DEUXIEME ROYAUME
— Vous montez , Seigneur, et vous vous élevez rapide , perpendiculairement , comme s'élève , au nouveau printemps, dans les hauteurs des airs ,
l'alouette qui va chanter , invisible , les espc-
rances de sa couvée el ses amours !
— Il y a par là d'autres royaumes, un autre peuple, d'autres rois, d'autres princes, d'autres riches.
— Est-ce bien loin, bien loin?
— La route n'est pas mesurable.
— Et les royaumes ?
— Ils sont, comme la roule, incommensurables.
— Je ne vous comprends pas, Seigneur.
— As-tu appris qu'on ait mesuré l'étendue prophétique de la vue d'Ehe et d'Isaïe; la puissance d'harmonie de la lyre d'Orphée et des
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poètes civilisateurs ; la splendeur du génie inspiré d'Homère, et l'attrait merveilleux de la voix chantante des rhapsodes au sein de la Grèce poétique?
Et le Fils de l'Homme, quand il n'a pas où reposer sa tête. . . et le hon ouvrier qui fait tant de travaux grands beaux et utiles, et qui n'a pas un morceau de pain pour assouvir sa faim... penses-tu que le Fils de l'Homme et le bon ouvrier ne soient pas, encore alors, rois, princes el riches?... Cependant, peux-tu dire que tu connaisses l'étendue de leurs royaumes, comment sont faits leurs sceptres, et quelles sont leurs richesses?
— Je vous comprends, Seigneur, et c'est pour cela que le Fils de l'Homme a dit : Mon royaume n'est pas sur la terre. Et la bonté et la tendresse du cœur, de même que la beauté et la grâce du corps, sont également des royautés...