êurpu III 25-26. Cf. VIII
manière générale, distinguer quelques-unes des manières dont se sont formées les superstitions populaires. .Tout d'à* bord, une coïncidence ou une séquence de deux faits, réelle mais accidentelle, a été érigée en loi nécessaire. Il est arrivé, et il arrivera encore que la plus jeune ou la plus âgée de treize personnes qui ont mangé ensemble meure dans Tannée. Il y a bien des récalcitrants, et inversement un diner de huit couverts est quelquefois suivi de la mort de l'un des convives, mais la croyance à l'influence funeste du nombre treize reste indéracinable. A côté de ces faits « d'expérience », il en est qui sont déduits a priori du caractère des êtres ou des événements réputés néfastes. Le principe fondamental de cette déduction, que nous retrouverons dans la magie opératoire, est que le semblable engendre le semblable. C'est ainsi que tant de peuples sont convaincus de la fatale influence de l'adultère sur la fertilité des champs et la fécondité des troupeaux1 : la violation des lois du mariage par l'homme frappe toute la nature de stérilité. — En vertu de ce que j'appellerai « le préjugé étymologique », la ressemblance entre la cause et l'effet peut être purement verbale. C'est alors par voie de calembour que la connexion de Tune à l'autre est déduite. C'est ainsi que si la lune a cet aspect que l'assyrien exprime en disant « qu'elle s'entoure d'une rivière », on doit prévoir une inondation1.
Quoi qu'il en soit, il est bien difficile d'expliquer pourquoi l'on réputait néfaste le fait de tendre la main vers la lumière*, ou de renverser le feu devant quelqu'un, ou de s'asseoir sur
i. Frazer : The golden boug h II, an, sqq.
a. Cf. Thompson : The reports of the magicians and astrologers of Nineveh and Babylon (Londres, 1900), n° 60.
3. D'après un passage d'Isaïe (LVIII, 9) il semble qu'étendre le doigt ait été considéré comme un outrage chez les Hébreux. Aujourd'hui encore le geste passe pour impoli. Le mamit viendrait alors d'une offense au dieu, de la lumière.
un siège en face du soleil1, ou d'interroger quelqu'un sur Ws animaux sauvages à côté des animaux domestiques, ou de briser uq plat ou de casser une cruche*. Une enquête sur la genèse des superstitions populaires devrait évidemment commencer par celles qui sont encore vivantes : on pourrait souvent recueillir, en même temps que la croyance, une explication de son origine, peut-être fausse quelquefois, mais souvent suffisante pour mettre sur la vraie piste. Malheureusement les savants du folk-lore se sont plus occupés d'entasser les faits que de les éclaircir, et les travaux que j'ai pu feuilleter à ce sujet m'ont été d'un bien faible secours.
Un certain nombre de mamit énumérés dans la série êurpu échappent non seulement & toute explication, mais à toute hypothèse. La mention qui en est faite est si brève qu'elle est insuffisante pour nous permettre d'en fixer non pas seulement l'origine, mais même la nature. C'est ainsi qu'il faut renoncer pour l'instant à rien dire de précis sur le mamit par « le soufflet et le réchaud; l'arc et le char; le poignard de bronze et la lance, le javelot et l'arbalète ; le tamaris et le
palmier; le puits et le fleuve; le quai et le gué; le et le
pont; la montagne et le col; la hauteur et la vallée; par le champ, le jardin, la maison, le souk, le sentier, l'habitation; par l'argile; parle tombeau3, le canal, le pont, le sentier et la rue4. Les seuls de ces enchantements qui se laissent identifier avecquelque probabilité sont ceux qui ont été indiqués ailleurs d'une manière plus explicite. Il est assez vraisemblable par exemple que le mamit par la coupe et le plat, par le lit et la couche, par le siège, le lit, la couche* est l'enchantement dont
i . On pourrait peut-ôtre voir dans ce fait un manque de respect.