‹ La Maçonnerie considérée comme le résultat des religions égyptienne, juive et chrétienne. Tome premierChapitre 35 sur 38 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

De Gonslantin ; pourquoi il protégea les Ghrédens. —Les premiers Ghrédens sont commerçans ; de leur communion de biens ; l'administration accordée aux Prêtres ; cause du povroir de ces derniers. — Les Chrétiens favorisent Gonstant^le-Pâle à monter sur le trône des Césars. — Constantin préside le Gondle de Nicée ; la Divinité de Jésus niée par les Ariens : ib s'appuient sur l'Evangile de Jean. — Le Concile de Nicée établit quatre Evangiles comme canoniques ; mode qu'on employa pour en faire le choix. — • Deux Evéques , après leur mort , signent le protocole du Concile. -—Préceptes de la Loi chrétienne et son dogme. — Symbole des Apdtres éoit au Concile de Nicée. — Jésus n'a rien écrit — - Ténèbres qui entourent le berceau de la Religion chrétienne.-— Donation de Constantin au Pape Silvestre ; remarques à ce sujet ; elle est démontrée comme étant apocryphe. — Des Reliques et des Iconoclastes. — * Le pouvoir des Papes s'établit sur les ruines de l'Empire d^Orient. — Charlemagne accorde une autorité illimitée aux Papes quj aspirent à la domination universelle. — La Cour de Rome soudoie des écrivains apologistes de sa conduite. — - L'Empire d'Orient déchiré par les Sectes chrétiennes.

iVJL* Lenoir remarque avec beaucoup de sagacité que Constantin y souillé de tous les crimes, teint du sang de son épouse , après des parjures multipliés , se présenta aux prêtres payens pour se faire absoudre de tant de forfaits ; ils lui répondirent qu'il n'y avait pas d'expiation à tant de crimes , et qu'aucune religion n'ofirait de

Isecours assez puissans pour désarmer la justice des Dieux qu'il avait outragés.

Un flatteur du palais , témoin de son trouble, lui apprend que les Chrétiens, qui avaient été les partisans de son père, et qui étaient très -zélés à son égard, avaient des purifications plus paissantes que celles de la religion payenne ; qu'ainsi son mal n'était pas sans remède.

Constantin, mu par ce criminel espoir, se déclara le protecteur d'une secte qui disait avoir non-seulement le pouvoir, mais le droit de l'absoudre.

C'est ainsi que de petites causes amènent de grands événemens ; c'est de là que Bysance devint le siège de TEmpîre romain, et que Rome et l'Italie purent tomber dans les mains d'un prêtre et devenir son apanage , en perdant ainsi leur antique grandeur et gloire.

Après ces curieuses recherches , nous observerons que Constantin s'est fait baptiser par Eusèbe , Evéque de Nicomédie , qui était Arien , et que Constantin porta toujours jusqu'au tombeau le titre de Grand-Pontife des Romains.

Les premiers Chrétiens s^adonnaient au commerce exclusivement, comme les Juifs; ils s^enrichissaient extraordinairement , et comme ils devaient mettre en communion leurs biens , pour être administrés par leurs Evéques , ceux-<;i devinrent par-li aussi puissans que des Rois. Gallus Pretextatus, Consul romain ,

qu'il se ièrait CShTétien, si ou lui avait donné les rentes de ITvéché aux sept montagnes. Les premiers Chrétiens , qui arrivèrent très-pauvres de la Jodée en Italie et en France, devinrent asses riches pour prêter de l'argent â Constantinrle-PAle, qu'on dit être le père de Constantin-4e^rand , qui par-là monta sur le trôné éts Césars et en prépara le chemin à Constantin , lequel en eut toujours de la reconnaissance et protégea indistinctement les Chrétiens qui l'avaient aidé à se dâiarrasser de ses ennemis. C'est une erreur de croire qu'il était attaché aux Chrétiens orthodoxes. Il désapprouva les querelles qui les partageaient avec les Ghrecs sur la subsianeê du f^erbe , trouvant, comme il le dit lui* même , que c'était un êijet minée, indigne de la gravité du ministère chrétien. Cette querelle occasionna le Concile de Nicée; Constantin se trouva flatté de pouvoir y présider. Dans les controverses du Concile, tantôt il prit le parti d'^Arius , tantôt celui d'Athanase ; néanmoins il les exila l'un après l'autre.

La grande question de ce célèbre Concile n'est pas encore terminée de nos jours ; car les Chrétiens sont encore partagés sur l'opinion de la divinité de Jésua-* Christ. Les Ariens, qui figurent 3oo ans après l'été chrétienne, s'appuient sur l'Evangile de S.* Jean, qu'on prétend avoir établi la divinité de Jésus , ainsi que noua l'avons vu; voici comme ils expliquent cet Evangile, au eh. xvn, $ 3 : « La vie étemelle est de connaître le seul

» Trai Diea et son Apàtre {ewm»fé^ Jésus-Qirist ». Et au cA. XX , $ 17 : «Jésus lui dit : Ne me touche point y car je » ne suis point encore monté vers mou Père; mais va i » mes Frhret et leur dis : Je monte vers mùn Père et. » vers votre Père, vers num Dieu et vers votre Dieu >»• Les Ariens observent que Jean veut persuader que le Père est dans le Fils en parlant de Jésus; il finit par en faire une distinction formelle qui n'admet aucunement sa divinité; dans le cA. xrv, v. 38 : « Je m'en vais au )i Père 9 car le Père est plus grand que moi ».

Plusieurs auteurs ont nié que l'Evangile de Jean fàt véritablement écrit par lui ; car au cA. xxi, v. 24 , il est dit : « C'est es Disciple Jean qui rend témoignage de ces » choses, et nous savons que son témaignagê est digne » de foi ».

Ce verset a induit les incrédules à croire , d'après le texte et la force de Texpression, que cet Evangile n'était qu'une tradition parue après S.* Jean ; preuve nouvelle que le berceau de l'Eglise naissante est environné de ténèbres impossibles à dissiper.

Toutes ces contradictions devaient s'éteindre au Concile de Nicée qui a établi quatre Evangiles canoniques. Néftnmoins les SaintfrPères qui précédèrent ce Concile , n'ont rappelé dans leurs ouvrages que les Evangiles que le Concile déclara apocryi^es ; œ qui a induit i croire que les Evangiles canoniques fussent postérieurs aux apocryphes.

Du reste y voici conunent ce Concile s'est guidé dans le choix des quatre Evangiles qu'il voulait adopter dans rinnombraUe quantité qui alors existait.

Les Saints-Péres du Concile assemblés, illuminés et éclairés par VE éprit Saint, placèrent péle-méle , sur un autel devant lequel le Concile s'assemblait, tous les Evangiles alors connus. Ils prièrent ardemment le S^ gneur Dieu pour qu'il daignât leur faire voir quels étaient les Evangiles inspirés par ledit Esprit Samt. Après la prière , tout-à-coup arrive un miracle ; les Evangiles que Gelase devait faire brûler , tombent toui l'autel; il ne reste au-dessus que les quatre qu'on déclare canoniques et qui sont suivis de nos jours par la pres^ que généralité des Chrétiens.

Mais ce Concile devait se terminer par un miracle encore plus grand. On était convenu que pour la validité du Concile , tous les Saints-Pères devaient signer les actes. Or, pendant la durée du Concile moururent deux évéques , Musonius et Chrissante , sans avoir signé les actes ; voilà la besogne comme on dit au Diable, car il fiftUait absolument leur signature pour la validité du Concile. Les Saints-Pères font placer des gardes autour du tombeau des Evéques; ils déposent au-dessus les actes du Concile, qui, comme on sait, était divisé en sections. Les Saints-Pères passèrent la nuit en prière, et le lendemain ils trouvèrent que les trépassés avaient heureusement signé les actes du Concile.

Si l'on retranche les lois juives auxquelles les con-» yertis à la foi de Jésus étaient soumis, la pure doctrine chrétienne se réduisait à trés-peu de préceptes :

1.** Au dogme fondamental juif de Tunité de Dieu , auquel les Apôtres joignirent

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