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LES MOYENS DE LA MAGIE

Les opérations préliminaires

L'Assyrien est entouré d'ennemis puissants acharnés à sa perte. Les démons malfaisants le guettent, toujours prêts à profiter d'une disgrâce de son dieu protecteur. Les sorciers et les sorcières, avec leurs maléfices, ne sont guère moins redoutables. Enfin l'homme est toujours exposé à attirer sur lui, sans même le savoir, une foule de calamités : un mot, un geste, une rencontre fortuite peuvent être pour lui la source de mille maux. Ses souffrances sont donc d'origine très variée. Et cependant, avant d'y chercher, un remède, il faut en connaître la cause. Il est indispensable de savoir si le patient à manqué à son dieu ou s'il s'est souillé par quelque contact impur, s'il a été envoûté par un sorcier ou s'il est possédé du démon. Ce n'est pas que la méthode soit forcément différente suivant qu'il s'agit de parer aux effets d'un mamitf de conjurer les maléfices d'une sorcière, ou d'exorciser un uiukku. Mais il est indispensable que l'agent malfaisant contre lequel on opère soit spécifié dans l'incantation. Nous verrons, en étudiant la structure des incantations, que l'on remédie souvent à l'ignorance où l'on est de la cause précise

du mal, par une longue énumération de toutes les causes possibles. Mais ce n'est là qu'un pis aller ou un surcroît de précautions destiné à réparer une erreur de diagnostic. En fait, la première tache du magicien, comme du médecin, est la recherche des causes. La méthode est d'ailleurs toute différente. Ce n'est pas à une observation patiente des symptômes que le magicien demande de lui révéler l'origine du mal : il n'a que faire d'examiner le malade, de déterminer par l'aspect des sécrétions et le fonctionnement des organes la nature de la maladie : pour lui la cause du mal n'est pas là. A sa thérapeutique spéciale, il faut une diagnose spéciale. Cette auxiliaire indispensable de la magie, c'est la divination. Nous savons par des textes déjà nombreux que les Assyriens demandaient à l'observation des phénomènes astronomiques ou atmosphériques, à l'examen des entrailles des victimes, à l'interprétation des songes, la connaissance de l'avenir : sans attendre que le malheur vint les frapper, ils s'efforçaient de le prévoir et de le détourner, et, bien qu'aucun texte ne le dise expressément, nous avons tout lieu de croire qu'ils employaient souvent la magie pour corriger le destin ; il y avait de ce chef toute une catégorie d'opérations magiques qui supposaient une connaissance préalable du futur et dont le point de départ était une consultation des devins. La science divinatoire des Assyriens avait aussi des moyens pour lire dans le passé, et découvrir l'origine des maux présents. Cette partie de l'art divinatoire est malheureusement une des moins connues, et je ne vois guère .qu'un texte où il y soit fait allusion. C'est un passage de la deuxième tablette éurpu (1. 105-129) où l'incantation énumère les moyens employés par l'ensorcelé pour découvrir la cause de son ensorcellement :

« U interroge, il interroge ; il interroge le lit, il' interroge ;e l'assiette, il interroge en donnant le n allumant le réchaud, i! interroge ta e soufflet, il interroge la tablette et le

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