‹ La Macedoine; Le chemin de fer de BagdadChapitre 17 sur 54 · LA CONVENTION T U UCO-A L L KM A N I) K · texte numérisé non relu

LA CONVENTION T U UCO-A L L KM A N I) K

kilométrique de la ligne Ilaïdar-Pacha-Angora, revenus qui laissent une plus-value suiïisante pour le soi'vice de CCS deux annuités.

La vitesse de 40 kilomètres pour trains directs est très suffisante dans les contrées que parcourt et que parcourra le réseau. Celle de 7o kilomètres serait non seulement inutilement coûteuse, mais encore dangereuse. Malgré les réfections que promet la société pour les lignes déjà exploitées et malgré les soins qu'elle apportera à la construction (les nouvelles lignes (toutes choses pour lesquelles, d'ailleurs, elle se fait très largement payer), une vitesse de 7o kilomètres à l'heure, arrêts compris, amène à une marche réelle, entre stations, de 90 kilomètres. Or, sera-t-il possible d'éviter qu'il y ait sur plusieurs points de la ligue principale des déclivités beaucoup trop fortes et des courbes à dévelop- ])i'ment trop réduit pour qu'une pareille vitesse puisse être pratiquée? C'est au moins douteux.

Dans le précédent projet de convention, il avait ('■té établi que pendant les dix premières années d'exploitation les trains express marcheraient à 40 kilomètres à l'heure et (jue leur marche serait ensuite poussée jusqu'à îji» kilomètres à liieure, ce (|ui était déjà beaucoup.

Pourquoi donc a-t-on ensuite inséré la clause pn'voyant la marche à raison de ~'j kilomètres? Il n'est pas sans intérêt d'en connaître le motif, qui m'a été donné par un homme fort bien informé.

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Les négociations relatives à cette dernière convention touchaient à leur fin lorsque le ministre (les travaux publics, Zilini pociia, fut prévenu qu'il venait d'être dénoncé au sultan comme devant recevoir de la société d'Anatolie, à titre de rémunération du concours qu'il prêtait à celle-ci. un backcliich considérable.

Épouvanté, le ministre fit appeler le conseiller technique de son département, lui raconta la dénonciation dont il venait d'être victime et lui demanda ([uel pourrait être le moyen de repousser cette (I infâme » calomnie.

L'ingénieur répondit qu'il fallait faire ressortir les sacrifices que devait s'imposer la société d'Anatolie pour construire une ligne irréprochable siir laquelle pourraient circuler des trains très rapides, marciiant jusqu'à 75 kilomètres à l'heure, ce qui flatterait le sultan; qu'il faudrait en même temps insister sur le prt'judice que la création du nouveau réseau turc causerait à la Russie. Après avoir recommandé à son conseiller technique de présenter un rapport dans ce sens, le ministre, assuret-on, fit appeler le directeur général de la société d'Anatolie, M. Zander, et son directeur adjoint, M Iluguenin. Il leur exposa la situation, les sujtpliant d'accepter la vitesse de 75 kilomètres, en leur faisant remarquer qu'elle pourrait bien n'exister jamais que sur le papier, la société dc\ant jusqu'à l'achèvement lointain delà ligne principale

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(lu nouveau n'^scau trouver liicii des occasions de faire adoucir les rigueurs de celle clause. D'aliord, les directeurs refusèrent énergiquement de céder à une exigence qu'ils jugeaient folle et périlleuse. Puis, sur les insistances opiniâtres du ministre, ils dirent qu'elle pourrait être acceptée si des compensations convenables étaient consenties par le gouvernement. Ils amenèrent ainsi Zihni pacha à admettre que la réfection de la ligne Haïdar-Pacha- Eski-Ciiéhir-Angora, ainsi que celle d'Eski-Chéliir- Konia, coûterait S millions. Les directeurs consentirent alors à admettre que leur société ferait l'avance de cette somme, à la condition (ju'ellc serait remboursée par l'Etat au moyen d'une annuité de 350.000 francs payable pendant trente ans, à partir du commencement des travau.x de réfection et gagée sur les revenus dîmiers affectés à la garantie kilométrique de Ilaïdar-Pacha-Angora. Le ministre admit aussi que les frais nécessités par la circulation de trains rapides entre Konia, Bagdad, Bassora et le golfe Persique ne seraient j)as moindres de 350.000 francs par an, et que cette annuité gagée également sur les revenus dîmiers affectés à la ligne Haïdar-Paclia-Angora, serait servie à la société à partir de l'inauguration de la ligne principale du nouveau réseau jusqu'à la fin de la concession.

L'annuité de 350.000 francs, ou pour mieux dire la somme de 8 millions, applicable à la réfection

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(1(> la lifïtic Ilaï(Iar-Pacha-Eski-Cli('liir-Koiiia (757 UiloinMrcs) csl Irî-s oxagcrée, momc si on ajoute les 263 kilomètres séparant Eskir-Chéliir d'Angora, partie do la ligne sur laquelle des réparai ions sont inulilcs, puisque la circidalion de trains rapides n'y sera pas pratiquée.

La société devant proLM'dcr ii la réfection dès le eonimencenient des travaux de la nouvelle ligne, et ces travaux devant quand même être entrepris cette année, l'annuité de 350.000 francs prendra cours aussitôt. La société n'aura donc qu'à commencer sur l'ancien réseau la réfection, à y exécuter pour 100.000 francs de travaux et à continuer ainsi pendant quatre ans, au jjout desquels elle aura dépensé 400.000 francs, et encaissé 1.400.000 francs; elle aura d'ailleurs largement le temps de faire tous ses travaux d'amélioration avant que la ligne principale du nouveau réseau soit construite.

Quant à l'annuité de 330.000 francs que doit, pendant toute la durée de la concession, toucher la société pour les frais spéciaux que lui occasionneront les services de ses trains rapides, il suffit de voir au présent article quel sera le nondjre de ces trains pour comprendre (pie cette sulnention esl extrêmement élevée.

Un point est encore à remarquer. La société n'a aucune inquiétude h concevoir pour la rentrée de ces deux annuités. Et voici pour(|uoi. Ces annuités sont, connue il a été dit plus liant, gagées sur les

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revenus (limiers afrectés à la ligne de I laïdar-Pacha- Angora, à litre de garantie kilométri(jne.

Sur les S78 kilomètres formant l'étendue de cette ligne, 92 kilomètres (section de Haïdar-Pacha-Ismidt) jouissent d'une garantie kilométrique de 10.300 fr.

soit !)i".G0O fr.

La section Ismidt-Angora(48r)kiloin.) a une garantie de 13.000 fr.

soit 7.290.000

C'est donc un total de K. 237. 600 fr.

(jui est garanti à la société d'Analolie.

Or, elle a fait en 1901, sur sa ligne Haïdar-Paciia-Angora, une recette moyenne de près de 13.000 francs par kilomètre.

Admettons que cette recelte a pu être exceptionnelle, et réduisons-la à 11.000 francs.

11 manquerait alors 4.000 francs par kilomètre et ces 4.000 francs une fois payés à la société, soit 48(i X 4.000= 1.944.000, il resterait sur la garantie un solde de 5.346.000 francs pour payer une annuil" de 700.000 francs (1).

AimcMî .'J8. — Si le gouvernement en exprime le

(1) Remarquons que dans ce décompte les 92 kilomctres séparant llaïdai'-Puclia d'Ismidt ne sont pa.s compris, cette section n'ayant droit qu'à une garantie de 10.300 Irancs. Ledit decompte porte sur les 486 liilomètres formant la section Ismidt- Angora.

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désir, la société devra construire un embranchement partant d'un point de la ligne à déterminer et se dirigeant sur Diarliékir et Kharpout. La construction et l'exploitation do cet cnibrancliement se feront aux mômes conditions que celles de la ligne principale. Ledit embranchement jouira donc de l'annuité de 12.000 francs et des frais d'exploitation de 4.300 francs.

Il ne paraît pas que le gouvernement doive se presser de faire construire des embranchements sur Diabékir et Kliarpout, mais la société a tenu à s'assurer fie ces lignes pour le cas où elles seraient décidées. Pour Diarbékir, la ligne s'exécuterait assez facilement et la garantie de 16.500 francs laisserait un sérieux bénéfice.

Pour atteindre Kliarpout, sis en pleine montagne du Kurdislan, il y aurait à surmonter de grosses difficultés lopograpliiques. La Rus.sie s'opposerait d'ailleurs à ce que les Allemands vinssent à Kiiarjiout, (jui peut être comjiris dans le bassin de la mer Noire, où le sultan a promis de ne pas créer de voie ferrée sans l'approbation russe.

Article 39. — Le gouvernement a décidé que c'est à Alep que doit se faire un jour le raccordement du réseau faisant l'objet de la présente convention avec la ligne Beyrouth-Damas-lIamah. Si ce raccordement n'était pas exécuté par la société exploitant ladite ligne, la société d'.Vnatolie aurait un droit absolu de préférence pour la construire et l'exploiter.

Il est probable que si le raccordement de la ligne Beyrouth-Damas et prolongement avec le réseau

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