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LES RACES A L ECART

pire succomba en 1269 et il n'en subsista, dans le Pinde, qu'une principauté : l'Anovlachie qui vécut, à peu près indépendante, jusqu'à la conquête turque.

La cause valaque se confond alors complètement avec la cause hellène qui représente d'ailleurs toute la cause chrétienne. Ce sont des pasteurs d'Anovlachie qui commencent la guerre de l'indépendance. Ils lui fournissent, par la suite, des chefs réputés. Les riches Valaques contribuent par leurs dons à l'expansion de la (( Grande Idée ».

Dans la seconde moitié du xix° siècle seulement, des émissaires roumains parcourant l'Anovlachie, essayent de ressusciter le Valachisme. Un comité, établi à Bucarest, dirige leurs efforts lesquels, d'ailleurs, n'aboutissent à rien. Il faut l'apparition, vers i865, du célèbre agitateur Apostolo Margariti, pour qu'un mouvement sérieux commence à s'esquisser.

Apostolo Margariti était naturellement soutenu par le gouvernement roumain qui lui fournit d'importants subsides bien que la réunion

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des Valaques du Pinde à ceux du Danube, pardessus la masse Bulgare, put paraître une entreprise folle. Les Turcs, toujours prêts à favoriser la division entre chrétiens montrèrent également de la sympathie au novateur. Enfin, ce dernier trouva un appui chez les missions catholiques et notamment chez les Lazaristes de Monastir. Les motifs de cette aide sont, d'ailleurs assez difficiles à expliquer, Margariti ne prétendant en aucune façon séparer les Valaques de la communion orthodoxe. Une propagande roumaine pamii eux ne pouvait être envisagée que dans un avenir fort lointain et à la faveur d'événements très problématiques.

Apostolo Margariti s'efforça, d'ailleurs, d'employer les deux instruments habituels de toute action nationaliste en Macédoine : l'école et le clergé. A l'aide de professeurs Venus de Bucarest ou fournis par les missions catholiques, voire d'instituteurs grecs débauchés, il fonda des éool^ roumaines dans presque toutes les villes et dans les villages valaques. Un gymnase fut établi à Monastir.

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Les nationalistes valaques, nous l'avons dit, ne songeaient pas à Féventualité d'un schisme. Ils voulaient seulement, dans le sein de l'église orthodoxe, des prêtres valaques célébrant l'office en leur langue. Ils ne purent s'emparer d'aucun siège épiscopal ; mais grâce à l'appui des Turcs, et malgré la fureur du clergé orthodoxe, ils placèrent dans certaines villes des popes de leur race. A Verria, notamment, les prêtres grecs furent à certains moments lapidés dans les rues.

Tout cela ne pouvait pourtant mener à grand'chose. Rendre le sentiment national aux quelques milliers de Valaques épars en Macédoine et noyés dans les autres races ne les constituerait pas en Etat indépendant. Aussi Apostolo conçut-il un dessein plus grandiose : rallier à la cause valaque les Albanais (descendants, comme les Latins, des Vieux Pélasges), les dresser contre le Grec intrus et parasite. Une masse compacte romane ou romanisée se formerait ainsi à l'ouest des Balkans tenant tête au Slave aussi bien qu'à l'Hellène»

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Le succès de ces projets ne répondit nullement à leur ampleur. Lorsqu'Apostolo eut accompli son existence tourmentée (il échappa plusieurs fois à l'assassinat) son œuvre était à peine ébauchée. Après lui, elle déclina et la chute de l'Empire Turc lui porta le coup de grâce. En Macédoine grecque ou serbe, le mouvement valaque n'existe plus.

A-t-il des chances de renaître ? Le bon sens semble répondre : non. Il n'est pas une parcelle de terre macédonienne où les Valaques soient en majorité. Gomment prétendraient-ils dominer .î^

Mais en politique, en politique orientale surtout, il n'est pas de possibilité, si invraisemblable soit-elle, qui ne doive être envisagée. Qui sait où conduirait l'audace d'un nouvel Apostolo.î^ Notons qu'un appui très sérieux lui viendrait sans doute, que n'avait pas l'ancien. A défaut de la Roumanie trop lointaine, une autre nation, latine par excellence, s'avance à travers l'Albanie jusqu'aux confins de Macédoine. Ses ambitions sont indéterminées, mais

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grandes. Le nationalisme valaque serait entre ses mains un instrument d'influence tout naturel. Simple hypothèse, d'ailleurs, et qu'il faut plutôt craindre, car elle ne serait qu'un nouveau germe de conflit entre l'Italie et les Etats balkaniques.

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