I.KS IMIISSANCRS
Los Indes onl (Mii'orc pour la (îrandc-ISrcla^-iic une iiiiportaiico consiih'rahle. cl r'ost \ raiiiiciil |iour ce pays une quesliou capitale île savoir qui sera détenteur de la route la plus courte vers ce joyau de son empire colonial.
Dans la National Revieic, M. Hogartli ne semble pas craindre beaucoup l'arrivée des Allemands sur le golfe Persique, « sur les bords d'une rivière difficilement navigable, peu profonde et non fortifiée, dans des conditions ([ui rendent impossible une concurrence efficace du canal de Suez. »
Ceci est exact, mais incomplet. Non seulement la future ligne de Bagdad raccourcira sensiblement le trajet vers les Indes, mais encore elle passera sur des territoires soustraits à l'influence britanniijue, et si le nouveau raihvay ne peut espérer transporter assez de voyageurs pour faire ses frais, les quelques milliers de passagers de luxe qu'il détournera de la mer Rouge représenteront précisément une part fort appréciable des bénéfices actuellement réalisés par les grands paquebots britanniques.
Sans doute, le raihvay de Bagdad ne paraît pas pouvoir jamais être directement un instrument économique dangereux pour l'Angleterre, mais indirectement l'exécution du nouveau raihvay allemand est destiné à porter des coups très sensibles au trafic du Royaume-Uni.
Nous avons vu plus haut, en effet, que le relève-
Micnt (les laxos douanifircs (iir((ucs ôlait li(' .m problèine do l'iiiôxilablc garantie lul(iiii('lrii|iic.
Or, si les I axes douanières lur(jue.s sonl rehaussées, r'i'Sl le eoiiimcrce anglais qui on souffrira pour la plus grande part, puisqu'il est le plus considérabh^ des trafics faits par les étrang(;rs en Turquie .
En outre, cornrne l'article anglais est Lien t'ait, mais plus elier (|ue l'article allemand, il supporterait moins facilement que ce dernier le relèvement des prix provenant de l'accroissement du tarif douanier ; cette opération placerait donc les Allemands en excellente posture pour expulser les Anglais des positions commerciales qu'ils occupent encore dans le Levant.
Ce nouveau trio]nj)lie possible du Made in Germaïuj est déjà un motif d'anxiété, mais il y a encore l'équilibre général des forces dont l'Angleterre ne peut pas se désintéresser.
Peut-il être indifférent à un homme d'Etat d'outre-Manche de voir en cas de guerre le ravitaillement en subsistances et en munitions de la flotte allemande du Pacifique se faire infiniment plus rapidement par une station allemande installée au terminus du golfe Persiqueque le ravitaillement des navires de guerre de Sa Majesté britannique?
En gens prévoyants, beaucoup d'Anglais comprennent ce que leur réserverait une pareille éventualité.