Cité par Tuchmann. Mél., II
priser et craindre. Or la sorcellerie est une œuvre impure1. La sorcière est appelée kadistu, istaritu*, prostituée, et l'ensorcelé lui reproche de l'avoir souillé1. Il faut il est vrai ajouter qu'en Assyrie, comme partout ailleurs, la femme, plus sujette que l'homme à ces crises nerveuses que Ton expliquait autrefois par la possession, passait tout naturellement pour avoir commerce avec les esprits et apprendre d'eux les secrets de la magie. Mais l'Assyrie ne parait pas avoir connu la bonne fée, et les pratiques si utiles de la divination semblent avoir été réservées aux hommes. L'importance attribuée à la femme assyrienne dans la sorcellerie était donc, pour une bonne part, l'effet de l'impureté attribuée *à son sexe et de sa condition méprisée.
La haine de l'étranger n'a pas disparu complètement chez les peuples modernes devant le sentiment de l'universelle fraternité; mais nous sommes loin pourtant de l'époque où tout étranger était un ennemi, où civilisation différente était synonyme de barbarie. D'autre part, s'il est toujours vrai que nul n'est prophète en son pays et que l'étranger passe facilement pour supérieur, nous ne croyons plus, comme les sauvages, que tous les étrangers sont de puissants magiciens. Les incantations témoignent encore de cet état d'esprit : haine et crainte de l'étranger. Les sorcières sont volontiers représentées comme venues des pays voisins, Elami tes, Kutéennes, Sutéennes,Lullubiennes ou Qannigalbatiennes4. C'est certainement une allusion à ces sorcières étrangères qu'il faut voir dans un passage de la première tablette maklû qui, sans cela demeurerait assez vague : « J'ai fermé le passage, clos le mur, écarté les ensorcellements de tous les pays »B. Nous
i. Mailù I, 18.