‹ La MagdeleineChapitre 2 sur 15 · LA VIEILLE · texte numérisé non relu

LA VIEILLE

Et, la bonne vieille ayant achevé Je récit de sa vision, elles virent que la lueur du soleil disparue ne jetait plus qu'un pâle crépuscule, et que l'étoile du soir brillait, et, près d'elle, le léger croissant de la lune ;

et elles dirent : L'heure du repos est venue; prions, puis rentrons et dormons.

Alors, la bonne vieille commença ainsi :

— Etoile du soir, tu viens d'apparaître brillante sur le blanc crépuscule du soleil couché,

et tu vas bientôt te plonger sous l'horizon

et demain, au lever de l'aurore, une étoile seni-

blable à toi, et peut-être toi-même, apparaîtra.

Dieu de gloire et de bonté, faites qu'il en soit de même de la pauvre vieille qui va bien tôt se coucher dans la tombe î

faites qu'il en soit de même de la famille humaine qui, semblable à la pauvre vieille, est comme à la fin d'un fjrand âge, et pâlit et décline vers son couchant;

La l)elle dame conlinua ainsi :

— Lune, maintenant légèrement croissante, lune dou ce et brillante, lune aimable, fidèle, changeante, astre de mystère et d'amour I tu sors avec une suave majesté des voiles étoiles de la nuit, lu!

lant gracieusement avec les isuages voyageurs qui te disputent à nos regards...

Astre «le mystère et daniour, glis.^c les rayons suaves cl doux sur la couche de la

HT

jeuDo épouse et de son hienaimé!.. et bien souvent, coin me dans ce moment, bel astre que j'aime, viens effleurer et réjouir mes yeux I

— Etoile du soir, étoile du matin, je vous aime au couchant de ma vie! Plaise à Dieu que, durant tout le temps que vous ne brillerez point au ciel et que je dormirai, des anges viennent se reposer sur mon chevet et me visiter dans mon sommeil!

— Lune douce, belle, argentée, je veux dormir et me reposer dans ta charmante lumière. Et plaise au Dieu de miséricorde et de bonté, que sur tes rayons, douce lune, il descende, des campagnes célestes, au fond de mon cœur, un baume fortifiant et sauveur I Plaise au Dieu de miséricorde et de bonté, qu'un divin cantique résonne autour

de moi , et me rende la belle et noble espérance dont mon cœur est vide et ma vie découronnée I

Et elles chantèrent ensemble :

— Gloire à Dieu dans les hauteurs des cieux, et paix sur la terre aux gens de bonne volonté !

Que l'homme juste et bon qui fait reposer sa force et sa grandeur dans le travail , soit béni, comblé d'honneurs, et soit heureux !

Que la femme aimable et forte, dont la vie est dévouement et vérité, soit aimée et respectée ; et que la gloire couronne tout ce qu'elle aime I

Gloire à Dieu Jans leshauleurs des cieux, et paix sur la terre aux gens lie bonne volonté I

Et la bonne vieille se leva , et la belle dame avec elle ;

et elles rentrèrent dans la pauvre vieille demeure....

et la bonne vieille alluma un peu de feu avec ses broussailles....

et , quand la chëtive flamme du foyer permit de voir un peu,

la belle dame regarda la pauvre vieille avec plus d'avidité et d'attendrissement encore qu'elle n'avait regaidé, au commencement, la pauvre vieille demeure ;

et il n'était rien dans tous ses tr.iils, (laii>> sou front ridé, dans ses yeux caves, dans '^on cou déformé, dans ses mains décharnées, dans ses cheveux hiancs comme la neige,

dans sa ccifrur"^ et dans tous ses pauvre*, vieux vêtemens, qu'elle ne considérât avec respect, affection, tendresse;

et le jeune fiancé qui conduit au temphcelle qu'il appelle son cœur, son amour, sa vie , ne la regarde pas avec plus de bonheur et de tendresse !

Et elle prenait les mains décharnées de la bonne vieille dans ses mains, et les couvrait de baisers et de larmes, lui disant et répétant :

— Bonne mère! ma bonne mère!

La belle dame aimait donc la bonne vieille, et lui était tout attachée 5

et elle se sentait saisie près d'elle d'une crainte divine et d'un saint enthousiasme, comme si elle eût été dans le temple de Jérusalem, près de l'arche sainte, au moment de la communion... et cela, dans toute la ferveur des anciens jours.

C'est qu'une longue existence, dont le cours a été rempli de travail, de bonnes œuvres.

on

(l'ardeur |>our lebicMi, et de toutes choses qui sèment notre vie de dignité et de beauté, cl l'entourent de tendresse et de vénération ; c'est qu'une longue existence ainsi tissue , alors qu'elle penche vers sou couchant, res semble aux ruines des temples magniliques et sacrés que le culte du peuple et le' génie des grands artistes bâtirent au nom de Dieu. . . et que, tant qu'il on reste une pierre et une trace, on visite au nom de Dieu avec un mélange de respect, de sainte tristesse, de généreuse exaltation, indicible!

La bonne vieille louait et glorifiait Dieu dans son coeur, pour tout ce qui lui arrivait;

et la belle dame ne cessait de regardei' la bonne vieille, de couvrir de baisers et de larmes ses mains décharnées...

Mais, la belle dame ayant dénoué les flots de sa longue et magnifique chevelure dorée... la bonne vieille à son tour la regarda plus attentivement., et s'écria tout-à-coup :

— Ah! bon Dieu! ma belle dame, netesvous point la reine de ma vision qui venez audevant du charpentier?...

(Vesl que vous lui ressemblez coinine deux [poulies d'eau !

uieuic chevelure blonde, dorée ! inêuies belle fip,urc, et belle taille, et beau port!

C'est vous-même, certainement !

Comment ne m'en suis-je pas aperçue plus tôt?... C'est vous-même I et vous allez m'apprendre à votre tour ce que le charpentier vous a répondu.

— (iC 11 était p;is moi I ce n'était pus moi! — que je sache.

Mais elle était tout émue et agitée de ce ([u'elle venait d'entendre, et de cette ressemblance que la boinie vieille avait cru découvrir... et elle pensait en elle-même :

(^)u'y a-l-il donc dans cet abîme (le choses merveilleuses,

i ouvrent

enchanteresses , inconnues , inouie.... qui font aimer la pauvreté, la vieillesse, le travail, le sacrifice... qm le cœur à une mystérieuse vie

cjui fait souffrir... et que cependant on aime avec délices 1

où l'on se plaît avec passion?..

Mais la bonne vieille persistait à croire qu'elle n'était pas dans l'erreur.

— C'est vous-même! la ressemblance est trop grande I c'est vous-même!

— INon, ma bonne mère, ce n'est pas moi î non : vou- (Irais-je vous tromper?

Quoi que lit la belle dame, elle ne put jamais dissuader tout-à-Fait la bonne vieille.

Mais cette sorle de iutîe entre ia bonne vieille et la belle dame était à peine finie, qu'une antre lutte bien sérieuse survint entre elles, quand il fallut aller se coucher et dormir.

Comme il n'y avait , dans la demeure de la bonne vieille, où se coucher toutes deux, qu'un seul lit et une chaise , il fallait qu'une d'elles prît la chaise et que l'autre voulût accepter le lit.

Et c'est alors qu'il y eut entre elles un long combat de générosité... ni l'une ni l'autre ne voulant se résoudre a aller se reposer dans le lit , et toutes deux voulant se contenter de la chaise..

et chacune avait mille et mille raisons toutes plus concluantes les unes que les autres, pour faire accep- Ifii", sa générosité;

mai§ qi Tmie ni l'guiJ^

ne voulait s'avouer vaincue, et le combat paraissait fini, les combattantes épuisées, que soudain il recommençait de plus belle.

A la fin, la belle dame dit à la bonne vieille

— Ma bonne mère, vous devez être plus sage que moi, étant plus âgre; prouvez-le donc , en cédant et en acceptant îc lit :

ne résistez pas davantage, je vous en supplie ; car si je passais cette nuit sur le lit, vous étant sur la chaise, je ne voudrais dormir de ma vie dans aucun lit, j'en serais U'op indigne ;

ne résistez donc plus, ma bonne, ma chère mère !

La bonne vieille répondit encore plusieurs fois qu'elle n'accepterait jamais le lit, jamais,

jamais !

Et la belle dame lui répondait, en souriant :

— Ma bonne mère, Dieu heureusement cViange les cœurs et les résolutions, pendant le combat, ainsi que le dit le charpentier de votre vision ;

et Dieu certainement changera votre cœur et vos résolutions ; car je suis plus forte que vous, et vous serez certainement vaincue et défaite ,

et nous nous en aimerons davantage,

- et ainsi nous aurons fait la volonté de Dieu.

La bonne vieille ne put donc se défendre

(l'accepter le lit; mais elle ne cessa de (jrondcr et de dire des paroles de inéconteîilerneiit, jiis- «nTà ce qu'elle fût endormie.

Et alors , la belle dame bénit mille et mille lois la bonne vieille, et pria Dieu [)Our elle bien long-temps ;

et s endormit eniin, vie larieuse y sur la vieille cliaise au dossier sculpté.

LA MARIEE.

La Ma{>delcinc a été reconduite à la maison (le sa sœur el de son Irère par une bonne vieille, |)auvre mcndianle dans ses vieux jours;

et, grâce à la bonne vieille, sa sœur Marthe et son frère Lazare lui ont bientôt pardonné; et toute sa famille lui a également pardonné; et le monde aussi, en la revoyant, senjble oubliei* d'abord ce qu'elle a été, ce qu'elle a tait.

Et sa sœur Marthe lui offre sa maison et la reçoit chez elle, et elles demeurent ensemble.

Marthe et Lazare veulent bientôt lui rendre sa tene et sa maison de Magdale; mais elle la refuse et prie sa sœur de la garder pour ellejncmc à jamais :

et Marlhe accepte le don de Magdeleine.

If

Or, voici qu'en ce temps une noce se préparait à Cana.

Le fiancé était un charpentier, camarade d'atelier de Jésus, un bon et simple ouvrier.

La fiancée était sortie d'une famille riche autrefois et dont les souvenirs des ancêtres remontent dans le lointain des âges : mais elle n'avait hérité de sa famille et de ses ancêtres, pour richesse, qu'une charmante volonté de plaire et d'aimer, de mériter amour et respect ; poui' noblesse, qu'une douce fierté de cœur qui la porte au bien, à la générosité.

Aiiisr , clW (lai! pauvre en biens cl en disliiu-tions ; tuais, loin (le se consuniei en v.tins legrel.-» cl de chercher a se ralti-aper à de stériles espérances, elle avait accepte son sort avec courage, et, se mettant au travail, elle avait tourné entièrement ses yeux et ses pensées vers les gens de travail.

Et l'amour elait entré dans son cœur et dans le cœur d'un ouvrier, maintenant son fiance.

Vous partez, jeune et belle fiancée, avec votre fiancé, pour aller inviter à vos noces Marthe et Magdeleine, vos amies d'enfance, et leur frère Lazare.

En apercevant Magdeleine, vous ne pouvez vous empêcher de voler vers elle comme un trait, de la presser dans vos bras et de pleurer abondamment., vos deux visages collés l'un contre l'autre... et vous lui prodiguez mille paroles d'amitié, de tcn-

dresse, de joie !.. ce dont votre fiancé paraît étonné !

mais non pas Marthe qui vous aime et vous connaît pleine d'enthousiasme, toute bonté, tout cœur.

Ma^deleine vous dil bientôt:

— Et votre jeune sœur, belle fiancée? A-telle bien grandi? eSt-elle changée de ce que je l'ai vue ? rcssemble-t-elle toujours à un bel ange?

— Elle a maintenant atteint à peu près toute sa taille ; elle est grande et mince, infiniment blanche...

— Blanche et pure comme un lis vierge!

— Sa bouche ressemble, pour la couleur, la jeunesse ,

la fraîcheur, à un bouton de rose qui s'entr'ouvre le matin plein de parfums et de perles de i*osée.

— Que je serai heureuse de la revoir!

— Ses yeux sont grands et beaux ; quand ils vous regardent, ils brillent soudain comme une douce lumière , et portent au fond de votre cœur une douce émotionde tristesse, de rêverie, également aussi de gaîté semblable au plus harmonieux cantique. Sa chevelure infiniment noire, ot si noire que la mienne qui est châtaine ressemble à une chevelure blonde, quand je suis près d'elle, est presque Ionique et bien fournie comme

la vôtre , Magdeleine, et elle descend en flots lisses, onduk^s, bouclés, )e long de sou col

élancé, sur sis é()aules <;lVacécs, sur ses niamellrs naissantes, jusqu'à sa fine taille.

Dans tout ce qui apparaît de sa personne , elle ne cesse point d'être extrêmement légère , mince, frêle, infiniment douce, pure, affectueuse ! et si aimable, charmante, souriante, que tout ce que j'en pourrais dire n'en pourrait donner d'idée! Dans son caractère, ses paroles, ses actions, dans tout ce qu'elle fait, elle ne dément rien de ce qui apparaît d'elle.

— A-t-elle toujours cet air de raison qu'elle portait dans ses traits dès sa plus tendre enfance?

— Toujours; et elle n'a rien perdu de l'ingénuité et lie la gaîté de l'enfance.

— Aui!.i, toujours, loujours sembla])l(' .v un bel ange ?

Jeune el belle fiancée, vous voudriez rester plus long-temps avec Magdeleine; mais votre fiancé vous avertit que vous avez encore beaucoup d'autres invitations à faire, et qu'il faut partir. . .

et vous partez, mais après qu'on vous a promis bien des fois qu^on ne manquera pas de venir à vos noces, quelque temps qu'il fasse et quoi qu'il puisse arriver.

Pour vous, Marthe, Magdeleine, vous songez à préparer vos parures pour le jour des noces de votre amie de Cana.

Vous pensez aussi à vous souvenir de quelques chansons , pour les chanter si la mariée vous en prie ;

surtout, vous voulez l)ien savoir la chanson de noce qu'un poëte a composée exprès [)Our votre amie! ce qui arrive bien rarement; car les poètes sont rares, rares comme les prophètes. . .

et les vierges et les mariées qui peuvent les inspirer, sont également bien rares î

Enûn, Marthe, Magdeleine, vous n'êtes occupées, le jour el la nuit, que d'images et de pensées de noce, de la noce de votre amie;

d'une noce d'amour, heureuse, poétique, comme il s'en voit peu ;

d'une noce où le charpentier de la vision de la bonne vieille se trouvera peut-être, et que sait-on ce qui peut s'y voir et s'y entendre ?

Marthe, Magdeleiiie, voici lejour de la noce, le jour on votre amie de Cana se marie.

Marthe, Ma^î^deleine, revêtez vos habits de fête, prenez vos plus riches parures, et faitesvous belles et brillantes;

et mettez-vous en loute, et rendez-vous à (lana.

Magdeleine ! Magdeleinc !

tu balances si tu iras ou n'iras pas, car tu es ime grande pécheresse ! . . . comment te recevra-

l-on?... Il te faut du ( uuia(;c [)om [v, roiulrr h la noce.

— Marthe, Marthe, arrêtODS-DOus un instant; et regarde sur la mer de Tybériade, comme le ciel est pur et

comme l'onde est calme!

Dis-moi, chère sœur, ton cœur est-il toujours aussi calme que cette mer paisible, aussi doux que ce ciel sans nuages?

— \ quoi sert de se livrer aux folles er reurs des passions?

— Mon Dieu ! ma sœur, est-on toujours maîtresse de cela ?...

Que le ciel est beau et que la mer est douce I et que la terre de toutes paris verdit , est belle et riante I

Ma sœur, ce sont de bons présages de voyage.

— Tu es folle, ma pauvre IVIagdeleine,>

— Et quoi, ina sœur, tu ne crois point aux présages?

Et tu vois la terre, les eaux et le ciel, sans que tout cela te dise rien ? le vol des oiseaux ne t'annonce rien? tu ne lis rien dans la forme et le cours des nuages; rien dans les éclairs et les éclats du tonnerre ; rien dans les yeux et la physionomie de ceux que tu rencontres ; rien même dans les rêves ?

— Et que veux- tu que j'y voie? A qui toutes ces choses peuvent-elles parler, qu'aux esclaves et au pauvre peuple?

— Et aux pauvres femmes, sans doute... Encore un mot, ma sœur, et puis cela sera fini,

jo ne t'importunerai plus

Je voudrais savoir si tu n'as pas rêvé cette nuit?

— A (|uoi veux- tu que faie lèvé?..

quelle question me fais-tu là!... Quand j'aurais rêvé à une linotte qui se reposait sur ta tête un instant, puis prenait son vol, volait, volait f't se perdait dans l'air?...

— Et tu as vu cette linotte voler, s'élever, et se perdre dans l'air?

— Quand je l'aurais vue, que nous importe ?

— Et si cette linotte c'était moi-même?

— Toi-même !. . . est-ce que lu veux maintenant voyager par les airs?... et as-tu des ailes pour \o\ev comme un oiseau?

— Mon Dieu I non... quel esprit lu as! tu ne veux lien comprendre...

C'est que, vois-tu, ma sœur, moi aussi j'ai rêvé ; et, dans mon rêve, nous vivions, loi, moi, et beaucoup d'autres que nous connaissons, dans un séjour plus beau qu'on ne peut l'imaginer, et nous étions bien heureuses ! bien h tu reuses !

— Ma pauvre Magdeleine, tu ne seras ja mais raisonnable.

De tous côtés on arrive, on se rend à la noce.

En voici qui viennent de Nazareth.

Une première troupe déjà est loin devant, au milieu de laquelle il y a une tcle d'homme à la chevelure rousse, qui domine les autres tètes.

El voici maintenant une autre troupe qui vient encore.

Quelle est cette femme dont le vêtement est simple, l'air réfléchi, la marche majestueuse, la figure parfaitement belle?

c'est marie, la mère de jesus.

Ses regards, en tombant sur VOUS, répandent le calme et la fraîcheur; le sourire de sa bouche est une magie qui calme tous les orages, un baume

MUi guent toutes les plaies cl cicatrise toutes les blessures.

c'est marie , i,A MÈRE ni; lÉsns.

Kllc est gracieuse et modeste daus toutes ses manières ;

elle est simple comme la simple vierge qui lave au lavoir les toisons de ses brebis ;

et toute la majesté des reines du monde respire dans sa personne.

c'est marie , la mèrk de jesus.

Son front est calme et pur, comme le ciel le plus serein et le plus doucement azuré ;

et la tendre bonté qui brille dans ses yeux, ressemble à une onde limpide et désaltérante dans des bassins choisis qu'une source inépuisable alimente.

c'est marie ,

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