‹ La machine animaleChapitre 65 sur 159 · Bulletin de V Académie de Médecine , oct · texte numérisé non relu

Bulletin de V Académie de Médecine , oct

celui-ci trace une ligne plus élevée, dont la hauteur exprime le poids du corps. A ce moment, la tête occupe le niveau a. Tant qu’on reste immobile, les choses demeurent en cet état, la pression des pieds sujr le sol étant égale au poids du corps. On fléchit les jambes en a, le centre de gravité du corps s’abaisse, et la tête quitte son niveau pour s’abaisser aussi d’un mouvement accéléré; cette descente du centre de gravité montre que Faction musculaire est moindre que la pesanteur; en effet, la courbe des pressions tombe au-dessous de la ligne du poids.

Mais, à partir du point 6, la descente du corps se ralentit : cela exprime un effort musculaire supérieur à la pesanteur; en effet, la courbe des pressions s’élève à ce moment audessus du niveau du poids du corps. Sous l’influence de cet effort des muscles qui dure jusqu’en c, la chute se ralentit, puis un mouvement ascendant lui fait place, jusqu’à l’instant d où la tête, s’élevant au-dessus de la ligne ponctuée, exprime que le corps est projeté en l’air. A ce moment, les pieds quittent le dynamographe dont la courbe tombe à zéro en e puisque l’instrument n’est plus chargé. Enfin, en f les pieds retombent sur le dynamographe, et l’instrument signale un effort musculaire supérieur au poids du corps, puisqu’il en arrête la chute et le relève ensuite au niveau initial. Dans la marche, la course, le saut, des oscillations verticales du corps se produisent aussi ; elles correspondent à des variations de la pression des pieds sur le sol. Quand la pression des pieds est supérieure à la ligne du poids, c’est que la force musculaire l’emporte sur la pesanteur, comme cela arrive dans un mouvement ascendant accéléré ou dans un mouvement descendant ralenti. Quand cette pression du pied est inférieure à la ligne du poids, c’est que la force musculaire est inférieure à la pesanteur, ainsi dans une descente accélérée ou dans une ascension ralentie. La confirmation de cette loi s’obtient en faisant concourir la chrono-photographie et les indications dynamographiques.

La figure 130 montre, en haut, la chrono-photographie

31Î APPENDICE

pendant la période d’appui d’un demi-pas de marche ; en

Fig. 130. — Chrono-pholographie et dynamographie combinées.

bas, le tracé dynamomélrique du pied à l’appui. La courbe

tracée s’élève au-dessus du zéro de l’instrument, mais au lieu d’atteindre seulement le niveau de la ligne du poids, elle commence par dépasser ce niveau, puis descend au-dessous pour remonter encore.

Afin d’établir une concordance entre ces deux sortes de figures obtenues en même temps, mais avec des instruments différents, constatons d’abord que 12 images chronographiques correspondent à la durée de l’appui du pied, et numérotons sur ces images les positions de la hanche qui seront à peu près celles du centre de gravité. D’autre part, partageons la longueur du tracé dynamographique correspondant au même appui du pied en 12 parties égales, et élevons en ces points des ordonnées 1, 2, 3, etc., 12; il est clair que chacune de ces ordonnées exprimera la pression du pied pour l’instant où la hanche occupait la position qui porte le même numéro d’ordre. Le concours de ces deux figures fera facilement comprendre la cause des inflexions de la courbe des pressions du pied sur le sol. Or, cette courbe s’élève dans les premiers instants de l’appui et atteint un niveau supérieur à la ligne du poids ; à ce moment, la chronographie nous montre que la force musculaire est supérieure à la pesanteur, puisqu’elle ralentit d’abord la descente du corps et lui imprime ensuite un mouvement ascendant accéléré jusqu’au n® 4. A partir de ce moment, la courbe des pressions s’abaisse et descend au-dessous de la ligne du poids; c’est que la force musculaire est moindre que la pesanteur. En effet, l’ascension du corps se ralentit et fait bientôt place à une descente. Enfin, cette descente, accélérée d’abord, se ralentit vers la fin de l’appui, ce qui implique une nouvelle augmentation de la force musculaire.

La combinaison de ces deux figures permet encore d’estimer le travail des muscles à chaque instant de l’appui du pied : ce travail a pour mesure la force, mesurée par l’ordonnée de la courbe des pressions, multipliée par le déplacement vertical de la hanche que nous considérerons comme représentant sensiblement le centre de gravité.

Des rapprochements analogues peuvent être faits entre

APPENDICE

les courbes dynamographiques des efforts qui s’exercent tangentiellement au plan du terrain et les accélérations ou les ralentissements de la translation horizontale du corps; le produit de ces deux facteurs donnera la mesure du travail positif et négatif effectué pour imprimer à la masse du corps la vitesse horizontale que la chronographie exprime.

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