l'extrémité des fémurs; pour les raccourcir, de les refouler vers le bassin. Or, si l’on prend la crête de l'os des iles et le sommet du trochanter pour termes de comparaison, on peut aisément s'assurer que la tête des fémurs subit dans ces expériences un déplacement qui s'étend depuis un jusqu'à deux et trois pouces suivant

‘âge, la taille et la constitution des individus et principalement suivant l'étendue du déplacement des os, et l’on voit par le fait de cet allongement et de ce refoulement alternatif les signes de ces déplacements paraître et se rencontrer en quelques instants. Au reste, tous ces déplacements s’opèrent sans la moindre douleur et avec la plus grande facilité. »

Bouvier a contesté cela et considéré que Dupuytren avait été

Loge

victime d’une illusion qui consistait à prendre pour un abaissement du fémur une inclinaison du bassin en totalité du côté de la traction. Cette objection ne se comprend guère, puisque c’est par la variation de la distance comprise entre le trochanter et la crête iliaque qu'il s’assure du déplacement. Aussi l'avis À peu près unanime des auteurs est-il que l'opinion de Dupuytren est la vraie, qu'il ya bien dans la traction glissement de l'extrémité supérieure du fémur, mais l’on admet aussi que l'écartement est moindre qu'il ne l’a dit. I] y a, en effet, deux facteurs d'ordre musculaire dont il faut tenir compte, car ils diminuent l'amplitude des mouvements et peuvent en empêcher la production: la contraction et la rétraction musculaires. Le deuxième est naturellement insurmontabie. A une période avancée, lorsque les adducteurs et d’autres muscles sont rétractés comme nous le verrons,

mée. Mais la contraction suflit déjà à produire le même effet, et cette contraction se produit infailliblement si le membre est sollicité à descendre avec brusquerie. Si la manœuvre n’est pas faite avec une douceur extrême, elle échoue, les muscles péri-articulaires sé raidis-

niveau des crêtes iliaques. L'examen sous le choroforme lève alors tous les doutes. »

Si nous jetons un Coup d'œil d'ensemble sur la Symptomatologie précédente, nous voyons qu'elle s'explique tout entière par une cause

nue plus franchement Postérieure, un second facteur s'ajoute au pre-

mier, prend une importance de plus en plus considérable au point de causer la majorité des désordres : c'est la rétraction musculaire.

dia ses Abe de nt did

Page 1