LES RITES PURIFICATEURS : ABLUTIONS, FUMIGATIONS
ce cas, l'eau n'agit pas seulement par sa vertu élémentaire, mais aussi par la vertu spéciale que lui ajoute l'incantation. Un rite oral que nous étudierons plus tard se combine alors avec le rite manuel de l'ablution. Mais le plus souvent l'ablution pure et simple suffit, si nous en croyons le grand nombre de textes où l'eau est employée sans qu'il soit fait aucune mention de cérémonies préalables destinées à lui conférer une vertu qu'elle n'aurait pas1.
Il est vraisemblable que les ablutions se faisaient ordinairement dans un lieu spécial appelé bit rimki, la maison des ablutions. Le bit rimki est mentionné plusieurs fois dans les textes magiques. Ea dit à son fils Marduk, en parlant du malade : « Porte-le à la maison des ablutions purifiantes1 ». Le rituel pour magiciens s'appelait bit rimki, des mots qui commençaient la première tablette*. Dans cette tablette, il est ordonné au magicien de construire un bit rimki dans la campagne4. C'était donc probablement une construction légère, peut-être une simple tente ou une hutte, dressée pour la circonstance et détruite après la cérémonie, car l'ensorcelé devait y laisser son impureté. Je croirais même volontiers que la recommandation de construire le bit rimki dans la campagne, ou dans le désert (ina §êri a ces deux sens) a pour origine la crainte d'une contamination possible. Ajoutons que quelquefois le patient, avant d'y entrer, a déjà fait une première ablution et revêtu le costume rituel1, qui paraît avoir été noir, ainsi que celui de l'exorciste \
La purification rituelle étant purement symbolique, on
i. IV R 5 c 67; 25 b 9 ; 26 n* 7, etc.