A l'IiA.N'CK 2(;:i
scils (|U{' II' \y l{(iliil);iili ;i (liiiiiirs à SCS CDiniialiMolcs.
(( Si (lu ci'iti' alleiii:mil du \ciiI iiiiiiicipci' à une entreprise qui exij^'cra ilis cciilainos de millions, 011 doit naturellenieul d'alHnd .savoir clairement quelles en sont les conditions politiciues. De cette manière, notre argent sera place" d'une façon utile piiur TAllemagne et portera duralilement des fruits. S'il (lait vraisemblable que la Tur(|uie, à uni" ('poiiue relalivement rapprocliée, puisse être morceh'e ou annexée par la Russie ou réduite à l'étal de pays \assal dans lequel Finfluence allemande, aussi bien politique qu'économique, serait naturellement nulle, alors nous devrions évidemment réflécliir deux fois et trois fois pour s;ivoir s'il ne vaudrait pas mieux ne point courir les riscpies financiers d une telle entreprise et refuser immédiatement d v jirendre part, fl) »
Ce langage est celui du bon sens. Les Frani^'ais ont les luèmes motifs (jue les Alleniands de n'en point manquer.
Procédons à le.xamen nécessaire. Tàcbons de répondre à trois ({uestions.
Quelle a été jusqu'à présent I allilude du gouvernenuMit de la République à l'égard du cliemin de fer de Bagdad?
Quels int(''réts précis peut a\oir la masse des
(1) D' l'aul RoriuBACii, llie Bmidndbahn. [), 7, Wii^gandt, Berlin, 190».
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Fi'aiirjiis au succès ou ii l'(''clicc de celle enlre- |)i-ise'.'
(Jllellc ri'|iercussi(in es! susce|]lilile d'exercei- le clidixile l'une nu j'aiili-e sululinii siii- la |i(ililii|iie CNliM-ieiire lie la |-'|-aiice ?
« L'AIlcniatiiic a réussi à snssnrer jiliisieurs jirivilèges et couccssions, iloiit la [ilus iiuportiuitc esl colle (lu ciuMuin (le fer de liagdad. i|ui lui pcriuel (resp('Ter un dcbouclic en Asie Mineure pour son commerce et son industrie, en même temps (|ue son inilucnce politique s"accroît et pre\aiil dans toute la rt^irion comprise entre Constanliiiople el le golfe Persi(|ue il). »
Qui parle ainsi ? — Le professeui' Arminius ^'ambérv. Fun des meilleurs connaisseurs de 1 Orient. Son appréciation de l'afTaire de Bagdad a donc une valeur particulière; or il la (lualifie d' « entreprise éminemment allemande (2) » .
Dans tous les cercles politi(iues de l'Europe, cette appréciation est identique.
(1) ywBÉax, I.'AlleimirjDe el rAngUlin-re en Turquie. La Revue, aofit 1902. p. 271.
(2) Idem, p. 272.
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Il scnilili' iloiic ('/ /i/7(j/'/ ,(|uo l.'i ili|il(iiiiiili(' IV.iiiraisc à (".()iisl,iiiliiiii|il(' .iiiiMil ilTi. coiiiiiir Ir ilciiiiinilail le Xaniii' V rendu, imi auril I ".Ml I . h'ciilcinlrc avec la Russie jiour coiilrocaiicr (''iM'i'L;ii|ii('iiiciil 1rs cll'orts dos Allemands on \uê d ohlenir la cniiccssion du rliciuiu de fer do Bagdad.
Tout lo oontrnire s'est passi'v Les Allciiiamls. u'avaut pas assez de capilaux jioui' couslruiir une ligne dont ils auront, le seul |irolil. ont eu l'audarieuse |H'ns(''e île deniandci' eel argent, à r(''|)ari:ne française. Ils ont su trouver les collaborateurs nécessaires au succès de cette tentative singulière II est un fait : cette ojéiiitioii prodigieuse. In mainmise allemaiitle sur le cheuiin de fer de Baijdnd, constatée par toute la grande presse du continent, n'a été possible que grâce au concours énergique donné pendant les trois dernières années par les agents officiels français aux agents du gouvernement de Berlin auprès du sultan.
Vérifions d'abord l'exactitude matéi-ielle de cette affirnialion.
Un examen attentif de laction du cabinet de Paris à propos de l'affaire de Bagdad va nous permettre de dégager la véi-ité. CiCtte action, trois liommes surtout l'ont exercée : MM. Delcassé, ministre des alfaires étrangères: Constans, ambassadeur <le France à Constanlinople, et Rou^ ier, ministre des finances.
Dans une circonstance publique, .M. Delcassé eut l'occasion de s'expi-imer surl'alfairc de Bagdad.
L'i;s i,K ciiKMi.N m; fi: h dI': iiai;|)AI)
A la s(''aiic<' ilulil- iii.ii's l'.Mi:^. il iiKiiihi h la Iriliunr (Ir la Cliaiiilirc îles il(''|iiil(''s |miiii- n>|Hiii(lr(' a M l*'iriniii l''aur(' iiilcin cnanl ilaiis des circiHislaiircs |iliis loin cxjiosi'cs (\()ii' pajic 21'.h-
M. Dolcassé tiiil. le hiiifjagft .sui\aiit :
«Messieurs, silaproposiliondi-iiosécparroralour (|ui descoiid de celle trihmie a ])our cause ringc'l'eiice (le la ilipliiiiialie française dans la concession du clieniin de ler de lîaiidad. elle \n s'iMTouler pai' la base : jamais, à aurnii moment, ni ojliciellctin'iil vi o/lii:icaseme»t, d'une façon directe ou indirecte, la dij:l(imatie française n'est intervenue dans celte ajfairc.
« La concession du ( lieniin de ter di; Bagdad a été donnée en principe il v a (juclques aiuiées. définitivement il V a (|uel(|ues mois, à la société d'Anatolie. A C(U('' du r(''seau d Anatolie se déxcloppe le réseau Smyrne-Cassaba. exploité par une société française, qui aboutit à Alioun-Karaliissar, non loin de Konieli. pdinl de d(''i)art de la fulni'e ligne de Bagdad, (|ui doit être prolongée jusqu'au golfe Persique.
« La société d'Anatolie s'est mise en rapports, pour l'exécution de l'entreprise. a\ec un groupe français; c'est ce qui paraît déplaire à M. Firniin Faure. J'en suis ii me demander comment il j)Ourrait l'empêcher, et je demande aussi à la Chambre si, une ])areille entreprise ('tant arrêtée, décidée, il est préféi'able pour les intérêts français, si cou-