‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 33 sur 38 · CHAPITRE Xl^III · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xl^III

Des Emblèmes maçonniques chrétiens. •— Les premiers Chrétiens suivent le dogme de la résurrection, de la destruction et de la régénération des êtres. -— Doctrme de Manès combattue par S,* Augustin. -^ La doctrine d/Q Z^roastre se propage en Egypte et ailleurs. — La Médecine professée par les Prêtres. — Inconvénient de rapproche de certains Prêtres près des malades et des moribonds. — Persécutîoii des Mages dissidens envers Manès , le dogme de Dieu et des deux printeipes ^labli en Ifedie avant Manès. -— De la multiplicité des Emblèmes chrétiens. — - Des doc-* trines de Tinitiation à laquelle il ne resta que les enseignes. — Les Ettipereurt grecs persécutant les r«lîgiotinaires de Manès.

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premiers Chréti^ois ^i se trouvaient confondus avec les Grecs et les Romains ^ avai^it adopté , pour signe de reconnaissance et pour cadiet de leur correspondance y des bagues sur lesqudles était gravé le monogramme de Jésus , INRI , ou un des ajmboles suivans: un Agneau, une Ckdombe , un Phénix y un Poisson, «ne Ancre, une Lyre , le Serpent , le Serpent avec la Gtoix tronquée , la Croix i trois barres, la Croix ayec la Rose, la Naoelleet d€ux€lefsencroix(i). (Vqyes PI. l.^ y !•.*»• 4, 11 , i5 , 26 , 27 , 5i , 32, 55 , 55.) Gomme tous

(1) Ces deoz derniers emblèmes , nous les avons vus communs a Jimus et à S.« Pierre.

ces emblèmes qui se trouyent dans différens rites maçomiiques ont été sayanmient expliqués par plusieurs auteurs qui ont écrit sur la Maçonnerie ^ nous nous bornerons à donner quelques explications des fins essentielles.

Le serpent chez les Egyptiens , outre ce que nous en

ayons dit , seryait pour Tallégorie de la réyolution du

temps lorsqu'il tenait sa queue entre les dents ; il était le symbole de Tannée, car tous les ans il se dépouille de sa peau; celui de la santé ^ car la décoction (i) des couleuyres et des yipères était fort utile à la guériscm de la lèpre j maladie trè»-firéquente en Egypte et en Palestine. Cette Croix que nous ayons yu occasionner des ai»putes entre les Payena et les Chrétiens ; cette Croix, qui a tant embarrassé les antiquaires ^ n'est autre chose que te priepi mesure y et le phal éléyation , mots égyptiens, desquels on a fait k» priapes et le phalus. Ce symbole, si yénéré et si nàraculeux, nous yient de l'Egypte. On ayait observé à Memphis que , si l'éléyaticm des eaux du Nil y lors de son débordement , montait à seiie coudées , la récolte était très-abc^ndante ; si elle montait à quatorze 9 elle était moindre, et lorsqu'elle montait i dix-huit , il y atait disette. Pour ùiire une obsenrationt , on ayait pris une yerge de Seir sur laquelle on ayait porté

(i) Encore de nos jours on fait à Venise une décoction de vipères avec des drogues : elle est appelée Jkériaque. C'est un objet de commerce précisément pour l'Egypte et le^Edielles duLeytnt ^

et marqué nombre de £Dis la coudée, mesure usitée : on marquait sur cette verge les trois dimensions annoncées par trois barres en travers , enfixant les croisillons , dont le plus long était au milieu, à des angles droits sur la tige (i), ce qui formait une vraie croix. On fit des croix ou des mesures , à im crosilion, à deux et à trois, que l'on appela /»Aa/j déphal, triphal, et comme l'élévation du Nil produisait la végétation ,^ Ton perdit l'allégorie et l'idée de la mesure de la fécondité , et on en fit des figures arbitraires. Pour signifier cette fécondité , on substitua par cette idée un phal de formé naturelle; on en a mis un, deux et trois ensemble.

A cette verge mesurante, on. avait ajouté un anneau qui servait à la tenir. On portait en procession dans une petite pyramide , lora de l'élévation du Nil , ce phal qui servait à mesurer la fécondité du Nil \ on le pion*geait perpendiculairement et on mesurait soigneusement la hauteur. Ainsi y par l'ignorance, à la suite des temps , une fête , une cérémonie qui , en. soi-même , était utile , décente et religieuse , a pu devenir scandaleuse.

Si, dans un pays où il y avait des prêtres conservateurs des dogmes protégés par les R(hs mêmes (car le' Roi devait être initié avant démonter sur le trône, futril choisi même dans la caste militaire); si, dans ce pays,

(i) Cette mesure fut par la suite exposée dans les Temples ; elle vaiiait tous les ans , ayant un , deux ou trois croisillons , selon rinondation \ même elle variait de la haute à la basse J^ypte.

dis-je, la religion, par la suite des siècles^ s'est défir* garée, que doivent deyenir tontes ces religîoiis qai ont Toyagé y fait le tour du globe, persécutées et accoaunDdées suivant le bon plaisir et l'intérêt de leurs missionnaires?

La Croix, qui dés*àrprésent fiiit aussi partie des mystères chrétiens, fut chez les Egyptiens Fhiéroglyphe de riminortalité , ainsi que le rapportèrent Gédremis , Socrate et Sozotnéne ; quelquefois elle était le signe de passion pour arriver i l'imttiortalité : ainsi Osiiis était étendu sur l'immense Croist formée par Tinterseotion du méridien et de l'équateur. Cette Divinité était suspendue dans les mystères phrygiens à tm afhhré ûruùirforme, que l'on découpait et que l'on distribuait (i) dmnme un taUsman, et qui devenait le Ix^s de la vie (comme le dit trés-savamment l'auteur dn poème de Ai Maform9rie)\ ce qui est un équivalent du joliif par U boiê. que nous avons vu être une partie de rintérfkirétation du mot AbroMOê.

Jovet rapporte une tradition d'après laqudle Tâcacia était considéré, lors des Croisades, comme l'arbre avec lequel la Croix du Christ avait été faite. I Cette Croix, si vénérée chez les Juifs -^CSirétiens, outre qu'elle était dans les mains des grandes Divi-*nités égyptiennes, se trouve très - fréquenmoient dans

(i) Une infinité de ffagmens de bois sont tenus pouirdes reliques par les Chrétiens de Rome.

tous les monumenB anciens, sur les diélisques, dans ^intérieur des pjrramides et même dans k Table Isiaqney qn'on a toujours regardé comme le litre qui venfi^mait tous les mystères d'Isis ; elle se troure aussi sur trois petits autels de sa bordure. (Voyes la Tablé InofUê , pi. m.) Gheber, Raymond, LuUi, Alberi-le-Grand , Arnaud de VilleneuTe , Baoon et tous les auteurs d'alchimie opinent que la Rose est rembl&me du Seeret. Si la Rose est l'emblème^du Secret , on ne peut plus être surpris a les quatre &ces du monument indiqué de la Table Isiaque sont fermées par quatre roses; les anciens Hiérophantes égyptiens voulaient par-li foire entendre k leurs initiés que tout ce ^i se trouvait écrit figurativement était divin, mystérieux et secret. ^

n résulte de ces documens que lorsque Ton voit uns ro9€ au-dêêêuê d'unie craiM , ces deux sjrmbolesuais donneront d*une manitoe très^simple et tràs*claire le résultat écrit êeeret ie FiifimaftaKU (i). L'idée d'une vie A venir , née dans les sanctuaires de Thébes et d'Eleum^ est restée concentrée dans le sein des mystères ; le Xïrand-

(i) Les écrivains qui ont cherché à faire croire que l'Ordre des Roses-Croix était récent , se trouveront bien CQntrariés dans leurs opinions par les renseignemens que nous avons pu obtenir, et que nous venons d'exposer : observons que , dans plusieurs langues , il y a des adages qui prouvent que des peuples même ont attaché à l'emblème de la Rose l'idée du secret. Ntms en rappotio&s un qui est usité dans le royaume des Pays-Bas : Ht venœJt u de roos daarop te houden : a Je vous prie d'en garder le seeret ».

Prêtre ne la Gommuniquait qu'à ses adeptes et à ceux qui 1 en étaient dignes. Cette idée ne pouvait a'associer avec rignorance ; ce système était hors de la portée des êtres matériels et ignoraus. Il fallait un jugement sup^ rieor (i) pour sentir que la mort ne peut et ne diCHt jamais efiboer le mérite j le génie et la vertu.

L'emblème de la Croix figure dans plusieurs Tites maçonniques; il sert de décor aux plus éminens de ses Ordres. Le pélican est l'emblème de la Charité , de la Bienfaisance; Taigle, de la Sagesse. Des grades maçonsniques sont accordés en récompense aux Frères qui possèdent éminemment ces vertus , et ces décorations doivent leur rappeler toujours que le but de rinstitution est une parfaite sagesse jointe à la plus parfaite charité.

Tous les autres emblèmes chrétiens se conservent dans différons Ordres maçonniques avec leurs explications , et prouvent la fusion de l'Ancien et du Nouveau-Testament et l'union des deux lois. Lès Catholiques de Rome admettent encore ces emblèmes allégoriques. Le n.® 33 de la planche \J^ présente un billet qu'on délivre aux initiés à la première conmiunion dans l'église de S.^'- Gudule à Bruxelles ; les symboles des hauts initiés Maçons y sont en entier ^ rien n'y manque. Les diplômes

(1) Les matérialistes disent qu'il faut louîours recourir à la révélation de ce secret ; caries sens ne leur fournissent aucune preuve de rimmortalité de l'ame.

maçonniques qu'on accorde aux hauts gradués n'en ont pas davantage.

Les vertus ordonnées et préchées par le Divin Maître étaient :

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