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ceux du membre supérieur gauche. L’abduction est limitée à 450. Tous les autres mouvements sont normaux ou augmentés d’étendue.
25 août 1894. Réduction sanglante. Opérateur M. Broca, aide X.
Incision de Jæger.' Section du fémur. Capsule épaissie. Tète fémorale normale, col court. Ligament rond conservé. Cotyle petit, triangulaire, mamelonné, tapissé decartilage. Évidement. Réduction facile. Opération courte. Réunion sans drainage. Extension d'Hennequin.
Suites. — Température : 25 s. 370,2; 26 m. 370,6, s. 390 ; 27 m. 38e, °s. 890,5; 28 m. 890. Anxiété. Inappétence. Mort par septicémie aiguë le 28 août au matin.
On n’a pas pu faire l’autopsie.
OBS, 17 (personnelle). — Zuxation congénitale du fémur gauche compliquée de Coo-tuberculose. Réduction sanglante. Guérison opératoire. Mort par généralisation tubevculeuse cing mois après l'opération.
Renée G..., 11 ans, entre le 24 Septembre 1894, dans le service du professeur Lannelongue, hôpital Trousseau, salle Giraldès.
Père et mère bien portants : 4 frères et sœurs bien constitués. Grossesse et accouchement sans accident. Présentation du sommet. Marche à 2 ans. De suite on s'aperçoit de la boiterie. Mais jamais jusqu’à ces derniers mois l'enfant n’a souffert ni n’a été gênée en quoi que ce soit. Elle Courait volontiers avec ses Compagnes el n'était ni moins vive ni moins adroite qu'elles. Depuis trois semaines environ elle souffre dans le genou et dans l’aine.
État actuel, 30 Septembre. — Atrophie considérable de tout l'appareil muscu laire du membre inférieur gauche (fesse, cuisse, jambe, plante du pied). Raccourcissement du membre. De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 65 centim. à droite, 63 centim. à gauche. Saillie angulaire de la région trochantérienne gauche. Le bord supérieur du trochanter dépasse de deux travers de doigt et demi la ligne de Nélaton. La tête, de grosseur normale, est au-dessus et en arrière. Dans l'extension elle se porte en avant, à un travers de doigt de l’épine iliaque antéro-supérieure, se déplaçant ainsi sur une
$tendue plus grande que sa largeur elle-même. Dans la flexion forcée, elle se met très en arrière. Flexion et extension complète. Adduction limitée à 300. Muscles adducteurs rétractés et altrophiés. Adduction plutôt exagérée, abduction normale. A l’occasion de tous ces mouvements, craquements perceptibles non seulement à la main mais à l'oreille.
Station debout. — L’épine iliaque antéro-supérieure droite est plus haute que la gauche d’un travers de doigt. La hanche est sensiblement plus saillante. La vulve regarde à droite. La grande lèvre gauche est plus basse que la droite. Le pied gauche est en rotation externe légère. Le membre est étendu à la hanche et au genou. Le rachis présente dans la région dorso-lombaire une courbe à convexité gauche assez prononcée. La fesse gauche est aplatie et très élargie. Le pli fessier est abaissé de plus d’un doigt.
Pendantla marche, le point sacré et le pli fessier gauche restent au contraire constamment plus élevés que du côté droit, quel que soit le pied qui porte. Quand c’est le pied gauche, la disproportion est certainement plus grande. Le bassin se porte franchement en haut etle thorax s'abaisse. Simultanément le grand trochanter glisse et s'élève sur la fosse iliaque externe. Le mouvement d'ascension du bassin commence certainement après le commencement et avant la fin de ce glissement vertical. Le membre inférieur conserve à peu près sa direction normale. Cependant le genou a une tendance à se porter en dedans. A droite, la fillette marche la cuisse légèrement fléchie sur le bassin et la jambe sur la cuisse pour rétablir l'équilibre. Les deux genoux ont une tendance à se croiser. Extension continue jusqu'au 18 novembre. |
18 novembre 1894. Réduction sanglante. Opérateur M. Broca, aide Delanglade. Incision de Lengenbeck. Au moment de l'ostéotomie du trochanter (au ciseau) on voit s'écouler une petite quantité de pus bien lié, recueilli et soumis à l'examen bactériologique.
La tète fémorale est déformée, aplatie en dedans. Mais le cartilage ne présente aucune altération apparente. Le ligament rond est conservé et relativement assez fort. La cavité cotyloïde ancienne est le siège de la collection puru- Jente ci-dessus mentionnée. Elle est peu profonde, recouverte de parties fibreuses et fibro-cartilagineuses. La capsule est tapissée de fongosités sur toute l'étendue de sa face interne.
Il existe une cavité cotyloïde nouvélle, peu profonde mais limitée par un bord net qui peu élevé à sa partie inférieure la sépare du cotyle ancien. Évidement du cotyle ancien. Réduction. Suture. Drainage.
Suites simples. — La feuille de température a été égarée, mais je me souviens qu'il n'y a pas eu d'ascension exagérée et que le cas s'est, au début, comporté comme une réduction sanglante de luxation congénitale ordinaire. j
Seulement la plaie s’est mal réunie. Elle est devenue fongueuse et a donné lieu à une faible suppuration. Liquide séreux avec des grumeaux. Elle à été grattée. L'ensemencement du pus recueilli pendant l'opération n’a donné lieu à aucune culture. L'injection des fongosités à un cobaye à été positive et a déterminé des lésions tuberculeuses chez les animaux en expérience.
Généralisation des lésions tuberculeuses. Mort le 25 avril 1895.
AUTOPSIE. — Foyers tubereuleux disséminés dans tout l'organisme, en particulier dans les poumons et les méninges. La hanche elle-même présente les modifications suivantes : La synoviale est entièrement fongueuse. Ces fongosités se prolongent dans toute l'étendue de la plaie opératoire el s'insinuent daus tous les intestins musculaires. Le squelette est profondément atteint. La tête fémorale a perdu son cartilage, elle présente à sa partie postéro-supérieure une averne tuberculeuse et les traces d’une ulcération compressive. Elle repose, en effet par celte surface irrégulière, érodée et d'aspect vermoulu, Sur une Sur face semblable de l'os iliaque immédiatement en arrière et au-dessus du cotyle. Celui-ci a conservé dans son segment antérieur Ja forme arrondie qui lui à été donnée au cours de l'intervention. Son pord postérieur, au contraire, s’est
effondré sous la pression de la tête en vertu de la contracture musculaire, et la récidive en un mot s’est faite par un procédé en tout semblable à celui des luxations pathologiques ordinaires. Autour de la nouvelle place de la tête fémorale s’est élevé un rebord cartilagineux qui donne insertion à la capsule.
L'os iliaque présente d’ailleurs les caractères habituels qu’il offre dans Ja malformation congénitale. 1] est plus grêle et moins développé que celui du côté opposé. Les branches horizontales du pubis et ischio-pubienne sont allongées et minces. La gouttière du psoas iliaque au-dessous de l’épine iliaque antéro-inférieure est profonde et caractéristique. De plus, nous avons noté une différence dans le calibre des vaisseaux d'un côté à l’autre. Leur circonférence mesure en effet : Iliaque primitive à droite 12 millim., à gauche 11 millim. Iliaque externe à droite 9 millim., 5, à gauche 7 millim. Iiaque interne à droite, 9 millim., 5, à gauche 7 millim,, 5. Tout cela démontre que c’est bien à une coxotuberculose développée dans une luxation congénitale que nous avons eu affaire et non à une coxo-tuberculose compliquée de luxation pathologique.
O8Bs. 18 (personnelle). — Luxation congénitale de la hanche gauche, Réduction sanglante. Guérison.
Charles F..., 8 ans, Paris, entré hôpital Trousseau, salle Denonvilliers, no 2, le 6 novembre 1894.
Père et mère bien portants. Une Sœur bien portante. Pas de vice de conformation dans Ja famille, La mère a eu deux fausses ‘couches, l’une au deuxième mois, l'autre au sixième. Elle n’a pas subi d'accident pendant qu’elle était enceinte de notre petit malade. L'accouchement à eu lieu à terme et s’est bien passé. Présentation du sommet. L'on n’a rien remarqué au moment de la naissance. L'enfant à été nourri au biberon et élevé à la campagne. I1 a marché à quinze mois. C’est à l’âge de deux ans, lorsque la mère l’a repris, qu'elle a remarqué la claudication dont on ne lui avait pas parlé, Le déhanchement était très faible à cette époque. Ce qui la frappait surtout c'était l'attitude du pied gauche en rotation interne. Elle Je conduit dans un hôpital où l'on place un appareil inamovible que l'enfant conserve pendant dix-huit mois. =
L'enfant n'a jamais souffert de la hanche. Cependant il se fatiguait assez vite et boitait de plus en plus. C’est pour cette double raison qu'on doit le retirer de pension et le conduire à Trousseau.
Etat à l'entrée, — Station verticale. — Déformation moyenne. Le bassin est légèrement élevé du côté gauche. (Il s’abaisse au contraire de ce côté quand l'enfant est fatigué par l’immobilité verticale un peu prolongée.) La région de la hanche paraît écrasée d'avant en arrière, La fesse est élargie et aplatie. La face antérieure de la cuisse est élargie aussi, mais de plus parâît excavée au niveau du triangle de Scarpa. Le trochanter fait une forte saillie en haut ef en arrière, saillie angulaire.
Légère atrophie des muscles du membre inférieur gauche (fesse et cuisse
moe
surtout). Scoliose dorso-lombaire à convexité gauche mesurant deux mêtres de flèche.
Marche. — Au moment où le pied gauche est en arrière et se lève, la tête se porte en avant et tourne légèrement en dehors. ;
Le phénomène inverse se passe au moment du poser. Il s’y joint un mouvement d'élévation très sensible de la tête sur la fosse iliaque externe.
Relativement peu d'élévation du bassin et d'inclinaison latérale du tronc au moment de la pesée du pied.
Décubitus. — Raccourcissement. De l'épine iliaque antérieure supérieure au sommet de la malléole externe : 55 centim. à droite, 52 centim. à gauche.
Le bord supérieur du trochanter dépasse de 2 centim. la ligne de Nélaton. Tête dans la fosse iliaque en haut et en arrière.
2 décembre 1894. Réduction sanglante. Opérateur M. Broca, aide Delanglade. Incision de Langenbeck comme d'habitude. Capsule épaissie. La tranche mesure plus de 5 millim. La tête fémorale porte à son sommet un petit bouquet de fibres de 1 centim de long environ représentant le ligament rond rompu.
Après désinsertion de la capsule sur le col, évidement du cotyle qui est trouvé rempli de cartilage, de fibro-cartilage et de grosses franges graisseuses.
Réduction assez facile. Suture de la capsule en capiton, puis du grand trochanter (suture périostique seulement), à la diaphyse puis des téguments, les points profonds prenant le grand fessier. Pansement à la gaze aseptique. Extension d'Hennequin. |
Suites opératoires. — Temp. 2, $. 370,4, 3 m. 38°,4, 5. 3902; 4 m. 39%, s. 390,1; 5 m. 370,9, s. 380,8; 6 m. 370,5, s. 390,2; 7 m. 380,5, 5:390,6 8 m. 38, s. 400 ; 9 m. 38°, S. 390,5 ; 10 m. 38°,S. 380,3. Du 11 au 15, température au-dessous de 38°. Du 16 au 20, température oscillant entre 370,5 et 38°,3. 21 m. 37,4, s. 370,8. Puis nouvelle ascension graduelle jusqu'à 40°, le 24 au soir. Descente graduelle. Du 28 décembre au 10 janvier, oscillations autour de 39°. A partir du 10 juillet température normale.
Pansements les 9, 16 et 20 décembre. Réunion par première intention. Tout pansement est supprimé au 24 décembre. La tête fémorale est bien replacée dans la cavité cotyloïde, l'articulation n'est pas douloureuse à la pression. On. commence à la masser et à Jui imprimer de petits mouvements. Les phénomènes fébriles de la fin du mois ont pu être jusqu’à un certain point liés à une otite moyenne qui a débuté par des douleurs dans la région mastoïdienne et s’est accompagnée d'une otorrhée abondante et d'adénite rétro-auriculaire.
28 janvier. Le genou gauche est le siège de douleurs assez intenses. Il à présenté de l'hydarthrose, maintenant il ne contient plus que quelques gouttes de liquide. Mais il est en demi-tlexion et ne peut s'allonger.
Chloroformisation. Mobilisation de la hanche opérée et du genou. Gouttière plâtrée remontant jusqu’à la partie supérieure de la cuisse. Cette complication retarde la guérison complète. L'enfant ne commence à marcher qu’à la fin de février. Mais l’on remarque que les mouvements sont beaucoup plus étendus
que ceux des enfants dont la hanche n’a pas êté mobilisée sans l'anesthésie. Ainsi la flexion dépasse l'angle droit. ,
Au point de vue fonctionnel, il'est également dans de très bonnes conditions. Il s'amuse volontiers dans les cours de l'hôpital pendant la plus grande partie de la journée. Peu de jours après sa sortie, il peut aller avec ses parents à pied sur les boulevards et y passer debout toute son après-midi (le jour de la mi-carème).
Revu le 7 septembre 1895. ù
État actuel. — Station verticale. Symétrie à peu près parfaite des deux côtés du tronc. A noter seulement une légère courbure dorso-lombaire à convexité gauche qui s’efface lorsque l'enfant repose par son pied gauche sur un livre épais de 14 millimètres. Le grand trochanter gauche est un peu plus saillant que le droit.
Pendant la marche, le trochanter ne remonte à aucun degré dans la fosse iliaque, mais le bassin demeure plus élevé à gauche qu'à droite et remonte encore légèrement au moment du poser du pied gauche, le tronc s’inelinant un peu de ce côté. Ce balancement est très léger.
Décubitus. — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de Îa malléole externe, 54 centim., 5 à droite, 55 centim., 5 à gauche. Le bord supérieur du grand trochanter est à un centimètre au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser.
Mouvements : Ja flexion dé asse. notablement l'angle droit. L'extension est P 8
complète ainsi que l'adduction et la rotation. Seule l'abduction est très limitée (à 30° environ). Au cours de ces divers mouvements, la tête fémorale ne roule plus dans la fosse iliaque externe.
Au point de vue fonctionnel, résultat plus frappant encore, il n'y à pas de différence notable entre ce petit malade et les autres garçons de son âge au point de vue de la fatigue.
OBS. 19. — Luxation congénitale du fémur droit. Réduction sanglante. Guérison.
Marie B..., 8 ans, entrée le 3 novembre 1894, dans le service du professeur Lannnelongue, hôpital Trousseau, salle Giraldès ; sortie le 25 août 1895.
Une grandtante boitait, mais on ne peut obtenir sur elle de renseignements précis. Trois frères ou sœurs bien constitués. Pas d'accident ni pendant la grossesse ni au cours de l'accouchement. On ne remarque rien à la naissance. L'enfant est envoyé en nourrice à la Campagne où il commence à marcher à
15 mois. Depuis, la claudication a sensiblement et continuellement augmenté. -
La fatigue seule la fait souffrir de temps en temps. Les douleurs siègent au niveau de la hanche. Coqueluche à 1 ah, rougeole à 4.
État actuel, novembre 1894. — Dans la station verticale le Corps repose à peu près egalement sur les deux jambes. Le bassin est abaïissé de plus de deux t'avers de doigts à droite, le pli fessier correspondant est abaisse aussi et oblique en bas et en dessous, la base est aplatie, élargie et d'apparence flasque. Le grand trochanter fait en dehors et en haut une saillie arrondie. Le rachis décrit
une double courbure, l’une inférieure dorso-lombaire très convexe à droite, l'autre supérieure cervico-dorsale plus légère, convexe à gauche. L'une et l'autre sont d'ailleurs uniquement dues à l'attitude, car elles disparaissent facilement : 1° au cours de la locomotion; 2° par la suspension. Le membre inférieur droit est atrophié. Il se tient droit avec un léger degré de rotation interne. Léger gent valgum du même côté.
La marche est très défectueuse à cause des oscillations latérales qui se produisent quand le pied droit porte sur le sol. Le trochanter s'élève manifestement de plus d'un travers de doigt sur la fosse iliaque externe. Avant même que son ascension soit terminée, le bassin s'élève à son tour et vient à la ren— contre du thorax qui s’abaisse considérablement en se portant en avant. Le pied droit reste en rotation interne légère et le genou en adduction plus prononcée, de telle sorte qu'il frotte à chaque pas contre son congénère du côté opposé. Quand le pied gauche supporte à son tour la pesée du corps le bassin reste légèrement plus haut à gauche et le tronc ne s'incline que très faiblement à droite. |
Décubitus. — Raccourcissement de 5 centim. De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 63 centim. à gauche, 58 centim. à droite. De l’épine iliaque antéro-supérieure à la base de la rotule, 32 centim. à gauche, 27 centim. à droite. Le bord supérieur du grand trochanter est à 5 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton. La tête est au-dessus et en arrière. Les mouvements sont étendus ; sauf l'extension qui est légèrement incomplète et l’'abduction qui est très limitée. Craquements des mouvements.
Réduction sanglante le 25 novembre 1894. Opérateur : M. Broca: aide, Delanglade.
Incision de Langenbeck. Pas de particularité dans le manuel opératoire Tête bien conformée en avant, un peu aplatie en arrière. Ligament rond déchiré, cotyle ancien, pelit, rempli de cartilage, tissu fibro-cartilagineux, franges graisseuses. Évidement à la curette. Réduction laborieuse. Réunion. Extension continue par le procédé d'Hennequin.
La feuille de température sur laquelle étaient portés les pansements, massage, etc., ainsi que la date du lever a été égarée. La réunion a élé complète.
État actuel, 4 août 1895. — Station verticale. — Pas le scoliose. La fesse droite reste un peu aplatie et élargie. Le trochanter est encore saillant. Le pli fessier est exactement horizontal. Léger élargissement du sillon cruro-génital. Le membre inférieur droit paraît un peu plus grêle que le gauche.
Pendant la marche le bassin reste élevé du côté droit, notablement plus que du gauche, quel que soit le pied qui repose sur le sol. Au moment où c’est le droit, le bassin se relève encore plus de ce côté et se rapproche du tronc qui s'incline en même temps en avant, tandis que le bassin remonte en arrière. L'oscillation double ainsi produite est beaucoup moins aceusée que celle qui existait avant l'opération. Enfin le fémur est absolument fixé et n’a pas de tendance à se déplacer sur la fosse iliaque externe. La claudication rappelle actuellement beaucoup plus celle d’une coxalgie guérie avec raideur articulaire que celle
d'une luxation congénitale, Mensuration de l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 64 centim. à gauche, 62 à droite. Le bord supérieur du grand trochanter affleure exactement la ligne de Nélaton. Cette apophyse ne continue pas exactement la diaphyse. Elle fait avec elle un angle obtus ouvert en dehors. La tête fémorale n’est plus perceptible. Elle reste bien logée dans son cotyle et échappe à la palpation dans les mouvements qu'on lui transmet. Le membre conserve une légère flexion. L'extension complète ne peut être obtenue. Il en est de même de la flexion qui est arrêtée au point où le fémur fait avec le bassin un angle droit. L'’abduction est presque nulle. Les mouvements de rotation s'exécutent bien.
15 février 1896. Pas de récidive. Amélioration progressive de l’état fonctionnel.
O8s. 20 (personnelle). — Luxation congénitale des fémurs en haut et en arrière. Réduction sanglante à gauche. Guérison.
Marguerite L..., 13 ans, entrée le 25 mars 1895 dans le service du professeur Lannelongue, supplée par M. Broca, hôpital Trousseau, salle Giraldès.
Père et mère bien portants. Quatre autres enfants plus jeunes bien portants. Pas d'autre malformation dans la famille. La mère n’a pas eu pendant sa grossesse la moindre indisposition. L'accouchement a été normal. Présentation du sommet. À la naissance, on ne remarque rien du côté du bassin. A l’âge de 15 jours la fillette aurait présenté des phénomènes inflammatoires au niveau de la hanche gauche (rougeurs, gonflement et douleur). Ces phénomènes, sur lesquels on ne peut obtenir aucun renseignement précis, auraient duré un mois environ. En tout cas ils se sont terminés par résolution pure et simple, car la famille dit bien qu’il n’y a pas eu d’abcès et car il ne reste aucune cicatrice grande ou petite.
L'enfant commence à marcher entre 18 mois et 2 ans « en canard », Sa Claudication a peu à peu augmenté, elle s’est surtout accentuée dans ces trois dernières années et particulièrement dans ces derniers mois. Elle s'accompagne fréquemment: de douleurs à la hanche et au genou gauche, douleurs qui apparaissent le soir après une journée fatigante, mais qui se dissipent pendant la nuit. La fillette peut marcher une heure, mais est très lasse au bout de ce temps-là.
Etat actuel, 25 mars 1895. — Légère ensellure lombaire avec un peu de cyphose dorsale (plus que d'habitude dans les luxations congénitales). Saillie angulaire très accentuée du grand trochanter gauche. Pas de saillie trochantérienne à droite, F
Sillon interfessier un peu oblique en bas et à gauche. Torsion très accusée du tronc qui regarde franchement à gauche. La saillie de la tête est visible à gauche. Ecartement considérable de l'espace intercrural.
Marche. — Disgracieuse avec balancement considérable du côté gauche, inclinaison du tronc, élévation du bassin. Peu d'ascension trochantérienne.
LS
Décubitus. — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe 69 centim. à droite, 67 centim. à gauche. Le bord supérieur du grand trochanter dépasse la ligne de Nélaton de 4 centim. à gauche, de2 centim. à droite. La tête fémorale est à gauche en haut et un peu en avant à droite elle est en arrière. Des deux côtés elle est mobile sur la fosse iliaque à l’occasion des mouvements passifs imprimés au membre. Ce qui m'étonne c’est que tous les signes importants dans la marche, dans la déformation ete., se trouvent réunis sur la hanche gauche tandis que la droite, quoique postérieure, quoique ballante, ne donne lieu a rien d'apparent. C’est la première fois que je vois Ça.
31 mars 1895. Réduction sanglante, opérateur M. Broca, aide Delanglade. Tenotomie à ciel ouvert des adducteurs, du tenseur, du facia lata, du couturier.
Incision de Langenbeck. Tête fémorale aplatie sur la fosse postérieure (qui portait) normale en avant, col un peu court. Pas de ligament rond ni de trace de son existence. Cotyle ancien plat sans rebord à fond fibreux et peu cartilagineux. Pas de cotyle nouveau, à proprement parler : simple empreinte aplatie de la capsule au voisinage de l'épine iliaque antéro-supérieure, par conséquent en un point notablement éloigné de l'ancien. l
Evidement profond du cotyle déshabité. Réduction laborieuse par traction dans la flexion, abduction et rotation interne. Suture de la capsule au fil d'argent, du trochanter et de la plaie à la soie. Attouchement de la plaie à la solution phéniquée forte. Drainage. Extension d'Hennequin. |
Suites. — Température normale pendant les trois premiers jours, 3 avril, m. 370,4, s. 389,2; 4 m. 390,5, s. 38°,5. Puis oscillations autour de 38° jusqu'au 10. Ensuite la température revient à la normale. Ablation des fils et du drain le 13 avril. Réunion immédiate. Deuxième pansement le 22 avril. Une séance de mobilisation sous le chloroforme, malheureusement pas du massage consécutif,
Levée dans la première quinzaine de juin, mais la fillette conserve encore ses béquilles quand elle quitte l'hôpital. Ce n'est que le 1er août qu'elle commence à marcher sans appui.
Revue en octobre. Amélioration fonctionnelle. L'enfant marche beaucoup plus que par le passé, elle se fatigue moins, fait de longues courses. Amélioration de la forme qui est redevenue normale ou peu s’en faut. Maintien de la réduction, mais raideur assez considérable de la hanche.
14 janvier 1896. La hanche est raide, fléchie à 80° et ne jouit que d'une très faible mobilité dans tous les sens. Le grand trochanter est à 1 centim au-dessus de la ligne de Nélaton mais la tète est bien réduite et impossible à distinguer au milieu des parties voisines. |
Le 1er mars sur notre conseil elle rentre à l'hôpital pour subir méthodiquement la mobilisation. Le membre opéré est plus long que l'autre d’un centimètre. De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe 71 centim. à gauche, 70 centim. à droite.
OBs. 21 (personnelle). — ZLuxation congénitale des fémurs avec adduction très considérable. Résection de la tête fémorale gauche. Amélioration.
Marie J..., 13 ans, entre le 29 mars 1895 dans le service du professeur Lannelongue, suppléé par M. Broca, hôpital Trousseau, salle Giraldès, lit n° 20.
Père et mère bien portants. Une sœur plus jeune atteinte de luxation congénitale bilatérale. La grand'mère a un bec-de-lièvre. Grossesse sans accident. Accouchement pénible trois à quatre semaines avant l'époque attendue. Présentation du sommet. On ne remarque rien à la naissance. Nourrie au biberon par la mère. Enfance souffreteuse. Convulsions à plusieurs reprises de 6 à 18 mois. Jamais de paralysie à la suite. Marche à partir de 2 ans et demi (avait commencé à 22 mois à faire quelques pas en se tenant aux meubles. On remarque alors qu'elle boite « en Canard »; on ne s'était pas aperçu auparavant de sa malformation. Depuis plusieurs années la fillette, très nerveuse d’ailleurs, est triste, taciturne, morose. Elle ne joue jamais, ne s'intéresse pas à grand chose et pleure souvent. Elle souffre à la moindre marche.
État actuel, 29 mars 1895. — Luxation bilatérale extrêmement considérable facile à reconnaitre à distance, même au repos. Forte bascule du bassin en avant, Saillic très considérable des deux hanches en haut et en arrière surtout du côté gauche. À travers les parties molles, on distingue facilement la tête et le trochanter. Au niveau du périnée, les cuisses sont écartées par leur face interne de plus de trois travers de doigt. Elles sont fléchies, en adduction très marquée et en rotation externe telle qu’au repos le genou gauche est directement en avant du droit. Rotation externe de Compensation au niveau du genou. Le pied gauche est néanmoins un peu tourné en dedans. Ensellure lombaire très considérable coincidant avec une forte scoliose dorso-lombaire à convexité gauche. Fesses très proéminentes.
Marche. — A chaque pas les genoux se croisent en frotiant l’un contre l’autre ; c'est à ce point que ses robes et jupons s’usent à ce niveau en très peu de temps. Oscillations thoraciques médiocres. Oscillations pelviennes de sens contraire beaucoup plus fortes. Ascension trochantérienne très marquée.
Décubitus. — Des deux côtés le bord Supérieur du grand trochanter dépasse de près de quatre travers de doigt la ligne de Nélaton-Roser. La tête fémorale mobile et superficielle est au-dessus et en arrière. Tous les mouvements sont limités : l'abduction est presque nulle, l'extension est notablement diminuée, la flexion l'est un peu aussi de même que l’adduction et la rotation. Craquements.
4 avril 1895. Opération par M. Broca ; aide Delanglade, Myotomie à ciel ouvert des adducteurs du tenseur du fascia lata et du couturier. Réunion. Incision de Langenbeck un peu recourbée en avant. Grand fessier normal. Ostéotomie au niveau du grand trochanter. Incision longitudinale et décollement de la Capsule tout autour du col. La tête fémorale est aplatie sur la face postérieure qui repose sur l’osiliaque. Elle est assez Jégulière. Le col est court. I n’y a pas
trace de rebord autour de la place actuelle de la tête fémorale. L'ancien cotyle est lui-même sans bord, son fond est plat, il n’a pas la forme triangulaire ordinaire, il est arrondi. Il est creusé à la curette et acquiert ainsi des dimensions suffisantes pour loger et retenir la tête fémorale. Malheureusement toutes les tentatives faites par tous les procédés possibles et en usant même du levier, restent absolument stériles malgré toute la force déployée. A deux reprises la tête est partiellement réséquée et façonnée. On ne peut pourtant la réduire. Finalement on est amené à la reséquer avec la partie interne du col. Le petit moignon de col qui reste rentre alors très facilement. Suture de la capsule audessus par des points en capiton. Suture périostique du grand trochanter. Réunion. Drainage. L'opération a été antiseptique et à duré plus d'une heure trois quart. Extension continne. ,
- Suites. — Temp. : 4 avril, S. 370,1, 5 m. 38°,6, s. 380, 6 m. 38°, s. 380,5, 7 m. 370,8, s. 380,2; 8 m. 37°,5, &. 380,6; 9 m. 380,4, s. 380,8; 10 m, 370,8, s. 380,3 ; 11 m. 370,5, $. 389,3 : 12 m. 370,5, s. 370.8; 13 m. 370,6 s. 380,5; 14 m. 370,8, s. 380,6 ; 15 m. 370,5, s. 379,7,
A partir de ce jour la température reste constamment au-dessous de 38°, Pansements les 13 et 15 avril. Réunion immédiate.
En raison de la résection et pour laisser aux tissus la faculté de se refaire dans de bonnes conditions de solidité. La fillette est laissée au lit deux mois ; la mobilisation n'est commencée qu'à partir de juin. On ne la lève pour la première fois que le 15 juin. <
Novembre 1895. La santé générale est meilleure. L'appétit est revenu, les digestions se font bien. La fillette engraisse, elle ne souffre pas, tandis qu'avant l'intervention elle se plaignait constamment. Elle ne peut cependant marcher plus {d’un quart d'heure à vingt minutes de suite, au dehors. L'adduction a disparu.
8 février 1896. L'état fonctionnel s’est sensiblement amélioré. Cette fillette, qui avant l'opération souffrait constamment et ne pouvait plus marcher du tout, se trouve bien maintenant et fait facilement une promenade d'une heure. Les genoux ne se croisent plus du tout. Au point de vue de la forme, il n'y à aucune différence entre le côté réséqué et Je côté où la luxation existe. L'ascension et la saillie trochantérienne, ja situation du bassin, l'attitude des membres sont la même des deux côtés. Le bord supérieur du grand trochanter dépasse de quatre travers de doigt la ligne de Nélaton.
Ogs. 22 (personnelle). — Luxation congénitale bilatérale des fémurs. Réduction sanglante à gauche. Guérison. Mort quatre mois après par rougeole. Autopsie.
Marie T..., 3 ans, entre le 18 mars 1895 dans le service du professeur Lannelongue, hôpital Trousseau, salle Giraldès, n° 4 bis.
Père et mère bien portants. Pas d’autres enfants. Pas de vices de conformation dans la famille. Grossesse ét accouchement normaux. Présentation du sommet.
L'enfant marche à 22 mois et se balance dès les premiers pas. La claudi-
cation augmente de plus en plus.
… État à l'entrée, — Ensellure considérable sans aucune scoliose. Fesses très proéminentes. Sillon interfessier presque vertical. Pli fessier gauche légèrement oblique en haut et à gauche, droit presque horizontal. Pas d’écartement notable de la face interne des cuisses. Ventre très saillant.
Marche. — Très défectueuse ; ses caractères principaux sont :
1° Adduction très exagérée. À chaque pas, le genou qui est en arrière frotte pour se placer en avant celui du côté du poser ; |
2° Mobilité extrême du tronc et du bassin qui viennent à la rencontre l’un de l’autre ;
3° Mobilité moindre de la tête fémorale sur le bassin.
Décubitus. — Luxation double. Les deux membres sont raccourcis naturellement, mais le gauche l’est un peu plus que le droit. De l'épine iliaque antérosupérieure, au Sommet de la malléole externe, 41 centim. 5 à droite, 40 centim. 5 à gauche. : é ;
Des deux côtés, dépressibilité au niveau du triangle de Scarpa et sous l’épine iliaque antéro-supérieure.
Flexion complète au cours de laquelle la tête se déplace considérablement en bas et en arrière. On Sent à l’occasion de ce mouvement un ressaut et un claquement plus accusés à droite qu'à gauche.
Extension incomplète à droite. I ÿ Manque 15° environ à gauche, elle est moins étendue encore, il y manque 35°, Abductien à 450 à droite un peu moindre à gauche. Les mouvements de rotation sont à peu près normaux. Circumduction étendue avec déplacement considérable de la tête fémorale.
À droite, le bord Supérieur du grand trochanteur est à 1 centim. 5 au-dessus de la ligne de Nélaton. La tête fémorale est au-(lessus et en arrière. Le col paraît court. La tête semble l'eposer surtout par sa partie postéro-interne. Cela varie Cependant avec les attitudes.
À gauche, le trochanter eSl à 2 centim. 5 au-dessus de Ja ligne de Nélaton. La tête est plus en arrière qu’à droite. :
mineux et allongé. Tête aplatie à sa partie postéro-interne. Pas de néo-cotyle, Le cotyle ancien admet la pulpe de l'index, il est rempli de cartilage et de franges graisseuses. Evidement. Suture. Drainage. Extension d'Hennequin.
Suites opératoires. — Simples, malgré élévation de Ja température. 12 avril s. 370,4 ; 12 m. 389, s. 380,4; 13 m. 390, s. 390,8, 14 m. 380,7,5. CÉLRES DER 380,9, s. 390 ; 16 m. 380,2 s. 3897 ; 17 m. 380,9, 5. 380,5 ; 18 m. 380, s. 380,2, À partir de ce jour Ja température reste au-dessous de 386.
19 avril. Pansement, on retire le drain et les fils.
Réunion parfaite par première intention.
3 mai. Début de la Mobilisation passive au Jit A conservant l'appareil d'Hennequin,