‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 13 sur 38 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

La restauration des Israélites , après la captivité de Babylone , se rattache à différens grades et rites maçonniques. -*-* Les mystères maçonniques passent des Juifs aux Chrétiens. — • Opinions des autres cultes introduites chez les Juifs , entr'autres, la Trinité des Perses et celle de Platon. -^ Différentes explications de la Trinité chez différentes nations; rapport de cette croyance avec les mystères maçonniques du jour. — Jésus n'a jamais enseigné le dogme de la Trinité.

JLiES nouvelles institutions et les mystères des Lévites se durent conserver à Bçtbylone pendant les soixante-*dix ans que les Israélites y furent, esclaves , et jusqu'au temps où Cyrus (i), devenu Roi des Babyloniens, accorda la liberté aux Israélites. Cyrus , en sage politique, pour s'attacher ce peuple, protégea son retour en Judée, mit à sa tête Zorobabel, et lui fit remettre les vases sacrés et autres symboles qu'il avait dans le Temple , et qu'on lui avait pris lors de la destruction de la ville de Jérusalem.

(i) Cyrus, par les conseils de son père Gambyse, apprit les sciences des prêtres et des augures avec la divination ; il fut initié dans les anciens mystères des philosophes ; il devait regarder comme bon tout culte à V Auteur de la nature. XénophoUj Cyropédie^ Hp, i , 26 et l'j.

Les Juifs ) à leur rentrée dans la Judée, se disputèrent entr'eux sur la forme réelle de la réédification du Temple saint; leurs diseussions furent terminées par Darius, que FEcriture-Sainte fait Roi de Perse.

Ce fait est commémoré dans le degré du Chevalier d'Orient 9 dans celui du Prince de Jérusalem et autres; il a rapport à ce qui est renfermé dans les chap. 5 et 6 du premier livre d'Esdras.

Les Lévites ayant été troublés par les ennemis de leur dogme dans leurs travaux^ introduisirent à ces époques reculées Tusage des épées ou des Rayonê, dont nous noua servons dans certaines cérémonies. On trouve cet usage établi au eh, i8 dans Nihémia, qui fait partie de rhistoire d'Esdras.

V. 17. « Ceux qui bâtissaient la muraille et ceux qui chargeaient les porte-faix , travaillaient chacun d'une main, et de l'autre ils tenaient l'épée.

V. 18. » Car chacun de ceux qui bâtissaient était ceint sur ses reins d'une épée , et ils bâtissaient ainsi, équipés. »

Ces différens passages doivent être pris dans un sens allégorique ; ils se rapportent à la nouvelle institution apportée de Babylone , et qui trouvait alors dans la Judée de violens adversaires ; car il e9t impossible d'appliquer ces versets à des ouvriers de prats<]pie.

Plusieurs Ordres et rites maçonniques commémorent ces deux versets , entr^autres l'Ecossais , dans son

Hiérophante, et plus particulièrement le rite français, dans son troisième Ordre , le Chevalier d'Orient y où tous les Frères ^ dans les travaux y tiennent le glaive de la main droite , et de la gauche la truelle.

Après la réédification de Jérusalem et du Temple saint , les Iiévites , comme tout le porte à croire , ajoutèrent aux Ordres et mystères pratiqués dans Babylone , des cérémonies nouvelles , et des commémorations qui leur rappelaient les bontés de Cyrus , leur délivrance , leur nouvelle régénération, sous la protection d'une nouvelle oonêtiiution ihéocraiiqtie , qui avait fait pendant bien des années leur bonheur, et qui n'était dans le fait que les institutions apportées d'Egypte par Moïse f qui les avait empruntées aux prêtres égyptiens.

L'unique but que se proposèrent les prêtres hébreux dans les institutions qu'ils donnèrent au peuple pendant la captivité de Babylone , lut , 'dans le cas où il eût recouvré sa liberté, de rétablir leur domination et le conseil créé par Moïse , composé du Grand-Prêtre et des prêtres qui formaient un tribunal suprême , où se ju-^ geaient en dernier ressort les grandes affaires de la nation juive.

Par la suite, les Lévites retournés en Judée, après * leur esclavage du temps des Machabées , portèrent à soixante et douze le nombre des prêtres-juges qui composaient ce conseil , qui prit le titre de grand San-' hédrm. Ce corps , qui jouissait d'une autorité sans

bornes 9 su^ista dans Jérusalem jusqu'à sa ruine par les Romains. Les Juifs furent presque toujours soumis à la théocratie; et les Rois qu'ils eurent, n'étaient que des simulacres de l'autorité ciyile. On peut dire avec assurance que, malgré la guerre, les invasions et l'esclavage de ce peuple , l'autorité resta toujours dans les mains du Grand-Sacrificateur et de ses prêtres.

L'histoire de la restauration des Juifs après l'esclavage deBabylone, se rattache dans nos travaux aux Ch.*. de TEpée, et Ecos.*. de plusieurs rites; dans ces grades , le Vén.'.est Cyrus, etle néophyte Zorobabel. Cette histoire se trouve aussi rappelée au grade Prin.*. de Jérusalem , dans lequel le Vén.\ est Zorobabel , et toutes les instructions sont relatives à ce fait; ce qu'on trouve aussi dans le Ch.\ d'Or.*, qui fait partie de l'Ec*. réformé, dont les instructions et les mots de passe sont relatifs à cette commémoration.

Ces mêmes commémorations des fastes israélitiques se trouvent dans le M.*. Parf.*., dans l'Elu de neuf, dans l'Elu de quinze et autres ordres et rites, dont les mystères tendent au recouvrement des libertés sacerdotales , ravies par des lois arbitraires , et au rétablissement des Israélites dans leur patrie après la captivité de Babylone.

Dans ces commémorations et mystères nouveaux , les Lévites durent marquer une reconnaissance étemelle à Salomon, Cyrus et Zorobabel, qui se trouvent placés

comme chefs symboliques de toutes ces institutions y où se conserve toujours pour dogme le culte de Jéhoyah avec le bon et le mauvais principe.

Tout Frère peut âe convaincre, par cet exposé, que les allégories , qui font la base d'une grande partie des grades maç.\ , sont la commémoration de l'histoire des Juifs , de leurs douze patriarches , qui précédèrent Moïse en Egypte, de leur départ de ce royaume, de leur pèlerinage dans le désert , de rétablissement de leur dogme i>ar Moïse, de ses mystères, du secret qui les environnait, de leurs tribus, de leur gouvernement patrîarchal, de leur entrée en Judée, terre promise par Moïse au nom de Dieu, de rétablissement de leurs Rois, de Salomon , de la faveur qu'il accorda aux Lévites et Sacrificateurs , de l'édification du Temple saint, de la grandeur de Salomon , de sa justice et de sa science , et de l'abus que firent du pouvoir les successeurs de Salomon (ce qui amena la destruction de Jérusalem et du Temple), de leur captivité dans Babylone , de leur délivrance par Cyrus , de leur nouveau rétablissement sous Zorobabel en Judée, et de la réédification de leur Temple.

Notre opinion se trouve appuyée par la Bibliothèque du Maçon ^ ou General Ahiman Rtzon^ Baltimore , 1817 , dont nous donnerons des extraits en son tempâ. On y lit que les fastes bibliques et actes des apôtres font tout l'édifice maçonnique; notre opinion se trouve aussi appuyée par celle de M. de Plane qui , dans

son apologie des Templiers , a démontré que les Juifs nous transmirent le dogme maç.*. , quoique d'autres veuillent que les mystères maç.*. , tels qu'on les pratique (i) à présent y aient pris naissance avec le chris-^ tianisme , et que son dogme soit la religion de Jésus dans toute sa pureté ; car dans toutes ses instructions sont reconmiandées les vertus des anciens Chrétiens ^ et même une partie de ses mystères est fondée ou sur la religion chrétienne , ou sur quelques faits de l'histoire ecclésiastique.

Ce partage d'opinions nous oblige de mettre en évidence les preuves sur lesquelles elles s'appuient , afin que Ton sache si Ton doit croire que les Frères Maçons soient les vrais prêtres de Jésus et de sa lumière.

Le docteur Dodd, dans SmiiK^ fForkê, a osé dire qu'il ï» voyait dans les prêtres que des Maçons ignorans qui faisaient , comme bien des initiés , des cérémonies qu'ils n'entendaient pas^ et que le corps du clergé n'était qu'une branche bâtarde et rejetée des augustes mystères de la Mac.*, adonhiramite. Et dans la Maçonnerie icoêêod^e , comparée avec le* troi* pro^ feesionê. Orient de Londres , 1788, 1." partie, pag. 81, à la note j il est dit : « Au moment où s'impriment ces » Essais, on m'annonce qu'il vient de paraître un ou- » vrage très-curieux , où l'on a pour objet de prouver » que les prêtres d'aujourd'hui ne sont absolument

. (i) Bien de rites maçon.*, se croient être les successeurs des Templiers.

» qu'une secte rejetée du sein de l'antique Maçonnerie. )> Nous verrons par la suite sur quoi se fonde cette opinion.

S'il faut en croire la Bible y les mystères des Juifs se sont conservés trente-deux siècles depuis la création du monde ^ c'est-Â-dire y jusqu'au commencement de l'ère chrétienne. On peut aisément se convaincre qu'alors ils existaient encore ; car les premiers Chrétiens empruntèrent des Lévites, l'allégorie de la construction dtt Temple de Salomon ; elle figure continuellement dans les actes des premiers Chrétiens-Juifs qui adaptèrent cette allégorie au système de leur nouvelle religion, en substituant au Temple de Salomon, que les Maçons du jour conservaient, la fiction d'une Eglise à élever au vrai Dieu.

Les premiers Chrétiens qui professaient la loi mosaïque avec celle de Jésus , s'appelaient entr'eux des Maçons. Saint Mathieu, eh. xvi, v. 16, 17, 18, dit : « Tu es » heureux, Simon, fils de Jonas, et je dis que sur cette » pierre Je bâtirai mon Egliee, et les portes de l'enfer » ne prévaudront jamais contr'elle, et je te donnerai la » clé du royaume des cieux. » Saint Pierre , dans sa première Epitre , va plus loin^ quand il dit : « Je vais poser » à Sion la principale pierre de Fangle, pierre choisie » qui fait l'honneur principal de V édifice $ quiconque » croira en elle, ne sera pas confondu ».

Dernièrement , par un excès d'adulation mal-entendue , l'abbé Bernier a voulu faire des Papes autant de

Maçons. Peut-être a-t-il pris cette idée de M. l'abbé Gré goire , évéque de Blois y dans son ouvrage Sur VIUus" iration de la Société des Frères-^Hospitaliets. Voici ce que dit ce M. Bernier : « Les Papes sont des Pontifes (i) » et des Architectes spirituels qui bâtissent des ponts ^ » i l'aide desquels les catholiques romains montent tout » droit en paradis. » Nous trouverons les premiers Pères de l'Eglise à la tête des Maçons.

Revenons à notre histoire. Selon TEcriture-Sainte , les Juifs restèrent long^iemps soumis aux Perses, après leur délivrance de Babylone. Certes, les doctrines théosophiques des Mages durent leur être connues, et purent même être suivies par quelques-iins d'entr'eux; de plus, les livres bibliques eux-mêmes font foi qu'après le règne d'Alexandre-le-Grand, les Israélites furent tour-à-tour soumis à des Rois égyptiens et syriens , qui s'efforcèrent toujours de leur inculquer leurs doctrines.

Ainsi les Juifs , changeant continuellement de maîtres, habitant un pays sujet à des invasions fréquentes, prêts i tout instant à perdre ce qu'ils avaient , soit par les tributs ordinaires et volontaires payés à leurs prêtres , s(Ht par ceux qu'imposaient les conquérans , de pâtres et agriculteurs qu'ils étaient, devinrent commerçans, fixèrent leur domicile dans les royaumes limitrophes et lointains, et devinrent bientôt les courtiers du com-

(i) Pontijex^ faiseur de ponts.

merce d'Antioche, d'Alexandrie et de Rome. Ils adoptèrent également de nouvelles idées religieuses, conséquence naturelle de leur émigration chez tant de nations diverses. Les Actes des Apôtres, eh. i, r. 9, nous fournissent la preuve que beaucoup de Juifs qui habitaient la Grèce , la Perse et F Arabie , étaient arrivés â Jérusalem pour solemniser la fête de la Pentecôte (1) qui précéda la mort de Jésus.

Dans ces pajs lointains , les Juifs achetaient et vendaient les parfums et les objets de luxe de l'Asie , qu'ils tiraient des Indes et de la Perse j en voyageant continuellement , ils apportèrent dans ces villes étrangères et lointaines leurs mystères et leurs dogmes, mais auasi ils rapportèrent chez eux des principes inconnus jusqu'alors en Judée , d'où naquirent les sectes des Saducéens , des doctes Pharisiens , des Esséniens , des Thérapeutes, des Garpocratiens , des Cabalistes , Gnosticiens, Ophites, et plus tard les Basiliens, les Manichéens et autres. Ges sectes étaient imbues des principes philosophiques grecs, romains, persans, indiens, égyptiens, cpii furent suivis par une quantité de nouveaux sectaires; ceux-ci, par des prestiges , c'est-à-dire , par des opérations physiques , apprises dans leurs voyages , séduisaient le peuple juif, toujours crédule et imbu de ses

(1) Quelques rites maçonniques, peut-être pour se conformer à cette ancienne pratique , ont établi une fête à cette époque. La Grande-Loge de Hollande la conserve encore de nos jours.

anciens prodiges et miracles , comme on le lit dans Joseph .

Il en résulta que le culte du grand Jéhovah , ses mystères et allégories furent près d'être détruits , et même oubliés par l'introduction des nouveaux systèmes , et en particulier par celui des Trinitaires , que Ton avait apporté de Perse. Dans ce pays, les sages suivaient le dogme du Dieu wnique avec les deux principes hmUère et ténèbres , tel que Zoroastre l'avait appris et apporté d'Egypte.

Ce schisme, selon l'opinion des critiques que nous citons , défigurait la pureté des idées de Zoroastre , en établissant que les deux principes lumière et ténèbres, que VuniqueÉtre, Suprême et Créateur, avait produits par son intelligence, étaient aussi deux êtres supérienJrs avec pouvoir de créer.

A l'appui des faux principes rapportés joûc les Juifs de la Perse, arrivèrent de la Grèce les allégories et rêveries de Platon, â l'aide desquelles ce philosophe avait voilé sa doctrine, et qui avaient beaucoup d'analogie avec le do^e trinitaire des novateurs persans.

Platon (i) avait établi trois il^j90#to«^^^ ou manières d'être de la Divinité. La première constituait le Diêu suprême; la seconde le Logos, ou verbe engendré du premier Dieu ; la troisième V Esprit, ou l'ame du monde.

(i) Platon vécut 348 ans avant Jésus-Christ. Les Saints-Pères ont cru voir dans ses écrits la préparation à PEyangile , la Trinité , la Vierge-Mère , Jésus-Christ , etc.

A ces causes y il faut en ajouter une autre ; q[ui finit par fixer l'opinion sur ce nouveau dogme.

Les théologiens juifs ont touIu qae le système de la Trinité f&t renfermé et démontré dans le mot ineffable de Jihovah , objet de leurs mystères comme des nôtres.

Ces subtils commentateurs ont voulu q[ue la lettre initiale i j exprimât le Dieu père, car cette lettre était la racine du nom de Dieu chez toutes les nations de Fantiquité ; q[ue les deux nnhh liées ensemble par le T fussent le symbole des deux natures divine et hutnakèe, du FUe ou Ferle; et que la double '\ w, qui les unit y f &t le symbole du saint Esprit , le Rouach Elohim , l'esprit Dieu qui débrouilla le chaos, et que nous avons TU rendre des oracles au temps de Salomon.

François VatablCy dans ses Commentaireê sur la Bille , ( Exod. , eh. 28 ) , prétend que le nom de Jéhovah contient le système de la Trinité chrétienne. Voici comment il s'exprime : mHœ autem namen 9i9|i* Triniiaiis myêteriwn eonHnei ut veteres Judei , qui Christum prœeeeêerunt , dixere in suie traditionibue , namper f intelligitur Pater qui eetprineipium, et origo omnium rerum. Per n Filiueperqusm omniaquœ faeta êunt eeee easperunt. Per 1 quœ eêt eonjunotio eopulativa intelli^ gitur Spiritus Sanetue , qui est amor et nexue utriueque, qui al utroque proeedit. Geminatur autem n propter duplieem naturam quœ est in Christo. Per primum n

natura divma inielligiiur $ per n poêtremum natura humana. »

Un auteur du i2.'°« siècle, qui délaissa le culte des Juifs pour celui des Chrétiens , et continua VHMtoire des Juifs, par Joseph, dit, tom. 4^ pag, 109 : «Que la Trinité est prouvée par le nom de Jéhavah, dont la combinaison peut former trois noms , qui cependant ne form^I]Lt qu'une essence : Toilà sa démonstration que bien des théologues révèrent, fût -elle même un rêve. (Voyez planche II, n.« i3.)

Décrivez quatre cercles a, b, e, cf , dont deux a et b, Tun enfermé dans l'autre et concentriques, et les deux autres dont les centres soient dans la circonférence du concentirique inférieur et intérieur. Dans chacun des cercles, écrivez deux lettres du nom nani» de manière à ce qu'il y en ait une dans chaque hémisphère ; alors ^ joignez le Jod au premier he , vous aurez un des noms de Dieu ; c'est le Générateur. Joignez encore le premier he avec le vaf^ vous aurez un autre nom de Dieu ; c'est le nom du Verbe engendré. Joignez aussi le vaf avec le dernier he , c'est un troisième nom qui procède du premier et du second ; enfin , comme Ip tout est réuni dans le grand cercle , vous avez trois dans un. Au moins avec de tels principes, il y a une démonstration.

M. de S.^-Martin, dans son Tableau naturel des rapporté qui existent entre Dieu , F Homme et F Univers,

ch. 10, page 197, dit : « Les Péruviens eurent des chefs » visibles , lesquels , comme Orphée , se dirent enfeuis » du Soleil , et obtinrent les hommages de leurs contrées : » ils avaient aussi un idole dont le nom , selon les in- » terprétes^ signifie trois et un. »

Les Indiens ont un emblème de la Divinité dans le mot jàfàm. Ils ne doivent le prononcer qu'en secret : des trois lettres qui le composent , Vjà désigne le principe de tout j le Créateur Brahma ;VU désigne le Conservateur Viehen-'Ou ; VMj le Destructeur Chham. Cette Divinité est VAlpka et Y Oméga des Chrétiens , le Jéhovah , la Trinité. ( Voyez Volney , Ruines de Pahnyre , note 1 .**)

On ne saurait faire trop Téloge d'un ouvrage sorti dernièrement de la plume de M. Benjamin Constant , et qui a pour titre : De la Religion considérée dans sa source , ses formes et ses développemens. Voici comme il dépeint la Trinité des Chinois (pag. 279, à la note 1.") : « Tao, essence triple et inefiable, qui crée » le ciel et la terre , se divisant en trois personnes , » dont Tune est chargée de la production , l'autre de » l'arrangement , et la troisième de maintenir la suc- » cession régulière. » Voilà aussi la Trinité des Perses : Les prêtres égyptiens avaient leur mystère de la Trinité dans la Table Isiaque (planche n.® III) , qui renfermait un triangle expliqué pour les trois symboles du Monde , de l'Egypte et de Memphîs. Plusieurs auteurs ont re-

gardé cette Table comme l'explication de la Trinité chrétienne.

Les prêtres égyptiens reconnaissaient un Dieu créateur et tout-puissant avec les deux principes, Fun bon , l'autre mauvais. Isis^Osiris, Orus, représentaientle bon principe, tandis que Typhon était le mauvais. Les prêtres égyi>tiens adaptèrent ces deux principes au moral de l'homme ; Typhon était le procréateur des passions qui se trouvent en lui ; Osiris et Orus étaient Fembléme de la^ raison qu'il possède. Voilà par quelles analogies , et comment les Juifs, après leur captivité en babylone, et après eux , les Chrétiens , établirent des anges gardiens et des démons séducteurs et tentateurs , qui ne sont que le développement des bons et mauvais anges babyloniens^ et du bon et mauvais principe des Egjrptiens et des Chinois , etc.

On trouve quelcjue rapport avec ce système de la Trinité , dans les Rose-Croix de Kilvinning ; l'instituteur de cet Ordre a voulu cacher , dans un sens énigmatique , la vérité de ses doctrines , sans blesser les opinions introduites dans le Christianisme. On remarque à la tête de chaque colonne (i) ces mots gravés : « Au nom de la sainte et indivisible Trinité » ; mais elles finissent constamment en ces termes : « Soit salut au Dieu éternel ; nous avons la faveur d'être dans Vuniti

(i) Colonne gravée signifie les actes qui émanent de cet Ordre.

poêêihh deê Namhrêê êoeris. » On remarque la même chose dans le grade de Trinitaire , où les mots sacrés sont Jéhovah , Jakm , qui sont en opposition ayec le titre de ce même Ordre ; car ils signifient : a Un Dieu seul , étemel j souverain maître de tout. »

Les Trinitaires augmentant dans la Judée, ajoutèrent , par la suite , à ce nouveau dogme y la doctrine saine de Jésus-Christ , qui était ennemi de toute question théolpgique.

Les critiques assurent que Jésus n^a jamais parlé du dogme de la Trinité ; qu'il se disait le Fils de Dieu , qui y selon sa doctrine est le Père de tous les hommes. Jésus n'admettait que Tunité de Dieu , d'autant plus que , selon sa légende , il avait été en Egypte , dont les prêtres pratiquaient le culte d'un Dieu unique, conmie il est rapporté par Lactance et Pline.

M. Alexandre Lenoir dit que Théophile , évéque d^Anlioche, qui vivait Tan 176 de l'ère chrétienne , est le premier qui emplojra le mot Trinité dans ses discours et instructions religieuses , ce qui prouve que ce dogme n'a été introduit dans le culte chrétien que longtemps après Jésus -Christ ; et quoique cette religion existât en France depuis Tan 25o de notre ère, Gregor. Tur. , Hiêt. , liv. Q, eh. 39 , attribue à saint Martin Tintroduction de ce dogme dans la Gaule, seulement au milieu du 4.™» siècle. Voici cpmn^e il s'explique : « Il fit éclore » les premiers germes de notre foi vénérable; car les

» mystères ineffidiles de la Trinité dmne n'étaient; » alors encore parvenus à la connaissance que d*u2Ji » très-petit nombre de personnes. »

Les doctrines de Jésus-Christ étaient simples et populaires j elles modifiaient quelques lois sévères que Moïse avait été obligé de donner aux Juifs, en raison des circonstances. La morale de Jésus est celle de l'Ordre , de la bienveillance et de la nature.

Les anciens Txinitaires avaient, selon lesdits critiques, une croyance aveugle pour tout ce qui était établi par la Bible ; ils s'efibrçaient de persuader aux autres Juif» que Jésus ne vint au monde que pour confirmer en tout point l'ancienne Loi , quoique la nouvelle souvent la contredise; ils oublièrent que le Divin Maître, i>our cette cause , eut A soutenir des débats continuels avec les Sacrificateurs , les Pharisiens et les Scribes , qui cherchaient A le surprendre et à le convaincre de faux ; mais il sut les confondre et esquiver leurs pièges. Par la suite , nous en citerons quelques traits qui se rapportent à nos Ordres et à nos rites.

Plusieurs écrivains , comme nous l'avons dit, et même l'abbé Marotti , veulent que notre dogme soit la doctrine pure de Jésus et de la première Eglise , et nos mystères, les allégories et vertus qu'il prêcha par son exemple.

Comme notre Ordre a des Frères qui sont nés dans le sein d'autres religions (i) , et qui ne connaissent que

(i) n y^a des Loges en Turquie et aux Indes orientales et oc* cîdentales.

de nom notre Divin Maître, il est utile d'entrer pour eux dan3 de plus grands détails : nous serons obligés , de temps à autre j de recourir aux cinquante fragmens des anciens Evangiles , dont la notice se trouve dans les OEuweê de Foliaire , édition de Bàle , voL xxxv^ pag. 65-2o6 j et nous donnerons des extraits des quatre Evangiles qui sont admis par TEglise de Rome , après le Concile de Nicée, d'autant plus qu'ils sont rappelés dans plusieurs rites et Ordres maçonniques.

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