LUE
chément, d'aucune oscillation latérale excessive. Tout consiste dans le raccourcissement qu'elle a essayé de corriger en portant une semelle plus élevée, mais elle a dû y renoncer car elle souffrait, se fatiguait et boitait davantage. Elle marche le bassin un peu abaissé à gauche et sur la pointe dupied.
Examen direct. — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 88 centim. 5 à droite, 81 centim. 5 à gauche. Le trochanter affléure juste la ligne de Nélaton.
La tête fémorale est rapprochée de la crête iliaque entre le trochanter et le tubercule de Maissiat. Elle reste à la même place dans tous les mouvements qui se font, l'abduction exceptée, dans leur amplitude normale.
Quelques stigmates de rachitisme. Chapelet costal énorme, sternum infléchi à angle obtus au niveau de la première et de la deuxième pièce.
O8s. 95 (personnelle). -— Luxation congénitale bilatérale des fémurs. Rachitisme.
Julia D... 3 ans et demi, soignée à la consultation eXterne de lhôpital Trousseau.
Père et mère bien portants. Une sœur plus âgée, un frère plus jeune bien portants. Dans la famille du père, trois cas de pied bot valgus (mère et deux sœurs). Grossesse et accouchement sans accidents. Présentation du sommet. La fillette paraissait forte et vigoureuse au moment de la naissance, mais se serait amaigrie beaucoup dans les premiers mois.
Nourrie au sein jusqu'à 15 mois.
Marche à 30 mois en se dandinant. Se fatigue très vite. Tombe très souvent. N'a jamais souffert de la hanche.
État actuel, 15 janvier 1896. — Fillette très rachitique. Crâne énorme. Les fontanelles ne se sont fermées qu'à un an au plus tôt. Bosses pariétales, frontales et occipitale considérables. Chapelet costal, ventre trés proéminent. Troubles gastro-intestinaux.
Luxation bilatérale. Ensellure considérable. Bassin en antéversion. Déhanchement considérable. Grandes oscillations pelviennes et fémorales.
Le trochanter est à 3 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton.
La tête, volumineuse, est facilement perceptible au-dessus et en arrière.
Amaigrissement très prononcé des membres inférieurs.
Mensuration. De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 39 cent. des deux côtés.
En raison du mauvais état général de l'enfant, l'opération, qui paraît très indiquée, est remise à plusieurs mois. |
O8s. 96 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur droit.
Adèle D..., 4 ans et demi, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau, D. 36
RO
Père mort tuberculeux. 5 autres enfants plus àgés ; l’un d’eux porte un becde-lièvre complexe. Deux enfants morts, l’un de inéningite, l’autre de diarrhée infantile.
Grossesse et accouchement sans accidents. Présentation du sommet. On ne remarque rien à la naissance.
La fillette ne marche qu'à 18 mois. Elle a toujours boité. Elle ne souffre pas au repos. Elle peut marcher pendant vingt à vingt-cinq minutes, puis se plaint des genoux.
Examen, 24 août. 1894. — Station debout. Saillie arrondie très considérable de la hanche droite. La cuisse paraît élargie. Son bord interne est légèrement écarté de la ligne médiane. Le genou parait un peu flasque (légère hyperextension). Le pied est en rotation externe. Le bassin est légèrement incliné en bas du côté droit. Le pli fessier droit est abaissé d’un travers de doigt. Atrophie notable de tout l’appareil musculaire du membre inférieur droit.
Marche. — Pendant la marche le bassin reste constamment plus élevé du côté gauche. Il remonté encore lorsque se pose le pied correspondant. Oscillation en sens inverse du tronc. Glissement vertical du grand trochanter qui remonte sur la fosse iliaque. Derrière Jui se creuse sur les téguments une fossette large et profonde. Le pied reste constamment en rotation externe.
Décubitus. — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole. externe, 54 centim. à gauche, 51 centim. à droite.
La tête fémorale est en avant, immédiatement contre le bord antérieur de los coxal, à un travers de doigt au-dessous de la crête iliaque. Le grand trochanter dépasse de 8 millim. environ la ligne de Nélaton.
Hyperextension énorme. Abduction presque nulle.
O8s. 97 (personnelle). — Luxation bilatérale des fémurs. Variété en haut ct en arrière .
Julia D..., âgée de 9 ans, entrée à l'hôpital Trousseau le 26 novembre 1895, salle Giraldès, 10. Sortie le 16 janvier 1896. |
État actuel, 13 janvier 1896. —- Station verticale. Les deux membres inférieurs ne sont pas en proportion des autres parties du corps. Ils paraissent grêles et courts. De plus, ils sont, à leur extrémité supérieure, écartés l’un de l’autre d'un doigt et demi environ. L'abdomen est très proéminent, Mais le bassin et le tronc sont parfaitement symétriques d’un côté à l’autre.
Vue par derrière. Les fesses bien développées, globuleuses surtout à leur partie supéro-interne, de telle sorte qu'au niveau de Ja face postérieure du sacrum existe une forte et profonde dépression triangulaire. Bassin en forte antéversion. Ensellure lombaire très considérable. Les hanches forment e dehors une saillie globuleuse èt arrondie. :
Marche. — Excellente malgré le degré considérable de la luxation. Au moment du poser sur un pied le côté Correspondant du bassin s'élève et le bassin semble se transporter en totalité du côté Opposé. Ce mouvement esl dû à la
mobilité extrème de l'articulation sacro-vertébrale et detoutes les articulations des vertèbres lombaires qui, au moment du poser, forment une courbe fortement concave du côté du poser. Pas d'oscillations exagérées de la partie supérieure du tronc. Pas d’ascension trochantérienne dans la fosse iliaque externe.
Décubitus. — Le bord supérieur du trochanter dépasse de 5 centim. la ligne de Nélaton. La tête, très volumineuse, est facilement perceptible au-dessus et en arrière. Elle paraît régulièrement arrondie. Mouvements limités, l’abduction à 459, l'extension à 150. Les autres sont normaux. Craquements.
Etat fonctionnel excellent. L'enfant ne se fatigue pas plus vite que ses camarades, elle est gaie et joue toute la journée. Habillée,elle ne paraît pas boiter du tout. Dansla station sur un seul pied, le côté correspondant du bassin s'élève notablement plus que le côté opposé.
Le 1
Oss. 98 (personnelle). — Luxation congénitale bilatérale des fémurs. Variété en arrière à gauche, en haut à droite.
Georgette D..., 5 ans, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.
Père el mère bien portants. Un autré enfant mort à 2 ans et demi de | broncho-pneumonie. Pas d'autres vices de conformation dans sa famille. Grossesse et accouchement sans accidents.
La fillette n'a commencé à marcher qu’à l’âge de 3 ans. Elle boite de plusen plus depuis lors. Elle se fatigue vite et se fait porter souvent. Elle se plaint de temps en temps de douleurs dans la cuisse.
État actuel, 16 mai 1893. — Station debout. Disproportion évidente entre la hauteur du tronc et celle des membres inférieurs. Ceux-ci sont écartés l’un de l'autre au niveau de leur racine. Deux travers de doigt environ entre les faces internes des cuisses. La cuisse gauche est en rotation interne et adduction, la droite en rotation externe. Le pli fessier droit est au-dessus et en avant du gauche. Les deux hanches sont saillantes, la droite est angulaire, la gauche est arrondie. Légère ensellure.
Marche. — Lie pas est à peu près aussi assuré d'un qôté que de l’autre. Cependant la pesée du pied semble un peu plus forte et plus longue à gauche qu'à droite. Les deux membres se redressent pour la marche. Ils passent l'un près de l'autre en légère adduction, mais sans se croiser, ni même se frôler. Le bassin est animé de mouvements oscillatoires. Il s'élève du côté où pose le pied et le tronc s’abaisse vers lui. De plus, on remarque à gauche un mouvement spécial d’ascension de l'épiphyse fémorale sur l'os iliaque et un mouvement d'abaissement du tronc de ce côté.
Décubitus — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 53 centim. à droite, 50 centim. à gauche. De l'épine iliaque antérosupérieure à la tubérosité antérieure du tibia, 33 centim. à droite, 30 centim. à gauche. Le bord supérieur du grand trochanter est, à droite, au niveau de la
ligne de Nélaton ; à gauche, il la dépasse de deux travers de doigt. A droite, la tête est en haut et en avant; à gauche, en avant et très en arrière. A droite, elle se déplace peu sur la fosse iliaque externe; à gauche, au contraire, elle présente une grande mobilité. Craquements à droite. Abduction limitée des deux côtés, mais beaucoup plus à gauche. Hyperextension des deux côtés.
Revue le 25 février 1894. Pas de différence dans l’état local. L'état fonctionnel s'aggrave. Tendance moindre encore à la marche et au jeu. De plus, apparition de douleurs qui surviennent généralement le soir, après une journée fatigante. Elles occupent la hanche, la cuisse et le genou. Elles se dissipent par le repos de la nuit.
La réduction sanglante est proposée et refusée. Et la mère, malgré plusieurs convocations, n’a plus ramené son enfant à l'hôpital.
O8S. 99 (personnelle). — Znæation congénitale du Jémur gauche.
Jeanne C..., 7 ans.
Père bien portant. La mère à eu une tumeur blanche du pied, guérie par ankylose. Une sœur, 4 ans, bien portante. Pas d'autre vice de conformation dans la famille. Grossesse normale. Accouchement laborieux. Présentation du sommet. On ne remarque rien à la naissance. Nourrie au sein par la mère jusque près de 3 ans. Marche à 21 mois. À cette époque, la mère affirme qu'elle ne déhanchait pas, mais que ses pieds tournaient constamment. Ce n'est que vers 2 ans et demi qu'elle a commencé à « marcher en canard ». Tombe très souvent. Se fatigue en moins d’un quart d'heure. On ne peut la Sortir qu'en voiture. Quand elle est fatiguée elle souffre beaucoup au niveau de la hanche, de tout le fémur et du genou. Elle souffre quelquefois la nuit au niveau de la hanche et l'on ne peut y toucher à ces moments-là.
Fièvre typhoïde dans l'enfance.
Station debout. — Le bassin reste constamment beaucoup plus élevé du côté gauche, ce qu’elle obtient, soit par un équinisme énorme du pied correspondant, la face dorsale du pied étant sur le prolongement direct de la face antérieure de la jambe, soit par une forte flexion du genou opposé. Pli fessier gauche plus élevé que le droit.
Marche uniquenrent sur la pointe du pied gauche. Oscillations latérales médiocrement importantes, mais un peu d'élévation du trochanter gauche sur la fosse iliaque externe, à chaque poser du pied.
Décubitus. — Trochanter à 5 centim. au-dessus de Ja ligne de Nélaton-Roser. Tête directement au-dessus. De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 59 centim. à droite, 54 centim. à gauche. 7
Mouvements. — Extension légèrement incomplète. Abduction très diminuée, 30° environ. Pas de craquements.
Opération conseillée.
Sooer te
-O8s. 100 (personnelle). — Luxation congénitale du fénvur droit. Variété en haut. C..., 4 ans et demi, vu à la consultation externe de l’hôpital Trousseau. Père présumé mort avant la naissance, probablement phtisique. Mère délicate,
mais bien portante. Deux enfants plus âgés; le deuxième a marché très tard et très difficilement, il marche en canard. Grossesse normale. Accouchement diflicile,. Présentation du siège. Nourri*à la campagne, au biberon, jusqu'à 2 ans et demi. La nourrice affirme que l'enfant n’a jamais été malade; elle ne peut dire quand il a commencé à marcher. Grand retard au point de vue du langage et du développement intellectuel. A 3 ans et 3 mois, il ne savait pas parler du tout. Puis en trois mois il a très vite appris.
Jamais il ne souffre. À 3 ans, il ne pouvait faire que 2 à 300 mètres. Il tombait très souvent, surtout à la fin de la journée. Actuellement, son état fonctionnel est meilleur, ainsi il va à pied de la place Malesherbes au Louvre et en revient sans se plaindre. Il tombe moins.
État actuel, 16 janvier 1896. — Station verticale. Le corps repose également sur les deux jambes, le membre inférieur droit est en rotation externe à 459, le bassin est incliné à droite, les plis fessiers et de l’aine droits sont abaissés. La fesse droite est aplatie et élargie. La partie supérieure de la cuisse droite également. Elle est aussi un peu écartée de la ligne médiane. Légère courbure lombaire à convexité droite. Saillie très médiocre du grand trochanter droit.
Marche. — Le membre inférieur droit reste en rotation externe. Le côté droit du bassin réèste élevé. Oscillations assez fortes du tronc et du bassin. L’élévation du trochanter paraît très médiocre.
Décubitus. — À gauche, hanche normale. À droite, luxation en haut. Tête d'un volume normal. Col court. Trochanter à 2 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton. ,
De- l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, a gauche 53 centim., à droite 51 centim. On peut, par des fractions légères et continues, ramener les deux membres à une longueur égale ou peu s’en faut. Mobilité exagérée, le genou droit est facilement amené au contact de l'épaule. L'abduction seule est légèrement diminuée.
Petite hernie ombilicale. l'esticules très peu développés.
Ogs. 101 (personnelle). — Luxation congénitaie du fémur droit. Variété en haut.
Louise C..., 8 ans et demi, vue à la consultation externe de l’hôpital Trousseau.
Père et mère bien portants. Deux sœurs plus jeunes bien portantes. Pas de vice de conformation dans la famille. Grossesse pénible s'accompagnant de : vomissements pendant toute sa durée. Accouchement normal. Présentation du sommet. Durée ouze heures. On ne remarque rien à la naissance.
Fillette nourrie au sein par la mère. Necommence à marcher qu'à dix-sept mois.
On ne se serait cependant aperçu de la claudication qu'à 6 ans, époque à laquelle elle à éprouvé au niveau de la hanche des douleurs assez vives pendant deux mois environ. Elle n’a jamais été condamnée à un repos absolu et n’a présenté ni fièvre, ni abcès. L'on n’invoque non plus aucun traumatisme.
État actuel, 6 janvier 1896. — Fillette assez vigoureuse. Bon état général, né boite pour ainsi dire pas surtout quand elle marche toute habillée. Examinée à nu, présente une légère saillie du grahd trochanter gauche et une inflexion à peine sensible du rachis (portion dorso-lombaire). Marche presque normale, sauf léger balancement latéral du bassin. Décubitus : raccourcissement du memnbre inférieur droit. De l'épine iliaque antéro-Supérieure au sommet de la malléole externe, 64 centim. à droite, 65 centim. 5 à gauche. Bord supérieur du trochanter à 1 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton. Tête fémorale facilement perceptible immédiatement au-dessus. L'abduction est légèrement limitée, les autres mouvements sont normaux. Atrophie légère des muscles de la cuisse et du mollet.
On conseille bien entendu l’abstention de tout traitement chirurgical et l’on se borne à prescrire l’électrisation des muscles de la région et des affusions froides quotidiennes.
OBS. 102 (personnelle). — Zuxation congénitale des fémurs. Variété en haut.
Marie C..., 11 ans, entrée le 22 février 1896, dans le service du professeur Lannelongue, suppléé par M. Broca, hôpital Trousseau, salle Giraldès, n° 20.
Père et mère bien portants. Quatre autres enfants, trois bien constitués, une autre Sœur plus jeune atteinte aussi de luxation congénitale.
Grossesse et accouchement sans accident. Présentation du sommet.
La fillette commence à marcher à seize mois. Dés ses premiers pas elle se balance fortement « en canard ». Elle tombe souvent mais ne se fatigue pas plus vite que les autres enfants de son âge.
Depuis deux ans, la claudication a sensiblement augmenté,
Depuis deux semaines, douleurs intenses dans les genoux et dans les hanches, rendant la locomotion absolument impossible.
État actuel, 27 février 1896. — Station verticale. Pas d'ensellure. Bassin symétrique. Les deux plis fessiers sont abaissés et obliques en bas et en dehors. Les fesses sont élargies et aplaties. Les deux trochanters font en dehors une saillie angulaire. Les cuisses sont écartées l'une de l’autre de trois travers de doigt lorsque les bords internes des deux pieds sont au contact. Le côté gauche du bassin estun peu plus bas que le droit et sur un plan plus reculé.
Légère courbure dorso-lombaire à convexité gauche. Courbure inverse, légère aussi, à droite. Aplatissement antéro-postérieur du côté gauche du thorax.
Les omoplates se détachent du thorax par leur angle inférieur. L'épaule droite est un peu plus haut que la gauche, Les triangles de Scarpa sont plus excavés qu'à l’état normal.
Marche. — Les deux pieds restent parallèles à la ligne de direction, les fémurs,
le droit surtout, en rotation interne compensée par une forte rotation externe au niveau du genou. Balancement latéral très acéentué de la colonne lombaire. Quand un pied repose sur le sol, le côté correspondant du bassin s'élève beaucoup et le thorax s'incline à sa rencontre, la colonne lombaire décrivant une forte courbe convexe du côté opposé. Le trochanter ne remonte nullement sur la fosse iliaque externe. Des deux côtés, les phénomènes ont le même caractère mais le balancement est plus accentué à droite qu’à gauche.
Mensurations. — De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 61 centim. à droite, 62 centim. à gauche. À gauche le grand trochanter dépasse de 1 centim. 5 la ligne de Nélaton.
La tête fémorale est immédiatement au-dessus. L’axe de l'extrémité supérieure du fémur coupe la crête iliaque un peu en arrière du tubercule de Maïissia dans la flexion, au niveau de ce tubercule dans l’extenston. A droite, le bord supérieur du grand trochanter est à 2 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton, dans la flexion, la tête fémorale est au-dessus et un peu en arrière. La flexion est légèrement limitée des deux côtés puisque la face antérieure de la cuisse ne peut venir au contact de la face antérieure du trone, L’abduction est bornée à 450.
Les autres mouvements ont une amplitude au moins égale à l’état normal.
O8s. 103 (personnelle). — Luæation congénitale du fémur gauche. Jeanne Br..., 7 ans. Soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau. Fille de 7 ans, malingre, chétive, dont le père est bien portant, et dont la
mère, extrêmement nerveuse est sujette depuis son enfance à des crises épileptiformes avec perte de connaissance, morsure de la langue, etc. Une sœur plus âgée est bien portante. Pas d’autres vices de conformation dans la famille. Grossesse et accouchement normaux. Présentation du sommet. On n’a rien remarqué à la naissance. L'enfant a été nourrie au sein d’abord, par la mère jusqu’à quatre mois, puis par une nourrice jusqu’à quinze mois. À cette époque elle commençait à peine à faire quelques pas en s’acerochant aux meubles, La claudication reconnue dés lors n’a fait qu'augmenter. Elle a été attribuée au début par deux des meilleurs chirurgiens des hôpitaux de Paris à une coxalgie. L'immobilisation complète a été pratiquée pendant quelques mois.
Jamais l'enfant n’a pu marcher plus d'un quart d'heure ou vingt minutes sans se fatiguer et se faire porter. L'exercice, même modéré, lui cause assez fréquemment des douleurs au niveau de la hanche, douleurs qui apparaissent ou augmentent vers le soir, mais qui se dissipent en général par le repos de la nuit. Elle ne joue pas et reste assise le plus qu’elle peut. Elle paraît d'ailleurs très apathique et triste. Enfin elle présente des phénomènes nerveux assez particuliers. A plusieurs reprises sa mère l’a vue pendant le sommeil saisie d’un tremblement généralisé ou limité aux jambes.
Coqueluche à 2 ans et demi. Rougeole à 4 ans.
État actuel, 4 février 1894. — Station debout. Le membre inférieur gau-
che est étendu, le droit et légèrement infléchi. Le bassin est légèrement incliné à gauche; l'épine iliaque antéro-supérieure de ce côté est plus bas et sur un plan plus antérieur que la droite. e
Les deux membres inférieurs présentent une rotation interne évidente, légère à droite, très accusée à gauche. La cuisse droite est régulièrement arrondie, la gauche est aplatie en avant; elle est déprimée à sa partie supérieure immédiatement au-dessous de l’arcade crurale. Sa face interne est éloignée de 2 centim. au moins de la ligne médiane. La hanche gauche fait en dehors une saillie arrondie plus forte que la droite.
-L'abdomen est proéminent. La ligne sterno-pubienne décrit une courbure à concavité droite.
Vue par derrière, la saillie de la hanche gauche paraît plus marquée encore. En arrière d'elle existe une dépression la reliant à la fesse, aplatie et élargie. Le sillon interfessier est légèrement oblique en bas et à droite. Le pli fessier gauche est un peu plus bas que le droit. Il est oblique en bas et en dehors.
Pendant la marche, le bassin reste élevé du côté gauche. Le pli fessier de ce côté se maintient oblique en haut et en dehors, quel que soit le pied qui repose sur le sol.
Quand le pied gauche pose à terre, on voit le tronc s'incliner de ce côté et le bassin s'élever fortement en basculant autour d’un axe antéro-postérieur en même temps qu'il se porte horizontalement vers la droite. Ce mouvement qui, vu par devant, se produit avec une instantancité remarquable est dû à la flexibilité de la colonne lombaire qui décrit une courbe très concave à gauche. Le trochanter ne semble pas remonter sur la fosse iliaque externe.
Au moment du poser du pied droit (qui est plus franc et se manifeste par un bruit plus sonore) le bassin et le rachis tendent à se redresser, mais la colonne lombaire ne dépasse pas la verticale postérieure et l'axe transversal du bassin ne revient pas à l'horizontale.
Le genou gauche croise un peu, en se portant en avant, la face antérieure de celui du côté opposé.
Décubitus. — La région du triangle de Scarpa est très dépressible du côté gauche, elle est normale à droite.
Le bord supérieur du grand trochanter dépasse de 4 centim. la ligne de Nélaton. Au-dessus et en arrière de luise sent facilement la tête qui paraît avoir son volume normal.
Mensurations. — De l'épine iliaque antéro-supérieure à la base de la rotule, 32 centim. à droite, 28 centim. à gauche. De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 62 centim. à droite, 58 à gauche. Mouvements normaux où augmentés, sauf l'abduction limitée à 450.
L'intervention, quoique conseillée avec insistance, est refusée par la mère.
6 janvier 1896. L'état fonctionnel est au moins aussi précaire que lors du premier examen. L'aggravation anatomique est extrême. Le raccourcissement à augmenté de 2 centim. encore. De l’épine iliaque antéro-supérieure à la pointe de la malléole externe, 68 centim. à droite, 62 centim. à gauche. Pour le cor-
VTC
dé de du) +
riger, la fillette ne se tient et marche à gauche que sur les têtes de ses mélatarsiens. En outre, il y a un degré d'adduction et de rotalion interne très considérable, Enfin outre les mouvements de totalité du bassin il est facile d'observer l'ascension, à chaque pas, du trochauter sur la fosse iliaque externe. L'opération, très indiquée, est conseillée. et refusée.
OBs. 104 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur droit.
Héloïse B..., 7 ans et demi, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.
Père et mère bien portants. Quatre autres enfants, trois plus âgés, un plus jeune. L'ainée est très arriérée au point de vue cérébral. Les autres sont bien portants et bien constitués.
Grossesse et accouchement sans accident. Présentation du sommet. Pas de maladié dans la première enfance. Marche à 20 mois en trainant la jambe et se balançant. La difformité augmente régulièrement depuis cette époque.
Station verticale. — Le tronc paraît à peu près droit. Cependant le bassin est légèrement abaissé à droite de même que le pli fessier correspondant. La face interne de la cuisse droite est plus éloignée du pli médian que celle de Ja cuisse gauche. Le pli génito-cruralest élargi et la grande lèvre abaisssée. Saillie du grand trochanter en haut et en arrière, plus haut que l’épine iliaque antérosupérieure. La cuisse droite est en adduction et rotation interne, la gauehe en rotation externe, de telle sorte que l'axe du pied droit parait normal.
Marche, défectueuse à deux points de vue : 1° lorsque le genou droit passe d'arrière en avant, il heurte le genou gauche, frotte contre lui et se place devant lui; 2° quand le pied droit pose à terre, le côté correspondant du bassin s'élève et celui du tronc s’abaisse fortement. Oscillation très marquée el très disgracieuse. Par contre, pas de glissement vertical appréciable du fémur sur l'os iliaque.
Décubitus. — Le bord supérieur du grand trochanter dépasse d'un travers de “doigt et demi la ligne de Nélaton.
La tête fémorale est au-dessus et en arrière dans la fosse iliaque externe. Elle y roule à l’occasion des mouvements communiqués. Elle parait peu déformée.
L'abduction est très limitée. Les autres mouvements sauf l'extension, légèrement restreinte aussi, ont leur amplitude normale.
O8s. 105 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur droit. Luxation en hat:
Ulysse B..., 12 ans, soigné à la consultation externe de l'hôpital Trousseau. Père bien portant. Mère morte tuberculeuse. Pas de frère ou sœur. Pas de vice de conformation dans la famille.
La grossesse de la mère a été normale. Accouchement dure 16 heures. Présentation du sommet. :
L'enfant marche à 16 mois. Alors, mais alors seulément, on remarque que la jambe droite est plus courte que la gauche et qu’il boite, Cette claudication, après avoir longtemps conservé le même degré, augmenterait notablement depuis quelque temps, deux mois environ, à ce que dit le père.
État actuel, 4 septembre 1893. — Station verticale, Le bassin s'incline légèrement du côté droit.
La fesse droite est aplatie et élargie. La cuisse droite paraît plus grêle que.
la gauche.
Sa face interne est un peu écartée de la ligne médiane à sa partie supérieure.
Saillie externe angulaire du grand trochanter.
Le rachis présente une courbure convexe à gauche au niveau de la région dorso-lombaire. Cette déviation ne se corrige pas entièrement par le décubitus. Courbures de compensation telles que les omoplates sont au même niveau.
Marche. — L'enfant marche bien franchement droit devant lui, mais il présente un dandinement latéral assez marqué.
Le côté droit du bassin reste constamment plus élevé que le gauche, mais au moment où le pied droit pose à terre, le hassin s'élève encore et se porte directement en haut de ce côté, tandis que le thorax se fléchit à sa rencontre. Pas d'ascension du trochanter sur le bassin au moment de l'appui.
Décubitus. — Le grand trochanter dépasse de 1 centim. 5 Ja ligne de Nélaton-Roser.
La tête fémorale est facilement perceptible, juste au-dessus de lui.
Mobilité presque normale. L'abduetion même n'a subi qu'une faible diminution dans son amplitude.
Légère atrophie des muscles de la fesse et de la cuisse,
18 février 1894. La difformité semble avoir augmenté. La hanche est plus saillante, Pécartement des cuisses plus considérable qu'au moment du premier examen. Dans la marche, outre la forte inclinaison du tronc, on observe une notable ascension du trochanter droit sur la fosse iliaque externe, au moment du poser du pied droit à terre. Le tracé chronophotographique confirme cette ascension du trochanter. ue
Mensurations. — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 61 centim. à gauche, 59 centim. à droite. Le bord supérieur du trochanter dépasse de 2 centimètres Ja ligne de Nélaton-Roser.
Malgré cette aggravation, on conseille, avant de recourir à l'intervention, l'électrisation des muscles du bassin, de la cuisse et Qu Ados, des bains salés et un régime tou:que général. -
29 août 1895. Bon état fonctionnel. L'enfant marche, court, joue, fait de la gymnastique aussi bien et aussi longtemps que ses camarades. Il ne souffre pas.
Habillé, il semble ne pas boiter, surtout quand il s’observe et n’est pas fatigué.
Examiné à nu, il présente les mêmes déformations que lors de la précédente
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visite, mais sa démarche s'est infiniment améliorée, Le trochanter parait bien Bixé et les oscillations du bassin sont elles-mêmes à peine visibles. Il conserve un peu d’atrophie musculaire et son raccourcissement de 2 centimètres.
Dans ces conditions, où le conserve naturellement en surveillance, mais Sans proposer d'opération.
OBS. 106 (personnelle). — Luxvation congénitale des fémurs.
Jeanne B..., 11 ans, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.
Père et mère bien portants. Une sœur plus jeune bien portante. Pas d'autres vices de conformation dans la famille. Grossesse normale sans accident. Accouchement pénible durant trois jours. Enfant élevée au biberon chez une nourrice.
Elle ne commence à marcher qu'à 13 mois, et immédiatement « en canard ». Depuis six mois environ sa boiterie s'accroît beaucoup. Elle se fatigue très vile, ne court jamais. Pas de douleurs.
Rougeole à 6 ans. Pas d'autre affection. N'a notamment jamais eu ni Convulsion ni paralysie.
État actuel, 29 octobre 1895. — Ensellure considérable. Scoliose dorsolombaire à convexité droite, mesurant 3 centim. de flèche. Epaule droite plus élevée que la gauche de deux travers de “doigt. Saillie énorme formée par l'extrémité supérieure des fémurs à la partie supéro-externe des deux fesses. L'on peut y distinguer la tête fémorale et le grand trochanter. Les plis fessiers sont très obliques en haut et en dehors. L'épine iliaque antéro-supérieure est à trois travers de doigt au-dessous de la saillie trochantérienne de chaque côté. Les cuisses sont très écartées à leur partie supérieure. [existe entre leurs faces internes un intervalle de plus de deux travers de doigt. Elles sont en rotation interne corrigée par la rotation externe de la jambe sur le fémur au niveau du genou. ;
Pendant la marche, énormes oscillations inverses du tronc et du bassin. Ascension trochantérienne assez marquée à gauche, presque nulle à droite. Croisement des genoux à chaque pas.
Décubitus. — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de l2 malléole externe 70 centim. à droite, 68 centim. à gauche. |
Le bord supérieur du grand trochanter dépasse la ligne de Nélaton de 5 cenlim. 5 à droite, de 6 centim. 5 à gauche. Des deux côtés la tête fémorale est perceptible au-dessus et en arrière, et elle est mobile. À gauche on peut presque
l'énueléer et l'on sent facilement sa forme discoïde directement aplatie de dedans en dehors.
Les mouvements de flexion et d'adduction sont normaux, L'abduetion et l'extension sont très limitées.
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-. O8s. 107 (personnelle). — Luvation congénitale des fémurs (bilatérale).
Thérèse B...,3 ans, soignée à la consultation externe de hôpital Trousseau.
Père et mère bien portants. Un frère aîné mort à 3 jours par suite d'imperforation congénitale du rectum.
Grossesse normale. Présentation du sommet. Accouchement en une heure sans complication. | A
La fillette n'a commencé à marcher qu'à 15 ou 16 mois. Des ses premiers pas, elle présentait un dandinement latéral assez accusé. Les membres inférieurs
:sont restés grêles très longtemps. Elle marchait les genoux fléchis.
Examen, 28 mars 1893. — Station verticale. L'enfant se tient également sur ses deux membres inférieurs qui sont étendus, mais fortement écartés en haut et en rotation externe. Les hanches forment une saillie externe considérable, la gauche un peu plus que la droite. Le bassin est très incliné en avant, l'abdomen proéminent. Ensellure lombaire forte. Les deux plis sous-fessiers sont horizontaux et au même niveau.
Pendant la marche, dandinement latéral avec inclinaison du tronc etélévation du bassin du côté de li-pesée du pied. Du même côté le trochanter monte, glisse et roule manifestement sur la fosse iliaque. \
Le grand trochanter dépasse de plus d'un travers de doigt la ligne de Nélaton-
Roser. La tête fémorale est au-dessus et en arrière de lui. Elle roule sur une
grande étendue de los iliaque près de la crète et en arrière, quand on imprime des mouvements au membre inférieur. :
L'abduction est très limitée. Il ne parait pas y avoir de différence entre les deux côtés.
25 février 1894. Amélioration notable, surtout au point de vue fonctionnel. La fillette marche sans fatigue pendant environ trois heures. Elle joue et court volontiers toute la journée. Elle ne souffre pas. Pendant la marche je ne retrouve pas le glissement vertical du trochanter, La déformation est la mênrie que lors du premier examen. L'enfant a été soumise régulièrement aux bains salés, frictions alcooliques, phosphate de chaux et porte un fort corset de toile prenant sur le bassin un point d'appui solide.
OBS. 108 (personnelle). —— Luxation congénitale des fémurs bilatérale. Variété
en haut et en arrière.
Hélène B..., 5 ans, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.
Père et mère bien portants. Une sœur plus jeune bien constituée. Pas d'autres vices de conformation dans la famille. Grossesse normale. Présentation du sommet. Accouchement rapide. Marche à 18 mois, en se dandinant. On n'avait rien remarqué auparavant. La claudication ne cesse d'augmenter. La fillette ne souffre pas mais elle se fatigue très vite {au bout de 10 minutes de marche).
État actuel, 24 juillet 1894. — Ensellure énorme et symétrique. Ventre très
proéminent, Hanches relativement peu saillantes. Cuisses en rotation interne évidente, reconnaissable à la position des condyles fémoraux mais corrigée par une rotation externe très marquée au niveau des genoux.
Marche. — Peu ou pas de grandes oscillations latérales du tronc ni d'accenson du trochanter. Mobilité extrême de la colonne lombaire convexe à chaque pas du côté du lever.
© Décubitus. — Les deux membres inférieurs sont égaux. De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe 46 c. 5. De chaque côté le bord supérieur du grand trochanter dépasse d’un travers de doigt la ligne de Nélaton. La tête fémorale se sent facilement au-dessus et en arrière. Tous les “mouvements ont une amplitude au moins égale à l'état normal, sauf l'abduction limitée à 60°. Craquements.
La réduction sanglante est conseillée à cause du degré de l'eusellure et du mauvais état fonctionnel. Mais elle n’est pas acceptée et là fillette n'est plus ramenée à l'hôpital.
Ogs. 109 (personnelle). — Luæation congénitale du fémur gauche.
Étiennette B..., 2 ans et demi, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.