‹ La magie assyrienneChapitre 46 sur 201 · KJDg, Magic 33, 3g · texte numérisé non relu

KJDg, Magic 33, 3g

7. King. Magie ai, 74 ■■ niknakku burdii ina iSdti isu aéagi taSarrak; et, MBR i3o, 38.

La purification peut être à elle seule un moyen suffisant de combattre les enchantements : en vertu du symbolisme dont nous avons parlé plus haut, elle dissout purement et simplement le charme, qui disparaît comme une tache. Hais ordinairement elle ne fait que préluder à d'autres rites qui sont l'élément essentiel du drame magique. On estime que, dans l'ablution, l'eau s'est chargée de la souillure : la purification a débarrassé l'ensorcelé, mais n'a pas détruit le charme, qui reste dans l'eau des ablutions, comme une force sans emploi, donc menaçante1, qu'il faut anéantir. La purification peut aussi, comme nous le disions plus haut, n'être qu'une sorte de préface à l'exorcisme, une préparation et comme une mise en état du patient. Elle peut enfin être complètement négligée. Dans tous ces cas le rite véritablement efficace, ou même unique, est ce que j'appelle un rite destructeur.

Ici encore nous nous trouvons en présence de cérémonies purement symboliques. Le mal à guérir, le charme à exorciser est symbolisé par un fruit ou un légume, un oignon* une datte, une pannicule de palmier, une poignée de graines, une toison de brebis ou de chèvre. Ces objets sont déchirés, déchiquetés, écrasés, et finalement, pour que la destruction soit complète, brûlés. « Et le mal qui tourmente le corps du malade, que ce soit une malédiction de son père, une malédiction de sa mère, une malédiction de son frère aîné, une ma-

i. On peut être enchanté par l'eau qui a servi aux ablutions. V. p. 58*

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lédiction de la sakkastu (démon de la peste) qui ne connaît personne, l'enchantement comme l'oignon sera pelé, comme la datte sera coupé, comme la pannicule sera arraché' ». L'incantation récitée au cours du rite destructeur montre bien l'étroit symbolisme qui lie le charme à l'objet détruit. En voici une qui est particulièrement instructive :

« Incantation. Mes mains sont remplies de graines A'upuntu : mes mains sont remplies de chaleur, de fièvre, de frissons, mes mains sont remplies de malédictions, de sorts ; mes mains sont remplies de tourments, de souffrances, mes -mains sont remplies de maladie, de douleur, de péchés, de 4e fautes, de crimes, de manquements'; mes mains sont -remplies de maux physiques et moraux; mes mains sont remplies d'enchantements, de philtres, de sortilèges, de maléfices. De même que ces graines d'upuntu sont brûlées par le feu, que le semeur ne les sèmera pas dans la campagne, qu'elles ne pousseront pas dans les rigoles et les canaux, qu'elles ne pousseront pas leurs racines dans le sol, qu'il n'en poussera aucune tige, qu'elles ne verront pas le soleil, — ainsi, puisse leur sort* ne pas pousser en mon cœur, sa racine ne pas s'implanter dans mon épine dorsale, sa tige ne pas toucher ma poitrine! Que l'imprécation, le sort, le tourment, la souffrance, la maladie, la douleur, le péché, la faute, le crime, le manquement, la maladie qui se tient dans mon corps, dans ma chair, dans mes membres, Comme ces semences soient brûlés! En ce jour, que Girru le brûlant les consume, et qu'il emporte le sort, et que moi je vive ! » *. On spécifie avec le même luxe de détails que l'oignon ne poussera plus et ne paraîtra plus sur la table des dieux ni des rois, que les fleurs de la pannicule ne reviendront

mmaine, aux prescriptions religieuses, etc. des graines, symbolisé par les graines.

LES RITES DESTRUCTEURS. i/ENVOÛTKMENT 77

plus au palmier, que la toison ne servira pas à faire un vêtement pour un dieu ou un roi1.

U reste encore un pas à faire; le feu qui a dévoré les objets, symboles des maléfices, il reste à le détruire à son tour, à l'éteindre. Ainsi toute trace des charmes aura disparu. L'accomplissement de ce rite. est exposé en ces termes.

« Moi le grand-prêtre, j'allume le feu, j'allume le réchaud, je répands la délivrance, je suis le prêtre sacré d'Ea, le messager de Marduk. Le réchaud que j'ai allumé, jel'éteins; le feu que j'ai attisé, je l'étouffé ; le blé que j'ai répandu sur le feu, je l'écrase. Comme j'ai éteint le feu que j'ai a Humé, comme j'ai étouffé le feu que j'ai attisé, comme j'ai écrasé le blé que j'ai répandu, ainsi puisse Siris, qui affranchit hommes et dieux, dénouer le nœud qu'il a noué. Que le cœur fermé du dieu et de la déesse de N. fils de N. lui soit ouvert; qu'aujourd'hui ses fautes soient effacées, qu'elles, lui soient remises, qu'elles lui soient pardonnées » *.

Le charme que l'on veut détruire peut être symbolisé par un animal ; la mort de celui-ci entraînera l'anéantissement de celui-là. Un de nos textes donne quelques détails, trop brefs, sur ce rite. Le roi se purifie d'abord; puis, au sortir de la « maison des ablutions », il prend l'arc fait par des mains pures, que Ninigilamga, le grand charpentier d'Anu, a apporté, et tue, à la face du soleil, la gazelle qui personnifie son mal ; du même coup Vutukku méchant et Valu méchant sont tués'.

Le magicien qui veut guérir le mal résultant d'un mamit est obligé de recourir à un symbolisme arbitraire et conventionnel qui identifie le charme avec un objet quelconque. Lorsque le mal est attribué à un sorcier ou à un démon, le symbolisme des rites destructeurs se précise tout naturellement. L'ori-

i. àurpuV/Vl, 60-122.

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