La récompense et les peines dans la vie future
3/ La mission divine de Jésus le Christ et le Fils de Dieu ;
4.® Le résurrection de Jésus, cause de la résurrection des hommes;
5.^ Le don mystérieux de TEsprit-Saintpar la permission de Dieu ;
6.^ La croyance des esprits impurs répandus entre les hommes.
Voilà ce que croient les Apôtres dans leurs écrits. Le Symbole des Apôtres ne fut écrit qu'au Concile de Nicée; il se perfectionna peu à peu , et l'article qui traite du Saint-Esprit fut établi postérieurement au Concile de Constantinople , qui se tint sous Théodose en 38i. Grégoire de Nyssa , en Capadoce / est Fauteur de ce dogme. Si le Symbole avait existé du temps des Apôtres et eût été établi par eux , il n'y aurait pas eu tant de disputes , tant de sectes , et les vrais fidèles auraient eu une règle à opposer aux novateurs.
Le Christianisme , à son berceau , ne fut signalé que par des disputes théologiques , en opposition les unes avec les autres , malgré la simplicité et le petit nombre de ses dogmes (Voyez les Acteêéeê Apitreê et St^Paul,
ad Coloêê. y ch. Il y v. 4 , 8 ; Tknoth I , ch. i, v. 4 et suiYaiis; idem^ Timoth. ii^ ch. il, v. i6, etc. etc.)
Jéaus n'a rien écrit , on ignore pourquoi. Sa morale se trouve dans le Nouvbom Testament qu'on dit écrite par sesDisciples. Les Chrétiens éclairés regretteront toujours le peu de lumières que leur culte présente précisément, lorsque le besoin s'en fait le plus sentir. Toutes ces incertitudes malheureusement firent placer la religion chrétienne dans le même rang que les sectes philosophiques en vigueur à ces époques lointaines , et ces disputes, en fait de dogmes^ leur paraissaient comme des thèses scolastiques , où on ne s'occupait ^ et avec un parfait accord, que des préceptes de Jésus, de l'adoration de Dieu , de l'amour du prochain et de la pratique de la plus parfaite charité.
Nous engageons nos Frères de se procurer les ConnilratUmê sur V histoire des principaux Conciles, par le Frère de Potter. Ils seront surpris de voir que le Christianisme > jusqu'au 6.™® siècle , a été toujours en contradiction avec lui-même.
La grande renommée que Constantin s'est acquise av^ le teipps, ayant été classé etttre les bienheureux , ne provient pas de la présidence dont il fut honoré au célèbre Concile de Nicée; mais il la doit à cette fameuse donation de Rome et de l'empire d'Occident , que les Apostoliques soutiennent qu'il fît i Silvestre , Grand-Pontife des Chrétiens d'Occident à Rome.
Obseryons simplement que si cette donation avait existé dans le fait, les Papes n'auraient pas manqué de la mettre en ayant lors des contestations qu'ils eurent à soutenir ayec les Empereurs d'Orient, et en particulier avec Léon l'Isaurien , dont Tescadre enyoyée pour réduire le Pape et Rayenne , fut engloutie par une tempête dans l'Adriatique ; ce qui est une preuye évidente que cette donation fiit forgée par les dispensateurs des grâces divines.
Cette donation est d'un style pitoyable et démontre la maladr^se de ses auteurs qui ignoraient entièrement l'histoire des siècles qui les précédèrent. Tout le monde sait que Constantin ne se fit Chrétien que quelques iiistans avant sa mort ; néanmoins dans cette donation , il se place sur le trône de Dieu , qui doit juger les vivans et les morts, condamne d'avance aux Diables et aux enfers tout homme qui oserait l'enfreindre.
<c Nous ordonnons que cette donation demeure ferme » jusqu'à la fin du monde ; et si quelqu'un désobéit à no^ » tre décret, nous voulons qu'il soit éternellement damné, » et que les Apôtres Pierre et Paul lui soient contraires y> dans cette vie et dans l'autre , et qu'il soit plongé au f> plus profond de l'Enfer avec le Diable. Donné sous le » consulat de Constantin et de Grallienus ».
A ces époques , toujours obscures dans l'histoire , trois dogmes s'établirent chez les Chrétiens : i .• Celui des images} 2.® des prières pour les morts ; 3.® des reliques.
Les Chrétiens , au tânps des Apôtres, ne connaissaient ni temples ni simulacres d'aucune espèce; ils regardaient conmie une folie le culte et les prières que les Payais adressaient à des choses inanimées.
Les Chrétiens ayant corrompu leur première doctrine, eurent la fureur des reliques , foreur qui dure encore aujourd'hui j elle augmenta leur yénération pour ceux qui les possédaient et qui les accréditaient par des patentes. Par la suite , ils crurent qu'on pouyait participer aux indulgences chrétiennes , même après la mort. On a baf^isé et communié des morts ; le dc^^me des images et cehii des morts et des reliques se tenaient ensemble.
Jjéon, risaurien, regardait les images comme des objets d'idolâtrie, et lança en 716 un décret contre leurs adorateurs. Les Iconoclastes triomphèrent en Orient. Grégoire II , Pape de Rome , sujet de l'Empereur , se refosa aux décrétâtes, et saisit cette occasion pour ordonner aux Romains de ne plus reconnaître dorénavant l'Empereur grec pour souverain et de lui refiiser les tributs ordinaires. Il se ligua contre lui avec les Lombards. Les peuples d'Orient payèrent bientôt le refus du Pape aux ordres de l'Empereur. Tous les adorateurs des images furent recherchés avec soin et périrent dans les supplices. Les Papes , plus avides de pouvoir après qu'ils se furent émancipés des Empereurs grecs, cherchèrent â empiéter sur le royaume des Lombards; dans cette vue, ils se brouillèrent avec leurs alliés, recoururent aux Empe-*
reurs grecs qu'ils avaient méprisés, et contre lesquels ils s'étaient révoltés pour se délivrer des Princes lombards qu'ils craignaient.
Les Empereurs grecs , occupés de désastres privés, ne pouvaient pas accéder à ces demandes. Alors , Etienne II ^ Pape y s'adressa à Pépin qui fonda la légitimité papale aux dépens des Empereurs d'Orient.
^ Léon m, pour consolider son pouvoir, éleva à la plus haute dignité qu'on pouvait alors connaître , Charlemagne, qui, de son côté, favorisa le suprême pouvoir de TEvéque de Rome ; ce qui fit que les Rois Francs conservèrent une certaine autorité et pouvoir prés du Sainte Siège; car, en 855, Louis-le-Pieux a pu juger dans Rome même un magistrat accusé d'intelligence avec le gouvernement grec au préjudice des Francs.
Par les intrigues des Pontifes de Rome, leur autorité profane se consolidait sur les débris du trône des Empereurs d'Orient.
Déjà, à ces époques lointaines, les prêtres de Rome, imbus des fatales doctrines que l'on rencontre à chaque pas dans la Bible, ont cru ou ont voulu se persuader que les Papes , qui représentent les Grands-Sacrificateurs juife , ne devaient pas régner et dominer seulement sur les opinions de leurs croyans , mais qu'ils devaient disposer absolument des biens et des Royaumes de toute
la terre.
GrégoireVII, s'appuyant sur ces maximes subversives de
toute société , de toute autorité civile et politique , s'était arrogé le droit de disposer de toutes les couronnes dés Princes chrétiens , et de déposer les Souverains selon son bon plaisir. Voici les termes précis de rexcommunication qu'il publia contre Henri II, Empereur :
« Je défends à Henri y fils de l'Empereur Henri , de » gouverner le Royaume Teutonique et l'Italie. Tahêùm )) tims êet êujeU du serment de fiddlité. Je défends à » toute personne de le servir comme Roi, et je charge » Henri d'anathéme ».
Henri , pour empêcher la rébellion dans ses Etats et la guerre civile dont il était menacé , fut obligé de se soumettre au Pape.
Après ce Pape, voici comme s'explique le Concile de Florence, tenu en i456 : « Le Pape est au-dessus des » Conciles et des Rois; il a le pouvoir de dépoeer eei » dernière, qui sont dans l'obligation de baiser ses » pieds, et de ne baiser que les siens. Il est le juge en » dernier ressort de tout le monde , et personne ne le » peut juger. Il est infailliblement saint par les mérites » de S.* Pierre ; ceux qu'il a excommuniés n'ont plus » rien à attendre de personne , Tautorité pontificale » obligeant strictement tous les fidèles à violer le ser- » ment fait en leur faveur , et même à te soulever » ouvertement contre eux » .
La Cour de Rome soudoie encore de nos jours des écrivains pour entretenir les ignorans et les faibles dans
ces maximes subversives de tout ordre. Voici comme s'explique LaUmde (qu'on ne doit pas confondre avec le célèbre astronome) sur l'obligation des Rois de baiser les pieds aux Papes; le paragraphe suivant est tiré de son ouvrage qui a pour titre F^oyage en Italie :
« Cet acte est l'empreinte de la royauté et de la d4^ » vinité à la fois. D'ailleurs l'usage de baiser les pieds » au Pape était une suite naturelle de son exaltation » au-dessus de toute autre puissanoe. Constantin baisa » les pieds à Silvestre ; Justin I.®' au Pape Constantin ; » Charles V à Clément et i Paul III ; le Roi de Naples A » Benoit XIV ; et une infinité de Monarques ont fait de » même dans tous \es siècles )>.
L'histoire ecclésiastique fourmille de ces exemples où l'on voit toujours l'abus du pouvoir des Papes et de son clergé , qui est sans cesse aux prises avec l'autorité légitime des Souverains y et qui débite que Dieu dispose des biens et des couronnes de la terre y et que les Papes en sont les seuls dispensateurs.
L^mpereur Héraclius (d'après S.* Théophane , Cron. pag. 276), voyant son Empire déchiré par des sectes chrétiennes qui se disputaient après six siècles sur la nature de Jésus, ordonna de né plus parler désormais ni des deux natures de Jésus , ni de sa volonté une ou
double.
Les schismes des Eglises grecque et latine, leurs idées flottantes sur la divinité et sur les deux natures
de Jésus j ces querelles de grand intérêt sur la soumission que le Clergé romain réclamait des Chrétiens , firent naître de toutes parts des sectes audacieuses y qui conservèrent dans leurs doctrines les dogmes et idées des Esséniens^ des Gnosticiens et des Manichéens. Dans ces circonstances^ les thèses sur les mystères de la Trinité enflammèrent tous les esprits des deux Eglises du 4/ au i3/ siècle. Toutes ces disputes et toutes ces stériles recherches amenèrent la doctrine de l'unité de Dieu. Mais la puissance papale et le monachisme ayant prévalu, les unitaires furent persécutés, dépouillés de leurs biens, briilés pour Tamour de la Trinité et l'édification des fidèles.
D'autre part, en Egypte, en Syrie et en Arabie , pendant que les Juifs s'occupaient à refondre leurs lois, attribuées à Moïse et à Salomon, une grande révolution religionnaire se préparait dans l'Arabie , où les Sabéens étaient très-répandus, et qu'on appelait les Chrétiens de S.^ Jean. Cette religion était formée des débris religieux des Juifs et des Chrétiens.