‹ La magie assyrienneChapitre 47 sur 201 · ASKT n9 12 rev · texte numérisé non relu

ASKT n9 12 rev

gine de la souffrance n'est plus une faute ou une erreur, abstraction qui échappe à toute représentation matérielle; l'auteur est un homme ou une femme, en chair et en os, un démon dont le corps est un composé de formes humaines et animales ; il est assez facile d'en faire une image plus ou moins ressemblante. Le symbole est donc tout trouvé : ce sera une représentation figurée, une statuette du démon, du sorcier ou de la sorcière, et le rite destructeur prendra la forme spéciale qu'on appelle envoûtement. Ce rite, il faut bien le remarquer, est commun à la sorcellerie et à la contre-sorcellerie : le contre-charme est, en ce cas, la contrepartie exacte du charme. Le sorcier que l'on envoûte a luimême envoûté ; il a fabriqué une image de la personne sur laquelle il voulait attirer l'effet de ses maléfices : « Ils ont fait une image à la ressemblance de mon image, ils ont imité ma figure1 ». Nous verrons tout à l'heure un exemple de l'envoûtement pratiqué contre le démon femelle labartu. La série maklû contient une incantation que Ton récitait en brûlant les images des démons : « Je lève la torche, je brûle les images de Yutukku, du sêdu, du rabiçu, de Yekimmu, de la labartu % du labasu, de Vafrfiazu, du Mû, de la lillt, de Vardat Mi*. L'envoûtement, pratiqué clandestinement par les sorciers, était employé officiellement contre l'ennemi. Un fragment de rituel, malheureusement très incomplet, commence ainsi : «Lorsque l'ennemi contre le roi et son pays

le roi doit se rendre à la droite de l'armée ». Puis, après avoir offert un sacrifice, sur lequel nous aurons à revenir : « tu feras en suif une image de l'ennemi, avec un ulinnu tu tourneras sa face en arrière » 9. Je crois, mais c'est là une pure supposition, qu'en faisant ainsi tourner le dos à l'ennemi, on symbolisait

i. Maklû, I 96, cf. I i3i etpassim,

Page 1