VOL DES OISEAUX
n’est plus le même que celui de l’insecte. D’après la façon dont s’imbriquent les pennes, il est évident que la résistance de l’air ne peut agir que de bas en haut, car en sens inverse, l’air se frayerait une issue facile en fléchissant les longues barbes des plumes qui ne sont plus soutenues.
Cette disposition bien connue, et que Prechlt a soigneusement décrite , a pu faire croire que l’aile n’a besoin que d’osciller dans un plan vertical pour soutenir l’oiseau contre la pesanteur, à cause de la prédominance de la résistance de l’air qui agit de bas en haut sur celle qui s’exerce en sens inverse.
L’auteur a eu tort de baser sur l’inspection de l’organe du vol toute la théorie de sa fonction. On verra que l’expérience dément de la manière la plus formelle ces inductions prématurées.
Si l’on prend un oiseau mort et si l’on étend ses ailes de façon à les mettre dans la position représentée fig. 89, on
Fig. 89. — Courbures différentes de l’aile de l’oiseau aux différents points do sa longueur.
voit que, dans les différents points de sa longueur, l’aile présente des changements de plan très-prononcés. En dedans, c’est-à-dire dans le voisinage du corps, l’aile s’incline fortement en bas et en arrière, tandis que, près de son extrémité, elle est horizontale et parfois retournée, de sorte que sa face nférieure regarde un peu en arrière.
M. Pettigrew a cru voir dans cette courbure une surface gauche hélicoïdale; frappé de cette coïncidence entre la forme de l’aile et celle de l’hélice propulsive des navires, il arriva à considérer l’aile de l’oiseau comme une vis dont l’air