‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 34 sur 38 · La charité envers les autres hommes · texte numérisé non relu

La charité envers les autres hommes

Les Chrétiens se servirent de symboles pour expliquer ces préceptes et pour se les rappeler à la suite des siècles. Les Maçons en agirent de même , et les branches les plus nouvelles s'en servent aussi. Nous donnons les emblèmes des trois vertus , comme on les voit dans des diplômes des Frères Maçons et comme ils sont dans ceux des Bons-Cousins. {PL L", n.^ ly et 29.)

Un phénix gravé dans un Abraxas , rapporté dans tAntiqmti dévoilée, i. u^ p. 5^5 y porte l'inscription H. M. A. 0. , qui répond au mot hébreu Uéma, le Soleil ; cet emblème est celui des Rose-Croix et des Chevaliers du Soleil.

Nous arrêtons ici l'explication des symboles , quoiqu'il nous serait facile de donner une très-grande étendue à cette matière.

Dans le Chriêtianiême dévoilé, 1767 , Londres , jpojf. 4i , on lit : « Les différentes nations, auxquelles les Juifs » furent réciproquement soumis, les avaient infectés » d'une multitude de dogmes empruntés du Paganisme.

» Ainsi la léUgion judaïque j égjrplieiine dans son ori- » gine j emprunta les rites, les notions et une partie des )i idées religieuses des peuples ayec lesquds les Jui£i oonr » versèrent. »

Les critiques osent soutenir que la rdigion de Rome a pris dans f idolâtrie le culte de ses saints personnages, dont une partie est payenne, comme le démontre Val'-' manach , inséré dans Touvrage des Fêtes eiCourtisamui de la Grèce, et de plus les eau:& lustrales qu'elle a emr ptontées des Juifs, tes exorcismes, les dénions, le droit de les chasser; et plus, leurs chants, leurs omemeiis pontificaux et leurs traditions; enfin qu'elle s'est apjffo* prié , d'après le Paganisme et le Mah(Mnétiane , les mi* racles , les febles et les pèlerinages.

Un des principaux dogmes dont les Juifs-^farétieas, les Carpocratiens , les Cabalistes , etc. etc., se servirent après la destriKttion de Jérusalan , fint celui d'Adonis avec le mystère de la rdêurreeiion (i) que nous avons vu établie au temps d'Elysée ; cette fête contentait cmx qui croyaient aux résurrections. Les Phéniciens, après avoir renipli l'air de leurs pleurs et de leurs gémissemens , après de longs jeànes , et des macérations pour la mort de leur Adonis ou grand Dieu Andro^ffu, faisaient éclater une joie immodérée dans les fêtes qui sui^i

(i) Les anciens Hiérophantes égyptiens , phéniciens , grecs, ont toujours pris les allégories de la résurrection pour le renouvellement de la vigueur du Soleil ^ l'équinoxe du printemps.

yaient à Toccasion de la réBartection de leur Dieu; elles étaient célébrées le troi^ème jour après la pleiite lune du mois Thi9ehri. hes premiers Chrétiens^ adoptèrent cette fête en place de l'ancienne PAque juive ; elle était célébrée comme par les Juifis eux-mêmes , le i4.« jour de la lune TMsùhri ou mam; ce ne fiit que deux siècles après rétablissement du Christianisme qu'on renvpjra la Pàque chrétienne au dimanche suivant.

Il parait que ces fêtes et mystères n'avaient pouf but, dans l'origine ^ que de rappeler les trois vérités égyptiennes 9 enseignées aux néof^ytes par les prétïfes , dans l'histoire d'Osiris, qui ressuscite et triomphé des ténèbres et du mauvais principe; ce qui était répété en Perse , dans la mort et résurrection de Mjrthra ^ en Phénicie et en Grèce j dans la mort et résurrection d' Adonis; et postérieurement dans les provinces limitrophes de la Judée par les Juifs ^ en particulier par Paul (voyez les jiûtês dêi Apôtré9, eh* XXV, v. fàSy et eh. xxvi) dans la mort et ré^utreeHùn de Jé8us43irist , trioaiphant des ténèires, de Satan, du mauvais principe et de la mort, et apportant la lumière au monde.

Des critiques ont prétendu que les trinitaires qui vinrent ensuite y l<»rsqu'ils constituèrent le symbole de leur, fbi , y placèrent la susdite doctrine égjrptîenne dans ces paroles : « Nous croyons a la résurrecticm de la chair » ; ce qui , selon eux , veut dire que nous croyons à la dêitruction et régénération des êtres, à la cause pre^

miére, et aux deux principes hmUire et tdnekres, au bien et au mal physique.

En analysant toutes les religions^ disent-ils^ et en les dépouillant de leurs mystères , elles présentent toutes le même système, et se réduisant au culte de la nature. Les premiers trinitaires ne furent dans l'origine que des Juifs qui propagèrent des notions puisées chez les Grecs , les Romains , les Phéniciens , les Babyloniens , les Perses et les Egyptiens.

Pendant que les Juifs, qui ayaient embrassé le dogme du Christianisme et de la Trinité, s'occupaient à le répandre, les révolutions politiques préparèrent la chute des grands Empires et jetèrent l'Europe dans des guerres civiles et étrangères qui finirent par Tentrainer dans un abîme d'ignorance et la firent reculer devant les sciences cultivées par les Grecs et les Romains.

Dans ce désordre général, le nouveau culte trinitaire devint, pour ainsi dire, dominant dans toute l'Europe.

Trois siècles s'étaient écoulés depuis son origine; à cette époque de barbarie, dans cette Perse d'où étaient sortis tant de dogmes, parut un philosophe qui voulut ramener l'esprit humain égaré au culte du Dieu unique ; il s'appelait Manès, que quelques personnes peu instruites ont cru être le premier type de notre Ordre, le créateur de notre dogme , peut-être par la conformité de son nom avec Menés , duquel nous avons parlé dans cet écrit.

Manès Técut sous Sophore, roi de Perse. D s'efforça de faire revivre en toute leur pureté les mystères et religion de Zoroastre^ en les unissant à la charitable et pure doctrine de JésushChrist.

La doctrine de Manés était libérale, tandis que la superstition et le despotisme dominaient l'Europe : il est aisé de croire que ceux qui professaient des principes démagogiques 9 une religion dépouillée de fantômes, devaient être persécutés. Ainsi , les Manichéens forent poursuivis à outrance par tous les despotes et par les prêtres de Rome, depuis le quatrième siècle et après leur apparition.

Remarquons que les signes gnosticiens acceptés par tous les anciens libéraux, furent ceux des Manichéens, comme par la suite ils le furent par les indépendans d'Angleterre , du temps de Gromwel , des Américains et dernièrement des Français.

Le zèle de Manès fut vivement combattu pas ses adversaires et même après sa mort. S.^ Augustin l'Africain , élevé dans les mystères de Zoroastre adaptés à la Sainte Doctrine de Jésus , fut un des persécuteurs et des ennemis les plus acharnés de la doctrine de Manès, connue sous le nom de la Religion des Enfaiu de la

On donne pour l'une des plus puissantes causes de la haine de S.^ Augustin contre Manès , et de son zèle pour la religion trinitaire chrétienne , la douleur qu'il éproDLva

de n'avoir été admis dans les mystères de Bfanès qu'au premiçr grade et à Tordre du croyant.

Les Mages, qui rayaient reconnu pour un esprit ash bitieux et inquiet , lui avaient reiusé tout avancement ^ malgré neuf ans de postulat, et malgré les plus puisaans efforts pour être admis aux ordres supérieurs. Ces ftits sont constatés par Fleury , Barcmus et Augustin Uiir même daus ses Confessions.

Les critiques disent queS.^ Augustin était Pyxrhonîen, et qu'il voulait que ses Disciples suivissent cet axiome » duquel il fait parade dans plusieurs de ses écrits : « Credo quia absurdum. » Plus les choses sont inejrçfwbles y plus elles paraissent divines au croyant ; et plus elles sont absurdes , plus le croysAt pense qu'il y a du mérite à les croire.

. Scaligçr assure que S.^ Augustin manquait des talens nécessaires à un interprète de la Bible et de tout livre mystérieux. Il lui reproche (ce que firent aussi des critiques modernes) 4'avoir voulu interf^réter A sa manîàre des textes isolés de la Bible, et persuader A ses admira* teurs qpie les nouveaux mystères du Christianisme trt'nitaire étaient annoncés , figurés et prophétisés dans TAncien-Testament de la manière suivante :

Qu'Abel était Fimage positive de Jésus-Christ ; que

les deux femmes d'Abraham (i) étaient les imagea des

• (i) Sara et Âgar. Nous avons vii la première paitag[er le lit de Fhtraon, par la aagesie innocence (telle est Texpressiou biUîqae)

deux institntiOQB divines et idigkxma^ la Synagogue et TEgliae chrétienne catholique 9 nouTdle épouse de Jésus- Ghri9t; que le drap rouge exposé & la fenêtre par cette fiUe dft joie qui ayait trahi JérichOi sa patrie ^ pour être préservée di^ meurtre et du pillage auxquels elle avait livré ses concitoyens , était l'image du sang de Jésus ^ que le Serpent d'Airain ^ que nous avons vu servir à la fourberie des Lévites ^ était Fimage de Jésus , de son sacrifice sur la croix , et bi^i d'autres comparaisons et interprétations que nous n'osons contredire, et que Ton p^it Hre dans S.^ Augustin , Sermon 98 et Epitre 167 y aiiisi que dans les Saint»*Pères de l'Elise qui écrivirent aprée lui.

CSonmie n(ms Tavons dit , des écrivains anciens et modernes veulent que notre dogme soit orîgnaire de Ma^ nés (i)i c'est pourquoi nous nous croyons obligés de parler de quelques-unes des circonstances les plus marquantes de sa vie.

Manés n'eut d'autre héritage de s(m père que Thon-

d'Abrakanl , cpii, au liea de déchorer qu'elle ëudt sa femme', fit croire aux Egyptiens qu'elle était sa sœur } e^e miéprÎM coula presque la vie à Pharaon , car elle lui causa de telles maladies , qu'il la renvoya à Abraham. Le Seigneur avait ainsi afflige Pharawi pour d^rver la pureté de Sara. Quant à Agar , son esclave, Sara pria Abraham de la prendre comme sa fapmo ^ eHe était jeune et belle ; le bon patriarche acquiesça aux vœux de sa femme , et rendit féconde sa servante Agar. (Gen.^ chap, 12 e/ 16.) (1) Entr'autres , Tabbé Lucagni , de Rome , et Vthbé Banwl.

nenr et le droit d'admission aux mystères de Mythra. Lt Teuve de Syctien ( qui avait été aussi Mage ) ^ fismme pieuse et sans enfieuis , douée d'une ame douce et mfL rieure, possédant une grande fortune ; connaiMant te talens et les bonnes dispositions de Manés, lui propoil de l'adopter pour son fils , afin qu'aidé de sa fortune et de ses biens, il pàt sans obstacle suivre sa carrién scientifique, pour le bien de sa patrie et de l'huoEianité. Manés d'abord refusa ces offires ^ mais , pressé par sei amis, il les accepta.

C'est en conséquence de cette adoption qu'il TOiihit qu'on l'appdàt fEnfomi dé la f^mve ; et conune ceux qui suivent ses doctrines et le dogme de Zoroastre , p«r k second article de ses statuts , étaient tous frères , de la même manière et dans le même esprit que ceux qui suivaient la doctrine de Jésus , les Disciples de Manèi s'appelèrent lêê Enfant de la Vewoe,

La morale de la réforme religieuse de SiOroastre, mise au jour par Manès, adaptée à la doctrine de Jésus, lui attira une infinité de Disciples. Les plus renommés furent jiddaê, Hesman , Thomaê$ ils obtinrent la permission du vivant de Manés , de porter ailleurs sa morale / sa doctrine et sa science.

Addas fut en Judée , et réunit à sa doctrine ICipsu de prétre»-]uifs qui se trouvaient éparpillés après la db^ traction de Jérusalem , et qui suivaient les doctriiMS mosaïques réformées par Jésus.

Hesman fut en Egypte ^ où les prêtres coptes qui y dans Alexandrie et ailleurs, avaient adopté les doctrines des Juifs nouTeaux Chrétiens établis dans ce pays y re^ curent les principes de Manés , qui n'étaient , dans le fond y que ceux des Egyptiens , transmis et apportés aux Israélites par Moïse et ordonnés par Jésus.

Thomas fut i Babylone , et ramena dans le bon chemin les prêtres de Balaham y que nous ayons vus dans Hérodote être trés-déprayés.

Tous les trois couronnèrent leur apostolat du plus brillant succès.

Le nombre des Disciples de Manés augmentait tous les jours, et partout, mais plus qu'ailleurs, en Perse et en Mésopotamie , où il ayait établi son siège et son professorat. Mais sa science , sa yertu , sa renommée , lui attirèrent une foule d'ennemis. L'enyie , la haine ,^ le fanatisme aiguisèrent leur glaiye.

Les Perses les plus accrédités s'empressaient de cour sulter Manés ; ils partaient satisfaits de la justesse de ses conseils. Les Mages dissidens ignorant l'art sublimeet libéral que Manés professait et enseignait, le regardèrent comme un intrus ; ennemis de sa science et de son crédit , ils jurèrent sa perte. Un accident malheureux les fit triompher; le fils unique de Sophore était depuis long-4emps malade ; les Mages dissidens firent adroitement persuader au Roi que Manés seul était dans le cas de le guérir; ils savaient cependant très -bien que sa

guérison était impossible y et qu'il devait suGCombei bientôt. La médecine était pio&asée par le Sacerdoec^ et les Israélites mêmes n'avaient pour médecins que dts prêtres. Dans le LMtiqtm , cA. xiii, il leur est détohi de soigner et de guérir la lèpre , maladie qui rongoail le peuple israélite. Dans SMmc FEvanjélUtSj eh. xvn^ on voit dix lépreux qui vont au-devant de Jésus ^ dans un bourg de Samarie , pour être guéris de fai lèpro ; mais Jésus , qui professait la loi de Moïse et aava^ qœ c'était aux seuls prêtres juifs qu'était dévolu ce pouvoir , leur ordonna d'aller se présenter à eux pour cet objet y et de se conformer i la loi.

Un des plus éminens pouvoirs que les EvangéUfftes attribuent à Jésus, était de guérir les maladies mAmes les plus incurables y et de ressusciter lea morts. Ses représentans, les pasteurs de l'Eglise romaine, en bien des pays et dans beaucoup de langues > se noaament curés y en latin eurarê, guérir. Ces curés, pendant les temps d'ignorance et de barbarie, ne purent s'adonner aux sciences conme les anciens Magies , prêtres égyptiens et jmEs , ni par conséquent à la physique et à la médecine, à l'aide deaqueUea les anciens Mages et prêtres guéfisMtient les malades. Ils eoit donc cherché à s'attri* huer L'art de guérir (dans le sens mystique) les âmes midades; peut-éÉre qu'à ces époques lointaines,, ib opéraient des guérîsons par Fexemple des vertus cbré^ tiennes qu'ils prêchaient.

La TÎsite que les prêtres catholiques font de nos jours aux malades ^*est un reste des usages orientaux. Heureux ai y avec cette ancienne pratique y ils eussent eonserré la science des Anciens ; leur apparition au lit Au malade lui causerait un sentiment de joie et de conso** ladon , tandis qu'il frissonne i leur Tue^ par les tristes peintures qu'ils lui font de la colère de Dieu y de son dernier jugemait et des peines éternelles qui attendent les pécheurs dans l'autre nu>nde7 an moyen de l'Enfer et du Diable qu'ils tiennent toujours prêts pour les employer i leur profit. L'aspect sous lequel se pré^ sente aujourd'hui un prêtre chez un moribond, ne peut

causer que des rév(dutions meurtrières sur un physique d^ affiiibli. Quelques savans prétendent que , dans les pa3f8 où dominent de tels abus de l'Eglise de Rome , les derniers Sacremens font mourir plus de monde que les maladies et les empjnriques ensemble.

ChcK les peuples d'Orient , la médecine feûsant partie de la phyâque y était y pour ainsi dire y l'apanage des prêtres et des Mages. Pline , ffiêt. Nai. , X¥i , 44 , et xxrv y ii3^ dit que les simples salutaires ne pouyaàent être touchées que par les prêtres , aTec de certaineis cérémonies.

Mélampe y qui apporta en Grèce les iêtes et les cerànonies de Bacckus y était à-4a*fois prêtre et médecin. (Hetad. Il , 4o ; Diod. I? 9^ )• Les Brames sont encore de nos jours les médecins de toute Tlnde. Les

dans leurs maladies, ne oonsoUent qne les |irélies. En Egypie f la troisième dasse des prêtres était chargée éi traitement de tons les maox physiques, en ae ocmfonHaii aux six libres de Mercure trismégiste. Dans le Tbibety encore aujourd'hui les médecins sont tirés de la race des Gellongs ou prêtres. (Mayer, Hith , Lexic. ,. art Gêlhng.)

Suivant cet ancien usage , Sojdiore fit appeler Manis qui f ayant examiné le jeune Prince , découvrit que as constitution était minée par les remèdes qu'on lui.avait donnés } néanmoins , afin de ne pas nuire â oeuxfqui rayaient soigné, il dit au Roi que, s'il y ayait un moyca de guérison , ce dont il n'était pas assuré , c'était d'âoîgner de son fils tout remède et tout médecin, dcmnant pour raison que la nature , i Tâge tendre de l'enflunt , aurait plus de pouvoir que tous les secours de l'art.

Le Roi suivit ce conseil , venu malheureusement trop tard , et chargea Manès de veiller lui-même à la précieuse vie du Prince; mais la nature du mal était telle que , malgré les soins de Manès , le jeune Prince expira dans ses bras.

Après. ce malheur, Manès, déchu de tonte £Bivenr royale, quitta la cour, et se retira en Mésopotamie. Alors ses ennemis s'unirent pour cabaler contre lui en «on absence. Ils firent un rapport au Roi , dans lequel ils dénoncèrent Manès comme le meurtrier de boq fils; ils Jui persuadèrent qu'il eût été guéri , si Manès ne

s'était pas adroitement emparé de sa faveur pour éloigner tous les autres Mages; qu'il avait fait périr son fila unique, dansPespoir de monter ensuite sur le trâne après la mort de Sophore j soutenu par le peuple qu'il avait corrompu , et par les grands de la couronne qu'il savait flatter.

dette calcmmie réussit. Le Roi donna tête baissée dans le piège ; il fit instruire un procès secret , à la suite duquel on condamna Manès par contumace à la peine de mort.

Manès en fut averti ; il chercha à se dérober aux poursuites. Le Roi avait envoyé des chevaliers armés en plusieurs endroits pour l'arrêter.

Deux fois il fut sauvé par Archelaùs, évêque; mais enfin il fut pris en Mésopotamie et traduit devant Sophore qui y après lui avoir reproché sa prétendue trahison et la mort de son fils y pour s'emparer de la couronne , voulut que l'arrêt de mort s'exécutât sans aucun délai f et inventa même un tourment inoui y par lequel le sage Manès finit sa carrière.

Ce Roi cruel ordonna qu'on l'écorchât tout vif avec des pointes de roseaux; que sa peau, remplie de paille, flkt suspendue à la porte la plus fréquentée de la ville ; et de plus que sa chair fut jetée à la voirie pour être dévorée par les chiens.

Telle fîit la fin de cet homme savant et juste.

Ce malheur rendu public^ douze de ses Disciples se

partagèrent la terre , et portèrent son dogme 9 aeft mj^ fèves et sa doctrine dans tout FUnivers ; sa Inmiére se répandit conune on éclair en Asie, en Afinque et en &rope y ainsi qu'on le voit dans Baroniui, Fleury et BmgU.

Les Egyptiens qui s'opposaient au dogme d'un Dîea mortel, représentaient Di|BU immortel par un serpent qu^ils appelèrent Cneph 9 qui rendait par la bouche un œuf, symbole du monde qu'il avait produit. ' Le dogme des deux principes et de Dieu , confinrmément à celui de 2k)roastre et des Egyptiens, était répanda en Italie au temps des Romains. La Fig. 9 , PL 11, montre un œuf au milieu de deux serpens,- dont Ton veut Fenleyer â l'autre.

Voici l'inscription que portait cet hiéroglyphe : « Que » Hemnulejus Hermès avait sacrifié aux mânes pour sa » femme et pour lui , pour ses enfans et sa postérité, et H qu'il admettait par le symbole de l'œuf le Dieu non » mortel des Egyptiens, et par deux serpens qui se "h disputent Foeuf , les deux principes bon et mauvais, » lumière et ténèbres ». Montfaucon, t. n.

Ces idées furent toujours suivies par les premiers Chrétiens.

Du vivant de Manès , Hesman, son Disciple , avait propagé son dogme en Egypte où les prêtres coptes et les autres Chrétiens le suivaient avec les mystères adoptés ^r leurs voisins et nouveaux hôtes jui& , qui déjà professaient les doctrines de Jésus. D parait que , dans

ce tempft-lâ, les Chrétiens indistinctement , tout en se tenant aux anciens mystères , établirent une quantité d'hién^lyplies emblématiques y auxquds ils attachèrent ' leurs mystérieuses allégories , savoir :

V Etoile pour indiquer les Rois Mages j ou les savans qui, les premiers y publièrent la doctrine de Jésus , ayant été guidés , par la lumière de la raison , à la recherche de la Térité. {PL I, n.^ 5o.)

làAeaeia , arbre c(»nmun en ^Palestine y qui figure dans le Maître Parfait , pour rappeler la Croix sur lar quelle leur Divin Maître finit sa carrière mortelle. Nous le répétons, cette branche symbolique est le Lothus des mystères égyptiens , le Myrthe d'Eleusis , le Gui druidique, le Rameau d'or de Virgile, le Roseau d'or de l'Apocalypse.

liC TripU Triangh {PL 11^ n,"" 19) rappelant la gloire de l'Eternel qui a Tœil à tout et partout , composé de trois unités égales qui formaient la Trinité , base des mystères égyptiens, la gin4ratum , la destruC'tion, la régénération, qu'on a dû représenter aux faibles yeux des Egyptiens dans les trois personnes d'Isis , Osiris, Orus, coinme à ceux des Chrétiens dans les trois personnes du Père, du Fils et du Saint-Esprit, afin de leur donner une idée allégorique des trois vérités et de l'unité (1) du Grand Architecte de l'Univers, du Grand Gehovah.

(i) Le Dante, dans son Paradis,- voit TEtemel^ qu*il décrit

L'équerre et le compas unis pour figurer la fîisîoii de la Loi de Moïse arec la nouTelle Loi de Jésus, qui rendait par ses préceptes les hommes égaux. Qéident d'Alexandrie , Siram VI , regarde le cubitus , c'est-idire la JRigU comme un emblème de justioe. Noos ayons trouvé en main d^un Osiris et d'un Arpocrate une équerre.

jius deux auteU ( Table I, n.® 17) dès pains et des parfums, ces Chrétiens ont ajouté l'autel des sacrifices , pour rappeler la fin sanglante de Jésus.

Il parait qu'on attacha aux douze bouvillons de la Mer d'Airain ( Table I, n.® 4o) une seconde commémoration, outre celle des douze Patriarches , celle de douze Apôtres de Jésus qui triomphent des obstacles portant

sous le symbole de trois cardes, desquels sortait une lumière colorée comme Tins qui Téblouît.

Le poète , dans sa vîsion , voit une transfiguration de ces cercles lumineux en sa propre figure et ressemblance.

Les Anciens ont établi la forme de la Divinité sous celle d'un homme ; ainsi , avant le Cygne d'Italie, les Egyptiens représeittèrent leurs Dieux /«», Osiris , Orusy sons des formes humaines ; après eux, les Juifs firent JDku le Père; les Grecs et les Romains eurent Jupiter , Apollon , Çybèle , et les Chrétiens le JPère et le Fils; et dernièrement, Swedembourg a cru voir Dieu sous la même forme que lui, se conformant à la Genèse, ck. i.«r^ v, 37, de. la Création de THomme.

Le philosophe Fontenelle disait quelquefois d'un ton railleur : « Dieu a fait P homme à son image , mais P homme le lui a bien » rendu s> ; et Bossuet disait avec plus de gravité , d'une certaine époque , que « tout était Dieu alors ^ excepté Dieu même ».

la foi et les iQAximes libérales de leur maître dans l'Uuiyers^ comme aussi ou a dà attacher une seconde allégorie au Livre de la vraie htmiirej rappelant parlà les Evangiles et T Apocalypse y écrits tous mystérieux , que Ton prétend contenir la doctrine complète des Maçons du Temple mystique de Salomon , et qu'il n'était permis de lire qu'aux initiés des hauts Ordres; ce qui était désigné par hê sept sceau» que renfer-^ mait le Livre de la lumière (planche I, n.^sG), lesquels sept sceaux étaient aussi les emblèmes des sept sciences requises et des sept degrés théosophiques et chrétiens, tout comme le sont les sept Sacremens des Chrétiens de Rome (i).

On attacha aux dix cuves TaUégorie des dix Gommandemens des Tables de la Loi {Table I, n.^ ao) , qui étaient les préceptes de la religion des Juifs et des nouveaux Chrétiens, préceptes qui devaient être invariables.

Nous répétons que les emblèmes qui tiennent entièrement à l'art du Maçon furent établis , ccmmie on l'a expliqué , lors de l'établissement de Tinitiation juive en Babylone , pour indiquer l'Architecte étemel et expliquer l'allégorie du Temple de la Sagesse et de l'A-^ mitié ; ils servaient aussi â expliquer la nécessité du

(i) Le nouveau rite français parait avoir adopté 8im|4emnt sept grades, comme le/acsimiie des sept grades des prêtres de Rome^

Inmûl naposé é rhn—nr Four ces 1 mliHai 11 y ^mjn PL 1 7 «.* 34 ; nais tons ott fiMrtnni maçonoBiqiKs —hipii^ filent lomber pnequ'cn ooMi 1m cnadgae» mcof de rimiUlion égyptienne, joire-diiélicniie , fin perdit poor ainâ diie son nom, dans cdni dee mmpkf signée on fiMrtnf de la Maçonnerie. L'aPHknr de la MmfotmerU (poème) eroit ces changemens animés da sixième an dixième slède.

Dans nn Ordie éteré, et dans difféiens rites maçonniqnes, pendant la représentation d'une des cérémonies, les signes symboliqnes scmt les ccdonnes dn Temple Inrisées, le TOtle déchiré , la pierre cobiqne reniFersée, couTerte de taches de sang ; les accotytes tiennent à h main on roseau où , après l'explication des causes de ee désordre , quelquefiois apvés les agapes , <m bràle kt quatre lettres initiales I. N. R. I. , qui font la base des nqrstères de ce même degré.

Baruel et quelques autres auteurs de son opinion , ont cru Tcnr dans cette allégorie celle de Bfanés, et ont prétendu que les instituteurs de cet Ordre aTaient ironlu établir, par cette cérémonie, que les persécuteurs de Bianès aTaient répandu les ténèbres , f ignorance , le désordre sur la terre , et fiât disparaître et hrAler la sainte doctrine de Jésus, que Blaiiès arait unie à celle de Zoroastre.

Tous les historiens ont rapporté les efforts qu'après la mort de Bfanès , les nouveaux trinitaires chrétiens

mirent en œuvre du temps de Qmstantin-le-Grand et après lui y pour détruire le dogme réformé de Zoroastre, sur Funité de Dieu et ses deux principes, ou la Religion des Enfans de la Veuve. Il s'en suivit une persécution violente contre ceux qui professaient de tels principes y et sur-tout lors de la décadence de l'empire grec , les derniers Empereurs accordèrent une protection sans bornes aux trinitaires.

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