‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 54 sur 58 · V. Antécédents héréditaires Sur obs · texte numérisé non relu

V. Antécédents héréditaires Sur obs

Antécédents personnels. — Comme sa sœur, elle est examinée au moment de la naissance en raison de la malformation qu'on redoute. Chez elle non plus aucun symptôme - apparaît jusqu'au moment de la marche, c’est-à-dire à 15 mois. Depuis cette époque elle déhanche, mais peu. Seulement la boiterie s'accentue de plus en plus. Douleurs fréquentes le soi au niveau des genoux. Ellé marche très peu et se fait presque toujours porter.

État actuel, 25 mars 1894. — Difformité bien apparente dans la station vertificale. Le membre inférieur droit est plus grêle que le gauche. Il est légèrement en rotation externe, Marche peu défectueuse, oscillations latérales inverses du tronc et du bassin, sans grande ascension du trochanter. Décubitus. La tète fémorale est à la partie antéro-supérieure de la fosse iliaque à peu près directement au-dessus du cotyle normal. Le bord supérieur du grand trochanter dépasse de un centimètre la lighe de Nélaton. De l'épine iliaque autéro-supérieure au sommet de malléole externe 38 centim. à gauche, 40 centim. à droite. L'abduction est limitée. L'amplitude des autres mouvements est plus grande qu'a l’état normal.

La fillette est mise en surveillance, on conseille l'électrisation, un régime tonique, les bains froids, ete.

Ogs. 110 (personvelle). — Luxation congénitale du fémur droit.

Louisé B..., 4 ans et demi, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau.

Père bien portant, cousin germain de la mère. Mère aticinte d'une luxation congénitale de la hanche gauche. Elle boitait beaucoup pendant son enfance. Sa difformité est actuellement peu apparente. Beaucoup de personnes ne s’en aperçoivent pas.

Les grossesses et accouchements ont été normaux. Une sœur ainée morte de méningite à 3 ans était atteinte d'une luxation congénitale de la hanche bilatérale. Elle n'avait marché qu'à 26 mois et avait présenté un déhanchement considérable. Une sœur plus jeune est atteinte de luxation congénitale du fémur gauche (V. obs. 109). :

Antécédents personnels. — On ne s'est aperçu de rien au moment de la naïissance, malgré le soin avec lequel les hanches ont été examinées à Cause des antécédents héréditaires. La fillette ne commence à marcher qu'à 16 mois. À cette époque, d’après les renseignements de la mère qui paraît attentive et intelligente, elle ne déhanchait pas, il ny avait pas de difformité apparente, les deux membres étaient égaux, les deux hanches semblables on remarquait seulement'qu'élle traînait la jambe droite Ce n'est que deux mois après que l’on observe le'dandinement. La claudication n'a cessé d'augmenter depuis celte époque. Elle s’est notamment beaucoup accrue depuis six mois.

État actuel, 25 mars 1894. — La fillette joue et court volontiers chez elle pendant plusieurs heures dans la journée, mais la marche au dehors la fatigue très vile. Ainsi ce matin elle s'est plainte de lassitude pour venir de la Bastille à l'hôpital Trousseau (ce qui demande moins de dix minutes). Jamais elle ne souffre.

Station verticale. — Toute la moitié supérieure de la cuisse êt la hanche droite paraît élargie. La hanche droite tombe en dehors et en avant. L'épine iliaque antéro-supérieure droite est un peu plus haut un peu plus en avant que le genou. Le membre inférieur droit est en rotation externe considérable l'axe du pied fait presqu'un angle droit avec celui du pied gauche. Pied plat de ce côté. Quand la station verticale a été maintenue pendant un moment, il est très visible que le poids du COrpS se porte en presque lotalité sur le membre inférieur gauche, car toute-la partie supérieure du tronc s'incline de ce côté. Vue par derrière : abaissemerit notable du bassin à droite. Pli fessier plus bas de deux travers de doigt. Il est très oblique. Il en est de même du sillon interfessier qui se porte en bas et à gauche. Scoliose dorso-lombaire très accusée à concavité gauche. Pas d’ensellure.

Marche très défectueuse. Le bassin reste à tous les temps de la Jocomotion plus élevé du côté droit que du côté gauche. Quand le pied droit pose à terre le bassii s'élève encore considérablement et vient à la rencontre du tronc qui s’abaisse de son côté. De plus glissement vertical considérable de la tête fémorale sur la fosse iliaque. Saut à cloche-pied impossible à droite.

Décubitus. — Raccourcissement. De l'épine iliaque antéro-Supérieure - au sommet de la malléole externe, 47 centim. à droite, 51 centim. 5 à gauche. De l'épine iliaque antéro-supérieure à la base de la rotule 22-centim. à gauche, 36 centim. 5 à droite.

La tête fémorale est saillante en dehors et en haut, à un travers de doigt de la crête iliaque et de l'épine iliaque antéro-supérieure. Le grand trochanter est un peu en arrière et plus bas séparé de la tête par une gouttière correspondant au col. II dépasse la ligne de Nélaton-Roser de 3 centim. 3 en arrière, de 2 centim. 3 en avant. La partie inférieure et antérieure de la tète est tangente à la ligne de Nélaton. L'abduction est très limitée. Les autres mouvements sont normaux. Atrophie museulaire s'étendant sur tout Île membre inférieur droit également.

O8s. 111 (personnelle), — Luxation congénitule de la hanche gauche.

Alice M... 6 ans, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau. Père et mère bien portants. Deux frères, un plus âgé, un plus jeune, bien portants. Pas de vices de conformation dans la famille. Grossesse sans accidents. Accouchement durant quatre heures. Présentation du sommet. On ne remarque rien à la naissance. Nourrie au sein jusqu'à un an. Marche à 18 mois et boite, traine la jambe et « ganguille » Pas de maladie dans la première enfance. Plus tard rougeole. Ne souffre pas spontanément. Chez elle elle joue: volontiers, elle saute à la corde, mais elle ne peut marcher plus de cent mètres sans boiter beaucoup et se plaindre d’une fatigue extrème. Lorsqu'elle y prend garde elle peut, pendant quelques pas, dissimuler sa boiterie. État actuel, 16 février 1896. — Station verticale. Bassin abaissé à gauche. ® Pli fessier un peu au-dessous du droit, légère courbure lombaire à convexité gauche. Élargissement considérable et aplatissement de la fesse et de la face antérieure de la cuisse correspondante. Membre en rotation externe légère.

Marche. — Le bassin élevé à gauche, l’épine iliaque à ntéro-supérieure gauche un peu en arrière de la droite. Oscillations pelviennes et thoraciques assez considérables. Peu d’ascension du grand trochanter.

- Décubitus. — Raccourcissement. De l'épine iliaque antero-supérieure au sommet de la malléole externe 57 centim. à gauche, 54 centim, à droite. Le bord supérieur du grand trochanter est à 2 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton, la tête fémorale est au-dessous ct en avant, couchée sur la partie de de la fosseiliaque externe qui est au-dessous de lépine iliaque antéro-supérieure et du tubercule de Maissiat. Elle est aplatie en dedans et en avant, très mobile. Col en antéversion. Tous les mouvements sauf l’adduction qui est limi- {ée ont une amplitude plus grande qu’à l’état normal. <

Ogs. 112 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur gauche.

Marthe S..., 2 ans et demi, soignée à la consultation éxterne de Vhôpital

Trousseau.

Père et mère bien portants. Un frère ainé bien portant. Douze d'un premier È lit bien constitués. Grossese sans accident. Accouchement difficile à cause du

volume de l'enfant. Vers l’âge de 2 ans la fillette commence à faire quelques pas, mais il n’y a que 5 mois qu’elle marche sans se tenir. res

Actuellement, dandinement latéral léger à gauche. Pas de déformation générale à la mensuration, 38 centim. à gauche de l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 39 à droite. A gauche, luxation légère en haut el un peu en avant. À droite rien pour l'instant mais craindre une amorce car la tête qui est bien en place paraît plus superficielle qu'à l’état normal. ee

O8s. 113 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur droit.

Marguerite D..., 4 ans et trois mois, soignée à l'hôpital Trousscau.

Père et mère bien portänts. Pas d’autres vices de conformation dans la famille. Grossesse et accouchement sans accident. Présentation du sommet. Fes

Dès la naissance, la mère remarque que le membre inférieur droit était notablement plus court que le gauche. L'enfant a marché à 17 mois. La elaudication qu'elle montrait au début diminue de plus en plus, Pas de maladie. Jamais, en particulier, de convulsions ni de paralysie. Bonne santé habituélle:

Cette malade ne porte au pied droit que quatre orteils. Le deuxième orteil et son métatarsien font défaut.

État actuel, mai 1895. — Raccourcissement : Du sommet du grand trochanter 4 la pointe de la malléole externe 44 centim. à droite, 46 centim. 5 à gauche.

La pointe du pied est légèrement déviée en dehors. La hanche est absolument

libre et quand on imprime des mouvements de latéralité au membre inférieur, on sent en avant, à la base du triangle de Scarpa, la tête fémorale qui roule sous le doigt. :

La marche est facile, un peu de balancement à peine. L'enfant ne se fatigué pas plus vite que les autres enfants. Léger degré de genu valgum bilatéral, On déconseille toute opération et l'on se borne à prescrire l’électrisation des muscles du membre inférieur, eu particulier des abducteurs de Ia hanche. 6 janvier 1896. La tète fémorale est directement au-dessus du colyle. Le

bord supérieur du grand trochanter dépasse de 2 centim. la ligne de Nélaton-

Roser. Scoliose dorso-lombaire fortement convexe à droite. PI: interfessier oblique en bas et à droite. 5

Atrophie musculaire de tout le côté droit (y compris le membre supérieur). Pas d’ensellure lombaire. Marche d’aplomb et sans boiterie. Pas d’ascension trochantérienne, Les mouvements passifs sont libres. L’abduction est limitée. Légère tendance à l'adduction à surveiller Raccourcissement : de l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de Ja malléole externe, 52 centim, à droite, 48 centim. à gauche. £

O88$. 114 (personnelle), — Luvation congénitale du fémur gauche.

É HEIELE Emilienne B..., 21 mois, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trous- Seau. : a y

Père et mère bien portants, Pas d’autres enfants. Grossesse pénible. Accouchement sans accident. Présentation du sommet. On n'a rien remarqué à la naissance. À 5 mois, on a remarqué que le côté gauche se développait moins que le droit et que le trochanter était plus saillant. Nourrie au sein par la mère jusqu’à 14 mois. Marche à 18 mois. Boite dès les premiers pas. Tombe très souvent. Ne souffre pas. à

Très peu de déformation. Peu de troubles dans la marche. Oscillations latérales avec légère ascension trochantérienne. Tête facilement perceptible en haut et un peu en arrière, mobile, pas déformée. Tous les mouvements sont libres.

OBs. 115 (personnelle). — Luvation congénitale du fémur gauche (variété en haut).

Albertine N..., 7 ans, soignée à la consultation externe de l'hôpital Trousseau,

Père et mère bien portants, pas d’autres enfants. Plusieurs chutes pendant la grossesse. Accouchement durant trois jours entiers. Présentation du siège. Déchirure du périnée. On n’a rien remarqué au moment de la naissance. La mère s'aperçoit de la claudication quand l'enfant fait ses premiers pas à 9 mois. Le corps tombait du côté gauche, qui paraissait plus faible que le droit. Varicelle, rougeole et scarlatine dans l'enfance. Bronchites à répétition.

9 mai 1893. Station verticale. — Saillie de l'extrémité supérieure des fémurs arrondie, plus élevée que l’épine iliaque antéro-supérieure. Bassin incliné à gauche eten avant. Ensellure asymétrique. Courbe dorso-lombaire s’effaçant quand on soulève l'enfant. Fesse élargie et aplatie. Pli fessier oblique en bas et en dehors, étroit et profond. Grande lèvre gauche abaissée et écartée de la face interne de la cuisse. Aine étalée et aplatie. É 7

Marche. — Quand le pied gauche pose à terre, s'élève et bascule en avant, le trochanter glisse et remonte visiblement dans la fosse iliaque.- Mais ces phénomènes sont peu accusés et la locomotion n’est pas très disgracieuse. L’enfant ne peut se tenir debout sur le pied gauche sans que son bassin bascule fortement à droite. Le saut à pieds joints est très difficile et très mal exécuté. Be saut à cloche-pied sur le pied sain se fait au contraire comme à l'état normal. De l'épine iliaque antéro-supérieure à la pointe de la malléole externe, 54 centim., 5 à droite, 51 centim., 5 à gauche. Longueur du fémur 26 centim. et du tibia 24 centim. Le bord supérieur du grand trochanter dépasse de 2 centim. la ligne de Nélaton à gauche. La tête fémorale est directement au-dessus dans la partie tout antérieure de la fosse iliaque. Atrophie musculaire légère et diffuse sur la fesse et la cuisse. Tous les mouvements sont libres sauf l'abduction qui est un peu limitée.

O8s. 110 (personnelle). — Luxation congénitale du férur droit.

Gabrielle C.….., 8 ans, observée au dispensaire des Enfants-Malades de Marseille. D. 38

Père et mère bien portants. Trois autres frères et sœurs bien constitués.

Grossesses sans accidents. Accouchement sans accident durant vingt-quatre heures.

Présentation du sommet. On n’a rien remarqué au moment de la naissance. Marche à 15 mois, toujours en hoitant.

Depuis deux ans la: claudication augmente. Elle peut marcher une heure, puis la fatigue arrive bien vite. Elle se plaint le soir de douleurs au niveau de la jambe et du genou.

État actuel, 10 mai 1896. — Le membre inférieur droit est en forte rotation externe, il ne repose sur le sol que par la pointe du pied. Le corps s'appuie exclusivement sur le membre inférieur gauche.

La racine du membre est très élargie en avant et en arrière.

La fesse est aplatie et étalée, le pli fessier abaissé. Le grand trochanter saillant. Le côté droit du bassin est au-dessous et en avant du gauche. Le rachis décrit une courbe légère à convexité dorso-lombaire droite. La grande lèvre gauche est abaissée.

Atrophie manifeste du côté droit prédominante au membre inférieur, très sensible encore au niveau du tronc et de la face.

Marche. — Très défectueuse avec oscillations latérales inverses très prononcées du bassin et du tronc et glissement trochantérien. Le côté gauche du bassin est constamment au-dessous du droit. Le pied est en rotation externe évidente. Malgré cela, un peu de tendance à l’adduction.

La tête est en haut juste au-dessus du cotyle, appuyant sur sa partie postérointerne, supportée par un col court. L'axe de l'extrémité supérieure paraît sensiblement dans le plan de l’axe du condyle. £

Pas d'antéversion. Le bord supérieur du grand trochanter dépasse de plus de deux travers de doigt la ligne de Nélaton. Mais on peut, à l'aide de la traction directe exercée suivant les principes de Lorenz, l'abaisser au niveau de cette ligne. Mensuration : de l’épine iliaque au sommet de la malléole externe, 57 centim. à droite, 61 centim. à gauche. Atrophie évidente de tous les muscles de la fesse, de la cuisse, de la jambe et de la plante du pied. Pas de rétraction, même des adducteurs, ce que j'attribue à l'extension continue prolongée qu'elle a subie. Tous les mouvements sont libres, même l'adduction. Un peu d'hyperextension.

À l'occasion d’une anesthésie pour extraction dentaire j'ai examiné la réductibilité par la méthode de Lorenz et n’ai pu l'obtenir dans de bonnes condiz tions.

Par les manœuvres de Paci, au contraire, il m'a été facile de rendre au membre la même longueur que de l’autre côté et de faire disparaître toute saillie au niveau de la hanche. Mais c'était certainement une transformation ou luxation antérieure, car d’une part rien n’indiquait le contact de la tête et du cotyle, ni à la main ni à l'oreille, d'autre part j'ai senti vaguement la tête en avant et la rotation externe a augmenté.

L'opération sanglante est proposée mais refusée.

Ogs. 117 (personnelle). — Luxation congénitale des fémurs.

Lucie C..., 12 ans, soignée à la consultation externe du dispensaire des Enfants-Malades de Marseille.

Père et mère bien portants. quatre autres enfants bien constitués. Pas d'autre vice de conformation dans la famille. Grossesse pénible. Accouchement normal. Présentation du sommet. Nourrie par la mère jusqu'à 14 mois. Commence à faire quelques pas à 14 mois. Peu de temps après variole, à la suite de laquelle elle cesse de marcher et ne recommence qu'à 4 ans. Elle se balançait, avait déjà une forte saillie des hanches et les pieds en rotation externe. Rougeole à 4 ans.

Souffre le soir en rentrant de la promenade. Douleurs au niveau de la cuisse, du genou, de la jambe, pas au niveau de la hanche. Marche deux heures de suite, mais se fatigue dès les premiers pas ct la claudication augmente de plus en plus. L'état empire notablement au dire de la mère. Hernie inguinale guérie par un bandage. - :

État actuel, 13 mai 1896. — Ensellure lombaire très considérable. Fesses élargies et aplaties. Les extrémités supérieures des fémurs sont très saillantes en haut dans les fosses iliaques tout près de la crête. On voit le trochanter et l'on devine la tête, les deux plis fessiers sont horizontaux, ventre très proéminent. Cuisses en rotation interne légère corrigée par rotation externe COmMpensatrice au niveau des genoux demi-fléchis.

Marche. — Très lourde. Bruit intense au poser du pied. Ascension pelvienne et glissement vertical du trochanter à un degré très fort. Peu d'inelinaison latérale du thorax, grâce à une mobilité extrème de la colonne lombaire.

Déeubitus. — Mensuration de l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 63 centim. à droite et à gauche. Bord supérieur du grand trochanter à 6 centim. au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser. Tète au-dessus et en arrière, volume normal, peu déformée, bien orientée. Col court et horizontal. Mobilité très grande de la tête dans la fosse iliaque à l'occasion des mouvements de flexion et d'extension. Les mouvements normaux sont très limités. Les deux cuisses ne peuvent s'écarter à angle droit. La flexion, l'extension et la rotation externe sont également incomplètes. Pas de craquements.

L'opération est proposée et acceptée en principe.

Os. 118 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur gauche.

Antoinette B..., 28 mois, soignée à la consultation externe du dispensaire des Enfauts-Malades de Marseille.

Père et mère bien portants. Une sœur, 11 ans, actuellement bien portante, a été rachitique pendant les premières années. Un frère aîné mortau moment de la naissance, un troisième enfant mort à 3 mois. Grossesse et accouchement sans accident. Née à terme. Présentation du sommet et accouchement durant

deux heures. Nourrie au sein à la Campagne. Marche à 10 mois (?). Lorsque la mère la reprend, c’est-à-dire à 15 mois, elle marchait très bien, mais boitait un tout petit peu. Les deux jambes semblaient égales. La nourrice a affirmé pendant tout le temps qu’elle a gardé l'enfant et lorsqu'elle l’a rendu, que jamais elle ne lui a vu aucune maladie. Pas de maladie depuis lors. La claudication augmente tres notablement. L'enfant joue très volontiers; elle est gaie, elle ne tombe pas plus souvent que les autres enfants. Jamais elle ne souffre.

Elle n’a jamais présenté ni convulsion ni paralysie.

État actuel, 20 avril 1896. — De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 37 centim. à gauche, 39 centim. à droite.

Du bord supérieur du grand trochanter au sommet de la malléole externe, 35 centim. à gauche, 36, centim. à droite.

De l'interligne du genou au sommet de la malléole interne, 14 centim. à gauche, 15 centim., 5 à droite. De l’interligne du genou, au bord Supérieur du grand trochanter, 18 centim. des deux côtés. Le bord supérieur du grand trochanter est, à droite, exactement an niveau, à gauche à1 centim.,5 au-dessus de la ligne de Nélaton-Roser.

Mobilité anormale très prononcée de la tête fémorale qu'on porte en arrière dans la flexion et qu'on fait saillir en avant dans l'extension.

Marche sans grand déhanchement, le bassin élevé du côté luxé, Peu d’oscillations thoraciques.

Ascension notable du grand trochanter.

Atrophie musculaire évidente et considérable sur tout le membre inférieur gauche : fesse, cuisse, jambe et plante. Cette atrophie est absolument identique pour les différents muscles ou groupes musculaires. I] n’y a aucune localisation particulière, ce qui exclut l’idée de luxation paralytique. Le côté correspondant de la face et du crâne est certainement moins développé que l’autre . Bon état général.

Os. 119 (personnelle). — ZLuxation congénitale du fémur droit en haut et en arrière, |

Marguerite P..., 14 ans, Soignée à la consultation de l'hôpital Trousseau.

Père et mère bien portants. Deux autres sœurs plus âgées bien constituées. Pas de vice de conformation dans la famille. Née à terme. Accouchement simple. Présentation du sommet.

tat actuel, 15 mars 1893. — Station verticale. Abaïissement du bassin à

droite. Saillie angulaire de la hanche droite. Élargissement et aplatissement de la fesse. Courbure dorso-lombaire latérale à Concavité gauche avec un léger degré de lordose plus accusée à droite, Membre inférieur droit plus grêle en adduction et rotation interne.

Pendant la marche, le genou droit frôle à chaque pas le genou gauche. Je ne vois pas d’ascension du trochanter ; par contre, mouvements inverses très prononcés du thorax et du bassin.

Décubitus. — Raccourcissement égal environ au double de la hauteur de la malléole interne. Bord supérieur du grand trochanter à deux travers de doigt au-dessus de la ligne de Nélaton. Tête fémorale en haut et en arrière, du volume environ d'une tête fémorale d’adulte. Abduction et flexion extrêmement limitées.

Etat fonctionnel mauvais. Douleurs fréquentes, lassitude à la moindre marche. Cependant toute proposition d'intervention est refusée. ,

O8s. 120 (personnelle). — ZLuvation congénitale du fémur droit en haut et en arrière.

Fernande R..., 2 ans et demi. Consultation Trousseau.

Une cousine germaine paternelle a une luxation congénitale de la hanche. Accouchement au forceps. Immédiatement après la naissance on constate une paralysie complète du bras droit qui guérit en deux mois sans traitement, Marche à 11 mois sans déhancher, mais avec rotation du pied en dehors.

État actuel, 22 mars 1896. — Asymétrie des parties latérales du corps. Le côté droit est un peu atrophié, le membre inférieur surtout. Léger aplatissement de la fesse. Légère atrophie du côté droit, du membre inférieur surtout.

Marche. — La pointe du pied en dehors. Glissement vertical du trochanter, Pas d’oscillations du tronc. n

Décubitus. — De l'épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole, 41 centim. à droite, 42 centim. 5 à gauche.

La tête, non déformée, est à la partie antérieure de la fosse iliaque. Abduction limitée. Hyperextension possible.

O8s. 121 (personnelle). — Luxation congénitale bilatérale. Variété en haut.

Julia T..., consultation Trousseau.

Pas de vice de conformation dans la famille. Grossesse et accouchement sans accident. Présentation du sommet. Marche à 13 mois en canard. Bon état

fonctionnel. :

État actuel, 28 mai 1893. — Hcartement de la face interne des cuisses. Sail-’

lie angulaire des hanches en dehors et surtout en avant. Pas d’ensellure. Pendant la marche, tronc à peu près immobile, oscillations latérales du bassin qui s'élève surtout du côté droit. Roulement de la tête fémorale non seulement de haut en bas, mais d'avant en arrière.

Bord supérieur du trochanter à 1 centim., 5 au-dessus de la ligne de Nélaton - Roser. Têtes fémorales directement au-dessus, mobiles latéralement. L'amplitude de fous les mouvements normaux est exagérée, sauf l’abduction

qui est diminuée.

OBs. 122 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur gauche en haut et en avant.

Auguste P.…., 4 ans, soigné à la consultation externe de l'hôpital Trous seau.

ed

Père et mère bien portants. Une sœur, actuellement âgée de 6 ans, aurait été atteinte d’une luxation congénitale qui se serait spontanément guérie. Marche à 18 mois. Toujours malade. Depuis quelque temps la boiterie est disgracieuse et la tendance à la fatigue augmente. Bronchite à 6 mois, tenace. Coqueluche il y a deux ans. Rougeole l’an dernier. Incontinence nocturne d'urine. :

État actuel, 6 septembre 1893. — Dansla station debout, le bassin est incliné à gauche et le rachis décrit une courbe latérale à concavité droite. En raison de l'attitude très inclinée la hanche droite saine est beaucoup plus saillante que l’autre. Le membre inférieur gauche semble s'enfoncer dans le tronc, oblique en haut et en dedans. Élargissement notable du pli génito-crural gauche.

Pendant la marche, le pied gauche reste en rotation externe très marquée, le bassin est un peu plus élevé à gauche qu’à droite. Légères oscillations du tronc vers le côté qui porte. Pas ou peu de glissement vertical du trochanter.

Décubitus. — Raccourcissement. De l’épine iliaque antéro-supérieure au sommet de la malléole externe, 46 centim., à gauche, 49 centim. à droite. Du même point supérieur à la base de la rotule, 22 centim. à gauche, 25 centim. à droite. La tête fémorale est facilement perceptible en haut et en avant contre l’épine iliaque antéro-inférieure. Atrophie notable des muscles de la fesse et de la cuisse, surtout du triceps crural.

Revu le 25 février 1894. Le raccourcissement n’a pas changé, depuis le dernier examen il reste de 3 centim. La tête a conservé également la même place. Au point de vue fonctionnel il y a une amélioration notable, Isurtout en ce qui Concerne la claudication visible et l'endurance à la fatigue.

OBS. 123 (personnelle). — Luxation congénitale du fénur droit.

Sœur de Auguste P..., v. obs. 122

La fillette n’a marché seule qu’à l’âge de 18 mois. Jusqu'à 4 ans sa claudication à augmenté. Depuis cette époque elle diminué graduellement.

État actuel, 13 septembre 1893. — La hanche droite est très saillante et volumineuse. Le bassin est incliné à droite.

La marche s'exécute sans aucun balancement et sans glissement vertical du trochanter. Je remarque un déplacement en totalité du bassin qui se porte vers la droite quand le pied gauche pose à terre, et un mouvement de rotation sur place du fémur.

Décubitus. — Le bord supérieur du trochanter est à 1 centim. et demi au-dessus de la ligne de Nélaton. La tête est directement en haut, se portant vers le tubercule de Maissiat. Le triangle de Scarpa est dépressible. Tous les mouvements normaux de l'articulation ont leur amplitude régulière, sauf l’abduction qui est légèrement limitée. Le membre inférieur gauche est plus court que le droit de deux travers de doigt environ.

Revue le 29 février 1894. L'état reste parfait. Quand la fillette marche très lentement ou quand elle est habillée on ne peut distinguer le côté atteint, qui se reconnaît pourtant lorsqu'elle va plus vite et sans se surveiller, I] n'y a rien à reprendre au point de vue fonctionnel,

O8s. 124 (personnelle). — Luxation congénitale bilatérale en haut et en arrière,

Renée M..., 3 ans et demi. Consultation Trousseau, juin 1894. Rien de particulier dans les antécédents héréditaires ni dans l'accouchement. Marche à 18 mois.

Station debout. — Rien n’est visible qu’un léger degré d’ensellure et une faible saillie des trochanters. Le

Marche avec balancement inverse du thorax et du bassin et ascension trochantérienne.

Têtes fémorales symétriquement placées en haut et en arrière, mobiles. Bord supérieur du trochanter à un centimètre au-dessus de la ligue de Nélaton. De l’épine iliaque au sommet de la malléole externe, 42 centim. des deux côtés.

O8s. 125 (personnelle). — Luxation congénitale bilatérale.

Mathilde Por... 2 ans. Consultation Trousseau. Pas de vices de conformation dans les ascendants ou collatéraux. Accouchement normal. Présentation du sommet.

Marche à 16 mois.

Têtes fémorales en haut et en arrière faciles à rabaisser au contact du cotyle, très mobiles. Bord supérieur du grand trochanter à 2 centimètres au-dessus de la ligne de Nélaton. Glissement vertical assez prononcé pendant la marche. Peu de déhanchement.

OBs. 126 (personnelle). — Luxation congénitale du fémur droit.

Louis T..., 22 mois. Consultation Trousseau. Rien à noter dans les antécédents. Marche à 17 mois. On avait remarqué à 7 mois que le côté droit était moins développé que le gauche. Effectivement, atrophie générale de tout ce côté, principalement du membre inférieur. Tête à la partie antérieure de la fosse iliaque en antéversion énorme. Abduction limitée à 45°. Craquements. À

opérer, car à cause de l'antéversion toute méthode orthopédique échouerait.

$4. — Observations anatomiques pures.

Os. 127. (Due à l’obligeance de M. le professeur LANNELONGUE. La pièce est conservée et cataloguée dans le musée de l'hôpital Trousseau.) — Luxation congénitale double de la hanche. — Corps étrangers articulaires dans l'une des cavités inhabitées: (E. DuPRÉ, Thèse, Paris, 1891.) +

“Homme de 37 ans, mort phtisique.

Description du bassin. — La première impression qui frappe à l'examen du

bassin, c’est l'élargissement antérieur de la partie correspondant au pubis et à lischion ; à ne voir que ces parties, on croirait un bassin de femme. Et, en effet, le corps du pubis à une hauteur très faible etun très grand élargissement, Les surfaces antérieure et postérieure du corps du pubis, depuis la symphyse jusqu'au bord du trou ovalaire, sont très grandes. La branche horizontale du pubis jusqu'à lé'minence iio-pectinée est très longue; au contraire, l’espace compris entre l’épine iliaque antérieure et supérieure et l’éminence ilio-pectinée est plus court. En même temps, tout le bord antérieur du bassin, depuis la symphyse jusqu'à l'épine iliaque antérieure et inférieure, est beaucoup plus transversal que de coutume ; de même pour la branche descendante du pubis et ascendante de l’ischion qui sont très déjetées en dehors. L'écartement des deux ischions est de 14 cent. ct demi. La différence avec un bassin d'homme normal est de près de 5 centimètres. La hauteur du corps du pubis est de 3 centimetres ; la largeur de près de 4 centimètres. La longueur de la branche horizonlale, de la symphyse à l'éminence ilio-pectinée, égale 8 centimètres. Par contre, la hauteur de la partie antérieure du bassin suivant une ligne verticale, allant de l'ischion à l’éminence ilio-pectinée, est moindre que de coutume ; elle n’est que de 7 centimètres. Il en résulte que les trous ovalaires ont une forme plus arrondie et des dimensions beaucoup plus petites, comparables à celles d’un bassin de femme. Tel est l'aspect du bassin en avant. Mais quand on examine sa forme au niveau de la portion iliaque, on trouve que l'os iliaque ne se déjette pas en dehors comme dans un bassin féminin; au contraire, les os iliaques paraissent se reporter en dedans et les fosses iliaques internes sont en même temps profondes par suite de la disposition verticale de la portion iliaque. De plus, cette portion iliaque est très haute ; et il existe 6 centimètres d'intervalle entre l'épine antérieure et inférieure et la supérieure. Cet intervalle n’est plus une échancrure, mais un bord presque vertical qui sépare ces éminences.

De même en arrière, nous trouvons au-dessus de l'ischion la grande échancrure ischiatique très considérable. Les épines sciatiques se dirigent en haut, contrairement à la direction ordinaire.

Les dimensions des diamètres au détroit supérieur sont des suivantes :

Diamètre antéro-postérieur ........ M A1 cent.et demi » (TANSVérSE En DE NN 13 cent.

» 1) 1 TRS ere CEE à A 12 cent.

On voit par ces chiffres que le détroit supérieur est beaucoup plus arrondi que de coutume,

Description de l'articulation Coxo-fémorale gauche, — Une capsule d’une étendue considérable s’insère à l’éminence ilio-pectinée, au bord du bassin‘qui lui fait suite en dehors, à l'épine iliaque antérieure et inférieure, et en arrière. sur le bassin, à deux centimètres du bord postérieur de l'échancrure sciatique depuis l'éminence ilio-pectinée. En bas, cette capsule s’insère sur un bord 0SSCux, saillant, qui correspond à la partie inférieure de la cavité cotyloïde et, en dedans, elle s’insère le long du’ trou ovalaire. Cette capsule très épaisse et très fibreuse en arrière, où elle a près d’un centimètre dans la partie qui cor-

respond à la fosse iliaque, est au contraire beaucoup plus mince en avant et en dedans. Elle limite sur le bassin une grande cavité divisée en deux loges incomplètement séparées par un médiastin vertical.

La loge interne correspond à l’ancienne cavité cotyloïde. La loge externe reçoit la tête du fémur. Ces deux loges sont à côté l'une de l’autre comme les deux parties d’un huit de chiffre. Ce qui frappe aussi tout d’abord, c’est que la loge interne est étroite et profonde ; l’externe est, au contraire, large, évasée, limitée par un fibro-cartilage et seule peut contenir la tête du fémur. De plus, elles offrent toutes les deux des particularités qui réclament une description a part.

La loge interne commence immédiatement en dehors du trou ovalaire ; elle forme une cavité profonde, ovalaire. Le diamètre vertical de la cavité mesure 3 centimètres environ, le diamètre transversal 2 centimètres. Sur l'os, il ya sur tout le pourtour une ligne saillante même en dehors, qui la sépare de la loge externe. La loge interne est partout tapissée par une synoviale extrèêmement remarquable en ce sens qu'elle est hérissée de franges synoviales et de corps étrangers pédiculisés, implantés, imbriqués les uns dans les autres, comme les grains d’un épi (l’épi ayant jusqu'à 3 cent. de longueur), ressemblant en d’autres endroits aux papilles de la langue d’un gros animal. Enfin dans le fond une couche adipeuse assez épaisse.

Disons aussi que cette loge interne était inhabitée et qu'elle ne pouvait recevoir la tête fémorale tellement ses dimensions sont exiguës, et inférieures au volume de la tête fémorale.

On pourrait soutenir que la tête du fémur y était autrefois et que pendant les derniers temps de la vie elle se présentait peut-être encore au moins à sa surface.

La loge interne est séparée de l'externe par un bourrelet saillant, faisant médiastin incomplet qui dépend, ainsi que je vais le dire, du fibro- cartilage normal.

La loge externe est placée plus en dehors et repose sur l'os iliaque qui forme avec son fond une surface plate qui n’est limitée par un bourrelet osseux qu'en bas et en arrière, bourrelet qui fait défaut en haut et au-dessous de l'épine iliaque antérieure et inférieure, Cette loge est limitée par un relief circulaire fibro-cartilagineux : c’est le bourrelet cotyloïdien absolument normal, très mobile sur les parties profondes bien qu'il adhère à la capsule par sa face externe. Entre les deux cavités, ce bourrelet forme un pont sous lequel:existe un espace normal par où les deux cavités communiquent. C’est sous ce pont que le ligament rond de la tête du fémur devait passer pour aller s'implanter dans la cavité interne au niveau de la couche de graisse qui en fait le fond.

La loge interne correspondant au fond de la cavité cotyloïde, et le talus osseux qui Ja borde faisant presque défaut, la tête du fémur a pu glisser en

dehors et entraîner le bourrelet cotyloïdien de ce côté; il s’est fait là une véri-

table loge ostéo-fibreuse dont la forme est en rapport avec le développement de la tête du leur Ainsi, je me résume en disant qu'il a existé primitivement

une défectuosité organique de la vraie cavité cotyloiïde en vertu de laquelle la tête du fémur s’est déplacée.

L'absence de tout le bourrelet postérieur de la cavité cotyloïde est ici un fait certain.

Dans la seconde loge, celle qui était habitée, la synoviale est saine, et n'offre aucune trace de productions articulaires, pas le moindre corps étranger.

La tête du fémur est déformée. Ce n’est plus une sphère, mais un corps sphéroïdal avec de nouvelles modifications qui sont le résultat des conditions fonctionnelles nouvelles dans lesquelles se trouve la tête.

Au lieu de presser dans une cavité de forme régulière comme à l'état aorA(EE la tête du fémur est ici placée dans des conditions différentes, résultant des pressions exercées. Aussi, la partie centrale est plus plate parce que le fond

de la cavité cotyloïde est aussi plus plat. En haut, à l'union de la tête et du

col, il existe une dépression accentuée, parce que la tête, dans l’adduction forcée par exemple, vient toucher le plan de la fosse iliaque externe. En bas existent aussi de grands méplats.

En résumé, le volume de la tête est moindre que la tête normale ; au lieu d’être arrondie, elle se termine par une extrémité conique (elle était recouverte d’une couche de cartilage assez épaisse qui révélait les mêmes déformations). Le col fémoral est plus long et surtout plus ouvert, ce qui résulte de la position de la tête dans la fosse iliaque. Pas de ligament rond sur la tête du fémur.

Description de l'articulation coxo-fémorale droite. — La cavité cotyloïde occupe la place normale ; mais elle est réduite à des proportions rudimentaires. On ne peut mieux la comparer par sa forme et ses dimensions qu'à la cavité glénoïde de l’omoplate. Elle a en effet une forme ovalaire ; elle mesure 3 centimètres dans son diamètre vertical et un centimètre et demi dans son diamètre transversal ; en prafondeur, elle à un centimètre et demi dans sa partie la plus profonde. Elle est limitée par un bord osseux de forme elliptique, sur lequel se trouve pps le bourrelet cotyloïdien, qui adhère au bourrelet osseux.

Son fond n'a plus de cartilage permanent, mais une simple couche tibreuse qui recouvre l'os. Telle est la cavité cotyloïde. , :

Mais en arrière d'elle se trouve une vaste cavité capsulaire. qui recevait la tête du fémur. La capsule, en effet, s'insère en dedans et en haut au pourtour de la cavité. En arrière, elle s’insère aussi à ce même pourtour; de là, elle se

développe pour former une vaste loge qui s'étend sur le bassin presque jusqu’au

niveau de l'échancrure sciatique, puis elle vient s’insérer sur le pourtour de la tête du fémur.

La capsule est très épaisse en arriére dans le point où elle formait un Sepi exclusif à la tête du fémur ; elle est aussi très épaisse en haut et en avant, où se trouve le ligament de Bertin. F

La tête du fémur est beaucoup plus volumineuse que de l’autre côté. Ce n’est plus une sphère, mais un cône dont la portion culminante occupe le centre. En partant du sommet du cône jusqu'à la circonférence on trouve de grandes surfaces aplaties en PRE avec les portions du passe sur lesquelles reposait la”tête.26 ï

La tête, en effet, ne peut entrer en aucune manière dans la véritable cavité beaucoup trop petite. Alors, elle repose par sa partie antérieure sur le bord postérieur de la cavité cotyloïde qui est très élargi et elle présente à ce niveau un grand méplat; mais de plus l'élargissement postérieur de la capsule lui permet d'aller plus en arrière de ce bord sur la colonne osseuse qui sépare ce bord de. l'échancrure sciatique.

{1 n'y a donc pas du côté droit comme du côté gauche deux cavités placées l'une à côté de l’autre, mais une seule capsule. Ce n'est en réalité qu'une vaste cavité capsulaire dans laquelle la tête peut passer d’une manière vague et vient se mettre tantôt en face de la cavité cotyloïde rudimentaire, tantôt sur son bord postérieur qui est élargi, et tantôt plus en arrière encore vers l'échancrure sciatique. Il n’y avait pas non plus de ligament rond sur cette tête du fémur et le cartilage permanent était assez épais. Me

En résumé, à droite et à gauche, la malformation est le fait dominant. Dans l'un et l’autre cas, les muscles étaient conservés et normaux.

Ogs. 182. (due à l’obligeance de M. le professeur LANNELONGUE. La pièce est conservée dans le musée de l'hôpital Trousseau). —. Luxation congénitale de la hanche. Déformation considérable de la cavité cotyloïide. La tête fémorale se porte en arrière et en haut dans tous les sens ; elle est reçue dans une loge nouvelle et emboîtée dans cette nouvelle loge par le fibro-cartilage du sourcil cotyloïdien. Pas d'autres déformations du corps. [Centres nerveux irréguliers d'apparence. (E. Dupré, Th. citée.)

Fille de 10 ans, ayant succombé à une fièvre typhoïde. Les tibias sont rachitiques et légèrement incurvés.

Membre inférieur droit. — Les parties molles présentent une légère atrophie, reconnaissable surtout à la cuisse. En même temps le membre inférieur paraît plus court que l'autre sur le cadavre. Les autres sections du membre ne présentent rien de particulier. On procède à la dissection de la hanche.

Les muscles pelvi-trochantériens el Ceux de la racine du membre semblent normaux. Seul, le petit fessier a une coloration jaunàtre un peu pâle, avec une teinte noisette, et de plus on observe un changement de direction de ses fibres qui se portent en haut et en dedans de la tête du fémur. De plus, il adhère si étroitement à la capsule qu'on ne peut l'en séparer. £

La, capsule coxo-fémorale existe, mais elle ne se présente plus sous la forme d’un manchon adhérent d’une part au fémur et de l'autre au bassin. En effet, tandis que la portion antérieure, renforcée par le ligament de Bertin, forme une lame épaisse et très solide, en arrière, au contraire, la capsule adhérente au muscle petit fessier est très lâche, et permet à la tête du fémur de se porter dans la grande échancrure sciatique et jusqu'à La partie moyenne de la fosse iliaque externe. De plus, cette capsule, en arrière, Se compose de faisceaux irréguliers conservant de grandes cavités séreuses, reposant sur l'os iliaque et communiquant par un petit orifice avec l'intérieur de l'articulation elle-même.

Du côté de la surface, interne, la capsule est divisée en deux loges par un médiastin vertical incomplet ; l’une de ces loges correspond à la cavité cotyloide proprement dite ; la seconde est cellé qu'occupe actuellement la tête du fémur. La première de ces loges est inhabitée ; la seconde est celle de la tête.

La cavité cotyloïde se présente sous la forme d'une cavité entièrement déformée. On ne peut mieux la comparer qu'à la cavité glénoïde de l'omoplate. Diamètre vertical : 3 centim. Diamètre transversal : 1 Centim. trois quarts. Le fond ne dépasse pas un demi-centimètre.

En haut, elle se termine par un bord arrondi : en bas, par un angle aigu. Une couche de graisse assez épaisse et adhérente la tapisse dans le fond ; on y voit cependant une petité surface cartilagineuse. Le bord postérieur de cette cavité est très large, aplati et nullement saillant. En haut la cavité à pour limite l’éminence ilio-pectinée ; en dedans, elle est au même niveau.que la surface

osseuse qui avoisine le trou ovalaire. On peut dire, en résumé, qu'il n'existe pas .

de rebord cotyloïdien abrupt ; ce bord n'est pas recouvert par le bourrelet cotyloïdien. Ce bourrelet a suivi la tête fémorale et n'est pas resté adhérent à la cavité cotyloïde.

J'ai dit que l’intérieur de la Capsule paraissait divisé en deux comme par un médiastin ; il est plus exact de dire que la capsule présente à sa partie supéricure et postérieure une grande ampoule, un diverticulum qui reçoit la tête du fémur. L’orifice d'entrée de ce diverticulum est occupé par le bourrelet cotyloidien dont le bord tranchant s'applique étroitement sur la tête du fémur. Par sa base, le diverticulum repose sur la fosse iliaque. Cette loge sécondaire a tout à fait la forme de la tête du fémur ; elle est très mobile comme cetle tête et se déplace avec elle dans la fosse iliaque jusque dans l’échancrure sciatique. Il faut un effort assez considérable pour faire sortir la tête de cette cavité ; mais Cependant, on le peut et alors la tête tombe en regard de la vraie cavité cotyloïde qui est trop étroite Pour pouvoir Ja contenir.

La tête du fémur né constitue plus une sphère arrondie, mais un corps plat. La circonférence est inégale et mamelonnée, elliptique. Elle à un diamètre tansversal de 4 centimètres, un diamètre vertical de 3 centimètres. Le centre est déprimé au lieu d’être saillant ; il y a là une surface irrégulière qui est aplatie. ë /

I'existe sur cette surface aplatie une couche de cartilage beaucoup moins épaisse au centre, un peu plus épaisse sur les bords: moins d'un demi-millimètre au centre, un millimètre au moins sur les bords.

Le ligament rond fait défaut,

Le col du fémèr paraît normal.

En résumé : défectuosité primordiale de la cavité cotyloïde consistant en une troitesse de cette cavité, en une absence de bords. — De plus, il existe un déplacement de la tête fémorale dans la fosse iliaque externe avec le bourrelet cotyloïdien, qui fait que la tête fémorale ne peut plus sortir de la cavité accessoire, maintenue qu’elle est par le fibro-cartilage déplacé et adhérent par sa base à la partie accessoire de la capsule,

La moelle épinière ne présente aucune déformation, et pas de lésion appréciable à l'œil nu. ‘

. L'hémisphère ganche du cerveau, régulier dans tout le reste de son étendue, semble un peu déprimé, comme aplati, dans sa partie moyenne et supérieure. Les circonvolutions frontale ascendante et pariétale ascendante, à leur partie supérieure, sont petites et aplaties. De même, il existe une sorte d’atrophie du lobule paracentral. Enfin, la circonvolution du corps calleux surtout présente une diminution de volume très notable. Au niveau de toutes ces régions, les sillons sont moins profonds, les circonvolutions moins lobulées, moins repliées. A la coupe des hémisphères, on ne trouve aucune lésion appréciable dans la circonvolution du corps calleux ; la substance blanche ne se présente plus sur la surface de coupe que sous l'aspect d'un petit noyau entouré d'une épaisse couche de substance grise.

Os. 129. {No 532 du catologue des pièces du musée de M. le professeur LANNELONGUE, à l'hôpital Trousseau ).— Luxation congénitale de la hanche droite (pièce trouvée à l’'amphithéâtre chez un enfant mort de diphérie).

( Durrk, Thèse citée.)

La tête fémorale ne fait pas défaut, mais est réduite à une extrémité aplatie qui ne s’est pas développée, car elle est placée sur un plan au-dessous du sommet du grand:trochanter. Elle forme une espèce de pyramide triangulaire réunie au corps du fémur, sans col; ou plutôt le col ne se présente plus que sous la forme d’un sillon circulaire. Ce sillon fait même défaut en avant où la tête et le grand trochanter se continuent directement.

En résumé, sur l'extrémité du grand trochanter s'implante, perpendiculaire ment à son axe et au-dessous, une saillie pyramidale: c’est la tête fémorale..

Cette tête est reçue dans une capsule indépendante de l'os iliaque. En effet, il n'y a plus de cavité cotyloïde visible ; à sa place est un tissu fibreux, dense, épais, qui remplit totalement l'espace correspondant à la cavité; et quand-on incise cetissu épais 1 centimètre au moins on reconnaît que pour ainsi dire il n’y a pas de cavité, mais une surface plane, osseuse, limitée cependant en certaints points par des rebords osseux. Le tissu osseux paraîtabsolument normal.

En somme, la capsule fémorale repose sur ce tisssu fibreux et permet à la tête de se déplacer en arrière jusque du côté de la grande échancrure sciatique ; c’est donc un exemple d’oblitération fibreuse du cotyle, en même temps que de déformation de cette cavité et de la tête fémorale.

Os. 130 et 131 (les pièces sont conservées dans le musée de M. le professeur LANNELONGUE, à l'hôpital Trousseau). — Deux cas de luvation congénitale de la hanche, par M. CouDprayY, ex-interne des hôpitaux (in Bulletins de la Socièté anatomique de Paris. Séance du 13 avril 1883). (E. Dupré, Thèse citée.)

M. Coudray présente à la Société deux pièces qui se rapportent à des luxations de la hanche. Elles ont été recueillies à l'Ecole pratique.

L'histoire clinique fait complètement défaut.

Premier cas. — Femme grêle et maigre, le membre inférieur gauche, très notablement raccourci, était fixé dans la rotation en dedans et dans l’adduction. On sentait la tête fémorale dans la fosse illiaque externe.

La pièce fut malheureusement endommagée par l'élève auquel était confiée la dissection de la région, de sorte que la capsule n’a pu ni être vue, ni conser-

e ; j'ai seulement pu conslater d'une manière nette que le ligament rond faisait défaut ; autour de la capsule, il n'existait ni fongosités, ni indurations : en un mot, rien d’anormal. Sur la pièce nous constatons ce qui suit :

1° L'os illiaque est peu volumineux, comme atrophié ; il paraîtrait appartenir à un enfant de 12 à 14 ans.

2 La cavité cotyloïde est réduite au tiers environ de sa capacité ee elle est remplie par une graisse rougeâtre dissimulée sous-une couche de tissu fibreux ; absence de cartilage. La forme de cette cavité est triangulaire ; j’insiste sur ce fait d'autant plus que nous allons retrouver cette même déformation sur la seconde pièce. Au-dessus de cette cavité cotyloïde, et à la partie antérieure de la fosse iliaque externe, existe une dépression arrondicetlisse, se prolongeant en arrière sous forme de gouttière, moins profonde dans l'étendue de 2 à 3 centimètres ; c’est au niveau de cette petite dépression et de cette gouttière superficielle que se trouvait placée la tète fémorale. Il n'existe pas de surface cartilagineuse à ce niveau, c’est un tissu cellulaire lâche, formant une surface à peu près lisse, mais ne présentant pas du tout le brillant, le poli des synoviales,

30 La tête fémorale recouverte d’une mince couche de cartilage, au-dessous duquel on sent l'os friable dans une grande partie de son étendue. Cette tête est conique ; au-dessous du sommet et au niveau du point qui normalement donne insertion au ligament rond, existe une dépression à peine sensible. En ce point, le cartilage est réduit à une couche d’une extrême minceur; néanmoius il existe, et la surface qu'il présente est RARE lisse et sans trace d'attache ligamenteuse.

Deuxième cas. — 1° L'os iliaque présente son volume normal; cet os appartenait du reste à une femme grande et forte. — 2 La cavité cotyloide est remplie par un tissu fibreux épais ; cette cavité est réduite environ au tiers de sa Capacité normale ; sa forme est triangulaire à sommet supérieur, se continuant avec la fosse iliaque externe par l'intermédiaire d’une gouttière très marquée qui contourne en arrière l'épine iliaque antéro-inférieure : cette dernière disposition existait également sur la première pièce. Cette gouttière, en grande partie tapissée de tissu fibreux, mène insensiblement à une seconde cavité siégeant un peu en avant de la partie moyenne dela fosseiliaque externe. Cette cavité, qui loge la tête du fémur, est allongée de haut en bas : ; dans les 3/4 supérieurs de sa circonférence, elle est limitée par un rebord très saillant ; en bas, au contraire, ce bord disparaît. Le fond de la cavité présente un aspect lisse ct n'offre pas de revêtement cartilagineux. A la partie inférieure, et comme pour remplacer le rebord osseux de cette cavité, existe une sorte de bourrelet fibreux formé par l’épaississement de la capsule. — 3° La tête du fémur assez

UT ue

volumineuse, aplatie et comme écrasée de dedans en dehors est dépourvue de cartilage et présente, au niveau de son point de contact avec la cavité, un aspect lisse et une grande dureté ; le reste de la tête présente une certaine friabilité par places. — 4 La capsule est très longue. Elle est étranglée en son milieu entre les deux cavités cotyloïdes, l'ancienne etla nouvelle, par un anneau fibreux très marqué (forme de sablier). Extérieurement, le muscle petit fessier lui adhère assez intimement par ses fibres profondes. A sa partie interne, c’est “un aspect lisse, plissé et terne, dont les saillies fibreuses rappellent assez les vessies à colonnes. Supérieurement, cette capsule s’insère sur le pourtour de la nouvelle cavité cotyloïde ; en bas et en arrière, elle vient s’insérer très bas et dans une grande étendue verticale depuis la partie postérieure de cette cavité jusqu’au-dessus de la tubérosité ischiatique. Sur le corps du fémur la capsule s'insère à péu près comme elle le fait normalement, *

Ogs. 132. — Luxation congénitale double de la hanche, chez une femme, par H. CHapur, prosecteur à la Faculté (in Bulletins de la Société anatomique de Paris, octobre 1885. La pièce est conservée et cataloguée dans le musée de M. le professeur LANNELONGUE, à l'hôpital Trousseau, sous le n° 535). (E. Dupré, Th. citée.)

Cette pièce provient d'un cadavre de femme de 35 ans environ. Elle a été trouvé par hasard à l'École pratique. :

On pouvait déjà remarquer, avant même de savoir qu'il s'agissait d’une luxation double, que le cadavre était difficilement mis en équilibre étant sur le dos. Toujours il s’inclinait soit à droite, soit à gauche, ce qui tenait, comme nous le verrons plus loin, à ce que, dans cette position, le bassin reposait sur la pointe du sacrum, et par conséquent en équilibre instable.

La dissection des parties molles nous montra que les muscles tenseurs du fascia lata et petit fessier formaient à la tête fémorale comme une coiffe qui empêchait évidemment son ascension. : <

Ce n'était point d’ailleurs les, seuls obstacles à cette ascension, car nous verrons encore tout à l'heure le rôle joué par le rebord supérieur de la nouvelle cavité ainsi que celui des restes de l'ancienne capsule.

Procédons méthodiquement, et décrivons les modifications qué présentent les-cavités cotyloïdes (ancienne et nouvelle), celles du fémur, de la capsule fibreuse, et enfin celles du bassin tout entier. ;

Modifications subies par les cavités cotyloïdes ancienne et nouvelle : l’ancienne cavité cotyloïde est rétrécie dans son diamètre transversal qui ne mesure que 2 centim. Son diamètre supérieur moins réduit mesure 3 centimètres et demi. Elle a une forme triangulaire à sommet supérieur. La base en est représentée par l’échancrure inférieure très élargie qui mesure près de 2 centim. La cavité est encore très réduite en profondeur, puisqu'elle ne mesure guère que 1 centim.

La nouvelle cavité a une forme presque circulaire. Son extrémité inférieure est séparée de l'ancienne cavité par un intervalle de près de 2 centim. La cavité nouvelle est située à peu près au milieu de l’espace qui sépare l'épine antérosupérieure de la grande échancrure sciatique. La cavité mesure transversale ment 3 centim. et verticalement 3 centimètres et demi. Elle est presque plane et sa profondeur n’est guère que de 3 millim. Encore est-ce grâce à la saillie de son rebord supérieur et postérieur. Plane, en effet, en avant et en bas, la cavité

en haut et en arrière fait sur le plan de l'os iliaque une saillie de 3 à 4 millim..

Fémur. — Le fémur.est atrophié. Son diamètre transversal ne mesure que

1 centimètre etdemi à sa partie moyenne. Du côté de son extrémité supérieure,

notons que le col est très diminué de longueur (à peine 1 centimètre et demi). Quant à la tête, moins volumineuse que d'ordinaire, elle est encore aplatie d’avant en arrière et par conséquent allongée de haut en bas. Ce qui s'explique par l’étendue plus considérable des mouvements produits dans ce derniers sens, grâce à la démarche de canard qui est toute spéciale à ce genre de malformation. ;

La capsule fibreuse est résistante surtout en avant. En haut, en avant, en arrière, elle s’insère sur le pourtour de la nouvelle cavité. En bas, elle s'insère Sur la circonférence de l'ancienne cavité et forme deux faisceaux importants, l'un antérieur, l’autre postérieur, qui jouent un rôle certain pour empêcher l'ascension de la tête.

Le ligament rond est grêle ; rien de Spécial. Les deux cavités cotyloïdes ne sont pas absolument au même niveau. Celle du côté gauche est à 2 centim du bord antérieur de l'os iliaque et à 2 centimètres et demi de la crête iliaque ; celle du côté droit est tangente au bord'antérieur de l'ilion et à 2 centim. de la

la crête iliaque. En d'autres termes, la cavité droite est plus antérieure et plus.

élevée que la gauche.

Bassin. — Le bassin est dans son ensemble arrêté dans son développement. I]

a de plus subi une bascule qui a rapproché les crêtes iliaques et écarté les ischions.

Distance entre les crêtes. iliaques 14 cent. 8/4. — — ischions Le 48 "cent He

La forme générale du détroit Supérieur peut être comparée à un triangle curviligne (à côtés convexes) et isocèle, la base Correspondant au promontôire. Celui-ci ne fait pour ainsi dire pas saillie à l’intérieur du bassin.

Le diamètre antéro-postérieur du détroit supérieur mesure un peu plus de 9 centim. ; le diamètre transversal près de 12 centim.; le diamètre oblique près de 12 centim. ; le diamètre oblique droit un peu plus de 10 centim.

La réduction à donc porté surtout sur les diamètres antéro-postérieur et oblique droit, puis sur le diamètre transversal. Le diamètre oblique gauche est à peine modifié. 53

L'excavation du bassin est modifiée dans sa hauteur et dans sa forme à cause d’une incurvation presque angulaire du sacrum siégeant à l’union de Ja

deuxième avec la troisième pièce de cet os. Les troisième, quatrième et cinquième pièces sont très atrophiées.

Détroit inférieur : diamètre antéro-postérieur mesuré de la pointe du coccyx, 6 centimètres et demi; de la pointe du sacrum, près de 10 centim.

OBs. 133. — Malformation congénitale de la hanche gauche ; queule-de-loup, par LANNELONGUE. Congrès de Pédiatrie de Bordeaux, 1895. (BRUNET, Th. Bordeaux, 1895.)

Un enfant mâle, âgé de dix jours, nous est amené à Trousseau dans un état physiologique tel qu'il succombe le jour de son entrée.

On reconnaît avant sa mort une déformation de la hanche qu’on caractérise de luxation congénitale en haut et en avant. La tête fémorale forme en effet une saillie plus considérable de ce côté dans le pli de laine dont elle soulève les téguments, en même temps qu’elle paraît être plus haut que de l’autre côté. Le membre est dans l’adduction et la rotation-en dehors ; on a de la peine à le ramener dans l'abduction et la rotation en dedans. De plus, on peut lui imprimer une extension plus considérable que de l’autre côté. L’enfant présentait de plus une gueule-de-loup.

AUTOPSIE. — Membres inférieurs. Ils sont inégaux de volume ; celui du côté gauche est plus petit. La fesse gauche est plus aplatie, moins charnue, le cylindre de la cuisse est plus régulier de ce côté et d’un diamètre moindre dans toute sa longueur: il y a 2 centimètres et demi de circonférence de moins au tiers inférieur. La jambe est également un peu petite. Les deux pieds présentent un léger degré de talus. :

Une couche de graisse assez abondante existe sous la peau; les muscles ont la même couleur de chaque côté, mais ceux du côté gauche, fessiers, adducteurs, triceps lui-même, sont moins épais que les mêmes muscles du côté droit. On en prend des fragments pour en faire l'examen histologique.

Les deux hanches sont disséquées et examinées comparativement.

Hanche gauche. — La capsule est soulevée ; elle est plus lâche et très légèrement plus mince en avant que du côté droit. Ce qui frappe immédiatement quand on l’a ouverte, c'est le volume de la tête à l'égard du cotyle. La têté est très incomplètement reçue dans le cotyle eton peut dire que les quatre cinquièmes de la tête fémorale sont en dehors de la cavité cotyloïde ; elle ne repose sur elle que par son cinquième postérieur. Tout la tête préomine en avant et en haut pour” ainsi dire au-dessus du bord antérieur du bassin près du pubis; sa forme est un peu en rave ; elle est en effet un peu aplatie en haut et en arrière

au niveau de l'attache du ligament rond, et un léger sillon sépare cette partie

du renflement formant la tête proprement dite.

Le ligament rond n’est pas atrophié ; il est un peu plus long que l’autre. La tête paraît un peu plus volumineuse que celle du côté droit; pourtant les diamètres verticaux sont égaux : l’antéro-postérieur a 18 millimètres à gauche et

16 à droite. Enfin, le col du fémur est plus court à gauche et la tête est plus ,

dans l’axe du fémur. ,

La cavité cotyloïde a une forme ovalaire à grand axe dirigé de haut en bas et de dehors en dedans ; son extrémité est en pointe. Celle du côté droit est heaucoup plus arrondie, sans être toutefois à contour absolument circulaire.

La largeur antéro-postérieure de la cavité gauche est en haut de 15 millimètres ; celle de droite en a 18 au même point.

En bas, la même dimension à gauche est de 6 millimètres ; à droite, elle estde 15 millimètres. Lacavité gauche est beaucoup moins profonde partout ; de plus, elle est aplatie. Au centre à gauche, la profondeur est de 5 millimètres : à droite, elle est de 9 millimètres.

Le sourcil cotyloïdien gauche est aussi moins proéminent ; il est récouvert par un fibro-eartilage qui n'offre rien de spécial. |

L’arrière-fond de la cavité cotyloïde est reporté en avant et en dedans HTENESE plus étroit etcontient de la graisse en moins grande abondance que du côté droit.

Le bassin du côté gauche est aussiun peu moins développé.

En sonime, cavité cotyloïde atrophiée, moins grande, moins profonde, de forme elliptique, avec un développement moindre sur Ja partie correspondant au

pubis, et tête fémorale très volumineuse, très imparfaitement reçue dans le co-

tyle, telle ’est l'apparence macroscopique des altérations : ajoutons-y une atrophie marquée des muscles de tout le membre inférieur et de la région pelvi-trochantérienne. 3

L'exmen histologique à été fait avec soin par M. Achard. Les cartilages de la cavité cotyloïde ne présentent pas de différence d’un côté à l'autre. On ne remarque rien de particulier du côté gauche ni sous le rapport de l'épaisseur, ni sous celui de la structure. Les lignes d’ossification sont normales ; il en est de même des têtes fémorales. =

Les muscles adducteurs de la cuisse présentent du côté gauche une diminution du nombre de faisceaux primitifs : les travées conjoncives qui séparent les faisceaux secondaires sont un peu plus épaisses que du côté droit. Mais il s’agit d’une atrophie simple du muscle, par diminution du nombre des faiseaux primitifs, carceux-ci ont un diamètre sensiblement égal à ceux du côté opposé. Ils ne présentent non plus aucune altération dégénérative. Mème état des autres muscles du membre.

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