‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 36 sur 58 · CU PORT ON · texte numérisé non relu

CU PORT ON

reculons devant, soutenant légèrement les mains tenues en avant.

Chacun de nos points lumineux décrit donc une courbe interrompue par le passage des rayons du disque. Grâce à ces interruptions, nous traçons sur ces épreuves, à la gouache blanche, des directrices représentant l’axe des différents segments du corps. La ligne inférieure indiquant le trajet du point malléolaire nous est particulièrement utile en ce qu’elle nous permet de rapporter aux temps du lever ou du poser du pied, les différents phénomènes que nous étudions sur les trois lignes supérieures : thoracique, pelvienne et trochantérienne.

Sur les tracés normaux que voici (fig. 17 et 18), les lignes thoracique, iliaque et trochantérienne sont légèrement sinusoïdales, Dans chaque pas (c'est-à-dire double pas) elles présentent deux convexités supérieures correspondant à l'appui unilatéral et deux concavités supérieures correspondant au double appui. Ce point est bien connu et bien expliqué, l'élévation au moment de l'appui unilatéral est due au mouvement d'arc de cercle que le tronc exécute d’arrière en avant autour du pied fixe, comme centre, le membre inférieur s'étendant puis se fléchissant progressivement, nous n'avons donc pas à y revenir. Ce qui mérite ici l'attention c’est que, dans le type normal, pour le thorax, pour l'os iliaque et pour le trochanter, la convexité la plus forte correspond à l'appui unilatéral du côté opposé. Nous le constatons en menant sur notre tracé une tangente aux convexités les plus élevées et nous voyons ainsi que la convexité correspondant à l'appui unilatéral du côté figuré n'arrive pas à la hauteur de cette tangente. La raison du phénomène se trouve dans l’action des muscles abducteurs de la hanche, mise en relief par Duchenne de Boulogne. Ces muscles (moyen et petit fessier principalement) interviennent du côté de l'appui unilatéral pour permettre de détacher du sol le pied du côté opposé.

Ils prennent leur insertion fixe sur Le grand trochanter et attirent vers lui l'os iliaque par leurs fibres rayonnées. Ce mouvement s’exécute autour d’un axe antéro-postérieur. [l se traduit au temps de l'appui unilatéral par une élévation plus grande du bassin (par conséquent de l'extrémité supérieure du fémur fixé au bassin) du côté du lever que du côté du poser. Il en est de même du thorax qui se met aussi en abduction du côté de l'appui unilatéral pour que le centre de gravité du corps soit porté. au-dessus du pied. Nos tracés, quoiqu'ils ne epréAe est Sé un ce vérifient tout t cela,

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Examinons maintenant comment les choses se passent dans la luxation congénitale et ici étudions séparément les cas très différents de luxation bilatérale et unilatérale.

Dans la luxation bilatérale, pour la ligne iliaque, les maxima de convexité sont renversés. [ls sont au niveau de l'appui unilatéral du côté correspondant, c'est-à-dire qu'à ce temps le bassin est plus haut du côté où le pied appuie. Trendelenburg, qui a observé ce fait par un autre procédé, en a donné une explication satisfaisante. Par suite de la nouvelle direction de leurs fibres, du fait de la luxation, les moyen et petit fessiers ont perdu leur action abductrice et sont annihilés à ce point de vue. Ils ne peuvent donc pas abaisser le côté correspondant du bassin vers le fémur. C’est le côté où le pied est levé qui s’abaisse sous l’action de la pesanteur puisqu'elle n'est pas contrebalancée par l’action musculaire.

Dans la luxation unilatérale, les tracés ne sont pas tout à fait ainsi. Si l'on photographie le côté malade, on constate que ces maxima de convexité correspondent, comme pour le type normal, à l'appui unilatéral du côté opposé. L’explication en est simple. Au moment de l'appui unilatéral sur le côté malade, la crête correspondante est bien, en réalité, comme pour la luxation bilatérale, plus élevée que l’autre — et ce, pour le même motif— mais au moment de l’appui sur le côté sain, les choses se passent comme à l'état normal puisque les adducteurs exercent leur action. Il en résulte (et nous l'avons toujours observé directement) que le côté du bassin correspondant à la luxation reste constamment plus élevé que l’autre ; dans l'appui du côté sain, c’est un phénomène physiologique et normal dù à l’action abduetrice des fessiers ; dans l'appui du côté malade, c’est un phénomène pathologique, purement mécanique, dû à la perte de l’action abductrice des mêmes muscles. Il n’est pas surprenant que, ainsi que nous le montre le tracé, l'élevation de la crête iliaque soit plus grande à l’appui unilatéral du côté sain. En effet, à ce temps-là, elle est exactement au niveau normal. A l'appui unilatéral du côté malade, au contraire, elle s'élève sans doute par suite de son mouvement de bascule autour de l'axe antéro-postérieur, mais en même temps le bassin s’abaisse en totalité, n'étant pas soutenu par un embofîtement avec le fémur.

Passons maintenant à l’état de la ligne trochantérienne. Quelle que

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Fi. 22.

soit la luxation, bilatérale, ou unilatérale, les maxima de convexité correspondent à l'appui unilatéral du côté photographié. C'est donc, dans tous les cas, l'inverse du type normal. Cette modalité s'explique par la mobilité de l'extrémité supérieure du fémur sur l'os iliaque. Au lever du membre inférieur malformé, cette extrémité s’abaisse : 1° par l'effet du poids du membre; 2° par la réaction des tissus qui avaient été tendus au moment du poser. Dans la luxation unilatérale, cet abaissement de l'extrémité supérieure du fémur est l’unique cause de l’abaissement de la ligne trochantérienne. I] s’y joint dans la luxation bilatérale l’abaissement du côté correspondant du bassin, de sorte que le phénomène est particulièrement intense dans la luxation bilatérale.

La ligne thoracique nous montre une exagération très marquée de l'état normal. En effet, les convexités correspondant à l'appui sur le membre photographié tendent à s’effacer, et celles: qui correspondent

à l'appui sur l’autre membre augmentent considérablement. Sur cer- :

tains tracés, il semble n'y avoir de convexité supérieure qu'à l'appui du membre opposé. En effet, au côté luxé, ce que le thorax gagne en hauteur par le mouvement en arc de cercle décrit autour du membre inférieur, il le perd par l'inclinaison latérale destinée à placer au-dessus du pied le centre de gravité. Or cette inclinaison est infiniment plus forte qu’à l’état normal: 1° parce que, la luxation ayant lieu en dehors, le point d'appui du membre est plus externe ; 2 et surtout parce que le bassin s’inclinant dans un sens directement opposé au sens normal, l'oscillation du thorax doit être amplifiée d'autant pour rétablir l'équilibre.

Si nous résumons ce que nous donne l'inspection des tracés, nous trouvons entre la marche normale et la marche dans la luxation congénitale les différences suivantes :

MARCHE NORMALE. — Élévation du bassin à l'appui unilatéral, maxima du côté du lever. Sensible parallélisme du trochanter et du thorax avec le bassin.

LUXATION BILATÉRALE. — Élévation du bassin à l'appui unilatéral, maxima du côté du poser. Mêmes phénomènes, mais plus accentués du côté du trochanter. Très légère élévation du thorax au moment du poser. Élévation considérable au lever.

LUXATION UNILATÉRALE. — Elévation du bassin constante du côté

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