‹ La Macedoine; Le chemin de fer de BagdadChapitre 12 sur 54 · I.K Cil KM IN llK FKll DE BAGOAU · texte numérisé non relu

I.K Cil KM IN llK FKll DE BAGOAU

Allemands deintis la frontière orientale rouméliote jusqu'au golfe Persiquc. Les conséquences économiques et politiques de ce fait seraient incalculables. »

Ces paroles iruiic impudente sincérité révèlent nettement le but poursuivi par les Allemands. Elles auraient dû ouvrir les yeux aux diplomates français. Il semble (|u"il n'en ait pas été ainsi. Lors du conilit IVanco-lurc en 11)01, on lit presque du rachat des quais par la Turquie une condition au rétablissement des bons rapports. Peut-être cette attitude fut-elle profitable à quelques personnalités? Mais certainement, étant de nature à faire le jeu des Allemands, elle no se trouvait point conforme à l'intérêt général français.

Quoiqu'il en soit, le sultan, déjà réduit aux expédients, n'avait pas les 41 millions de francs que réclamait la société des quais pour se laisser racheter. L'autre part, la Deutsche Bank se trouvait engagée en même temps dans trop de lourdes alfaires pour pouvoir avancer à la Porte cette somme considérable. Abd-ul-Hamid s'engagea donc à opter dans un délai déterminé entre le rachat des quais moyennant 41 millions ou à permettre à la société française l'usage de toutes ses prérogatives.

Le 26 août 1902 le délai expira. Plus que jamais à court d'argent, le sultan demanda à prolonger encore le délai de réllexion moyennant une nouvelle indemnité de 23.000 livres turques. A la fin du même mois, la société refusa d'y consentir et

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;illi'cl,i lie considérer le iiiiijrl de radiât comme iiliandonné, solution (|u'(dl(' csconnjlait cependant, l'tiisque le prix de 41 millions de francs devait laisser, m'a-t-on assuré, de fort appréciables bénéfices à certains des intéressés. Les négociations se continuèrent sans doute de façon à incliner le sultan dans ce sens, car le 12 octobre un iradé d'Abd-ul- Hamid ordonna au ministre des finances d'arrêter avec la Bancjue ottomane la combinaison permettant d'obtenir l'argent nécessaire au racbat <le la socii'té des quais.

Depuis lors, une série de mesures dilatoires ont encore été prises par les Turcs, mais dès maintenant l'on peut prévoir comme possible, sinon probable, le moment oîi quelijues personnalités françaises, désireuses de réaliser un gros bénéfice, abandonneront une affaire dont les Allemands sont an.xieux de s'emparer. Le sultan cédera alors une fois de plus aux suggestions de Berlin; il racbètera les quais, et étant parfaitement incapable de les faire exploiter par son administration, il les concédera aussitôt à une compagnie allemande.

Bien administrés, les quais de Galata donneront des bénéfices raisonnables. Quant à ceux de Stamboul, sis à côté delà gare des Cbemins de fer orientaux, leur exploitation par une société allemande sera d'autant plus avantageuse qu'on prévoit déjà un service de bacs à vapeur prenant cbacun sur rails trois wagons cbargés venant d'Europe à des-

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liiKilioii (le l'Asie |iiiiir les lr,ii:s|Mirlcr ilr r^nili'c (•("ili' (lu l$i)s|ili(in'. ;'i Ihiidai-I'aclia. iiii riiilluciicc allcniaiiili' csl tli'jà (Mitirrciiiciil \ icloricusc.

Du pont (le (lalata sur la (]orao d'Or, trois kilomètres à })eiiie, pondant lesquels le Bosphore se joint à la mer de Marmara, séparent la rive d'Europe de la Turquie d'Asie. En vingt minutes de bateau, le Novageur arrive à Ilaïdar-l'aeha. porl concr'di'' aux Allemands en iS!)H. sur la demande personnelle de (iuillauine 11. Ce point de Haïdar- Paelia est partieulièrcment bien choisi, il est la tète de ligne de la société des Cliemins de fer d'Anatolie; la baie, sans être très vaste, est suffisante, les bassins dragués à 8 mètres de profondeur pourront recevoir à toute heure les navires faisant le service du Levant.

A la fin d'août 11)01 un iradé sanctionna les statuts de la société allemande du port de Ha'idar-Pacha. Les travaux commencèrent peu après. Pour ne point éveiller par trop les méfiances, la construction du port d'Ha'idar-Pacha fut confiée à deux entrepreneurs français, MM. Laporte et Augier. Les travau.x marchèrent rapidement, et le 17 novembre 1902 eut lieu l'inauguration, au milieu d'un grand enthousiasme teutonique, d'un monument élevé sur l'un des brise-lame par la sociiHé d'Anatolie en commémoration duvingt-cincpiième anniversaire de l'avènement au trône d'Abd-ul-Hamid. M. Gwinner, directeur général de la Deutsche Bank et président

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(lu conseil d'administration du cliomin dn i'er d'Analolie, ainsi que M. Nefl, directeur du bureau oriental, de la Deutsche Baiil,-, avaient tenu à donner par leur présence le caractère vrai de cette cérémonie.

Malgré ces facilités (quais de Constantinople, port de Haïdar-Pacha et bacs transbordeurs), les quelques kilomètres de Bosphore impliquent pour les marchandises et surtout pour les voyageurs une ])erte de temps appréciable.

L'idée d'établir une communication permanente entre la rive d'Europe et la rive d'Asie devait nécessairement naître de cette constatation.

Un curieux passage de von Pressel montre combien cette pensée est ancienne :

« Dans le courant des entrevues que j'eus, tant avec Son Altesse, qu'avec le ministre des travaux publics et d'autres personnages, j'ai été frappé d'apercevoir, que la jonction des deux rives du Bosphore, par la construction d'un pont entre Roumélic et Anatolie Hissar, préoccupait déjà le Gouvernement Impérial.

« J'aime à me rappeler les deux soirées d'adieux que je passai chez Son Altesse, àBebek, oîi Elle me témoigna la plus grande confiance. Elle daigna nie consulter sur ce projet et me chargea d'élaborer un plan général. Je me suis tout naturellement emjiressé de condescendre à son dé.sir et je rédigeai un rapport qui, je le suppose, doit se trouver parmi

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les papiers (|U(> laissa (;e grand Iioiniuc d'h^lal.

« Ce })rojeL cuinporlait r('tal)lisscmeiil d'une grande gare principale |)our voyageurs, sur la rive droite de la Corne dOr, près du pont supérieur à Uun-Kapan. Relier cette gare avec le réseau de Roumélie par une ligne longeant le bord de la Corne d'Or jusqu'à Eghri-Kpou. De là se tourner vers le Sud, au moyen d'un souterrain dans la vallée de Vlanga, et gagner la section Sirkédji-Yédicoulé, à l'écliellc de Psamatia. Construire, près d'Egliri- Kapou, une traversée de la Corne d'Or en remblai, en laissant deux ouvertures pour le passage des embarcations, et gagner ainsi l'autre rive à Hasskeuy. De là, percer la hauteur d'Aivan Seraï par un souterrain et arriver dans les bas-fonds de Kassin-Paciia. De là, passer en tunnels jumeaux les hauteurs de Fera, Foundoukli, le Bosphore et Scutari, et déboucher à Haïdar-Paciia.

« Ce projet comportait deux grandes gares, à Oun- Kapan et à Haïdar-Pacha, et sept stations d'arrêt : Vlanga, Ak-Seraï, Eghri-Kapou, Hasskeuy, Kassin-Pacha, Foundoukli et Scutari, ces deux dernières en sous-sol. (Je dois dire qu'il est facile de pourvoir d'air pur ces souterrains.)

« Par le choix de ce tracé, on évite les grandes et innombrables difficultés que l'on rencontrerait avec la construction d'un pont sur le Bosphore. De plus, à côté du chemin de fer de ceinture Sirkédji- Yédicoulé, on en aurait un second, bien plus

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cons(''(Hi('iU sur l'aulro rive ilii lîosplioro. (I). » Ce pi'ojel (le von Pressol est éviilciiiiiiciiL pralicablc, puisque les Anglais de Liverpool ont depuis longtemps exécuté sous la Mcrscy un tunnel do chemin de fer à peu près aussi long que le serait celui sous le Bosphore. Cependant certains esprits sont revenus à l'idée de ponl. C'est celle que préconise Siegmund Schneider. Il a l'ait de ce pont une description enthousiaste.

« L'efTet architectural de la masse métallique richement dorée, suspendue sur des piles couronnées de coupoles et de minarets étincelants, hrillainment éclairée la nuit, serait fantastique. Ce pont constituerait la fermeture forniidahle de cette enfilade d'ouvrages fortiliés dont les côtes turques sont hérissées. Ses débouchés en Asie et en Europe seraient défendus par de puissantes tètes de pont, ses piles seraient arnn-es de hatteries cuirassées tournantes, dont le tir à grande distance coulerait infailliblement toute escadre aventurée

dans le détroit Les trains express de l'avenir

pourront aller directement de Berlin en Bahylonic en cinq jours (2). »

Sans doute ce lyrisme est excessif et ici la part de l'imagination semble bien avoir été trop forte; il n'en subsiste pas moins que, soit par un tunnel,

(1) V. Williem von Pbessei,, Les chemins île fer en Turquie d'Asie, p. 70. Orell Fiissli, Zurich, 1902.

(2) V. la Revue de Géographie, mal 1902, p. 398.

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soit j)ar un poni, les Allemands so sont préoccupés déjà do la ti'avcrsée du Bospliorc.

La longue série de faits et de cliillres certains constatés au cours de ce chapitre n'établit-elle pas avec évidence l'accaparement ou les tentatives d'accaparement par les Allemands de tousles maillons de la chaîne de communication pouvant joindre sur le sol ottoman Hambourg' au golfe Persi(iuc?

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