‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 34 sur 58 · CHAPITRE VII Pronostic · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII Pronostic

Les développements dans lesquels nous sommes entré pour la clinique nous permettent d'être bref en ce qui concerne le pronostic. Au point de vue de la vie, la luxation congénitale n'offre pas un danger.

Lorsqu'elle est double elle n'est pas elle-même une cause de dystocie, lorsqu'elle est simple même elle détermine plutôt une déformation, une asymétrie du bassin plutôt qu'un rétrécissement vrai. Les faits semblables à celui de la femme dont nous avons pu disséquer l'articulation (v. page 36) sont très rares.

En ce qui concerne la marche, cette malformation est au contraire grave. Nous avons dit que, chez un certain nombre de sujets, une néarthrose s’établissait, Permettant un fonctionnement très satisfaisant, c’est la faible minorité des cas. La tendance de la luxation est d'ordinaire de s’aggraver de plus en plus. La marche et la station verticale repoussent incessamment en haut et en arrière la tête fémorale, les muscles s'altèrent, la marche est douloureuse. Les sujets gardent volontiers le repos, ils ne prennent pas l'exercice nécessaire à la santé et deviennent Souvent obèses. Réciproquement, cet état augmente leur claudication et ce fait n’a pas échappé au grand observa-

teur qu'est Zola. Quand Gervaise de l’Assommoir perd son activité

et engraisse, elle boite davantage. — Infirmité locale et altération de l'état général retentissent l’une sur l’autre.

Si l’on pense à tout cela, si l'on songe d'autre part aux entraves de iout genre que peut apporter à ces sujets pour l'avenir leur infirmité, si l'on songe enfin à leurs souffrances morales, car la chose à laquelle on s’habitue le moins est d'être une exception et d'inspirer la pitié ;il faut bien reconnaître que le pronostic est au total grave et vaut qu'on se préoccupe du traitement. Ajoutons d’ailleurs que ce pronostic est en général moins sévère pour les luxations unilatérales que pour

les bilatérales, pourles luxations supérieures que pour les antérieures, .

pour les antérieures que pour les postérieures.

Page 1