‹ La MagdeleineChapitre 3 sur 15 · I.A MÈlXE DE JÉSUS · texte numérisé non relu

I.A MÈlXE DE JÉSUS

L'amour, qui anime sa physionomie et règne dans son port, resplendit et brille autour de sa tête,

comme l'anneau d'or de l'hymen au doigt de la jeune mariée ;

comme, à la fin de la tempête, l'arc-en-ciel émaillé sur le front des nuages ;

comme, autour de l'horizon terrestre, s'arrondit le matin en éclatant diadème, la lueur fleurie de l'aurore, sœur de l'espérance.

c'est marie , lv mère de jésus.

Elle a grandi, elle a vu passer les années et les soleils sarts se faner, ni vieillir, sans cesser d'être jeune :

ainsi l'arbre aux pommes d'or d'Hespérie sort de terre, pousse des feuilles, fleurit, porte des fruits verts et se charge de fruits mûrs ; et plus

il noîl, plu-^ il sr cliargc dr IViiits inùrs, de fruits verls, di:

fleurs et de feuilles.

c'lST .MAIUK, LA mÈRI JDE JÉSDS.

Marthe, Magdeleine, vous voici arrivées au ]ieu de la noce , au milieu de la foule brillante , parée , joyeuse , parmi le bruit et les cris :

vous voici dans la maison de votre amie la mariée j

et la voici elle-même qui vient à vous avec son marié.

— Salut à madame la mariée , et au seigneur le marié !

— Bonjour, Marllie 1 bonjoiii', Ma^^delciru; !

— Toutes deux, soyez les l)ien-veiiues , mille t(jis 1(îs bien-venues!., quoiqu'un peu tard, car les danses déjà sont commencées ; mais mieux vaut tard que jamais! soyez donc les bien -venues, mille lois les bien-venues, mes bonnes amies !

— Et votre frère Lazare, ne viendra-t-il pas?

— Non, seigneur le marié.

— C'est bien mal à lui de n'être pas venu avec ses sœurs..... quand ce n'eût été que pour les accompagner.

— Il ne pouvait pas venir absolument, et vous prie de vouloir bien l'excuser.

— C'est malheureux... Mais nous sommes

obli^jes de voujy quFtter plus vile que nous ne voudrions.

- — On nous réclame de tous côtés, et nous avons beaucoup

à faire aujourd'hui Pour

vous, surtout, employez bien le temps : dansez, dansez, et a ni usez -vous!

— Nous tâcherons de vous obéir, madame la mariée.

Marthe, Magdeleine, les danses qui ont commencé avant votre arrivée vont reprendre , et le son des instrumens l'annonce ;

et voici deux jeunes gens qui viennent droit à vous , et avanl que leur bouche vous ait dh : Les danses recommencent , voulez - vous en être, et danser avec nous ?.. leur physionomie vous l'a déjà appris.

Mais tu semblés i éver, Magdeleine : ton esprit est dans les espaces.... tu n'es pas à la noce, Magdelcine ;

et toi , iVlarthe, lu es dans l'inquiétude de

savoir comment ta maison va pendant ton absence...

Magdeieine, sors des mystiques régions par lesqueiles tu voyages ; et toi , Marthe , quitte pour aujourd'hui ta maison...

Marthe, Magdeîeine, il faut danser!

Cette noce n'est pas comme les autres no ces ; on y rencontre des visages qui ne ressemblent pas aux autres visages...

Il y a quelque chose dans l'air d'éblouissant , de fascinateur... comme si Jéhovah ou Belzébuth, ou Tun et l'autre à la fois venaient de passer.

On n'a rien vu, rien ressenti de pareil depuis les anciens jours —

Et Ton parle d'une mère et d'un fils qui sont là, et dont on dit des choses exlraordinaires...

t'i le (ils est avec de pauvres pécheurs (pToii dit ses disciples.

— Marthe I Marthe ! regarde : c'est lui-même ! il tourne le visage de notre côté

C'est lui-même ! c'est Ini-

C'est l'ouvrier admirable que j'ai vu I

C'est le charpentier de la vision de la bonne vieille î

— Et toi-même, regarde de ce coté : c'est la bonne vieille même qui entre et paraît toute radieuse.

— Toute triste plutôt.

— Non, non ; vois comme ses regards, au milieu de ses rides, sont brillans et animés!

— Et vois toi-même com-

T. II. ij

me tout son corps est abattu et cassé !... Je voudrais pouvoir quitter la danse , pour aller lui offrir le bras et l'aider à marcher.

- — C'est une si bonne petite vieille I

— La mariée se hâte d'aller au-devant d'elle, et l'appelle, je crois : Bonne vieille de la vision !.. et elle la traite avec grande affection.

— Elle l'aura sans doute instruite de ce [ue Dieu lui a révélé?

— Sans doute; et notre amie en aura été , comme nous, émerveillée, ravie.

— - Et qui sait ce qu'il en est resté en elle ?

— Qui le sait ?.. .

Marllu!, >Ia[;(l(;l(MM(:, vous ouhliez loujoms que vous êtes à la noce :

vous vous livrez à des pensées et à des léllexions élran{^es.

Voire amie la mariée vous a dit de ne pas j)erdre de leuips, de danser, de danser, et de l)ien vous amuser ;

vous avez prorais de lui obéir :

Marthe, Maj^delciue, souvenez-vous de voire promesse.

— Magdeleine!.. vois cotte grande, mince, loute j(Mine et toute l>eIlo personue!

— N'est-ce pas. .. la jeune sœur de la mariée?

— Elle-même. Vois, Jean la prend par la main et lu conduit à la danse.

Sa vue ne te comble pas de joie, je crois, comme lu l'ospérais.

— Si, ma sœur.... je suis heureuse de la voir ; mais j'éprouve comme une crainte qui me retient et m'empêche d'aller à elle.

— Je comprends ta crainte, ma chère Magdeleine.

— Je crois que cette ange ne sait pas même ce que c'est que le vice et le mal; ne le crois-tu pas aussi, ma sœur?

— Je la crois, de cœur et d'ame, de corps et de pensée, toute innocente et pure.

Oh ! ne l'approchons

pasi

Allons, allons, musiciens! hàtez-vous, cl que les danses finissent!

le dîner est prêt : hàlez-vous, hâtex-vous !..

Marthe, Magdeleine, le dîner est servi et Ja niariëe cllc-rnème vous appelle : allez prendre les places qu'elle vous désigne de la main.

Marthe, Magdeleine, le voilà en face de vous le char|)enlier de la vision de la bonne vieille :

il a àsesc(késMarie, sa mère, et Jean, l'un de ses disciples, sur qui il s'appuie avec confiance et amitié; Simon l^ierre n'est pas loin également, et ses autres disciples sont disséminés parmi les gens de la noce.

Mais la bonne vieille n'est point là ; elle attend , dans une chambre voisine, avec les autres pauvres, qu'on leur envoie les restes du repas.

Magdeleine , tu es affligée de ne la point

voir;

et la vue du mystérieux étranger qui esl devant loi te tourmente, t'inquiète :

il te paraît si étrange ! si étrange, que par momens il t'effraie et par momens te donne des envies de rire.

Et tu viens de rire, Magdeleine!..

mais son regard est soudain tombé sur le tien...

et maintenant tu pleures I

Comme ce regard t'a transpercé douloureusement le coeur, pauvre Magdeleine ! et quel orage s'est élevé en toi !

Tu le regardes , lu le regaîdes... mais lui ne te regarde plus.

Tu regaîdes Marie qui ne te regarde pas.

Tu regardes Jean, el son regard rencontre

le lien ; mais il ne sait ce (jue lu désires, il ne te connail jiîis.

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