‹ La Macedoine; Le chemin de fer de BagdadChapitre 5 sur 54 · si · texte numérisé non relu

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(1) Ce laljleau est extrait de la Stahsiiqiie dea principaux résultais de l'ed-ploilalion des chemins de fer de l'Empire olloman pendant l'exercice 1901 , par Alexis Rey, directeur de la compagnie JonctionSalonique-Constantinople. Conslantinople. 1902,

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Celle slatisli(|ii(' ne prul ('lie qu'un r('sum('' Iroiil ol officiel (Icl'i'lal lic l.i siliialioii de la 'l'iin|iiic en inalirrc ilr Noics l'crriTs l'oiir apiirc'cici' Imilc la sa\ oiireuse valeur de l'i-lal de choses aciiicl, il l'aiil ('ludicr successivement cliacune des coiniiagnies de ciiemiiis dr- fer plus haut menliorinées, eu rechercher la ualioualité réelle el. surtout dans quelle nu'sui'e le rar.irlère de celle naliinialili'' es( fixe ou est susceptible d'être nioditii'.

Cette méthode amène à constater, au point de vue qui nous occupe, l'existence de quatre groupes de compagnies de chemins de fer turcs :

1" Celles qui à aucun degré ne sont allemandes;

2" Celles qui sont absolument allemandes;

3" Celles qui pour des raisons diverses sont en voie de passer sous le contrôle allemand;

4" Celles enfin qui d'une façon probable, mais moins sûre, semblent destinées à subir éventuellement le rayonnement de rinfluence allemande.

L'existence de ces groupes étant révélée par la connaissance nette et claire des éléments qui lôs composent, il sera possible ensuite d'é\aluer moralement l'importance vraie de la prise de possession kilométrique déjà effectuée ou à clTectuer par les agents du gouvernement de Berlin.

LA MAINMISE n F. I/A 1. 1, KM A f.N R

Les lignes (|ui [leuvoiiL ("■Irc coii.sidi'n'es comme soustraites à riiilluence allemande sont (I) :

En Europe :

La ligne jonction Saloniquc-Conslanliiio|ilc, accordée le 8 octobre 1892 à 11. René Baudouy et livrée à la circulation en 1897. Elle a été construite avec des capitaux français. Son développement total est de SIO kil.

Eh Asie :

La petite ligne Moudania-Brousse, établie également avec des capitaux français. Elle n'a que. . 41 kil.

Ce premier groupe représente donc .... 551 kil.

Le groupes des lignes exclusivement allemandes comprend :

En Europe :

La ligne Salonique-.Monaslir 220 kil.

concédée le 28 octobre 1890 4 M. Alfred Kaulla,

(1) Suivre sur la carte insérée i la page 08.

20 LK CIIIÎMIN DE F K It l)K BACDAI)

direi-leur de la Winilenihcriiiurlie \'i'retii.ih(tnk. (Icltc voie ferrée l'ut livrée à la circulation en

■isori.

En .\.ile:

Le résonii d'Anntnlie 1 .020

Sdit 1.2i() kil.

Lo clicMilii (le, ici' (le lîagdad ne devant (dri^ (|ii(>, le iirolongeinent du principal tronçon du roseau d'Anatolie, il est indispensable de connaître avec précision l'histoire de ce dernier.

Le réseau d'Anatolie se compose de plusieurs tronçons distincts.

Le tronçon llaïdar-Pacha-Ismidt, le plus ancien, fut construit directement par le gouvernement ottoman, à partir de 1871. Les travaux furent dirigés par l'ingénieur allemand Willielm von Pressel, dont il sera fréi[uemm(ml question au cours de cette étude. La ligne fut terminée en 1873. Son exploitation directe parut bientôt aux Turcs difficilemecit conciliable avec leur apathie administrative et surtout avec l'accroissement de leurs charges • linancières. D'autre part, les Anglais cherchaient à s'immiscer dans l'entreprise. Ils y réussirent un instant.

Le 27 mars 1880, MM. L. Seefelder, W. J. Alt, Ch. S. Hanson et C" et G. Zafiropoulo obtenaient en location la nouvelle ligne pour une durée de vingtans. Le gouvernement ottoman s'était réservé, il est vrai, la faculté de l'acheter sa concession à

LA MAINMISE DIO L'ALLEMAGNE il

loule i'[)ii(|uo II 110 hinla pas à en user, car déjà l'irilluence alleiiiainle, profilant liabilenieiit des circonstances, coinniençait à balancer l'influence britannique.

Les 27 septembre et 4 octobre 1888. deux iradés accordèrent à M. Alfred KauUa, d'abord l'exploitation de la ligne Ilaïdar-Paclia-Ismidt et ensuite la concession pour une durée de 99 ans des 48îj kilomètres de voie ferrée à construire pour joindre Isniidt et Angora. Une garantie kilométriiiue de 10.300 francs était assurée au tronçon Ilaïdar- Pacba-Ismidt. Pour la ligne à établir jusqu'à Angora cette garantie était portée à lo.OOO francs pai- kilomètre. Ces conditions étaient fort avantageuses [luisque le gouvernement turc s'engageait à parfaire les sommes indiquées par kilomètre exploité, quels (pie fussent en réalité les rendements de l'exploitation.

M. A. Kaulla apparaissait seul au public, mais, en réalité, il agissait comme mandataire de la Di'ulsclie lianh de Berlin et de la Wiirltemhenjischc Ven'inshank de Stuttgart. Ces deux établissements financiers fondèrent quelques mois plus tard, le 16 mars 1889, la société dite Société ottomane des chemins de fer d'Anatolic. Ils trouvèrent en Allemagne les 36 millions d'actions et les 140 millions d'obligations nécessaires à l'établissement de la nou\elle ligne; elle fut mise en sei'vice quatre ans plu.s lard.

ii Li: ClIIOMIN llK KICU l)K I) Ad II Al)

Le .sui'cè.s (1(1 la Société d'Aiialoliii s 'accciiliia l)ieiil(H.

L(! 1:1 l'('vri('r 18',i;i, un rcscril impérial doima à la<;oiii{)a{j;'iiicaIlciiiaiKle : 1 " La concession d'uncinbrancliemcnt, se détachanl d'Eski-Cliéliir jioiir atteindre Koiiia vers le sud, avec une garantie kilométrique de 1.'{.8'J2 francs; 2" la concession delà ligne d'Angora à Césarie (Kaisarieh) avec, point à retenir soigneusement, prolongement éventuel par Sivas, et Diabékir jusqu'il Bagdad.

La société d'Anatolie, poursuivant ses études techniques, trouva bientôt la ligne Angora-Césarie trop oiu'rcuse à établir, l'ïlle renonça donc à cette seconde jiartie de la concession de; \H[)'.i et elle construisit seulement le tronçon Eski-Cbébir-Konia (444 kil.), qui fut terminé en 18!HJ.

Le réseau de la société d'Anatolie, aujoincriiui en j)Ieine activité, se compose donc de trois tronçons :

1° Haïdar-l'acha-Ismidl iH kil.

2° Ismidt-Angora 485 —

3° Eski-Cliéhii'-Konia 444 —

Soit les 1.020 lui.

signalés plus haut.

Quant à la nationalité de cette société, bien qu'elle se qualifie d'ottomane, aucun doute n'est permis. Le directeur général de la société d'Anatolie était au déltut M. von Kublmann, et l'ingénieur en chef M. 0. vouKapp, tous deu.x AUemands.

I, A MAINMISIO lll'. I/A I.I.KM ACNK 23

Aiiiounl liai l(MliiH'cli'urm''ni''i'Ml ailjoiiil. .M. Ilii,i;iiciiin, csl Itieii sujcL suisse, origiiiiiire «lu canton Je Ncuchàtelet protégé français, mais rien n'est cliangé au fond des ciioses, puiscjue son ciief, !c directeur général, est.AF. TiirivZander. ancien avocat à Berlin et conseiller législe dola ])eutsclte BanI,-. « Sous une direction allemande, construits avec un capital et un mati'riel allemands, » les clicmins de fer d'Anatolic sont totalement une (ruvre allemande.

La mainmise aussi complètement réalisée sur le réseau entier d'Anatolie constituait déjà pcnir les Allemands un très grand succès.

Il \i('nt d'être sui\i dans les derniers mois d'une seconde \irloin^ lieaucoup plus consid(''i'al)le encore, c'est-à-dire de la concession à une société' apparennnent nouvelle et distincte, mais en fait se confondant absolument avec la société d'Anatolie, du piolongement de la voie ferrée depuis Konia jusqu'à Bagdad et au golfe Persiquc.

Ce triomphe des desseins allemands ne s'est réalisé, il est vrai, qu'après une longue série d'efforts. Les projets de railway reliant l'Europe à la mystérieuse cite d'Aroun-al Raschid sont multiples et divers comme les and)itions qui les ont fait naître.

« 11 V a une cinquantaine d'anru'es, dit M. D. G. Hogarth dans la Natioiial Ih'i'icir. peu de projets étaient pr()|)osés avec plus d'insistance au cabinet brilanniiiue, à la (^iiaminc des communes aussi iiien qu'au public, <\w celui cmisistant à étaiilir à lia-

24 I.i; CIIKMI.N llh; KliH DE BAGDAD

\ors la Mésopoliuiiie une voie ferrée vers le goU\' Persique et les Iiules. » De 1K34 à 1843 on parla beaucoup à Londres de la navigation de l'Euphratc Les esprits étant ainsi attirés vers la Turquie d'Asie, une compagnie se forma en 1851 dans le but

LES DIVERS PROJETS DE CHEMIN DE FER VERS BAGDAD ET LE GOLFE l'ERSUJUE.

d'établir une voie ferrée devant partir de Suedié ( Seleucia),dans le golfe d'Alexandrette, pour aboutir au golfe Persique, à Koweït. Cette compagnie avait à sa tète le général Sir Francis Cbesney et M. William Andrew, président de la compagnie du chemin de fer indien Delhi, Punjab et Scinde. En 1856, elle obtint de la Porte un firman de concession et la promesse d'une garantie d'intérêt de 6 pour cent pour le capital à engager. Mais cette garantie ne

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