‹ La Macédoine et les MacédoniensChapitre 28 sur 47 · LES NATIONALITÉS ET LA QUESTION DE MACÉDOINE · texte numérisé non relu

LES NATIONALITÉS ET LA QUESTION DE MACÉDOINE

I. — Une attribution de la Macédoine selon les Nationalités ne peut être qu'un mensonge.

Cet examen des différentes races peuplant la Macédoine projette déjà, sur la question qui nous occupe, certaines clartés.

Il suffit surtout à dissiper l'illusion d'un partage possible du pays selon les nationalités. Une attribution sur cette base commencerait par ignorer la majorité de la population, laquelle comprend incontestablement des races étrangères au conflit : Valaques, Turcs et Juifs et celle qui en est l'enjeu : les Macédoniens proprement dits. Aucune des trois premières nationalités ne peut prétendre à régner sur la moindre parcelle de terrain, lets Valaques et les Juifs, parce que trop peu nombreux et trop

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clairsemés, les Turcs pour la seconde raison et surtout parce que leur restauration est pratiquement impossible.

Quant aux Macédoniens qui forment, à peu près partout, le fond de la population, ils constituent une nationalité qui s'ignore. Une Macédoine autonome oii ils seraient chez eux, les laisserait d'autant plus indifférents qu'ils ne sauraient la gouverner et il leur importe peu d'être Bulgares, Grecs ou Lapons, pour\Tis qu'ils puissent vivre en paix de leur travail.

La question des nationalités n'intéresse donc que trois d'entre elles, fort remuantes, il est vrai. Mais comment les départager? Il y a des Grecs dans toutes les villes, des Bulgares dans toutes les campagnes, des Serbes... partout oii l'on veut en voir. Seule la vallée de la Vistrica peut être considérée d'une façon à peu près certaine comme hellénique.

Donnez la Macédoine en bloc h l'un des rivaux, partagez dans n'importe quel sens, de n'importe quelle manière : sur l'ensemble, comme dans chaque tronçon, vous trouverez

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des Macédoniens, des Turcs, des Valaques, des Juifs indifférents : des Bulgares, des Grecs et des Serbes qui se disputent (i).

Le traité de Bucarest n'a pas résolu la question à ce point de vue, pas plus qu'aucun autre ne saurait le faire. La frontière qui met la vallée du Vardar en Serbie, celle de la Struma en Bulgarie est sous le rapport ethnique absolument arbitraire. Il en est de même de celle qui donne le Nord du plateau de Monastir à la Serbie, le Sud à la Grèce. Nul ne saurait dire si le littoral

(1) Tout aussi vaine serait l'idée d'en référer à la volonté des populations, à un plébiscite. La plupart des votants ne sauraient que vouloir et le scrutin ne présenterait aucune garantie. D'ailleurs, sur quelle base l'organiser? Une consultation pour l'attribution de la Macédoine entière serait absurde : le pays n'est pas indivisible et pourquoi les habitants d'Ochrida, par exemple, subiraient-ils dans le choix d'une nationalité, la volonté de ceux de Sérôs ? D'autre part, un vote régional (à supposer qu'un savant découpage des régions permette d'obtenir les résultats désirés), pourrait donner des résultats inapplicables. Admettons que le pays de Drama veuille être grec, celui de Salonique bulgare, celui de Kaïlar turc

Enfin les migrations auxquelles des années de troubles ont contraint la population la rendraient trop flottante pour servir de base à une consultation sérieuse.

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de la Chalcidique à la Maritza est plus bulgare que grec ou plus grec que bulgare.

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