Jb. IV, 3, cf. IV, 62 ; V, 5i ; V, 82 ; II
3. /&.' VI, io5. Une superstition analogue se retrouve en Bretagne. « Les tourbillons de vent qui bouleversent les merlons (petites meules) ne sont autre chose que des sorciers invisibles : mais quand on les connaît, ils n'ont plus aucun pouvoir. Un nommé Michel, de Guiguen, avait la réputation de les arrêter et de les empêcher de faire aucun mal aux récoltes. Il lui suffisait de prononcer cette formule : « Arrête là, sorcier, j'ai connu ton père et ta mère ; passe ton chemin et ne dis rien » ; et le vent cessait aussitôt ». Decombre, Le diable et la sorcellerie en Haute- Bretagne. Dans Mélnsine, III, 62.
cière est donc de se dérober aux recherches, et c'est pourquoi elle habite de préférence les endroits écartés, les ruines, ou même l'intérieur des murs1.
Il lui faut pour cela une agilité extraordinaire qu'elle possède en effet. Elle traverse toute espèce de mur ou de clôture1. Sa puissance n'a pas de limites dans l'espace : « l'univers est son domaine, elle promène ses pas sur toutes les montagnes »* « elle va par les rues, pénètre dans les maisons, se glisse dans les forteresses, parcourt les carrefours »*. D'ailleurs elle réunit tous les avantages de la force physique. Elle n'a pas seulement « des pieds agiles et des genoux flexibles » mais encore des «yeux perçants et des mains puissantes*. Elle est d'essence assez subtile pour pénétrer dans le corps de l'homme ; elle s'y installe comme un démon, et comme un démon on l'exorcise : « De mon corps va-t-en ; de mon corps éloigne- toi... de mon corps retire-toi6 ». Rien, sur terre ni dans le ciel, n'échappe à sa puissance. Les éléments, comme les hommes, sont soumis à son action perturbatrice. Elle fatigue les cieux et trouble la terre7, elle secoue la mer comme le vent du sud1; fait des enchantements contre le ciel, des ensorcellements contre la terre9. Elle peut envoyer de mauvais rêves, des présages et des prodiges funestes10. Elle a commerce avec les démons ; elle lance contre l'homme Xutukku méchant, Xekimmu, le sêdu, et Vilu méchant11,
i.Ma*WV, 2; VI, 56.