I.KS PUISSANCKS
n L'iiiilc ne sera jamais alla(|ut''C avec succès que par mer, el (juaiid le chemin de 1er de Bagdad atteindra Koweït, le doublement de la Hotte allemande sera réalisé. La nouvelle puissance aux portes des Indes no sera pas seulement la première puissance militaire du monde à dix jours de Berlin, mais la deuxième puissance navale à quatre jours de vapeur de Bombay. Si trois puissances se rencontrent dans le golfe Persi(jue, nous verrons bientôt lesquelles seront Tenclumeet le marteau et laquelle sera prise au milieu (1). »
Des considérations commerciales, politiques et militaires inclinent donc les Anglais à voir avec une absence totale de sympaliiie l'installation allemande dans l'Empire ottoman.
Cependant Guillaume II n'a pas trouvé à Londres les obstacles qu'il eût dû raisonnablement rencontrer. Le Kaiser a bénéficié d'un ensemble de circonstances heureuses dont il sut, en outre, tirer fort habilement parti.
ha. National Reiieiia. donné sur ces circonstances des renseignements qui aident à fixer un curieux point d'iiistoire : l'importance momentanée des rapports du souverain allemand et de M. Chamberlain.
« Jamais l'empereur Guillaume II ne fut plus fascinateur ni plus heureux que lors de sa visite à
(1) National Review, juin 1901, p. 637.
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Windsor six semaines après le ilt'-lml de la i;uerrc hoer. Sa pensée élail pleine du chemin île fer de liaydad. L'ambassadeur allemand à Conslauliiiople. le baron Marschall von Bieberstein, venait de l'aire les plus grands efforts pour assurer la victoire de la Deutsche Boni,- sur les propositions anglaises, financièrement beaucoup plus favorables à la Porte, mais le sultan n'avait pas encore \n-is sa décision finale...
« Pendant le séjour de l'empereur Guillaume à Windsor, les efforts du baron Marschall furent encore neutralisés par son collègue russe.
« A ce moment, le Kaiser donna une mesure remarquable de sa diplomatie. Il venait d'hypnotiser M. Chamberlain, de mettre fin avantageusement aux affaires de Samoa; il s'assura du côté anglais une entière liberté d'action en Asie Mineure. - « Ce mémorable séjour se termina le 28 novembre 1899 quand l'hôte impérial quitta l'Angleterre. La veille, la concession définitive du chemin de fer de Bagdad avait été accordée.
« A toute autre époque, l'événement eût absorbé l'attention de l'Eui-ope politique, mais àla Wilhelmstrasse, on ne désirait rien tant que le silence. Les événements de l'Afrique du Sud qui survinrent aussitôt lirent une diversion providentielle (1). »
« La victoire de la banque allemande fut an-
(1) V. National Review. juin 1901, p. 621.
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noncéo le 21 iiovcinhre 1S9!I. Il reslait à sa\oir comment la Russie prendrait la nouvelle.
« Telle était encore la question délicalc lors(iue l'empereur allemand le 28 novembre ([uiLta le sol britannique. Le discours de M. Chandjcrhiin éclata le lendemain.
« La seule juxtaposition de ces dates établit le caractère impardonnable de l'indiscrétion commise par le secrétaire du Colonial Office précbaut une alliance anglo-germano-américaine contre une puissance innomée qui ne pouvait être que la Russie.
« Le résultat fut un délire d'indignation chez les Allemands et un instant d'opportunité idéale pour impressionner Pétersbourg.
« Le comte de Bulow le saisit avec une extrême dextérité (1). »
Dans ce discours retentissant, M. Chamberlain avait en effet déclaré « la nécessité de prévoir dès maintenant beaucoup de ciioses encore enfermées dans l'avenir, mais qui doivent causer de l'anxiété aux hommes d'État d'Europe, » et au sujet desquelles un accord avec l'Allemagne « pourrait faire plus que toute combinaison d'armes pour procurer la paix au monde. »
L'idée d'une liberté entière donnée par l'Angleterre à l'Allemagne en Europe centrale et en Orient
(1) V. Nutional Review, juin 1901, p. 634.
ne pouvait-elle pas légitimement naître de ces paroles à (Icmi-sibyllines?
Mais si M. (".Iiainl)erlain fut conijuis ri l'ut dupe.