SCHÉMA DES ALLURES
allures donne à l’état de rhythme. Voici la disposition qu’il a employée. Il a dessiné d’abord une série de figures de cheval prises aux divers instants d’un pas de l’amble. Seize figures successives permettent de représenter la série des positions que chaque membre prend successivement dans un pas de cette allure. Placée dans l’instrument, la bande de papier qui porte cette série d’images donne à l’œil l’apparence d’un cheval qui marche l’amble.
Or nous avons dit que toutes les allures marchées peuvent être considérées comme dérivant de l’amble avec une anticipation plus ou moins grande de l’action des membres postérieurs. Cette anticipation, M. Duval la réalise dans ses tableaux de la manière suivante. Chaque planche sur laquelle est dessinée la série des images de cheval à l’amble est formée de deux feuilles superposées. Celle du dessus est fenêtrée de façon que chacun des chevaux est dessiné à moitié sur cette feuille et à moitié sur celle qui est placée au-dessous. L’arrière-main par exemple étant dessinée sur la feuille du dessus, l’avant-main est dessinée sur la feuille du dessous et est visible par la fenêtre taillée dans la feuille supérieure. Supposons qu’on fasse glisser la feuille supérieure de l’intervalle qui sépare deux figures du cheval, on aura une série d’images dans lesquelles l’avant-main sera en retard d’un temps sur l’arrière-main. On reproduira ainsi, sous forme de figures, ce qu’on obtient sous forme de notation en faisant glisser d’un degré les deux réglettes inférieures de la règle à notation. Et comme ce glissement d’un degré, pour chacun des mouvements de l’arrière-main, donne la notation de l’amble rompu, on obtiendra, dans les figures dessinées, la série des positions successives d’un pas de l’amble rompu. Si le glissement est d’un plus grand nombre de degrés on aura la série des attitudes du cheval dans la marche au pas. Un glissement plus grand encore donnera la série des attitudes dans le trot.
Dans tous les cas, ces figures placées dans l’instrument donnent l’illusion complète et font voir un cheval qui va l’amble, le pas ou le trot suivant le cas. Enfin, si l’on gradue la vitesse de rotation de l’instrument, on rend plus ou moins
rapides les mouvements que l’animal paraît exécuter, cela permet à l’observateur peu exercé de s’apprendre à suivre la série des positions des membres à chaque allure et le rend bientôt capable de suivre, sur l’animal vivant, la série des mouvements qui paraissent au premier abord d’une confusion absolue.
Nous espérons que ces planches encore un peu défectueuses seront bientôt assez parfaites pour être d’une utilité réelle à tous ceux qui s’occupent de la représentation artistique du cheval.
Après ces études sur la locomotion terrestre, nous devrions exposer le mécanisme de la locomotion aquatique. De récentes expériences de M. Giotti ont grandement éclairé la fonction propulsive de la queue des poissons ; non pas qu’elles aient renversé la théorie admise depuis Borelli sur le mécanisme de la natation , mais elles ont fait entrer cette question dans une voie nouvelle, celle de la reproduction synthétique de ce phénomène. Cette méthode permettra certainement de déterminer, avec une précision inconnue jusqu’ici, le travail moteur et le travail résistant dans la locomotion aquatique. Il est utile d’attendre les résultats des expériences qui sont en voie d’exécution et qui devront profiter également aux mécaniciens et aux physiologistes.