‹ La Macedoine; Le chemin de fer de BagdadChapitre 8 sur 54 · kil · texte numérisé non relu

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Par suite de la réunion de la Roumélie orientale à la principauté de Bulgarie, il faut soustraire de ce

(1) Voyez : Actes de concession des chemins de fer de la Turquie d'Europe. Constantinople, 1871; typographie et lithographie centrales.

cliili'ie l;i longueur des Ironroiis bulgares, soit :

Mousfapha-Pacha-Iiollova 202 kil.

Bellova-V iicarel 4(i —

Tiniovo-Yamboli 106 —

Le développement réel des Orientaux sur le sol turc est par suite de 1312 — 354 ^ !)o8 kil.

Les deux grands tronçons des Orientaux, l'un joignant Mitrovitsa à Salonique, l'autre unissant la frontière bulgare à Constantinople, ont à tous les points de vue, économique, politique et militaire, une importance capitale. De toute évidence, leur possesseur a en mains le meilleur instrument de pénétration et de domination de la Turquie d'Europe. On va voir par quelles évolutions savantes et successives les Allemands de Berlin, d'abord étrangers à ces raihvays ottomans dits « Orientaux », sont en train d'y obtenir une influence prépondérante.

Au début, on put considérer les Orientaux comme relevant notablement de l'influence française, puisque des Français possédaient une grande quantité des titres en représentant la valeur. Mais l'importance plus grande encore des capitaux autricbiens et les relations du baron de Hirscb avec le gouvernement de Vienne donnèrent rapidement à la compagnie des Cbemins de fer orientaux un caractère autrichien qui en réalité ne servit qu'à dissimuler les premiers efforts de la mainmise allemande.

I,A MAINMISE I)i; I/AI,LI;M.\(;NE 35

Il y a lieu (le roniar(|ii('i- (juc li'c,i|iilal des « ( Irieiilaux » est uii capital il'cxiilùilaliou cl iimi de construction.

Le capital constitué pour la construction des chemins de fer de la Turcjuie d'l!]urope, actuellement exploités par la Compagnie des Ciiemins de fer orientaux, a été fourni par l'émission de 1.980.000 obligations, représentant à l'origine un capital nominal de 792.000.000 de francs.

Sur ce capital, dont les litres sont désig'nés sous le nom de « Lots turcs », il ne restait plus à amortir à la fin de 1X98 (|uc .120. 1."')9.")G0 francs d'obligations (1).

Ce sont ces titres que, grâce h d'iieureuses circonstances, les Allemands sont en train d'accaparer.

M. de Hirsch, en sa qualité d'organisateur de l'entreprise, était détenteur d'un grand nombre de « Lots turcs ». Après son décès, sa succession manifesta le désir, vers 1890, de se défaire de la plupart de ces litres. C'est alors que la DejUselie Bank de Berlin entra en ligne. Comme il menait déjà les affaires de la société d'Analolie, cet établissement financier, tout au service de la politique allemande en Turquie, s'ingénia à ne pas laisser soupçonner aux Turcs ses projets d'accaparement des railways ottomans. La Deutsche Bank se garda donc d'agir

(I) AIe.\is Rev, statistique citée pour 1898.

3(i LK CIIK.MI.X ni'. KKIÎ 1)K liAGDAI)

par clIt'-iiH'inc hillc cliai'i^oa la l$aii([iie t\i' Ziii-icli d'oporor pour sou coiiipte le rachat des litres des « Orieutaux ». Comme le public aurait pu s'étonuer de voir cet établissement suisse aborder une opération aussi importante, on déclara (ju'elle était laite non parla banque de Zurich, mais par le trust de Zurich, appellation vague ayant le mérite d'être H la fois très discrète et fort imposante. Par ce ])rocédé détourné, la Deutsche Bank parvint à acheter le plus grand nombre de « lots turcs » laissés par le baron de Hirsch. Ce fut la première phase de la mainmise allemande sur les chemins de fer turcs dits « Orientau.x » .

L'obtention de la concession du chemin de fer do Bagdad, succès presque inespéré, accrut bientôt l'ardeur des Allemands. Il les décida à poursuivre sans plus tarder leur opération déjà si avancée sur les « Orientaux » . Un peu avant le mois d'août 1902 le trust de Zurich (alias Deutsche Ihink) adressa, assure-t-on, au gouvernement ottoman une proposition qu'on trouverait invraisemblable si elle n'avait été faite à des Turcs presque contraints à tout accepter pour trouver quelque argent à l'instant.

Voici quelles étaient les dispositions essentielles de ce projet que je cite pour bien caractériser la nature des tentatives déjà faites.

« Il sera constitué à Constantinople une société anonyme ottomane, au capital de vingt millions de

LA MAINiMISIO D K I/A f, LICM AG N H 37

francs entièrement versé, société dans ]a(|iiellc le gouvernement imjiérial entrera en qualité de coïntéressé, mais sans qu'il ait à fournir une part ((uelconque du capital ci-dessus mentionné.

« Cette société prendra le titre de SoriétP roïntéressée des chemins de fer de l'Etat ottoman.

« Elle aura pour but :

« 1" n(^ fournir au gouvernement une somme de vingt-trois millions de francs (soit un million de livres tur(|ues);

« 2" D'apporter au gouvernement impérial un quitus général pour toutes les réclamations formulées jusqu'ici vis-à-vis de lui par la Société des Chemins de fer orientaux, et que celle-ci demande de soumettre à l'arbitrage ;

« 3" De remettre au gouvernement impérial une renonciation formelle des Chemins de fer Orientaux à fornuiler dans l'avenir de nouvelles réclamations des mêmes chefs, comme aussi de faire participer le gouvernement impérial aux quatre cinquièmes des dépenses pour agrandissements, etc.

« 4° De racheter la totalité ou, tout au moins, UOpoiif 100 des actions des Chemins de fer orientaux et de les déposer dans les caisses d'une banque à choisir, d'un commun accord avec le gouvernement impérial. Ces titres ne pourront sortir desdites caisses qu'à la suite d'une entente enlic le gouvernement impérial et la société coïntéressée ;

« o" De fournir la moitié de l'annuité d(^ livres

38 \.K CIlKMIiV ni-: KKIt I» !■; HAIIIlAI)

liirqucs âiO.OdO (deux ccnl (luaranlc inillc livres lurijues) t|iie le jiouveniemeiil impt-rial aura à payci- (lu clief de renipmnl, uduiiiial de cent \iiigi et un millions de franes dont il va être (juestion;

« G" Les actions de la Société ottomane coïntéressée porteront un intérêt de 4 pour 100. L'excédent venant à se produire en sus de ces 4 pour 100 sera partagé en parts égales entre le gouvernement impérial et la Société cointéressée ;

« Pour jiermcltri' lu rcaJisatioii des combinaisons cidessus indiquées, il sera créé et remis à la nouvelle Société ottomane cointéressée des chemins de fer de l'État, un emprunt d'État de cent rinrjtet un millions de francs nominaux, portant 4 pour 100 d'intérêt et un demi pour 100 pour l'amortissement le(jiiel sera accompli en cinquante-six ans;

« La Société ottomane coïntéressée prendra à sa cliarge la moitié de l'ammité de 240.000 livres turques que nécessitera le service de cet emprunt. »

(Suivaient en conclusion deux articles vagues et insignifiants relatifs au mode d'émission de l'emprunt, dont le taux d'émission n'était toujours pas fi.xé.)

Pour comprendre la portée de ces propositions, il faut se rappeler :

1° Que la société des Chemins de fer orientaux est depuis 1878 constituée en société d'exploitation ;

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