CHAPITRE VIII
Chronophotographie de la marche dans la luxation congénitale.
Nos expériences ont eu pour but d'analyser les mouvements du trochanter, du bassin et du thorax dans la claudication de la luxation congénitale, Nous voulions mesurer exactement sur chaque malade la part qui revient à chacun de ces éléments, obtenir ainsi un moyen scientifique d'observer à quelques mois de distance les modifications opérées dans l'état des parties et y trouver une source d'indications précises au point de vue thérapeutique.
Sur le conseil de M. Marey, nous n'avons pas recouru aux appareils à pellicule donnant des images d'ensemble, où les points si localisés {sur lesquels nous portions notre attention auraient pu être difficiles à distinguer et à interpréter. En outre, ces appareils nécessitent la lumière solaire, ne peuvent s’employer qu’en plein air et pendant la belle saison. Nous n’aurions donc pu y trouver la régularité nécessaire au point de vue clinique. Nous avons adopté son appareil à plaque fixe et repris en la modifiant la technique de MM. Quénu et Demeny. Leurs sujets, vêtus d'un maillot noir, étaient en pleine lumière, ils se mouvaient devant un fond de velours noir, l’axe des membres indiqué par des lignes blanches. Plus tard ils ont adopté des points brillants fixés sur le maillot et reliés par des fils blancs, puis de petites lampes électriques accrochées également sur le maillot.
Dès le début, pour obtenir une précision plus grande, nous avons supprimé le maillot et fixé directement sur le corps mis entièrement à nu nos lampes, montées dans de petites cuvettes d’ébonite de façon à éviter tout déplacement du point lumineux. Nous, obtenions l'adhérence à l’aide de très petites bandelettes de pâte de diachylon. Ce
procédé était trop inexact encore, car la mobilité superficielle des téguments se transmettait à nos lampes et altérait les résultats d'une façon très appréciable. Nous nous sommes donc attachés à solidariser aussi étroitement que possible nos points lumineux avec le squelette lui-même. Nous employons cinq lampes fixées sur des points constants. L'une inférieure, au niveau de la malléole externe, est fixée sur une bande de diachylon serrée elle-même sur le squelette très super
ficiel de la mortaise tibio-péronière.
Le fémur porte deux lampes, l'une inférieure sur la face externe du condyle externe, l’autre supérieure au bord supérieur du grand trochanter. Elles sont réunies l'une à l’autre par une tige de cuivre rouge malléable à laquelle on peut, au moment où l'on place l’appareil, donner une courbure lui permettant de s’adapter exactement à celle de la cuisse. Cette tige est montée à coulisse sur une plaque mince de cuivre représentée sur la figure ci-contre. Cette plaque
porte à ses extrémités des crochets permettant de l'appliquer et de la maintenir sur la cuisse à l'aide de caoutchoucs. Nous enroulons en outre au-dessus et au-dessous dé cette plaque des bandes de diachylon en évitant un degré de compression susceptible de gêner le fonctionnement normal {des muscles. Nous avons, bien entendu, une
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série de baguettes de cuivre proportionnée à la taille des sujets. Toutes portent à leurs extrémités des crans permettant d'amener la lampe à l'endroit précis. Elle tient à la tige à l’aide d'un petit encli-
quetage. Sa face interne est adhérente à la peau grâce äfune mince bandelette de diachylon.
FIG, 17e
Sur le bassin, nous avons choisi comme repère le tubercule d'insertion de la bandelette de Maissiat toujours très facile à reconnaître et siégeant presque verticalement au-dessus du grand trochanter à l’état normal. Les téguments étant ici très mobiles, nous appliquons sur les crêtes iliaques une lame de caoutchouc de trois travers de
doigt de largeur, épousant la forme et les mouvements du bassin. Au niveau de la cage thoracique, nous n'avons su trouver un point de repère absolument fixe. Nous enroulons une bande de diachylon tangente à l’angle inférieur de l’omoplate. La lampe y est fixée avec un peu d’emplâtre en un point correspondant à Ja neuvième ou dixième côte.
Ces lampes, montées en dérivation sur une batterie d’accumulateurs,
sont commandées par l'opérateur qui met l'appareil en mouvement. Elles sont de 4 à 6 volts. I] faut en avoir un jeu important pour que chaque groupe de cinq ait un même voltage, La batterie d'accumulateurs, de 8 volts, est munie d’un rhéostat Permettant de donner progressivement le maximum d'intensité lumineuse indispensable pour l'obtention des épreuves.
la marche en sens inverse. Pour obvier à cela, nous avons, avec l'autorisation de M. Marey, coupé les rayons lumineux au centre du diaphragme. ne He
La pièce dans laquelle nous opérons à l'hôpital Trousseau a été, grâce à la bienvaillance de M. Broca, entièrement disposée dans ce but. Elle mesure‘40 mètres sur 6. Un rideau noir en tapisse le fond. Toutes les ouvertures en sont” obturées. Elle n’est éclairée que par deux lanternes jaunes permettant de se mouvoir sans risquer de voiler la plaque. | Jire
Pour éviter les oscillations des membres Supérieurs devant les lampes, de même que pour faire marcher l'enfant dans un plan aussi perpendiculaire que possible à l’axe optique de l'appareil, ‘et. que Pour veiller à la régularité de son allure, l’un de nous marche :à
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