‹ La Macedoine; Le chemin de fer de BagdadChapitre 9 sur 54 · LA MAINMISE 1) K LA L LEM A GN H · texte numérisé non relu

LA MAINMISE 1) K LA L LEM A GN H

2° Qu'elle paye à VVAal. une redevance de 1 ,ÎJOO fr. par kilomètre, ce qui donne une annuité de deux millions, somme versée directement à la Banque de Paris et des Pays-Bas, pour la garantie de l'eml)runt 4 pour 100 de 1894.

Examinons mainteniuit les propositions des Allemands.

En gens pratiques, bien fixés sur la détresse linancière turtpie et sur les besoins impérieux du palais de Yildiz, ils établissaient dabord cpie le gouvernement :

fl) N'aurait rien à vcrserpour la formation ducapital de vingt millions de francs déclaré nécessaire pour le fonctionnement de la nouvelle société coïntéressée.

b) Que l'Etat recevrait de la Société nouvelle un cadeau de vingt-trois millions de francs. Or, c'est ce gros appât (|ui devait entraîner l'acceptation, car en raison de leur situation financière, les Turcs accordent toujours des concessions très étendues en écbange d'une somme relativement très faible, si elle est versée immédiatement. Il eût d'ailleurs été par trop étrange de demander au gouvernement tun- le versement d'une part quelconque de capital argent applicable aux frais d'exploitation et d'entretien, alors qu'il fait l'apport du chemin de fer luimême et de tout son matériel fixe et roulant, qui lui appartient actuellement, puisque la Société des Chemins de fer orientaux est une simple société d'exploi-

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(ntion. En revandic, la société oxif^oail (|uo l'I'^lnl ffl un emprunt de cent \'m<^\ et un millions de IVancs (emprunt nominal) à 4 pour 1 00 (rintérél et un demi pour 100 d'intérêt pour l'amortissement. Cet emprunt eût servi au rachat (art. 4) des titres qui n'ont encore pu être accaparés. On aeusoin d'ailleurs de ne pas fixer le taux de l'émission.

Mais cet emprunt, qui l'eût placé'? Le gouvernement ottoman? Assurément non, car son crédit sur les marchés européens est insuffisant. Donc, si l'affaire avait été conclue, c'eût été encore l'inévitable Deutsche Bank, qui, directement ou par l'intermédiaire d'un de ses satellites du trust de Zurich, se serait chargée de l'émission de l'emprunt garanti parle gouvernement impérial. Sur cette seule opération, \a Deutsche DanI, aurait réalisé un beau bénéfice, mais en outre, comme la redevance de 1.500 francs par kilomètre aurait été prise sur les recettes de l'exploitation, ce qui revient à dire que l'État eût payé la moitié, l'État, actuellement propriétaire exclusif des Chemins de fer orientaux, dont il a affermé l'exploitation, eût perdu la moitié de cette propriété. En échange, il est vrai, on lui donnait quitus de la somme de 63 millions de francs que lui réclamait la société. La Turquie recevait, enfin, un cadeau de 23 millions de francs, mais grâce à l'annuité de 120 mille livres turques (2.780.000 francs) qu'elle eût dû payer, le susdit cadeau lui aurait coûté au bout de cinquante-six

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ans la somme énorme qu'il osl, facile de calculer.

Jusqu'ici ce beau projet n'a pu aboutir, car, très mystt.it.uscment proposée aux Turcs, la combinaison ci-dessus a pu être dévoilée à temps. Il est vrai que les Allemands, plus que jamais grisés par leurs vastes convoitises, conunencent à se croire obligés à moins de ménagements. Ils aimonçaient récemment qu'ils vont s'entendre avec le Trust de Zurich (!), pour le rachat de 80.000 titres des Chemins de fer orientaux.

N'est-il pas évident que le jour où l'une quelconque de ces combinaisons réussirait, les Allemands se trouveiaicnt ou vertement et ofliciellement propriétaires des chemins de fer dits Orientaux, qu'ils influencent déjà si profondément en fait?

Compagnie de Mersina-Adana. — En Asie, la liî^ne de Mersina-Adana, petite par sa longueur (67 kilomètres), mais d'une très grande importance par rapport au chemin de fer de liagdad, appartint à l'origine à une société fi'anco-anglaise. Devant certaines difficultés, les Anglais se retirèrent et le siège de la société fut transféré de Londres àConstantinople.

Afin d'élever ses recettes, la compagnie demanda à prolonger ses rails par Osmanié vers Biredjik et l'Euphrate, voulant atteindre ainsi la grande route des caravanes. Devant l'opposition de la société d'Anatolie, qui tenait à se nn'nager toute voie libre vers Bagdad, la Porte s'est toujours refusée à ce

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(li'sir, mais elle a pris, assure-t-oii, en considéralion la (loniande de concession d'nn tronron vers Alep cl Ilania, préparant ainsi la jonrlion a\('c la voie ferrée venant de Damas.

« Le Iraiic de la compagnie Mersina-Adana est entièrement local; dans les années de bonnes récoltes, elle réalise de grosses recettes, ce qui lui permet de distribuer de bons dividendes. Mais quand le sol n'a rien donné, le bilan de la compagnie susdite, malgré les efforts de son distingué directeur, M. Yiterbo, peut à peine s'équilibrer.

« Toute sa cbance, chance désagréable s'il en fut, c'est de se voir condamnée à être rattaciiée à la grande ligne Konia-Bagdad » ( 1 ).

En effet, lorsque l'iradé sanctionnant le tracé de la compagnie d'Anatolie pour atteindre Bagdad parut, le directeur de la compagnie française Mersina-Adana s'adressa à l'ambassadeur de France. 11 lui représenta, avec raison d'ailleurs, que la nouvelle ligne de Bagdad devant emprunter ime partie des tracés étudiés par la société Mersina- Adana, il en résulterait la ruine des intérêts et des espérances des Français.

M. Constans intervint auprès des Allemands très vigoureusement. Il fut rapidement entendu. Les Allemands promirent de racheter tous les litres de Mersina-Adana et d'accorder une indemnité aux

(i) V. Ilullftin mensuel de la CItaiiibre de eoiiimeree française de Consianlinojile, .30 dùcembre VM'2, p. S23.

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