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LA MACÉDOINE ET LES GRANDS ÉTATS

Nous avons, au début de cette étude, retracé les phases et marqué les coups de la terrible partie jouée par les puissances de l'Europe dans les Balkans et plus particulièrement en Macédoine.

Deux gigantesques convoitises se sont levées tour à tour : celle des Tsars, celle de l'empire allemand, ce dernier entraînant dans son jeu la vieille monarchie des Habsbourg. Toutes deux voulaient se frayer vers l'Egée des routes exclusives, puis de Saloniquc, de Gonstantinople, dominer l'Orient méditerranéen, commander les chemins de l'Asie.

La politique d'équilibre franco-anglaise s est mise en travers de ces desseins. Son moyen de les rompre était le suivant : constituer, maintenir dans la péninsule, un état indépendant.

assez fort pour la garder, pas assez pour y jeter le fondement d'un impérialisme oriental.

L'Empire turc semblait prédestiné à ce rôle. Aussi, en 1878, le sauva-t-on des Russes, posat-on le principe de son intégrité comme une barrière aux ambitions moscovites. Mais quand à ces dernières se furent substitués les appétits allemands, le procédé échoua. Le Kaiser ne prétendait plus chasser le Sultan, il le voulait son ami et son vassal. L'Allemagne s'insinuait lentement en Turquie et la Révolution de 190S affermit son influence.

Les nations de l'Entente et la Russie qui s'était jointe à elles après un vague projet de Macédoine autonome internationalisée, crurent qu'une fédération des nations balkaniques, patronnées par elles, pourrait faire pièce au Drang et remplacer les Ottomans. Leur méprise fut cruelle : au lieu d'une fédération, on eut un effroyable champ clos. Dans les Balkans chrétiens du traité de Bucarest, le pangermanisme, appuyé sur la rancune bulgare et la neutralité hellène, entrait plus facilement que dans les

26o LA MACÉDOINE ET l'eUROPE

Balkans turcs. Pour sauver la Macédoine des Allemands, il fallait que les alliés y missent leurs armées.

C'est à ce point du conflit qu'il nous faut examiner les positions des adversaires.

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