DES ABRAXAS
La plus grande partie des sectes philosophiques chrétiennes que nous avons annoncées , avaient en vénération ces pierres gravées qu'on appelait Abraxas , et qui généralement n'étaient que Tembléme du Soleil. Elles portaient même cette pierre, non comme un talisman, ainsi que des détracteurs ont cru l'apercevoir, mais pour se dire à chaque instant de la vie : « Sois juste, » car tu marches sous les yeux du Soleil (i) de la Vérité » et sous ceux de la Nature. » Ces pierres représentaient les opérations du Soleil. Une grande partie d'entr'elles portent des inscriptions hébraïques, mêlées avec du copte, du grec et quelquefois avec du latin; elles contiennent souvent une demande, une grâce, et quelquefois
(i) Les rîtes philosophiques ont adopté, dans le Chevalier du Soleil , comme il était usité dans le rite ancien hollandais , par \es MaUtres-Elus ^ de porter suspendu sur la poitrine le Soleil de Vérité. An*'* Maçon,*, det Pays-Bas, tom, I, pag. 38 1.
elles sont l'eupression de la reconnaissance pour la faveur qu'on a obtenue $ d'autres représentent le Soleil » ^v .ent des Etoiles et la Lune.
Yandelin croit que le mot Abraxaê est composé de sept noms , quatre hébreux et trois grecs ; que leur si»* gnification et traduction est : « le Père y le Filé , le St." Eêprit; salut x>ar le bois »• En conséquence , ces pierres devaient être trés-fréquentes chez tous les Chrétiens , à quelque secte qu'ils appartinssent.
Le mot Ahraxaê donne en lettres grecques la valeur de trois cent soixante-cinq , ou le nombre de jours que le Soleil emploie dans son cycle annuaire :
R loo
Nous donnerons quelques Abraxas pour faciliter rintelligence de notre histoire , et pour prouver de plus en plus l'affinité de la Maçonnerie avec ces sociétés philosophiques que nous venons de décrire.
^Quelques Ahraxae ont le nom de Moïse ou autres législateurs ; celui de la fig. 5 , PL II , qui a appartenu à M. Spon , porte Tinscriptiou de Jao , Salomon , Sabao. 11 est à remarquer que les noms qui devraient être
écrits autrement y le furent de la sorte pour conserrer dans ces mots les nombres Cabalistiques 3,7,5.
Un Abraxaê de la collection de S. E, Gapello , de Venise , donne lieu à bien des conjectures , on y voit Jésus - Christ représentant Phébus lorsque Thicon- Brahée le représente dans la position d'un néophyte qui reçoit la lumière maçonnique ( Voyez son Jéêus , PL n, no 29 ).
Nous prions nos Frères de faire bien attention aux AhrcLxaê que nous donnerons , car ils représentent des documens autographes des anciennes opinions religieuses et mystères qui n'ont pu être ni altérés ni falsifiés , ce qui arriva souvent aux écrits théologiques.
Montfaucon , dans son tome II , Table 179 , nous fournit une preuve évidente que les mystères des Maçons juifs s'étaient greffés sur les Egyptiens. On y trouve les emblèmes des uns et des autres. Cette pierre , par son travail , indique qu'elle a été gravée au commencement du Christianisme. D*abbrd > on y remarque sur une face les emblèmes relatifs à la reconstruction du Temple de Salomon , unis avec ceux des Mages et prêtres égyptiens , désignant un culte d'Astronomie ; et sur la seconde face , les idées mystérieuses de Platon sur la Divinité {PI. II , no 27).
Sur une face on voit gravé, le Grand- Ouvrier (1) de l'Eternité , le Père des Gnosticiens , le Créateur , l'Ar-
(i) SynoDynie de Grand- Architecte.
chitecte de FUnivers , avec une longue chevelure , pour peindre l'ordre et les grâces de la Création, et avec la barbe pour indiquer la force génératrice ; il est dans une gaine d'hermès , sur laquelle il y a des n(»nbres mystérieux. La position des bras est celle du signe du Bon Patteur ; elle indique par son repos ^ que Tceuvre de la Création n'est pas arrivée par suite du travail de sa main , mais qu'elle Test par sa seule volonté. Il parait que ce signe était accepté dans les anciennes initiations , car il se retrouve dans le second point de Rose-Croix , et dans plusieurs autres hauts degrés. Le Père Etemel est orné d'une étole eu camail croisée sur le devant , signe sacerdotal des Juifs , des Egyptiens et des Orientaux^ et sur laquelle les Perses et Egyptiens brodaient souvent les douze signes du Zodiaque j pour marquer rempire de Dieu Père sur les saisons et le firmament.
Ce Père de l'Eternité a une couronne sur la tête . à cinq pointes ou rayons, marque de son puissant empire , symbole du Soleil et du Dieu mystique. Ces cinq rayons furent appliqués à l'Etoile flamboyante , toujours emblème de la Divinité. Cette tête est environnée par quatre étoiles qui indiquent les quatre qualités par excellence attribuées au Grand- Architecte , et en même temps les quatre élémens qui jouaient un si grand rôle dans les initiations anciennes comme dans les maçonneries existantes de nos jours : la figure est entourée de signes et emblèmes mystérieux; à droite, le glaive sacerdotal
pour l'usage des sacrifices ; à gauche , le marteau ; emblèmes adoptés dans Tanciemie maçonnerie juive et signe sacerdotal. On voit sur l'autre face les neuf Etoiles symboliques ; au-dessous de celle qui occupe le sonucnet, on retrouve le carré ^ emblème conservé dans le Maître Parfait, qui renferme la pentagone de Pythagore , et audessous trois Etoiles sur une ligne , symbole des trois anr ciens Ordres de l'initiation. A leur droite le même pentagone libre^ qui représente toujours le Créateur; â gauche, l'équerre et le compas, symboles de la Maçonnerie juive et moderne ; à droite , une Etoile enfermée dans un triangle, symbole du Delta et de la Trinité perse, juive, égyptienne, de laquelle émane un rayon de lumière; au centre une Sphère (i) avec deux Etoiles , pour indiquer qu'à l'aide de l'astronomie, plus que par toute autre science , on découvre et on démontre la puissance et l'inunensité du Père Eternel : au pied est la pierre cubique , ayant une Etoile sur les cinq faces visibles. Les sept autres Etoiles placées symétriquement, sont l'emblème des émanations de la Toute-Puissance et des sept planètes. C'est en Italie que ces doctrines anciennes se trouvent professées avant qu'elles le fussent autre part; résultat des progrès de sa civilisation. Le Dante, lorsqu'il a peint la Divinité , ne s'est servi que des symboles des Ahraxoê ;
(i) Le rite Manon.*, anglais, dans ses instructions, fait supporter des Sphéreis aux colonnes du Temple de Salomon , ce qui est eiécuté en réalité dans les Temples de plusieurs rite5.
il n'a point donné à la figure de la Divinité , suivant les descriptions (i) bibliques et de' l'Apocalypse :
LuTiga la bqrbà , e di pel bianco mkta Portopa a suoi eapelli sUnigUaate Li raggi délie quatro luci santé ; Fregian si la sua faccia di lume Ch 7o 'Icredea corne ^l sol fosse deuarUe.
(i) Nous exposons textuellement de quelle manière la Bible représente le Dieu des Hébreux , et PApocalypse celui des Chrétiens. Cest le Roi David qui parle, Ps» xviu, 2;. 8 : a Une fumée » sortait de s^ mains , et de sa bouche sortait un Jeu déflorant ^ et » des charbons en étaient embrasés ». Le prophète Habacuc dit». eh, in , 1/. 4, 3 : ce Sa splendeur était comme la lumière même , 9 et des rayons sortaient de sa main , c'est là où réside sa force ; » la mortalité marchait devant lui , et le charbon vif sortait à 9 ses pieds XK
Partout le Dieu des Juifs est une image de destruction ; voyons si la peinture que nous en donne S.* Jean est moins désolante. Apoc. , c^« i^ S i3 : oc £t au milieu de sept chandehers d'or. Un » personnage semblable à un homme , vêtu d'une longue robe , . » et ceint d'une ceinture d'or à l'endroit de ses mamelles. Sa tête y> et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche et comme D de la neige, et ses yeux étaient comme une flamme de feu \ T» ses pieds étaient semblables à de l'airain très-luisant, comme. 1» s'ils eussent été embrasés ; et sa voix était comme le bruit des » grosses eaux ; et il avait en sa main droite cr (le système astro- 3> nomique bnlle continuellement dans l'Apocalypse) » sept étoiles ; s> et de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchans ; et » son vbage était semblable au Soleil en sa plus grande force ».
n est tout simple , par des comparaisons faciles à se faire , que les symboles des Abraxas étaient , sans contredit , plus nobles49i plus propres à donner une idée de Dieu Père des hommes , que les portraits juifs et chrétiens qui le présentaient comme im être destructeur.
Ces ¥C» noQt iadiqacnl qpe k DÉBle a¥Uft tv des iUmias ; elle dernier, cà fl dit qa'fl TOjail k Dtrinité
initié dans les doctrines qme nous suons expliquées snr leScdeil, cmUème de la Dirinité, doctrines sniries par les Gdialîsles et Rose-Croix , étaMies dqnis ces époques lointaines , comme noos le dircms, i Florence , à Yioonoe et aiUears. L'Abraxas qoe nous donneras, sons la figme Tak. n, $$.• 3 , prise laeo ciiaU de Mont&ncoit , a le même Pare Etemel Créateur , a^ec fO^ade gnosticMnBe et les huit étoiles ; de Fantre câté, le même Père Elemcl est eoonmné de cinq pointes relatiTes an poitagone , ajant deux étoiles à cdté de sa tête, poor exfdiqiBer les deox principes, et en bas nne sphère armillairey sur laquelle s'appayent quatre figures, les quatre élétnens» dimt deux , Fair et le feu , ayec des ailes , les deux autres , la terre et Teau, sans. On y Yoit sur la droite Is^ pierre cube , et sur la gauche Téquene. A ces époques, la BiMe et l'Apocalypse étaient toujours mises en atant par ces philosophes ; ainsi bien des Abraxas ont des EoDS, des Séphirotes et des Anges pour représenter soit les quatre Vertus par exceUence , soit les quatre Elémens , ou les quatre Anges qui, suivant les rabbins, entouraient sans cesse le trône de la Divinité , Michel , Gabriel , Urièl et Raphaël , auxquels on attribuait aussi des vertus ; les abstractions juives étaient toujours unies à la philosophie de Platon ; elles jouissaient
d'un grand crédit chez les sectes par nous nommées.
Tous ces monumens , trés-H^urieux , servent à lever le voile que Thistoire de ce temps n'a pas déchiré , et nous montrent de combien se trompèrent les auteurs anciens qui , jusqu'au 17.® siècle ; traitèrent ces signes parlans de Tancienne science et des mystères comme des signes de la magie noire, ce qui est rapporté par Ma£ki 9 Montfaucon et autres.
L'équerre maçonnique que nous ayons vue dans les emblèmes antécédens , se trouve dans plusieurs monumens sacrés des Egyptiens ; cet emblème était dans l^irs mystères.
M* Spor possédait les deux pierres nJ^^ 6; ^lypl* II) qui représentjent , la première , un Osiris-Apis sur la fleur de Lotus; il a la tête de lion; c'e9t le Soleil dans la constellation du Taureau; d'une main il supporte la Lune 9 et de la droite il tient une équerre ; les oiseaux qui Tenvironnent sont Teinblème de F Air.
L'autre représente un Harpocrate qui est assis sur le tronc d'un cou d'âne , la tête renversée ; il tient une équerre dans sa main droite. Nous pourrions rapporter bien d'autres documens qui nous donnent le même emblème.
Un Abraxas tout-à-fait maçonnique est celui de la collection Capello : c'est un buste d'homme avec bras et mains 9 ayant la tête de eoq , symbole du Soleil^ auteur de toute vitalité ^ et ayant pour jambes deux serpens^
symbole des deux principes bon et mauvais. Sa main droite est armée d'un fouet, comme Phébus , lorsqu'il guide ses chevaux , et comme il est représenté sur bioi des médailles, et en particulier sur celles du Bas-Empire ; il tient de la main gauche un bouclier qui est environné d'une couronne de laurier , arbre consacré é Jupiter , et dans le centre du bouclier , on Ut le mot JiJto, qui est aussi le Jéhovah des Hébreux. Mais ce qui surprendra tout Frère admis au 3.* grade , c'est l'inscription de cet Abraxas qui a rapport au mjstère maçonnique de la Parole Perdue, et dit : « Donnes-^noi la » grâce et la victoire , puisque j'ai prononcé votre nom ^ caché et inefiable. » Voilà de la maçonnerie toute pure que l'on pratiquait il y a vj pu 18 cents ans. (Planche II, n.*» 20.)
La figure n® 3 de la PL II , tirée de Montfituçon , nous présente un Abraxas très-intéressant : à des branches d'arbres , que , par la feuille , on doit dire d'acacia, se trouvent pendues trois têtes avec la légende Jao. Voila des traees pour croire que les anciens initiés avaient d'autres assassins à venger que ceux trop légèrement attribués aux Maçons en vue des Templiers, ce qu'on a remarqué en parlant de l'allégorie dHiram.
Un Abraxas qui mérite )a considération de nos profonds critiques, est celui tiré de Montfaucon (n.* 18, PL II) , il assure que l'estampe lui avait été envoyée d'Italie j elle représente d'un c6té la tête d'Alexandre couverte
de la peau du lion^ avec rinscription, partie latine^ partie grecque, Alexandre; au revers sont une ânesse et un ânon qui tête. Au-dessus un scorpion, signe du Zodiaque, avec l'inscription : Doîninuê noêter Jêsus^Chriêtuê Deifilius. Bien des Abraxas portaient des noms de héros , comme Alexandre; mais que penser de ce monument d'antiquité? Ne serait-il pas pour nier la divinité de Jésus et pour le désigner pour le mauvais principe? car sous quel anbléme plus méprisable pouvait-on symboliser et mystifier notre Divin-Maitre ?
D'abord toute personne , un tant soit peu versée dans les anciens mystères égyptiens , sait que dans l'écriture symbolique, l'âne était établi comme l'emblème du mauvais principe. Harpocrate , Dieu du silence, et dans lequel on représentait la Dirînité silencieuse , est assis sur le tronc détaché du corps d'un âne. On montrait par-là que la Divinité taciturne , mais immuable dans ses opérations , triomphe du mauvais principe , rétablissant l'équilibre dans les élémens par le triomphe sur Typhon.
L'Histoire d'Occhus , Roi de Perse , nous fait connaître que ce Roi qui dominait en Egypte , ayant appris que les Egyptiens l'appelaient âne^ fit tuer leur Dieu Apis et commanda aux Egyptiens qu'ils dussent , dans leurs adorations externes , y substituer l'âne , qui était regardé comme l'emblème du mauvais principe. Bagoas , son eunuque , de nation égyptienne et prêtre , indigné de rinjure qu'Occhus faisait à sa nation^ le tua et
donna sa chair â dévorer à àes chats , afin qu'un animal consacré à Isis y réparât Finjure faite à la même Divinité.
A Goptos , râne dana une cérémonie était fort maltraité; c'était le bouc israélite chargé de rexécralion religieuse.
Bien des Abraxas prouvent Topinion peu favorable que plusieurs sectes avaient de la divinité de Jésus. Le scorpion se trouve dans diffiirens monumens. Les anciens mythologues le regardent toujours comme un symbole de mort et de destruction. Dans l'estampe, frontispice de Texcellent ouvrage de M. Lenoir, de la Maçonnerie^ il se trouve dans un coin un taMeau qu'on voit dans Montfeiucon, v. P, pag. 578; il représente Mythras, image du Dieii âulml^ en habit sacerdotal, sacrifiant le taureau; pendant le sacrifice , le scorpion est prêt à dévorer les parties génitales du taureau. C'est l'allégorie de la mauvaise saison qui détruit tout germe de génération; en Egypte , en Perse et dans l'Inde , les parties de la génération étaient des symboles des bienfaits de la Divinité, et par-ld, elles étaient une haute vénération; elles étaient sacrées. Il est bien naturel qu'on regardât avec dédain le scorpion comme Typhon, allégorie du principe destructeur.
Nous ne pouvons finir cet article sans une observation de S.* Jérôme, qui, dans une lettre â Théodore^ dit qu'un- sectateur de Basîlide , Mare, qui donna le nom
aux Marcassiensy s'adonnait à la magie pour séduire les faibles ,• sous prétexte de les faire entrer dans la connaissance des mystères les plus profonds de sa doctrine ; que cette curiosité atait été d'une grande onorce en France et en Espagne , et que ces contrée^ étaient infeotées de faux dogmes par de telles initiations.
Âpres la quantité énorme d'Abraxas qu'on trouTC semés dans toute l'Europe y on croirait que la propagation dessystèmesdeBasilide, des Grnosticiens et autres, eut le plus grand succès , même entre les personnes aisées ; car la gravure de ces- pierres dures ne pouvait se faire à ces époques que par un grand travail et par une dépense remarquable.
Le tombeau de Ghildéric , Roi des Francs , mort en 464, découvert à Toumay, en j653, sert à renforcer Topinion de S.^ Jérôme, que les initiés de Basilide ou des mystères égyptiens, juifs-chrétiens, se répandirent en Europe , et que les mystères des premiers Chrétiens , unis aux Egyptiens , que nous appelons maçonniques , y trouvaient des adeptes dans la haute classe de la Gaule ; dans cette Gaule, où les prêtres druides enchaînaient rélan même de Timagination de leurs propres sectateurs parla plus oppressive superstition , pour perpétuer l'ignorance de leurs administrés et pour conserver leur pouvoir funeste, (i)
(i) Il paraît que leurs descendans , les prêtres qui servent à
On lit dans la Collection dêê Coéhuneê , par Vial Castel, à la première livraison^ qu'on a trouvé dans ce tombeau « une bague, une tête de besuf creusée du haut en bas, » une épée ^ un stilet à écrire y de petites figures qu'on » a prises pour des abeilles, une boucle et deux médailles » ovales représentant Tune un scarabée, Fautre une » grenouille ». (PL II, w."» 3o-3i.)
La tête de bœuf peut avoir été Tembléme du Dieu Apis ^ et avoir servi à Childéric dans l'initiation, conmie on Fa dit) des prêtres égyptiens et perses, qui^ dans la représentation des mystères , portaient pour casque une tête d'animal relatif au culte du Soleil ; et de même que l'on a vu des quatre Evangélistes du bienheureux Angélique. L'épée peut avoir été aussi-bien le glaive
la Religion de nos jours , n'ont pas abandonné ce principe. Dans un ouvrage imprimé en 1791 , à Anvers , portant pour titre : léca Masques arrachés, ou Histoire sectète de la Résolution et Contre^ Réffolutiofif etc. etc., du BrahanU, on lit, et il y est dit positivement que les prêtres jouèrent le premier rôle dans cette révolution \ qu'ils la maclûfiârent pour y établir une domination théocratique ^ au lieu ^e rautrichiènne ; qu'ils employèrent tous les moyens que leur crédit, leur hypocrisie , leur procurait ; qu'ils dominent sur ces peuples en les entretenant dans la plus stupide croyance, et dans l'ignorance la plus grossière. Les religions changèrent ; mais les préceptes des Druides y restèrent. L'esprit d'intérêt, la cagotterie et l'ignorance se succédèrent.
Heureuse la postérité de ces belles contrées ! car un sage- et paternel gouvernement cherche dès -à -présent, par tous les moyens possibles , à y introduire les lumières par une soigneuse éducation.
du Sacrificateur ccmime un signe de guerrier. La boude doit avoir servi à serrer (i) la ceinture sacrée accordée aux hauts initiés : le scarabée et la grenouille devaient être des emblèmes qui avaient été admis par la science égyptienne; ces emblèmes {PL II, n^ 5o, 5i) se trouvent aussi dans la Table Isiaque qui renfermait tous les mystères des prêtres d'Isis. Le premier emblème était le symbole de la Divinité ; il n'a besoin pour sa repro>^ duction que de soi-même ; il était aussi un emblème du Soleil et du Feu élémentaire, comme la grenouille (a) représentait l'élément humide de TEau; tous les deux premiers principes de la fécondation universelle^ Les Croix , qui étaient sur une des îàees latérales du sfyle, se trouvent dans des monumens de huit cents ans ai^bunt rére chrétienne. Souvent la Croix désignait l'immor^ talité.
Par les emblèmes ci-dessus indiqués et qu'on a ttou-
(i) Cette ceinture et huppe dentelée , tire son origine des Egyptiens et passa aux Juifs. Exode, ch, xxix, v. 9 : aEttu » les ceindras du baudrier ^iia>» et ses FUs , et tu leur attacheras 9 des calottes, et ils posséderont la. sacrificatura». Les prêtres égyptiens portaient déjà des calottes avant VExodê j et avaient la ceinture sacrée.
(3) Les Grecs slaves, croates , etc. etc. , par un reste de l'ancienne tradition , ne mangent pas de grenouilles. Cet emblème est arrivé de la Chine aux Egyptiens : une infinité de Divinités chinoises portent ce symbole sur leur main ; cpielquefois la grenouille divinisée a trois jambes, et sç trouve souvent dans Tintérieur d'une petite pagode ou chapelle^ que ces Dieux portent sur leurs nains.
vés àAm ledit tonJieau^. on peut déduire que ChiUeric a été ÛDÛtié aux mystères et doctrines juives-ohrétieimes que BOUS ayons yu recherchées atidement en Europe aux temps- ci-dessus énoncés , que le culte égyptien fiit introduit en France dans oes temps reculés; il est prouvé même par un fiût de nos jours.
Le C&urriêr Jêê Payé -Bai , des jeudi et yendredi 16 et 17 aoÀt 1827, sous la rubrique de France , dit : « Des » oàmers creusant dans le lit de la riyiére d'Erdre , pour » y construire une écluse du canal de Brdagne y ont » trouTé à vingt pieds au-dessous du fond actuel de la '■ 1» ÉriTiète deux idoles qui paraissent égyptiennes y avec des » tâles de bélier et des cornes d'Amnon. EUes scmt ^ » terre cuite qui ressemble à celle des briques dont nous » nous servons.
» Dieu sait à quelle époque ces statues ont été jetées Tb dans TErdre ; la profondeur k laquelle on les a trouvées » et les dépôts qui se sont formés au-dessus par couches ^ )) au nombre desquelles s'en trouve une argileuse ^ prou- >) vent qu'il doit y avoir bien des siècles. Serait-ce des M dii|iilitéa étrangères que les Druides auraient fait prér ih cipiter dans TErdre ?
» Serait*<:e des idoles apportées d'Egypte/ par des Ro- » mains I que rétablissement du Christianisme aurait ii fait détruire ?
» C'est aux savans antiquaires d fixer nos idées à cet » égards )>