‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 52 sur 58 · REG · texte numérisé non relu

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sent la tête du fémur qui arrive directement sous le ligament de Fallope, au niveau de l’éminence ilio-pectinée, et qui n'est séparée de la peau que par une faible épaisseur de parties molles. Quelques craquements articulaires. Pas d’'atrophie musculaire.

Quand on fait marcher l’enfant,les jambes s’écartent considérablement, les pieds sont dans la rotation en dehors la plus complète, et l’enfant porte le pied à plat.

La marche ne s’est pas encore faite sans appui, ct pourtant l'enfant a 21 mois.

O8s 71 (due à l’obligeance de M. Île professeur LANNELONGUE). — Luxation congénitale double de la hanche en haut et en avant. (E. DuPRÉ, Th. Paris, 1891.

Rose C..., 2 ans, 26 avril 1884.

L'enfant n'a pas encore marché seule et se tient difficilement debout.

Les deux membres inférieurs se tiennent dans l’abduction. Le creux inguinal à sa partie interne est déprimé; et la tête fémorale n’est plus à sa place ordinaire. On la trouve très près de l’épine ilaque antéro-supérieure, immédiatement au-dessous de la partie externe de l’arcade de Fallope.

Les grands trochanters ne forment pas la saillie ordinaire. Les fesses sont aplaties. Ni atrophic musculaire, ni raccourcissement appréciable, d’un côté ou de l’autre.

Des craquements articulaires sont perçus dans les différènts mouvements que l’on imprime à l'articulation.

L'adduction se fait très bien, mais l’adduction et la rotation en dehors sont extrèmement limitées, même pendant le sommeil chloroformique. L'impossibilité de ces mouvements ne tient pas aux muscles qui sont complètement relàchés, mais paraît dépendre des surfaces osseuses : la tête fémorale semble très volumineuse.

I est impossible de dire comment se fait la marche, car l'enfant ne fait que quelques pas, en se tenant à une chaise.

L'enfant est rachitique.

OBS. 72 (due à l’obligeance de M. le professeur LANNELONGUE). — Luxation congénitale de la hanche. (E. DUPRÉ, Th. Paris, 1891.)

Léa C..., 20 mois, 20 mars 1884.

Cette enfant présente une variété de luxation congénitale de la hanche qu'on pourrait appeler variété en avant et en haut. Quand le membre inférieur gauche est dans l'extension, la tête du fémur vient se placer immédiatement en avant du bord inférieur du bassin, plus près du pubis que de l’épine iliaque antérieure

-et Supérieure. On la sent presque sous la peau et on la fait rouler très manifestement de façon à ce qu'on n'ait pas le moindre doute sur elle,

Il est possible chez cette enfant d'exagérer l'extension du membre inférieur et même de le fléchir légèrement en arrière. La tête du fémur vient alors faire saillie à la place indiquée. On provoque d'ailleurs facilement la flexion du du membre, la rotation en dedans, la rotation en: dehors. Quand ou imprime à la cuisse des mouvements de rotation, on détermine des craquements articulaires très marqués.

Des deux membres inférieurs, le gauche est atrophié. Le pli de laine y est moins marqué que du côté droit, quand la cuisse est dans l'extension.

Du côté des fesses rien à signaler, Le grand trochanter gauche fait une saillie un peu plus cousidérable que le droit. En apparence, le membre inférieur gauche est un peu plus court que l'autre et l'enfant le tient, comme un membre cagneux, un peu en dehors. Les muscles de la cuisse gauche sont atrophiés et un peu les museles du mollet. Mais ce sont surtout les muscles de la partie antérieure de la cuisse qui sont faibles. :

Lors de sa naissance, l'enfant n’a pas bougé la jambe. Depuis, elle ne la remue que fort peu. L'enfant a 20 mois et elle n’a pas encore marché.

La mère dit que, lorsque l'enfant essaie de marcher, elle appuie le talon sur le sol ettourne la pointe du pied en dedans.

Il y a non seulement luxation congénitale, mais paralysie.

Ogs. 73 (due à l'obligeance de M. le professeur LANNELONGUE). — ÆEtat probablement congénital des deux articulations coxo-fémorales, constituant le premier degré de la luxation. Coxalgie dans une articulation atteinte de luxation congénitale. (E. Dupré, Th. Paris, 1891).

Lucie H..., 6 ans 1/2.

Hanche gauche, — Saillie considérable du grand trochanter avec apparence renflée de la cuisse à sa partie supérieure.

Quand on veut faire exécuter au membre les mouvements de flexion avec rotation en dehors et abduetion, on ne peut y parvenir.

En interrogeant les parents sur l'origine de cet état, on apprend que, dès qu'elle a commencé à marcher, l'enfant a eu de la peine : elle avait les jambes écartées avec le hancher particulier des enfants qui ont une luxation congénitale.

Par le sommeil chloroformique, après anesthésie musculaire, nous ne sommes pas parvenus à faire exécuter au membre les mouvements qu'il devait accomplir.

Il y a donc une disposition congénitale qui s'oppose à ces mouvements.

Hanche droite. — Dans cette hanche se sont produits depuis quelques mois des symptômes de coxalgie, -aujourd’hui très accusés, et qui consistent en flexion de la cuisse, abduetion, allongement apparent, douleur à la pression, ete. Cette hanche était comme l'autre atteinte d'une malformation congénitale.

Il y est survenu une coxalgie. =

OBS. 74 (personnelle). — Luxation congénitale des fémurs. Coxo-tuberculose probable du côté droit. d

Marie R.., 8 ans, entrée le 27 janvier 1896, hôpital Trousseau, salle Giraldès, no 18.

Père et mère bien portants. Quatre autres enfants, deux plus àgés et deux plus jeunes, tous morts. Tous ont marché tard vers 15 mois, mais aucun d'eux ne boitait. Pas d'autre vice de confirmation dans la famille.

Grossesse et accouchement sans accident. Présentation du sommet. Nourrie au sein par la mère pendant trois mois puis au biberon, sevrée vers 15 mois. Rougeole à 3 ans. Pas d’autres maladies dans l'enfance. Commence à marcher vers 16 mois « en canard ». Elle présentait pendant les premières années une forte ensellure qu'un corset aurait fini par corriger. Jusqu'à l'âge de 5 ans, elle n'a jamais souffert. Elle se fatiguait seulement plus vite que ses frères et sœurs. Il y à trois ans à éprouvé au niveau de la hanche: et du genou droit des douleurs qui l'ont obligée à garder le lit pendant huit jours, puis elle est restée bien jusqu'il y a un mois. La mère a remarqué qu'elle traînait depuis quelques temps la jambe droite, qu’ellé S'appuyait davantage sur elle. Puis ont apparu des douleurs, d'abord le soir après une journée fatigante, puis toute la journée et, depuis dix jours, elle ne peut plus marcher du tout.

État actuel, 31 janvier 1896. — L'enfant ne peut être examinée que couchée à Cause de ses phénomènes d’arthrite du côté droit. L'extension continue appliquée depuis.son entrée à l'hôpital fait cesser toute douleur, mais la hanche est absolument raide. C’est à peine si l'on peut passivement et doucement lui donner des mouvements dans une amplitude de 30°. La fillette est incapable de la mouvoir sans entrainer simultanément le bassin. La région est gonflée, dure ; Sous les téguments apparaît un lacis veineux plus développé qu'à l’état normal. Ilest facile de déterminer au palper la situation du grandtrochanter dont la position par rapport à la ligne de Nélaton ne peut être envisagée à cause de l’impossibilité de fléchir la cuisse. La tête parait être en avant entre le cotyle normal et l'épine iliaque antéro-supérieure, mais au milieu du gonflement elle ne se détache pas du col avec une. netteté égale à celle du côté Opposé. En avant elle est douloureuse à la pression en un point fixe à deux travers de doigt et demi audessous de l’épine iliaque. Les ganglions du pli de l’aine droit sont certainement plus nombreux et plus volumineux que ceux du côté gauche.

À gauche, luxation en haut et en avant évidente, le bord supérieur du trochanter est à un centimètre au-dessus de la ligne de Nélaton. La tête est dans l'extension très en avant à un travers de doigt de l’épine iliaque antéro-Supérieure. De ce côté tous les mouvements, même l'abduction, surtout l'extension et l'adduction sont exagérés dans leur amplitude.

Les deux cuisses sont éloignées de deux bons travers de doigt à leur partie supérieure quand les malléoles internes se touchent. Les muscles de la cuisse sont atrophiés des deux côtés mais certainement plus à droite.

Le bassin s'incline à droite d'où allongement apparent de plusieurs centimétres. En réalité le membre inférieur droit est plus long que le gauche dun centimètre seulement. De l'épine iliaque au sommet de la malléole, 61 cent. 5 à droite, 60 cent. à gauche.

Bou état général. Pas d’autres vices de conformation ni d’autres lésions,

OBs. 75 (personnelle), — Luxation congénitale bilatérale des fémurs.

Wilw..., 33 mois. Soigné à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père bien portant, mère amputée du pied pour tumeur blanche. Pas d’autres enfants. Pendant toute sa grossesse la mère à été malade (sa tumeur blanche). L'enfant est venu à terme. On n'a, à la naissance, constaté chez lui aucune difformité. Il commence à marcher à 18 mois et apprend difficilement. Ce qui a frappé tout d'abord c’est son ensellure énorme déjà lorsqu'il a fait ses premiers pas. Le père trouve qu’elle augmente de plus en plus.

État actuel, 20 juillet 1893. — Ensellure lombaire telle que le dos semble sur le même plan que la face antérieure des cuisses quand on regarde l'enfant de profil. Les fesses et le ventre sont très proéminents. Le bassin est très incliné en avant, symétriquement d’ailleurs ; le détroit supérieur se rapproche de la verticale. Les trochanters font en arrière et en dehors une forte saillie. Les cuisses sont en rotation interne. Déhanchement peu considérable pendant la marche. Le bassin s'élève et le tronc s'abaisse du côté où le pied pose à terre, Ces mouvements sont peu étendus. Le trochanter reste immobile sur le bassin. A chaque pas les genoux se croisent, les deux cuisses étant en adduction et rotation interne.

Le membre inférieur gauche est plus court que le droit d'un centimètre. Le trochanter dépasse la ligne de Nélaton d'un travers de doigt environ. La tèle fémorale est au-dessus et en arrière. L'extension et l’abduction sont incomplètes. Les autres mouvements sont normaux. Craquements.

6 mars 1894. — Pas de différence au point de vue de état fonctionnel qui reste très médiocre. L'enfant se fatigue très vite et pour la moindre course. D'autre part l’ensellure me paraît augmentée et je constate outre les oscillations latérales un glissement vertical du trochanter pendant la marche.

12 janvier 1896. — Ensellure toujours considérable mais amélioration fonctionnelle. Le père repousse toute proposition opératoire.

Ogs. 76 (personnelle). — Zuxation congénitale de la hanche gauche. Variété en haut et en arrière.

Alice S..., 4 ans et demi. Soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau. va

Père et mère bien portants. Deux autres enfants plus jeunes bien portants. Pas de vice de conformation dans la famille. Née au septième mois. Ne marche qu’au vingt et unième mois.

Luxation congénitale du fémur gauche en haut et en arrière ballante. Bord supérieur du grand trochanter à 3 cenlim. au-dessus de la ligne de Nélaton. Marche très défectueuse avec fortes oscillations du fémur sur le bassin ét du bassin sur le rachis. Abduction limitée. Craquements. Atrophie des muscles de la fesse et de la cuisse.

L'opération avait été conseillée et acceptée. Mais la fillette a contracté la scarlatine, et a succombé chez elle.

O8s. 77 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur gauche.

Gustave P..., 4 ans et demi.

Père et mère bien portants. Deux sœurs plus âgées bien portantes. Grossesse et accouchement sans accidents. Marche à 13 mois. Boite, n'aime pas à courir avec les autres enfants, reste dans son coin, Geint quelquefois la nuit. Souffre au niveau du genou. Pleure dès qu'il fait quelque pas.

État actuel, 7 mars 1896. — Lnxation en haut. Marche en rotation externe. Glissement vertical considérable. De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe 48 centim. à droite, 45 à gauche. Le bord Supérieur du grand trochanter dépasse de 1 centim. 5 la ligne de Nélaton. La tête fémorale est au-dessus ct un peu en avant. Elle est extrêmement mobile sur la fosse iliaque externe. On peut Fabaisser facilement en face du cotyle. L'abduction moins étendue que du côté droit. Les autres mouvements ont au contraire leur amplitude accrue. es

O8s. 78 (personnelle). — ZLuxation congénitale bilatérale du Jémur. Rachitisme,

Gaston P.., 3 ans. Soigné à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants. Un frère aîné bien portant. Pas d’autres vices de conformation dans la famille. Grossesse normale. Accouchement sans complications. Présentation du sommet, Nourri au sein jusqu'à 15 mois. Marche à 20 mois. Alors seulement on remarque la marche vacillante. Ne souffre jamais Se fatigue très vite. Tombe souvent. Tout cela s'aggrave progressivement.

Pas d’asymétrie, fesses larges et plates. Plis fessiers légèrement ascendants. Pas de déviation de la colonne vertébrale, Oscillations latérales légères dans la marche qui s'exécute les jambes présentant un degré notable de rotation interne,

Décubitus. — Les deux trochanters sont à plus d'un centim. au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser. Les têtes facilement perceptibles au-dessus et en arrière. Pas de craquements. Abduction limitée.

Mensurations. — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe 39 centim. des deux côtés.

* Jiachitisme. — Tète volumineuse. Bosses saillantes. Chapelet costal. Tibias nfléchis à leur partie inférieure en parenthèse,

oi

OrS. 79 (personnelle). — Luæation congénitale du fémur gauche.

Marie M..., 7 ans. Soignée à la consultation externe de l’hôpital Trousseau.

Père tubereuleux, mère bien portante. Deux enfants plus jeunes bien portants. Grossesse pénible. Pendant toute sa durée, céphalées, maux de cœur, vomissements, névralgies, etc. Accouchement pénible. Douleurs persistant quatre ou cinq jours. Présentation du sommet. On ne remarque rien de suspect au niveau de la hanche, au moment de la naissance.

A 8 mois, bronchite avec fièvre intense et convulsions. Marche à 20 mois, claudication depuis cette époque. Pas de douleurs. Tendance à la lassitude. Depuis quelques mois la boiterie augmente de plus en plus.

État actuel, 10 octobre 1893. — Le bassin s'incline légèrement à gauche. Le rachis décrit dans sa région dorso-lombaire une courbe à concavité droite très marquée. Le flanc droit suit cette courbure. I est très fortement creusé. Le pli fessier est abaissé de plus d’un travers de doigt à gauche. La hanche gauche est un peu plus saillante que la droite. Le pli génito-crural gauche est très large. Ensellure assez considérable. Ventre proéminent.

Pendant la marche, inclinaison latérale du tronc à gauche et élévation du bassin lorsque le pied gauche pose à terre ; mais ce qui est le plus accusé, c’est l'ascension de l'extrémité supérieure du fémur sur le bassin.

Le membre inférieur gauche est plus court que le droit d’un travers de doigt et demi. Le bord supérieur du grand trochanter dépasse la ligne de Nélaton de moins d’un travers de doigt. La tète fémorale assez volumineuse et supportée par un col court est située immédiatement au-dessus : elle est très mobile. Les mouvements sont tous augmentés d'amplitude, sauf l’abduction qui est légèrement limitée. La tête fémorale peut être abaissée d’un travers de doigt au moins par une traction douce, le bassin étant bien fixé.

Ogs. 74 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur gauche.

Anna M..., 5 ans et demi, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants. Trois enfants plus jeunes bien portants. Pas d'autre vice de conformation dans la famille. Grossesse normale et sans fatigue. Accouchement en trois heures. Présentation du sommet. On ne s’aperçoit de rien au moment de la naissance.

La fillette commence à faire quelques pas en élant soutenue à 11 mois, mais elle ne marche seule qu'à 15 ou 16. On s'aperçoit alors du dandinement latéral. Cette claudication augmente progressivement. Elle est surtout forte lorsque sa fillette a fait un exercice fatigant.

État actuel, 7 octobre 1893. — Dans la station debout au repos, déformation légère : inclinaison faible du bassin à gauche, un peu d’abaissement de l'épaule droite. Saillie arrondie de l'extrémité supérieure du fémur en haut et un peu en arrière.

Do

Claudication caractérisée principalement et presque uniquement par l'ascension «le la tète fémorale et son excursion antéro-postérieure sur la fosse iliaque externe au moment. où le pied gauche pose à terre. L'oscillation latérale du tronc et: de l'ascension du bassin au même temps. sont, au contraire, très minimes. ,

De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 50 centim. à droite, 54 centim. à gauche. Le grand trochanter dépasse de 1 centim. 5 la ligne de Nélaton. La tête supportée par un col assez court est en haut et un peu en arrière. Elle roule sur une grande étendue dans les mouvements de flexion et d'extension. Pas de craquements. L’abduction seule est limitée. Les autres mouvements ont une amplitude plus grande qu'à l'état normal. Atrophie des muscles de la fesse et de la cuisse,

9 mars 1894 Depuis le dernier examen amélioration notable dans l'état fonctionnel. Pas de différence anatomique appréciable.

O8s. 81 (personnelle). — ZLuxation congénitale du fémur droit, Luation en haut. Appuyée,

Hortense M..., 30 ans.

Cette luxation n’a jamais été soignée. Elle ne donne lieu qu’à des signes très faibles pour les personnes étrangères. L'état fonctionnel est très bon. La malade marche facilement pendant deux heures. Elle éprouve quelques douleurs au niveau de la hanche au moment de ses règles mais cela ne Farrête pas. La boiterie est absolument imperceptible, Elle ne se reconnait qu’à un signe, le pied droit fait en frappant le sol plus de bruit que le gauche. Aucun balancement, aucun déhanchement.

À l’examen local, luxation directement en haut.

Trochanter à 4 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser.

De l'épine iliaque antéro-supérieure à la pointe de la malléole externe 79 centim, à droite, 83 centim. à gauche. Abduction très limitée. Les autres mouvements sont normaux.

N'a jamais été enceinte.

OBS. 82 (personnelle). — Luxation congénitale du Jémur droit.

Aline M..., 6 ans, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants. Un frère plus jeune bien portant. Pas d'autre vice de conformation dans la famille.

Grossesse et accouchement normaux. Présentation du sommet. Marche à 1 an, On s'aperçoit à cette époque d’un léger balancement, qui à toujours augmenté et notamment depuis quelque temps. La marche est fatigante, surtout à la montée. Cependant la fillette est gaic. Elle court et s'amuse volontiers.

Etat actuel, 11 juillet 1893. — Le bassin et le tronc sont inclinés à droite. L'extrémité supérieure du fémur fait, de ce côté, une saillie plus élevée et plus

PTE

marquée qu'à gauche. Le membre inférieur droit est dans l'extension mais avec un peu de rotation en dedans. Il est plus écarté de la vulve que le gauche. Le pli fessier droit est abaissé de plus d'un travers de doigt.

Pendant la arche, le trone s'incline très fortement à droite et le bassin s'élève chaque fois que le pied droit pose à terre. La colonne dorso-lombaire décrit, à ce temps, une forte courbe concave à droite. Quand le pied gauche pose à terre, cette courbe se redresse mais la partie postérieure du trone ne dépasse pas la ligne médiane. L'extrémité supérieure du fémur s'élève un peu sur le bassin, mais à un degré faible : les deux surfaces paraissent assez étroitement unies.

Le bord supérieur du grand trochanter est à un bon travers de doigt audessus de la ligne de Nélaton. La tête fémorale est en arrière et au-dessus dans la fosse iliaque. L'abduction est limitée, les autres mouvements normaux.

Ogs. 83 (personnelle). — Luration congénitale du fémur gauche.

Mennec…, Esther, 3 ans et demi, soignée à la consultation externe de l’hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants. Trois autres enfants plus ägés, dont l’un à eu pendant un an une hernie inguinale et dont un autre à une incontinence nocturne d'urine. Pendant les six premiers mois de sa grossesse, la mère, atteinte d’une bronchite à répétition, garde presque constamment le lit. Accouchement très rapide et presque indolent. Présentation du sommet. On ne s'aperçoit à la naissance d'aucune difformité.

La fillette aurait commencé à marcher à un an (renseignement donné par là nourrice qui l’élevait à la campagne). Quand elle est rentrée chez sa mère, c’està-dire à 16 mois, elle marchait à- peu près seule, mais butait et tombait au moindre obstacle. Elle s'est toujours dandinée à gauche, et la claudication augmente constamment. Cependant elle ne souffre pas et la mère n’a pas remarqué qu'elle se fatiguàt plus vite que les autres enfants. Rougeole à 2 ans.

Examen, 24 juillet 1894. — Station debout. Bassin légèrement incliné à gauche. L’épine iliaque de ce côté est plus bas et sur un plan plus antérieur que la droite. La hanche fait en dehors une saillie arrondie. La cuisse est écartée de la ligne médiane. Le pli fessier et le pli de l’aine sont abaissés à gauche.

Marche. — Le bassin reste constamment plus élevé à gauche qu'à droite, mais cette élévation s'accentue avec brusquerie quand le pied gauche pose à terre. Il ne paraît pas y avoir de glissement de la tête fémorale sur la fosse iliaque externe. L'épreuve du signe du maquignon montre que le bruit du pas est plus sonore quand le pied gauche pose à terre.

Décubitus. — Raccourcissement. De l'épine iliaque antéro-supérieure au SOMmet de la malléole externe, 46 centim. à droite, 44 centim. à gauche. Du même point supérieur à la tubérosité antérieure du tibia, 27 centim à droite, 25 centim. à gauche. Le bord supérieur du grand trochanter dépasse la ligne de Nélaton de 2 centim. 5 par son angle postérieur. de 1 centim. 5 par son angle antérieur.

La tête fémorale est, dans la flexion, au-dessus et en arrière du grand trochanter. Elle se replace spontanément en avant dans l'extension.

Tous les mouvements ont leur amplitude normale. :

29 février 1896. Marche sans dandinement, le bassin élevé. Légère tendance à se poser sur la pointe du pied gauche. Dans l'extension, la tête se porte en avant du trochanter, dans la flexion, au-dessus.

L'abduction et la flexion sont légèrement diminuées. Hyperextension, autant d'abduction qu’à droite.

Mensurations, de l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 52 centim. à droite, 49 centim. 5 à gauche. Longueur des fémurs, 24 centim. des deux côtés. :

Longueur des jambes (de l'interligne du genou au sommet des malléoles externes), 23 centim. des deux côtés. Du bord supérieur du trochanter au sommet de la malléole externe, 47 centim. à droite, 46 à gauche. C’est qu'il y a en effet un très léger degré de genu valgum à gauche.

À gauche, atrophie musculaire de la cuisse très prononcée. Atrophie moindre de la fesse et de la jambe.

O8s. 84 (personnelle), — Zuxation congénitale bilatérale des fémurs.

Gabrielle M..., soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

État actuel, 27 septembre 1893. — Hcartement des deux cuisses : quatre travers de doigt entre leurs faces internes. Disproportion entre le tronc et les membres inférieurs. Le membre inférieur gauche est en abduction et rotation externe. Le droit est en adduction et rotation interne. Les deux trochanters font en dehors une saillie anormale, Celle du grand trochanter gauche est plus accentuée et plus angulaire, Je triangle de Scarpa est à droite plus excavé qu’à l'ordinaire. A gauche, sa partie externe est soulevée par la saillie arrondie de la tête fémorale. Claudication très prononcée. Fortes oscillations du bassin et du tronc à la rencontre l'un de l’autre du côté du pied qui repose sur le sol. Il se joint à cela, à droite, un glissement du grand trochanter surla fosse iliaque qui n'existe pas du côté 0pposé, au moins au même degré,

Le grand trochanter est, à droite, à 4 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton, à gauche il dépasse à peine cette ligne. A droite, la tête fémorale est au-dessus et en arrière du grand trochanter, dans la direction de l’épine iliaque postérosupérieure. À gauche elle est en avant sur l’épine iliaque antéro-supérieure.

‘Abduction très limitée des deux côtés, Craquements.

. OBS, 85 (personnelle), — Luxation congénitale bilatérate des fémurs. Marie L..., 12 ans, vue à la consultation externe de l'hôpital Trousseau. Père et mère bien portants. Un frère plus jeune bien portant, Pas de vice

de conformation dans la famille. Grossesse et accouchement sans accident. Pré-

sentation du sommet, On ne remarque pas la difformité à la naissance. La fil lette est nourrie au sein par sa mère, Elle n'a pas de maladie dans la première enfance. Elle marche à 19 mois, mal des deux côtés. Vers 3 ou 4 ans la claudication diminue à droite et s’accentue à gauche. Le trochanter est de chaque côté à un travers de doigt au-dessus de la ligne de Nélaton, la tête fémorale est au-dessus et en arrière, très mobile.

Os. 86 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur gauche. Consultation le 5 décembre 1895.

Gabrielle L..., 13 ans et demi. Soignée à la consultàtion externe de l'hôpital Trousseau.

La grand'mère boitait, me dit-on, comme cette fillette. Père hémiplégique. Mère bien portante. Deux frères plus âgés bien portants. Grossesse sans aCCi= dents. Accouchement normal. Présentation du sommet. On ne remarque rien à la naissance. La fillette est nourrie au sein par sa mère. Elle marche à 13 mois et boite depuis cette époque sans que sa claudication se soit beaucoup aggravée, L'hiver dernier elle a souffert pendant plus d'une semaine au niveau du genou gauche et a dû garder le repos. C’est la seule fois qu’elle ait souffert. Elle peut marcher pendant une bonne heure, sans fatigue.

Examen. — Station verticale. Saillie angulaire considérable du grand trochan= ter gauche. Légère scoliose dorso-lombaire à concavité droite, diminuant mais ne disparaissant pas par la flexion soit antérieure, soit latérale du rachis. Pas d’ensellure. Légère rotation en dedans du membre inférieur gauche. Léger genu valgum du même côté.

Marche. — Oscillations pelviennes assez fortes, mais pas d'ascension du tro= chanter, le pied est dans la rectitude.

Atrophie musculaire considérable du côté gauche, portant sur tous les muscles des membres inférieurs, fesse, cuisse et jambe.

Le bord supérieur est à 9 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser. La tête fémorale est au-dessus et un peu en arrière. De l’épine iliaque antérosupérieure au sommet de la malléole externe, 81 centim. à droite, 76 centim. à gauche. Les mouvements sont libres, à l'exception de l'abduction qui est limitée à 45° environ.

En raison du bon état fonctionnel, la fillette reste simplement en surveillance. On ne Jui conseille pas l'intervention.

OBs. 87 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur droit.

Maria L..., 3 ans, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau. Père et mère bien portants. Un frère plus jeune rachitique. Pas d’autres vices de conformation dans la famille. La grossesse de la mère a été pénible, surtout du cinquième au septième mois. Douleurs dans le ventre et les reins, vomisse-

re

ments, etc. Accouchement à terme, long. Présentation du sommet. On ne remarque rien au moment de la naissance. Pas de maladie dans la première enfance.

La fillette fait ses premiers pas à 14 mois et «tire la jambe droite ». Elle tombe souvent. Elle ne souffre pas. à f

État actuel, 18 février 1894, — Peu de différence au repos dans la station debout. L'enfant couché, on observe : 1° un léger raccourcissement du membre. inférieur droit (un centimètre); 2° une ascension du trochanter qui dépasse d'un centimètre aussi la ligne de Nélaton; 3° au-dessus du grand trochanter et un peu en avant de lui, la tête fémorale facile à sentir et roulant sous le doigt à l’occasion des mouvements; 4° ceux-ci sont normaux, sauf l’abduction qui est légèrement limitée.

Dans la marche on constate que le côté droit du bassin est constamment plus élevé que le gauche et qu’au moment où le pied droit pose à terre et supporte le poids du corps, le côté correspondant du bassin, s’élève plus fortement tandis que le thorax s'incline vers lui. Il ne pouvait pas y avoir d’ascension de la tête fémorale sur la fosse iliaque externe.

. 8 novembre 1894. La claudication est plus apparente que lors du dernier examen. À part cela, l’état fonctionnel reste bon. La fillette peut marcher pendant deux heures consécutives. Jamais elle n'éprouve de douleurs. Le raccourcissement à augmenté d’un centimètre, De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 48 centim. à droite, 50 centim. à gauche. Trochanter à 1 centim., 5 au-dessus de la ligne de Nélaton. L’abduction est limitée à 15° environ. |

29 août 1895. La santé générale est excellente. L'état fonctionnel aussi. Absence complète de douleurs. Résistance à la fatigue (jeux, course, marche, etc.).

Luxation presque directement en haut et un peu en avant. Dans la station verticale l'enfant se tient sur la pointe du pied droit, le membre inférieur en rotation externe légère. Elargissement et aplatissement de la fesse droite sans saillie angulaire du trochanter. Dans la marche, ascension du bassin à droite, au moment du poser du pied droit, mais pas d’ascension apparente de la tête. Dans le décubitus, elle paraît bien fixée: à l’occasion des mouvements provoqués on ne peut pas la faire rouler en tous sens. Le raccourcissement à encore augmenté cependant d’un centimètre environ. De l'épine iliaque antéro-Supé— rieure au sommet de la malléole externe, 49 centim. à droite, 52 centim. à gauche. Atrophie notable des muscles du membre inférieur droit en totalité. Circonférence de la cuisse mesurée à 10 centim. au-dessus de Ja base de la rotule, 24 centim. à droite, 26 centim. à gauche.

Crâne olympien. Elargissement du front. Aplatissement de la partie supérieure de loccipital. Saillie des bosses pariétales.

Le bon état fonctionnel, le faible degré de la claudication et surtout la tendance de la tête à s'appuyer, font différer toutè proposition d'intervention que pourrait suggérer l'augmentation du raccourcissement depuis le premier examen, La fillette est en surveillance. :

TT Le

Os. 88 (personnelle). — Luxation bilatérale des fémurs.

Martine J..., 7 ans, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Antécédents héréditaires. (V. obs. 21) = Grossesse et accouchement sans accidents. Nourrie au sein. Marche à 14 mois. On s'aperçoit alors qu'elle balance un peu. Depuis, la claudication augmente considérablement d'année en année, notamment depuis un an.

Fillette très vive; « on ne peut pas la tenir », dit son père. Elle peut marcher deux heures sans se plaindre. Elle souffre parfois à la fin de la journée au niveau de l’aine droite qui, paraît-il, était gonflée, il y à quelque temps (il n’en reste rien actuellement).

État actuel, 28 mars 1895. — Forte ensellure. De chaque côté, saillie arrondie considérable de l'extrémité supérieure du fémur au-dessous des crêtes iliaques. Disproportion entre la longueur des membres inférieurs et celle du tronc, scoliose dorsale à concavité gauche. Agrandissement du diamètre antéro-postérieur du thorax à gauche, aplatissement à droite. Bassin légèrement incliné à droite. Abaissement du pli fessier droit (les deux sont horizontaux ou presque), sillon interfessier oblique en bas et à gauche. Ventre très proéminent. Ecartement des faces internes des deux cuisses à leur partie supérieure (deux travers de doigt environ). De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 56 centim. à droite, 57 centim. à gauche. Le bord supérieur du grand trochanter dépasse de 3 centim. 5 la ligne de Nélaton de chaque côté. La tête fémorale est au-dessus et en arrière. Elle est volumineuse et extrémement mobile.

Claudication très peu disgracieuse, grâce à la souplesse extrême de la colonne lombo-dorsale à laquelle se transmettent les mouvements inverses du tronc et du bassin. Pas d’ascension trochantérienne appréciable. Lorsque la fillette est habillée, se surveille et marche à petits pas, on ne Voit rien de sa boiterie.

Os. 89 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur gauche.

Andrée H..., vue à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants. Un enfant plus jeune bien portant. Pas de vices de conformation dans la famille. Grossesse très douloureuse pendant toute sa durée. Accouchement normal. Présentation du sommet, On ne remarque rien à la naissance. L'enfant ne marche seul qu'à 22 mois; on constate alors la boiterie, À 25 mois, la fillette à été soumise au repos absolu dans une gouttière de Bonnet pendant quelques semaines, puis on l'a envoyée à deux reprises au bord de la mer. Elle porte un appareil en euir moulé, du modèle conseillé par M. de Saint-Germain. Elle se fatigue très vité, au bout d'un quart d'heure de marche, par exemple. Elle ne souffre pas. à

État actuel, mars 1894. — Le membre inférieur gauche est en rotation externe très marquée. Il est dans l'ensemble plus grêle que le gauche. Cepen-

dant la partie supérieure de la cuisse est élargie et aplatie. Le bassin est élevé à gauche. Le rachis présente une courbe à convexité droite dans la région dorso-lombaire. Saillie angulaire du grand trochanter gauche en dehors, un peu au-dessus du pli fessier. Pas d’ensellure.

Marche. — Oscillations considérables du bassin qui se porte en haut à la ren. contre du tronc et vers la droite lorsque le pied gauche pose à terre. Glissement vertical du trochanter sur une hauteur de plus de 3 centim,

Décubitus. — De l'épine iliaque antéro-Supérieure au sommet de la malléole externe 63 centim. à droite, 58 centim. à gauche. Le trochianter dépasse dans la flexion à angle droit la ligne de Nélaton de 3 centim. 5 en avant, de 4centim. 5 en arrière, Dans cette attitude la tête est amincie et un peu en arrière de lui. Dans l'extension elle se porte en avant, au voisinage de l’épine iliaque antérosupérieure. Elle jouit sur la fosse iliaque d’une extrême mobilité, Abduction restreinte. Craquements.

La fillette a été opérée en ville et a succombé douze jours après.

OBS. 90 (personnelle), — ZLuxation congénitale des fémurs. Rachitisme.

André H..., 2 ans et demi, soigné à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants. Un autre enfant plus jeune bien portant. Grossesse normale. Accouchement pénible. Présentation du siège décomplété, mode des fesses. Nourri au biberon jusqu'à 15 mois.

État actuel, décembre 1893. — Saillie peu considérable des hanches. Ensele lure assez considérable, Tibias et fémurs un peu arqués. Chapelet costal. Tête volumineuse à bosses frontales et pariétales très saillantes. L'enfant se tient constamment fléchi, la tète inclinée sur le thorax, les hanches et genoux fléchis, ses bras et avant-bras sont {dans la même attitude. M. Lannelongue qui a consacré une clinique à cet enfant, fait remarquer qu'il rappelle la posture du fœtus dans l'utérus.

Pendant la marche il ne se redresse pas. Les pas sont hésitants. Il s'accroche aux meubles et aux murs.

Déhanchement peu considérable avec faible ascension du trochanter. Dans le décubitus on constate que les deux membres inférieurs sont égaux, que le bord supérieur du trochanter dépasse de 1 centim. la ligne de Nélaton-Roser, que la tête fémorale est en haut et en arrière, que le mouvement d'abduction est légèrement limité. Pas de craquements.

Revu le 7 janvier 1896. La difformité, la claudication et l'état fonctionnel se sont simultanément aggravés. Dans la chambre, c'est-à-dire à plat, l'enfant marche assez facilement, Au dehors il bute à Chaque instant et l'on doit le porter. Il se fatigue très vite. Son attitude est plus fléchie que par le passé, son Corps doit se porter très fortement en avant pour assurer l'équilibre.

Il marche sur la pointe des pieds ; à la flexion persistante sur divers points de Son Corps se joint alors une adduction très considérable des cuisses, telle que ses

genoux se croisent à chaque pas. Le déhanchement est devenu considérable avec oscillations fortes du tronc et léger glissement vertical du grand trochanter.

OBs., 91. — Luxæation congénitale du fémur gauche.

Blanche H..., 17 mois, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants. Pas d'autres enfants.

Grossesse et accouchement normaux. L'enfant est élevé au biberon et n’a jamais été malade. La marche commence à 14 mois. Elle s’est toujours accompagnée de hoiterie.

État actuel, 28 septembre 1893. — Luxation iliaque à déplacement faible et à mobilité considérable.

De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole étiernes 38 centim. à droite, 36 à gauche. On sent rouler la tête au-dessus et en arrière de la cavité cotyloïde. Le col est très court. Les muscles de la cuisse et de la fesse gauche sont légèrement atrophiés.

L'abduction est limitée. Les autres mouvements sont normaux.

Revue le 24 juillet 1894. Pas de modification ni dans le raccourcissement, ni dans l’état local. L'état fonctionnel est très bon. La fillette joue volontiers et ne souffre pas. Le seul point faible c’est la marche qui la lasse très vite et qui est disgracieuse. Glissement vertical du trochanter et oscillations du bassin et du tronc du côté gauche,

OBs. 92 (personnelle). — Luxation congénitale bilatérale des fémurs.

Suzanne H..., 2 ans et demi, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants, un frère plus jeune bien constitué. La grand’ mère déhanchaïit.

Grossesse normale. Accouchement long et pénible. Présentation du sommet, Pas de paralysie dans l'enfance, pas un seul jour de fièvre.

La fillette marche à 20 mois. Elle déhanchait beaucoup au début, Depuis trois à quatre mois, amélioration notable.

Elle ne souffre jamais, court beaucoup mais tombe assez souvent. Elle ne fatigue pas plus que les autres enfants.

État actuel, 27 novembre 1893. — Bassin très GHique! Ensellure lombaire

énorme. Symétrie parfaite des deux côtés. Cependant en haut le tronc s'incline un peu vers la gauche. Les deux plis fessiers sont nettement horizontaux. Les hanches volumineuses, mais pas démesurément.

. Déhanchement très léger appartenant à peu près exclusivement aux oscillations inverses du tronc et du bassin. D’ailleurs l’oscillation du bassin est plus considérable que celle du trone,.le centre des mouvements est dans la colonne lombaire, plus flexible qu'à l'état normal.

Décubitus. — Le bord supérieur du grand trochanter est à 2 centim. au-dessous de la ligne de Nélaton, la tête au-dessus et en arrière de lui, relativement peu déplacée et peu mobile.

Le mouvement d’abduction est légèrement limité.

O8sS.93 (personnelle). — Luxation congénitale bilatérale des fémurs.

Maurice G..., 22 mois, soigné à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants ; une sœur de 7 semaines. Grossesse et accouchement sans accidents. Présentation du sommet. On ne s'aperçoit de la difformité que lorsque l’enfant commence à marcher seul, c’est-à-dire à 14 mois. On constate alors qu'il se balance et se tient les reins très courbés. La difformité augmente peu à peu.

État actuel. — Ensellure extrêmement marquée, symétrique. Pendant la marche, un peu de balancement latéral. Le glissement vertical du grand tro- . chanter estinsignifiant. Les deux membres inférieurs sont en rotation interne et fléchis au niveau de la hanche et du genou.

Le triangle de Scarpa est des deux côtés plus dépressible qu'à l'état normal. Le grand trochanter dépasse d’un centimètre la ligne de Nélaton-Roser. La tête fémorale se sent au-dessus et en arrière. Elle est peu mobile dans la fosse iliaque.

Pas de craquements.

Abduction très limitée, même sous le chloroforme. L'extension elle-même n'est pas absolument complète.

La précocité des rétractions et la disproportion de la lordose avec le déplacement de la tête fémorale sont les deux points les plus personnels de cette observation.

O8s. 94 (personnelle). — Luvation congénitale du Jémur gauche, Variété en haut. Luxation appuyée.

Maria G..., 24 ans, vue à la consultation de M. Championnière, hôpital Beaujon, le 31 aout 1895.

Pas de malformation dansla famille. Marche à 16 mois. Nourrie au sein par la mère. À toujours boité, mais le dissimule un peu depuis l’âge de 14 ans environ. C'est par hasard que j'ai remarqué la malformation, cétte malade étant venue : consulter pour tout autre chose. La gène fonctionnelle est et a toujours été très médiocre. Enfant, elle jouait et courait volontiers avec ses petites amies. Femme, elle peut marcher, aller et venir sans fatigue et elle danse très volontiers. Lorsqu'elle marche naturellement, elle boite, sa claudication est exactement celle qu’elle aurait eue après une fracture guérie avec raccourcissement .: mais intégrité de l'appareil musculaire. Elle ne s'accompagne d'aucun déhan-

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