‹ La Macedoine; Le chemin de fer de BagdadChapitre 20 sur 54 · POINT DE VUK TECHNIQUE ET FINANCIER · texte numérisé non relu

POINT DE VUK TECHNIQUE ET FINANCIER

s'écarter de tous les petits contres existant dans la région. (lomme races, la population se compose surtout d'Arméniens, de Kurdes, d(; Turcs et d'Arabes.

Von Pressel fait de ce tracé du sud dos critiques paraissant fondées.

« Après Konia, dit-il, le tracé du sud traverse les vastes déserts salés de la Lykaonie pour passer, après avoir, pour ainsi dire, effleuré la riche plaine d'Adana, par les redoutables gorges du Taurus et déboucher dans la riche zone d'Aïntab-Ourfa... Par conséquent les (rais de construction du tracé du sud sont bien supérieurs à ceux du tracé du centre et les avantages à réaliser de l'exploitationbien moindres (1). »

« Le tracé' du sud ne répond pas au.x exigences stratégiques militaires de l'état ottoman. Les intérêts du fisc, ceux des populations, ainsi que ceux des capitaux qui doivent être engagés dans l'œuvre exigent péremptoirement l'adoption du tracé du centre de préférence à celui du sud {2). »

Von Pressel, ayant toujours préconisé le tracé du centre, donc son. tracé, n'a peut-être point pour le tracé du sud toute l'impartialité désirable. Toutefois, pour soutenir son opinion, il se sert d'un argument qui semble d'une réelle valeur.

« L'adoption du tracé du sud aura pour conséquence infaillible de rendre Sinvrne supé'rieure à

(!) Les c/um/ns île fer en Turquie iVAsie, p. 30. Orell Fussli, Zuricli, 1902.

(2) Op. cit., p. 32.

lii I.K Cil KM IN DE l'KK l)K 11 A G DM)

(l(iiislaiiliii(i|ili'. car (■ Csl SiiiNiiic i|iii (lc\icii(lra ainsi (liroiieiiKMil la li'lc île lii;iii' ilii réseau terré (l'Analolie. Si du adojilait )e Iraci' du sud, ce niouvenieut s'acceiiluerait da\aiilage et un arriverait à ladécapitatiou coniniercialedeCouslaiitiiiople (\).» Cette considération de von Pressel est à retenir. Les efforts prévoyants faits par la compagnie d'Anatolie jimir nidlie la uiaiii sur la compagnie Smyrne-Cassaijaétaiilissent sa justesse. La simple vue de la carte la confirme. Si jamais rAllemagne parvenait à s'installer à Tricste, Sniyrne deviendrait aussil(M pour l'inflnence germanique dune iiiiporlaiicc Ion! à lail cxceplionuelle.

Dl'RKE 1)F. L.V CONSTHUCTION

Que durera la consirucliou de la ligne de Bagdad? En mettant les choses au mieux, elle semble devoir être fort longue.

Yon Pressel fait remanpier (|ue, son projet comprenanirexécution préalable de trois lignes d'accès :

Boli-Heraclée,

Aniassia-Samsoun,

Diarbékir-Suédieé, le tracé dil du centre aurait l'avantage de permettre de commencer les travaux par dix points dattaque à la fois :

Du Bospliore vers Boli

(1) Op. cit., p. 31.

POINT IlIC VIIK TKLIINIQUE KT KINANCIKR 12S

Dcnolivers \ Le Bosphore.

Amassia (Mcrzifouii).

D'Ania.ssia vers

Do Diarbékir vers.

Ikili.

Diarbékir.

Amassia.

Baetlad.

Diarbékir. Bassora

De Ba.s.sora vers BasrJacl.

Do BaKilad vers ,

/ Bassora.

Le tracé adopté par la socii'h' d'Aiiatolio [)arait moins favorable en ce qui concerne les points (l'attaque. Von Pressel voit dans cette circonstance un élément de d('fav eur : " Vu l.i loniiueur du parcours Hosphore-golfe Pcrsi(jnc, la construction de cette ligne sera lente, irrégulière, extrêmement coûteuse, on peut même ajouter ruineuse si l'on n'entame les Iravau.x que sur un nondire de points restreint (1). »

Les Allemands eux-mêmes, d'ailleurs, ne considèrent pas qu'il soit possible de mener rapidement la construction. On a vu qu'ils se sont ménagé l'énorme délai de huit ans pour l'achèvement de la seule première section de 200 kilomètres? Évidemment les choses peuvent aller beaucoup plus vite, mais comme la ligne entière coTiiprend près de quatorze sections, il semble, en raison des difllcultés locales qui lui sont particulières, qu'elle ne puisse être achevée avant dix et peut-être quinze années.

Dix ans paraissent en tout cas un minimum. Or,

(1) Op. cit., p. 32.

120 LK CHEMIN DE VV.R DE RAnhAI)

d'ici là, quels événomeiUs traverseront l'existence (le la Turquie?

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