‹ La magie assyrienneChapitre 12 sur 201 · Histoire de l'art, t. II, p · texte numérisé non relu

Histoire de l'art, t. II, p

les incantations. La série la plus complète nous est fournie par un exorcisme contre les sortilèges1, qui nomme Yutukku7 Valu, Yekimmu, le yallû, Yilu malfaisant, le rabisu, la labartu, le labasu, Yabbazu, le Iilû> la lilîtu, Yardat Mi, le namtâru et Yasakku. Chacun de ces noms ne représente pas un individu, mais une espèce. «Ils sont sept», disent les textes* en parlant de ces démons, et cela, sans doute, ne doit pas être pris littéralement, malgré l'importance attachée par les Babyloniens à ce chiffre, mais doit s'entendre d'un plus grand nombre, si Ton ne veut pas se heurter à une contradiction entre un texte comme celui-ci : « Us sont sept, les dieux du vaste ciel ; ils sont sept, les dieux de la vaste terre ; ils sont sept, les dieux rapaces ; ils sont sept les dieux de l'univers; ils sont sept, les dieux mauvais; elles sont sept, les labartu mauvaises; ils sont sept les labasi fléaux mauvais ; dans les cieux ils sont sept, sur la terre ils sont sept » ; et cet autre : « Us sont sept, ils sont sept, ils sont deux fois sept ».

L'utukku est bien, comme le Mû ou la labartu, un démon d'une certaine espèce, mais son nom parait avoir été employé aussi très souvent pour désigner les démons en général*. C'est sans doute en ce sens qu'une incantation nomme « Yutukku de la plaine et Yutukfcu de la montagne, Yulukku de la mer et Yutukku du tombeau »\ Il est souvent difficile de dire si la description que font de lui les incantations doit s'entendre spécialement de Yutukku ou des démons en gêné-

i. IV R 16 a 16-22. Cf. Les énumérations incomplètes, IV R 1* a 27, 45 ; 5 c 69-70 ; 6 6 12; 16 6 65 ; 276 60; ASKT n* n, col. II, 60. Ordre un peu différent dans IV R 29, n° 2 et V R 5o a 38-62, qui d'ailleurs ne sont pas de simples énumérations.

2. VI R 1* a 14-26; 1*6 18; 2 a 59; 5 a i3, 6 65,68; i5 6 16,22, 24, 36, 38, 48, 66, 68 et passim.

3 . Le nom utukku est dérivé du sumérien utuk dont l'étymologie est inconnue.

4. ASKT, n° 11, col. I, 2-3. V utukku du tombeau ne peut être que Yekimmu; cf. plus bas.

rai; aussi ayons-nous réuni sous son nom tous les traits qui ne sont pas particuliers à tel ou tel démon, et c est avec cette réserve qu'il faudra lire le portrait que* nous allons essayer d'en donner.

Wtttukku exerce sa puissance malfaisante dans le ciel, sur la terre et sous la terre ; aussi est-il à la fois « l'engeance qu'a engendrée Anu », dieu des espaces célestes, « le fils chéri de Bel », maître de la terre, et « le rejeton de Ereskigal » ou Allât, souveraine des enfers1. Les utukku sont volontiers comparés aux « tempêtes immenses qui s'abattent des cieux » ; ils sont « la tempête, la nuée, le vent mauvais, l'ouragan, le tourbillon qui fait rage sur le pays — ils sèment la tempête; — le premier de sept est le ventfdu sud, le sixième est un tourbillon qui s'avance, le septième une nuée, un vent mauvais; — ils sont l'ouragan qui, dans les cieux, furieusement se met en chasse, ils sont la nuée épaisse qui, dans les cieux, fait l'obscurité; ils sont la tempête qui s'avance et qui, dans le jour brillant, fait l'obscurité; avec le vent mauvais, la tempête ils font irruption, ils sont l'averse de Ramman, à la droite de Ramman ils se tiennent; — ils s'avancent comme le déluge*.» Ils semblent donc avoir été, au moins à l'origine, la personnification des puissances destructrices de l'atmosphère, et c'est en ce sens qu'ils sont les messagers d'Anu 3. Ils sont les ennemis d'Ea*, parce que ce dieu est le protecteur de l'humanité, celui qui a révélé aux hommes les formules magiques par lesquelles ils peuvent exorciser les utukku. Ils sont au contraire les guzalû, c'est-à-dire les soutiens du trône, d'Allat, dont ils se chargent de peupler l'empire, les dignes fils et les messagers de Namtar, le dieu de la peste. Ils marchent devant

i. IV R i a 3-8, i3, 23 ; 2 a 2 ; 6 c 16.

2. IV £ 1 a 19; 1* a 12; 2 a 5, 42; 5 a 2, 13-26, 32-33; b 3i, 68- 71; 6 c 37, 47.

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