La Magie, pp
divinités du panthéon assyrien : il est des formules auxquelles aucun dieu ne résiste. Enfin ces dieux protecteurs ne sont pas des esprits plus ou moins dépourvus de personnalité, comme les anges gardiens du catholicisme. Ce sont des dieux parfaitement définis et possédant un nom, ce sont des dieux assyriens, et quelquefois les plus grands. Les formules d'incantation laissent en blanc la place destinée à recevoir leur nom et celui des malades pour lesquels elles seront récitées. On lit très souvent : « Moi un tel, fils d'un tel, dont le dieu estun tel, et la déesse une telle » \ Pour désigner plus sûrement le malade, on joignait à son nom celui de son père et des dieux ses patrons ; ces dieux n'étaient donc pas de vagues abstractions comme les fravaschis. Un texte copié spécialement pour Tusage d'Aâurbanipal est d'ailleurs décisif. Cette fois la formule est complète : « Moi, ton serviteur, Asurbanipal, fils de son dieu, dont le dieu est Aèur, la déesse Asurit »*. Les hommes, comme les villes, avaient donc pour patrons de véritables divinités, sans doute, comme on le voit dans le texte que nous venonsde citer, celles dont le nom avait servi à former le leur, Marduk pour Mardukpaliddin (Marduk a donné un fils)*. Sin pour Apil-Sin (fils de Sin), Nabu pour Nabûbalafsui£6t (Nabù a ordonné qu'il vive). Le dieu se tenait à la droite de l'homme, la déesse à sa gauche : « Que mon dieu se tienne à ma droite, ma déesse à ma gauche »\ En dehors des cas où ils étaient contraints d'abandonner leurs protégés, ils pouvaient, de leur propre mouvement, et pour punir une faute, volontaire ou non, leur retirer leur appui. Les incantations appellent souvent le retour du dieu et de la déesse irrités6. Outre que la présence du dieu protecteur garantit
r. Par exemple, King, Magic, i, 38.