III. — Ce qu'il faut aux Nationalités
Nous arrivons ainsi à cette conclusion déconcertante : Vintérêt des nationaliiés exige que V attribution de la Macédoine ait lieu d'après une ba^e qui leur soit étrangère. Alors seulement, les gouvernements, n'étant plus obsédés par la nécessité d'assurer l'unité ethnique de leurs sujets, pourront montrer quelque tolérance envers les races hétérogènes, les laisser vivre, parler et prier à leur guise.
Ils seront d'autant plus portés à cette politique que le régime macédonien apparaîtra plus définitif, plus irrévocable aux yeux des Etats balkaniques, comme aux yeux des populations. Plus il sera certain qu'un canton doit demeurer grec, bien que peuplé de Bulgares, et bulgare bien que peuplé do beaucoup de Grecs, moins les dirigeants d'Athènes et de Sofia auront intérêt à molester les susdits Bulgares ou les susdits Grecs.
Peu importe donc aux nationalités le statut de la Macédoine, pourvu qu'il soit stable et indépendant d'elles.